- Règne : Animalia
- Classe : Insecta
- Ordre : Lepidoptera
- Famille : Nymphalidae
- Sous-famille : Apaturinae
- Genre : Apatura
Présentation
Le Petit Mars changeant est un lépidoptère de la famille des Nymphalidae, de la sous-famille des Apaturinae et du genre Apatura. Ce genre compte une douzaine d’espèces à travers le monde, principalement localisées en Eurasie. En France, on ne rencontre que deux représentants : Apatura ilia et son cousin, le Grand Mars changeant (Apatura iris). Une troisième espèce, le Mars romain (Apatura metis), est endémique de certaines régions d’Europe de l’Est et d’Asie mais demeure absente de notre territoire.
Autrefois classés selon des critères plus rudimentaires, les Apaturinae constituent aujourd’hui une sous-famille de prestige au sein des Nymphalidae. Dans le monde des lépidoptères, ils forment une lignée à part, celle des canopées et des essences forestières hygrophiles. Les naturalistes les décrivent souvent avec justesse comme les « seigneurs des cimes », soulignant ainsi le lien qui les unit aux sommets des peupliers et des saules. Là où d’autres espèces recherchent les fleurs des jardins, les Apaturinés se complaisent dans la hauteur des feuillages. Ils ne descendent au sol qu’en quête de sels minéraux, attirés par l’humidité des chemins , les fruits pourris ou les matières organiques en décomposition.

Parmi les critères qui permettent d’identifier les membres de cette sous-famille, on peut noter l’irisation structurelle des mâles dont les écailles alaires possèdent des microstructures qui diffractent la lumière, produisant des reflets métalliques souvent violets ou bleus qui disparaissent selon l’angle d’observation.
La structure de la trompe est également caractéristique car chez la plupart des genres de cette lignée, la trompe est d’un jaune vif très marqué, un organe spécialisé pour pomper les sels minéraux au sol. La morphologie des yeux est un autre critère car les yeux sont généralement glabres (nus), contrairement à d’autres lignées de Nymphalidae qui présentent une pilosité oculaire. Le vol puissant est assuré par une musculature thoracique robuste, leur permettant un vol rapide et territorial dans la canopée. Ils alternent battements vifs et phases de planage. Enfin, le revers cryptique présente des motifs complexes et des couleurs ternes qui assurent une dissimulation parfaite une fois les ailes refermées contre un support ligneux.
Description
Le Petit Mars changeant a été identifié et nommé par Denis & Schiffermüller en 1775. Son nom scientifique est « Apatura ilia ». « Apatura » vient du grec apatês et signifie « tromperie ou ruse ». On comprend pourquoi il est ainsi appelé « Trompeur » quand on sait que les ailes du mâle peuvent passer de la couleur marron à la couleur bleue en un instant. Cet effet d’iridescence des ailes est dû à la microstructure des écailles de la face supérieure de l’aile qui réfracte la lumière et crée ainsi des changements de couleur selon l’angle d’observation.

Le Petit Mars changeant est un papillon assez grand puisque son envergure oscille entre 55 mm et 65 mm. La tête, plutôt large, porte deux grands yeux composés de couleur marron foncé. La trompe est d’un jaune safran très vif qui tranche avec la couleur habituelle des trompes qui sont plutôt brunes. Les antennes sont fines, longues et renflées vers l’extrémité. La pointe de la massue est jaune clair.


Le thorax est épais et recouvert d’une pilosité sombre. L’abdomen a une forme allongée qui se termine en pointe. Il est plus large chez les femelles qui doivent porter les œufs. Le dessus des ailes est de couleur marron avec des taches blanches ou fauves chez la femelle . Elle porte des iridescences bleues chez le mâle ce qui permet de distinguer facilement les sexes. On observe aussi un ocelle, c’est-à-dire une tache en forme d’œil noir entourée d’orange. Le dessous des ailes est beaucoup plus terne avec des tons gris et roux pour permettre au papillon de se camoufler sur l’écorce des arbres.
Comme chez de nombreux membres des Nymphalidae, le Petit Mars changeant possède une première paire de pattes atrophiée et repliée contre le thorax. Ces deux petites pattes antérieures ne servent pas à la marche et restent cachées dans la pilosité du corps. Le papillon utilise donc uniquement ses quatre autres pattes pour se tenir sur les feuilles ou se poser au sol. Ces dernières sont robustes, segmentées et se terminent par de petites griffes qui lui assurent une bonne stabilité.
L’architecture des écailles : entre pigments et lumière
Sous l’objectif macro, l’aile du Petit Mars changeant révèle ses secrets. On peut alors voir apparaître une surface recouverte de milliers de micro-écailles imbriquées comme les tuiles d’un toit et agencées avec une précision étonnante.
Chaque écaille est une structure rigide qui ne contient plus de cellule vivante. Comparables à nos cheveux ou nos ongles, elles ne grandissent plus et ne se réparent pas. C’est pour cette raison qu’une écaille perdue lors d’un frottement l’est pour toujours, laissant parfois apparaître la membrane transparente de l’aile sur les individus âgés.
Cette disposition « en tuiles » n’est pas seulement esthétique : elle permet à l’eau de pluie de ruisseler sur l’aile sans la mouiller, tout en assurant une glisse parfaite dans l’air.

