Paon du jour (Aglais io)

  • Règne : Animalia
  • Classe : Insecta
  • Ordre : Lepidoptera
  • Famille : Nymphalidae
  • Sous-famille : Nymphalinae
  • Genre : Aglais

Paon du jour en train de butiner un rudbeckia fulgida dont il adore le nectar.

Attention ! des yeux vous regardent.

Ou plutôt les quatre ocelles du très beau paon du jour (Aglais io ). J’imagine que tout le monde le connaît de vue tant il est marquant avec sa belle robe brun-rouge et ses ocelles bleu et jaune qui sont censés effrayer les prédateurs. La face intérieure des ailes, beaucoup plus sobre, lui permet de se fondre dans les feuillages. Il m’est souvent arrivé de passer devant un paon sans le voir et de ne le remarquer qu’au moment de l’envol.

Le Paon du jour est une espèce de lépidoptères de la famille des Nymphalidae dont font aussi partie « la petite tortue », le Tabac d’Espagne ou le tircis , etc….. Assez grand, il a une envergure 55 à 60 mm.

Paon du jour sur rudbeckia fulgidas

Le paon du jour est présent partout en France et Europe. On le trouve également en Turquie et jusqu’au nord qu’au nord de la Grèce.

Sous nos latitudes sa plante hôte principale est l’ortie dioïque. On peut aussi le voir sur le houblon. Dans les îles méditerranéennes, la femelle paon choisira plutôt de pondre sur la pariétaire officinale.

Une bonne raison pour laisser pousser quelques pieds d’orties chez soi, car elle est la plante hôte d’un très grand nombre de papillons comme : la Belle-Dame, la Carte géographique, l’Écaille chinée, le Lambda, la Noctuelle à museau, le Paon du jour, la petite tortue, la Pyrale de l’ortie, la Pyrale du houblon, le Robert-le-diable, La Plusie confluente, le Vulcain,l’Écaille cramoisie, l’Écaille ensanglantée, l’Écaille lièvre, l’Écaille marbrée, l’Écaille mendiante, l’Écaille tigrée, la Feuille d’or, l’Iota, la Méticuleuse, la Noctuelle à lunettes, la Noctuelle de l’ortie, la Noctuelle des haies, la Noctuelle typique, la Polygonière, la potagère, le Vert doré et bien d’autres insectes.D’où l’importance de cette plante qui n’a que des qualités, mais qui a été longtemps méprisée par l’esthétique bourgeoise. Esthétique qui s’attache davantage au paraître qu’a l’être et dont les adeptes préfèrent installer des palmiers de grande taille ou des oliviers centenaires. Autant d’arbres qui n’ont pas grand-chose à faire sous nos climats, et qui n’ont pour unique objectif que de montrer le pouvoir de celui qui les possède.

Pas besoin de dire que ce type de jardin, où la moindre mauvaise herbe est traquée et où les plantes sont pulvérisées à l’apparition de la plus petite chenille, est une calamité pour la biodiversité .

À l’inverse un jardin ou quelques allées seront bordées d’orties attirera un grand nombre d’insectes, qui eux-mêmes attireront de nombreux oiseaux et papillons, qui eux-mêmes, etc .

Étant paysagiste de métier depuis bientôt 30 ans J’ai d’ailleurs souvent été frappé par le fait que beaucoup de mes clients ne faisaient pas le lien entre chenilles et papillons. Ils voulaient exterminer « les vilaines chenilles » et se plaignaient ensuite de n’avoir aucun « joli papillon ».

Le dessous des ailes bien plus discret du paon du jour . ici sur un aster

Étymologie

L’espèce, aujourd’hui appelé aglais io, a été tout d’abord décrite puis nommé « Papilio io » par le naturaliste suédois Linné.

Elle a ensuite été placé longtemps dans le genre « Inachis » dont elle était la seule représentante. Des études récentes ont montré qu’elle devait être rangée dans le genre aglais

Aglais vient du grec « aglaia » qui signifie « splendeur » ou « brillance ». Dans la mythologie grecque, Aglae était l’une des trois Grâces. Ce nom lui a été donné en relation avec sa beauté et ses couleurs éclatantes.

« Io » fait référence à ses ocelles (taches rondes sur les ailes ) qui ressemblent à des yeux .

« Dans la mythologie io, la fille d’Inachos , a été poursuivie « par le regard concupiscent de Zeus, par le regard jaloux de la déesse Héra, puis, transformée en génisse, par les cent yeux panoptiques d’Argos, avant que son surveillant ne soit décapité par Hermès et que ses yeux ne viennent orner le plumage du paon royal de Héra. Comme les ocelles du beau papillon avaient été comparés aux yeux du paon, Linné, après l’avoir nommé oculus pavonis, le baptisa Papilio io ; belle revanche de la femme-génisse sur sa rivale ! » *

Une histoire de regard qui va bien au « « Paon du jour » , baptisé « ainsi en 1762 par Geoffroy.

« Paon » en raison de ses ocelles bleus semblables à celles que l’on trouve sur les plumes d’un paon et « jour » parce Geoffroy le voyait comme le pendant diurne du « grand paon-de-nuit » .

Au cours des siècles, le paon du jour a eu plusieurs surnoms comme « la reine » , « l’œil de paon », « la vanesse io » ou « la vanesse paon du jour ».

* « Jean Yves cordier » .

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