Thècle de l’arame
- Règne : Animalia
- Classe : Insecta
- Ordre : Lepidoptera
- Famille : Lycaenidae
- Sous-famille : Theclinae
- Genre : Satyrium
Présentation
La Thècle de l’Aramel est une espèce de lépidoptères appartenant à la famille des Lycaenidae. Cette famille compte environ 6 000 espèces dans le monde. 130 vivent en Europe et 66 sont présentes en France. Parmi les plus communes que l’on rencontre sur le territoire figurent l’Azuré des nerpruns (Celastrina argiolus), le Collier-de-corail (Aricia agestis), le Cuivré commun (Lycaena phlaeas), l’Azuré de la Bugrane (Polyommatus icarus) ou encore la Thécle de la Ronce (Callophrys rubi).

L’une des principales caractéristiques de ce groupe réside dans la diversité des formes et des couleurs de ses ailes. Les Lycaenidae regroupent notamment de nombreux petits papillons aux ailes bleues, cuivrées ou brunes. Plusieurs espèces présentent également des dessins orange ou blancs sur le dessous des ailes ainsi que de petites queues sur les ailes postérieures.
La Thècle de l’Aramel appartient au genre Satyrium, qui regroupe des Théclas généralement brunes ou grisâtres. Le dessous des ailes présente souvent une ligne blanche et les ailes postérieures portent généralement de petites queues. Au repos, ces papillons gardent habituellement les ailes fermées.
Description
Le Thècle de l’Amarel est l’une des plus petites Thècles présentes en France. Son envergure se situe entre 25 et 30 mm. La tête porte des yeux sombres entourés de blanc. Les antennes sont annelées de noir et de blanc. Elles se terminent par une massue allongée sombre à pointe orangée. Le thorax et l’abdomen sont brun grisâtre et couverts d’une fine pilosité qui devient plus claire sur le dessous.


Le dessus des ailes est brun sombre et uni chez les deux sexes. Un léger dimorphisme sexuel apparaît au niveau des ailes postérieures. La femelle a généralement quelques taches fauve orangé près de l’angle anal. Le mâle peut aussi en avoir mais elles sont moins nombreuses et plus discrètes. L’extrémité de l’abdomen de la femelle porte une bourre anale noire absente chez le mâle. Les ailes postérieures se terminent par une petite queue à leur extrémité.
Le revers des ailes est brun grisâtre. Les ailes antérieures et postérieures sont traversées par une ligne caténaire blanche assez diffuse et finement bordée de noir. Sur les ailes postérieures cette ligne suit un tracé presque rectiligne.

Ce caractère permet notamment de distinguer le Thècle de l’Amarel du Thècle de l’Yeuse (Satyrium ilicis) chez lequel cette ligne présente un parcours beaucoup plus irrégulier. Près de l’angle anal plusieurs taches orange se touchent ou presque et sont concentrées autour de la petite queue. Certaines sont bordées de noir. Ce caractère est aussi un critère qui permet de distinguer le Thècle de l’Amarel du Thècle de l’Yeuse (Satyrium ilicis) chez lequel les taches orange sont généralement plus espacées. La bordure externe des ailes est accompagnée d’une fine frange claire.
Alimentation
À l’âge adulte, le Thècle de l’Amarel se nourrit du nectar de nombreuses fleurs. Il semble apprécier particulièrement les fleurs blanches et jaunes dont le nectar est facilement accessible. Il butine notamment les inules, les marguerites, l’Achillée millefeuille, les immortelles, l’Orpin blanc, la Tanaisie et la Camomille des teinturiers. On peut aussi l’observer sur les fleurs du Troène, du Sureau yèble et des Ronces.
Habitat
Le Thècle de l’Amarel fréquente les milieux secs et chauds. On le rencontre principalement dans les pelouses sèches et les friches où poussent quelques buissons. Il recherche notamment les endroits où pousse le Prunellier (Prunus spinosa) qui est la principale plante hôte dont se nourrissent les chenilles.
Le papillon reste généralement à proximité des buissons. Il s’en éloigne surtout pour butiner les fleurs. Il recherche ainsi des milieux ouverts où alternent une végétation basse et quelques arbustes. Lorsque les buissons deviennent trop nombreux et envahissent progressivement les pelouses le milieu lui devient moins favorable.
Plantes hôtes
La principale plante hôte du Thècle de l’Amarel est le Prunellier (Prunus spinosa) aussi appelé Épine noire. Il pond aussi sur le Cerisier de Sainte-Lucie (Prunus mahaleb) qui était autrefois appelé Amarel.
Cycle de vie
Après l’accouplement la femelle dépose ses œufs isolément sur les rameaux de la plante hôte. Ils sont généralement placés près du sol sur de jeunes Prunelliers. La femelle recouvre parfois les œufs de poils provenant de la touffe noire située à l’extrémité de son abdomen.