C’est aussi pourquoi il ne faut jamais toucher les papillons : les prendre par les ailes pourrait les abîmer et leur rendre la vie beaucoup plus difficile. On regarde, on admire, mais l’on ne touche jamais. C’est d’ailleurs la bonne attitude qu’il faut avoir avec toutes les autres espèces que l’on peut rencontrer dans nos jardins ou dans la nature.
La coloration chimique (Pigments) : Les teintes marron, orange, noires et blanches, particulièrement visibles sur l’ocelle de cette photographie, sont produites par des pigments intégrés dans la matière même de l’écaille. La mélanine, par exemple, absorbe la lumière pour créer les zones sombres et protéger le papillon des rayons UV. Ces couleurs sont dites « fixes » : elles ne varient jamais, peu importe votre position.
La coloration physique (Iridescence) : Le célèbre reflet bleu-violet des mâles est un chef-d’œuvre d’optique. Il ne provient d’aucun pigment bleu, mais d’une « couleur structurelle ». La surface des écailles possède une nanostructure complexe faite de fines lamelles de chitine séparées par de l’air. Ces couches diffractent la lumière : seules les longueurs d’onde bleues et violettes sont renvoyées vers notre œil. C’est ce phénomène qui crée ce « changement » de couleur instantané selon l’angle d’observation, un véritable tour de magie visuel qui sert autant à la reconnaissance entre partenaires qu’à la confusion des prédateurs.
Les deux formes de l’espèce
L’espèce Apatura ilia existe sous deux formes. La forme Apatura ilia f. ilia est la plus classique. Marron avec des taches blanches et des iridescences bleues pour les mâles, le papillon ressemble au Grand Mars changeant. L’autre forme, Apatura ilia f. clytie, porte le même costume que son cousin mais s’en distingue par des teintes bien plus orangées. Dans cette forme, on peut aussi reconnaître le mâle grâce à ses iridescences bleues.


Il est à noter que ces deux types de papillons peuvent naître d’une même ponte car la forme clytie est une simple morphe et non une espèce à part. On observe souvent que cette variante orangée est plus fréquente lors de la seconde génération de l’été, ce qui semble indiquer que la chaleur influence les couleurs de l’aile durant le développement. Même dans sa robe rousse, la forme clytie conserve toujours son ocelle bien marqué sur l’aile antérieure, un détail qui permet de l’identifier avec certitude parmi les autres papillons forestiers.
Alimentation
Le Petit Mars changeant possède un régime alimentaire très particulier qui le distingue de la plupart des autres papillons de nos jardins. Sa trompe d’un jaune safran n’est pas conçue pour butiner le nectar des fleurs mais pour aspirer des liquides riches en sels minéraux et en matières organiques. On l’observe ainsi fréquemment au sol, sur les chemins forestiers humides ou au bord des flaques d’eau, où il pompe les sels essentiels à son métabolisme. Ce papillon apprécie également les sources de nourriture plus fortes comme les excréments d’animaux, les cadavres de petits rongeurs ou les fruits blets tombés au sol qui commencent à fermenter.

Au Jardin des Oiseaux, je ne l’avais jamais aperçu jusqu’à ce que j’installe une coupelle à papillons remplie de fruits en décomposition. À partir de ce jour-là, je l’ai vu presque tous les jours venir butiner le jus de melon, de poires, de pêches ou d’abricots.
Dans la canopée, il se nourrit volontiers du miellat produit par les pucerons ou des suintements de sève sur les troncs blessés des chênes et des peupliers. Cette préférence pour les matières en décomposition et les sels minéraux explique pourquoi on ne le voit presque jamais sur les buddleias ou les lavandes, malgré sa taille imposante et son vol puissant.
Comme d’autres papillons, ils sont également connus pour apprécier la sueur humaine. Si un papillon se pose sur votre épaule en plein été, n’y voyez pas un signe du destin ou une preuve de votre charisme . Comprenez plutôt qu’il a soif et qu’il est en train de boire votre transpiration.


Plantes hôtes
La femelle dépose ses œufs de manière isolée sur le feuillage des peupliers, avec une prédilection marquée pour le Peuplier tremble*, mais elle accepte également d’autres espèces comme le Peuplier noir ou le Peuplier d’Italie. En l’absence de ces arbres, elle peut se tourner vers différentes variétés de saules, notamment le Saule marsault ou le Saule blanc, qui bordent fréquemment les cours d’eau. Ce choix est crucial puisque la chenille est incapable de se nourrir d’autres végétaux et sa croissance dépend entièrement de la qualité des feuilles de ces arbres hôtes.
cycle de vie
Après l’accouplement, la femelle dépose ses œufs de manière isolée sur la face supérieure des feuilles de peupliers ou de saules. Ces derniers mettent entre huit et douze jours pour éclore selon la température ambiante. Une fois éclose, la jeune chenille commence par consommer le chorion, l’enveloppe de son propre œuf, avant de s’attaquer au limbe de la feuille. Durant ses premiers stades, elle aménage un tapis de soie sur la feuille et se tient immobile à l’extrémité, ne se déplaçant que pour se nourrir. Ce comportement, ajouté à sa couleur verte et ses deux cornes sur la tête, lui permet de se fondre dans la découpe du feuillage.


À l’approche de l’hiver, généralement au troisième stade de sa croissance, la chenille quitte le feuillage pour rejoindre un rameau. Elle change de couleur pour devenir brune et se fixe solidement à l’écorce pour hiberner. Pour survivre au gel sur cette branche exposée, son organisme produit du glycérol, un antigel naturel qui protège ses cellules. Au retour du printemps, dès le débourrement des bourgeons, elle reprend son activité pour rejoindre les jeunes pousses. Elle termine alors sa croissance avant de se transformer en une chrysalide suspendue, dont la forme imite une feuille pour tromper la vigilance des oiseaux. Après quelques semaines, le papillon adulte émerge enfin pour commencer sa période de vol qui se déroule généralement en deux générations, de la fin du printemps jusqu’au début de l’automne.
Distribution
Le Petit Mars changeant occupe une vaste aire de répartition eurasiatique qui s’étend de l’Europe centrale jusqu’au Japon, traversant toute l’Asie tempérée. À l’échelle du continent européen, sa présence est marquée par une certaine préférence pour les zones continentales, bien qu’il s’étende largement vers l’est.
En France, ce papillon est présent dans la quasi-totalité des départements métropolitains. Toutefois, sa répartition n’est pas uniforme : il se raréfie nettement à l’approche du littoral méditerranéen, où les conditions climatiques deviennent moins favorables à son cycle.

Il est également à noter que l’espèce est totalement absente de Corse. Bien qu’il soit principalement un habitant des plaines et des zones de basse altitude, il peut être observé en montagne, où il atteint ses limites de répartition aux alentours de 1 500 mètres d’altitude.
Interactions interspécifiques
Face à face sur une poire dorée entre un Petit Mars changeant mâle et une guêpe poliste. Le papillon, comme la guêpe, veulent le fruit pour eux seuls et personne ne veut céder. Le papillon ouvre ses ailes et tente, par sa taille, d’intimider la guêpe qui fait mine à son tour de s’énerver. Mais le combat reste toujours courtois ; aucun ne blesse l’autre et chacun repart avec un petit goût de sucre.
Le mâle du Petit Mars changeant est un grand territorial. Contrairement à d’autres espèces qui errent à la recherche de nourriture, les mâles Apatura choisissent des postes d’observation stratégiques, souvent en haut d’un arbre ou près d’une ressource précieuse. Tout intrus qui pénètre dans son périmètre — qu’il s’agisse d’un autre mâle, d’un gros insecte ou même parfois d’un oiseau — est immédiatement pris en chasse ou intimidé. Ce comportement ne sert pas seulement à protéger sa nourriture, mais surtout à s’assurer qu’il sera le premier à intercepter une femelle qui passerait dans les parages. Sa ténacité face à la guêpe n’était donc pas un hasard : pour lui, céder sa place sur le fruit reviendrait à abandonner un territoire durement acquis.