Les œufs passent l’hiver sur la plante et éclosent au printemps. Les jeunes chenilles apparaissent au moment où la végétation recommence à se développer. Elles se nourrissent d’abord des jeunes pousses puis des feuilles. Leur couleur verte leur permet de se confondre avec la végétation. Elles restent souvent cachées sous les feuilles ou le long des rameaux.
À la fin de leur développement les chenilles quittent généralement la plante et se transforment en chrysalide parmi les feuilles mortes et les herbes sèches au pied des buissons. La chrysalide peut aussi être fixée à un rameau. Le papillon apparaît quelques semaines plus tard.
Le Thècle de l’Amarel ne produit qu’une génération par an. Les adultes volent principalement de juin à juillet. L’espèce hiverne au stade de l’œuf.
Distribution
Le Thècle de l’Amarel est présent dans une grande partie de l’Europe centrale et méridionale. En Espagne il est présent dans le nord du pays. On le rencontre en France, en Suisse, en Allemagne, en Autriche, en Italie, en République tchèque, en Slovaquie, en Hongrie et en Pologne. Il est aussi présent dans les Balkans, en Roumanie, en Bulgarie et en Grèce. Son aire de répartition se poursuit vers l’est jusqu’à la Turquie, au Caucase et au sud de la Russie.

Il est absent des îles Britanniques et de Scandinavie.
En France il est surtout présent dans l’Est, le Centre-Est et le Sud-Est. Il est absent ou très rare dans une grande partie du Nord, de l’Ouest et du Nord-Ouest.
Taxonomie
Le Thècle de l’Amarel a été décrit et nommé par le naturaliste danois Johan Christian Fabricius en 1787 sous le nom initial de Papilio acaciae.
Le nom de genre Satyrium a été créé en 1876 par l’entomologiste américain Samuel Hubbard Scudder.
La famille des Lycaenidae a été proposée en 1815 par le zoologiste britannique William Elford Leach.
Étymologie
Le nom de genre Satyrium a été créé en 1876 par l’entomologiste américain Samuel Hubbard Scudder. Il provient du grec Satyros (Σάτυρος), qui désigne le satyre. Cette créature de la mythologie grecque est associée au dieu Dionysos (Bacchus). Selon l’entomologiste britannique Arthur Maitland Emmet, Scudder aurait choisi ce nom en raison du vol vif et bondissant de ces papillons, qui rappelle les danses des satyres avec les nymphes. Une autre origine a été proposée à partir du grec saturion, qui désigne une plante réputée aphrodisiaque. Cette hypothèse est aujourd’hui considérée comme moins probable.
L’espèce a aussi été placée dans le genre Nordmannia, créé en 1907 par l’entomologiste britannique James William Tutt, et a ainsi porté le nom Nordmannia acaciae. Ce genre est aujourd’hui considéré comme un synonyme de Satyrium.
L’épithète acaciae vient du latin acacia. Cette origine peut sembler surprenante puisque la chenille de la Thècle de l’Aramel se nourrit principalement du Prunellier (Prunus spinosa) et non d’un véritable acacia. Au XVIIIe siècle, le Prunellier était cependant appelé acacia germanica ou acacia nostras. Les Flores Acaciae désignaient également les fleurs séchées du Prunellier dans la pharmacopée. C’est vraisemblablement ce sens ancien du mot acacia que Johan Christian Fabricius a utilisé en 1787 lorsqu’il a nommé l’espèce Papilio acaciae.
Noms vernaculaires
Le nom Thècle de l’Aramel a été créé par Gérard Christian Luquet en 1986 pour remplacer l’ancien nom Thècle de l’Acacia. Le mot « Thècle » provient de l’ancien genre Thecla, créé par Johan Christian Fabricius en 1807 en référence à sainte Thècle, vierge et martyre de la tradition chrétienne orientale. Le terme « aramel » désigne le Cerisier de Sainte-Lucie (Prunus mahaleb). Ce changement permettait d’éviter la confusion avec les acacias au sens botanique actuel.
Noms à l’étranger
Les noms étrangers font principalement référence au Prunellier. En anglais, « Sloe Hairstreak » signifie « Thècle du Prunellier ». Les allemands disent « Kleiner Schlehen-Zipfelfalter » Petite Thècle du Prunellier, Les néerlandais, « Kleine sleedoornpage » Petite Thècle du Prunellier. En espagnol, elle est appelée « Rabicorta del Endrino », « Petite queue du Prunellier ». En polonais, « Ogończyk akacjowiec » fait référence à l’acacia.