L’interaction avec la guêpe illustre également la vision particulière de l’espèce. Contrairement à beaucoup de papillons attirés par les couleurs vives des fleurs, le Petit Mars changeant est surtout sensible aux contrastes et aux mouvements. Il ne perçoit pas forcément les détails de son adversaire, mais il repère ses concurrents ou ses partenaires grâce à une détection fine des reflets. Lorsqu’il ouvre brusquement ses ailes face à la guêpe, il utilise l’éclat de ses écailles pour créer un flash visuel capable de déstabiliser l’intrus.
Confusion avec le Grand Mars changeant
Distinguer le Petit Mars changeant (Apatura ilia) de son parent le Grand Mars changeant (Apatura iris) demande une observation attentive de certains détails morphologiques. Bien que les deux espèces partagent ces reflets violets spectaculaires et une taille imposante, plusieurs critères permettent de les différencier avec certitude.


Le caractère le plus fiable se situe sur l’aile antérieure. Chez le Petit Mars changeant, on observe systématiquement un ocelle (une petite tache en forme d’œil) noir cerclé d’orange sur le dessus de l’aile. Cet ocelle est totalement absent chez le Grand Mars changeant. De plus, la bande blanche qui traverse l’aile postérieure du Grand Mars présente une petite pointe ou une dent saillante caractéristique, alors que celle du Petit Mars est plus régulière et droite. Enfin, le dessous des ailes du Grand Mars est beaucoup plus contrasté et coloré, avec une dominante de gris bleuté et de roux, tandis que le revers du Petit Mars est plus terne et uniforme. Ces différences subtiles, une fois mémorisées, permettent d’identifier précisément l’habitant de la canopée qui descend s’abreuver dans votre jardin.
Comment attirer le Petit mars changeant dans son jardin ?
Bien que ce papillon passe l’essentiel de son temps à la cime des arbres, il est tout à fait possible de l’attirer au sol pour l’observer de près. La méthode la plus efficace consiste à installer une « coupelle à papillons » imitant les ressources naturelles qu’il recherche. Contrairement aux espèces floricoles, le Petit Mars changeant est attiré par les sucres fermentés et les matières organiques en décomposition.
Pour créer ce poste d’observation, choisissez une coupelle stable que vous placerez dans un endroit calme et ensoleillé du jardin, de préférence à proximité de zones boisées ou de haies. Garnissez-la de fruits mûrs, voire blets ou pourris, comme des poires, des prunes, ou des bananes. En fermentant sous l’action de la chaleur, ces fruits libèrent des arômes irrésistibles pour les Apatura. Au Jardin des Oiseaux, je ne l’avais jamais vu jusqu’à ce que j’installe une coupelle à papillons remplie de fruits en décomposition. À partir de ce jour-là, je l’ai vu presque tous les jours venir butiner le jus de melon, de poires, de pêches ou d’abricots.


L’ajout d’un peu d’humidité dans la coupelle est crucial, car ces papillons recherchent également les sels minéraux. Il faut pour cela rajouter de temps en temps un peu d’eau autour des fruits pour que ceux-ci ne sèchent pas complètement. Les papillons ne se nourrissent en effet que de liquides qu’ils aspirent avec leur trompe ; ils sont incapables de se nourrir de fruits durs et secs. Vous pouvez également remplir la coupelle d’excréments ou de cadavres juteux. Ce sera tout aussi efficace pour les faire venir car le Petit Mars changeant est aussi charognard et coprophage, mais ce sera bien moins agréable à regarder pour vous qu’une coupelle de fruits.
Taxonomie
L’espèce a été initialement décrite et nommée Papilio ilia par les entomologistes autrichiens Johann Nepomuk Cosmas Michael Denis et Ignaz Schiffermüller en 1775. Elle est aujourd’hui appelée Apatura ilia.
Le genre Apatura a été créé en 1807 par l’entomologiste danois Johan Christian Fabricius. Il regroupe des papillons forestiers dont les mâles présentent souvent des reflets métalliques dus à la structure de leurs écailles.
La famille des Nymphalidae a été proposée en 1815 par le zoologiste William Elford Leach pour regrouper des papillons dont la première paire de pattes est réduite et non fonctionnelle pour la marche. Cette famille est l’une des plus vastes et comprend des espèces aux couleurs souvent vives et aux comportements territoriaux marqués.
Étymologie
Son nom vernaculaire « petit Mars changeant » évoque sa capacité à modifier la couleur de ses ailes. Pour ce qui est du mot « Mars », rien de bien sûr. On ne sait pas s’il lui a été donné en référence au dieu romain « Mars », à la planète rouge ou plus simplement au mois de mars qui est le mois à partir duquel on le voit apparaître au jardin.
Au cours des siècles, il a porté plusieurs noms vernaculaires comme « le Changeant », « le Mars » ou « Nymphale petit Mars ».
Son nom scientifique, Apatura ilia, possède également une origine antique :
Apatura pourrait dériver d’un épithète d’Aphrodite, tandis qu’« ilia » fait référence à Rhéa Silvia (aussi appelée Ilia), la mère de Romulus et Rémus dans la mythologie romaine, ce qui renforce le lien avec les racines latines souvent utilisées en entomologie.

(Domaine public)
Le Petit Mars changeant forme f. clytie est aussi appelé « Mars orangé » ou « petit Mars orangé » en raison de la prédominance de cette teinte sur ses ailes. Ce nom provient de Clytie, une nymphe de la mythologie grecque qui fut transformée en fleur (le tournesol ou l’héliotrope) après avoir passé ses journées à regarder le soleil, rappelant ainsi les couleurs chaudes et solaires de cette forme du papillon.
À l’étranger
À l’étranger, les noms vernaculaires soulignent souvent des caractéristiques biologiques différentes. En anglais, il est nommé Lesser Purple Emperor, ce qui renforce la hiérarchie visuelle avec le Grand Mars (Purple Emperor). Les Allemands utilisent le nom Kleiner Schillerfalter, où le terme Schiller évoque parfaitement ce chatoiement ou ce reflet irisé typique du genre Apatura. En espagnol, on l’appelle Tornasolada chica, un nom qui rappelle le tournesol mais qui, dans ce contexte, désigne surtout la capacité de l’aile à « tourner » sa couleur avec le soleil. Ces variations linguistiques montrent que, par-delà les frontières, c’est presque systématiquement sa nature lumineuse qui a marqué l’imaginaire collectif.
D’autres langues soulignent des aspects fascinants de ce papillon. En Italie, il est nommé Apatura minore, reprenant la distinction latine de taille. Dans les pays d’Europe de l’Est, comme en Pologne avec le nom Mieniak ilia, on retrouve la racine évoquant le miroitement et le changement de couleur, confirmant que l’aspect « changeant » est le dénominateur commun de sa nomenclature sur tout le continent.
Aux Pays-Bas, son nom est Kleine weerschijnvlinder. Le mot weerschijn signifie littéralement « reflet » ou « réverbération », illustrant une nouvelle fois que l’identité de ce lépidoptère est indissociable des propriétés physiques de ses écailles alaires.
Lexique de l’article
Pour mieux comprendre les comportements observés au Jardin des Oiseaux, voici quelques précisions terminologiques :
Charognard
Du grec nekros (mort) et phagein (manger), le terme scientifique nécrophage désigne un animal qui consomme la chair d’animaux morts qu’il n’a pas chassés lui-même. Si les Vautours sont les exemples les plus connus parmi les vertébrés, ce comportement est très fréquent chez les insectes comme les Nécrophores, des coléoptères qui enterrent de petits cadavres pour y pondre leurs œufs. En recyclant la nécromasse animale, ces espèces évitent la prolifération de pathogènes et assurent la circulation de l’azote dans l’écosystème.
Coprophage (adj. ou n.m.)
Du grec kopros (excrément) et phagein (manger), ce terme désigne un organisme qui se nourrit, de manière exclusive ou partielle, de matières fécales. Ce régime alimentaire est particulièrement célèbre chez le Bousier, qui façonne des boules d’excréments pour nourrir ses larves, mais il se retrouve aussi chez de nombreux invertébrés. Ce comportement permet de récupérer des nutriments déjà transformés par un premier système digestif, comme des vitamines ou des sels minéraux. Les coprophages jouent un rôle sanitaire essentiel en accélérant la disparition des déchets organiques dans la nature.
Nécrophage : Du grec nekros (mort) et phagein (manger), le terme scientifique nécrophage désigne un animal qui consomme la chair d’animaux morts qu’il n’a pas chassés lui-même. Si les Vautours sont les exemples les plus connus parmi les vertébrés, ce comportement est très fréquent chez les insectes comme les Nécrophores, des coléoptères qui enterrent de petits cadavres pour y pondre leurs œufs. En recyclant la nécromasse animale, ces espèces évitent la prolifération de pathogènes et assurent la circulation de l’azote dans l’écosystème.
Saprophage : Du grec sapros (pourri) et phagein (manger). Se dit d’un organisme qui se nourrit de matière organique en décomposition (végétale ou animale). C’est le cas de notre papillon lorsqu’il butine des fruits blets.
* la présence de nombreux pepupliers trembles au jardin des oiseaux explique pourquoi aussi pourquoi il y a de nombreux Petit mars changeant. s’explique
