- Règne : Animalia
- Classe : Insecta
- Ordre : Lepidoptera
- Famille :Zygaenidae
- Sous-famille : Zygaeninae
- Genre : Zygaena
Et voilà les zygènes fausta qui viennent butiner les asters malgré la grosse chaleur en ce début septembre . Presque une canicule avec des pointes à 35 degrés pendant la journée et 19 ou 20 degrés la nuit . Mais celles-ci se plaisent dans les zones sèches et chaudes que d’autres espèces ont tendance à fuir . La raison ? C’est là que poussent le mieux leur plantes hôtes qui font partie de la famille des coronilles comme l’indique son nom vernaculaire.

Autre particularité, elles restent longtemps sur les fleurs ce qui fait que malgré leur petite taille (30-40mm d’envergure) elles sont plutôt faciles à prendre en photo. Les zygènes fausta peuvent rester des heures, voire des journées entières, à butiner le même aster sans jamais se lasser .
Présentation
La Zygène de la petite coronille est une espèce de lépidoptères appartenant à la famille des Zygaenidae. Cette famille compte environ 1 000 espèces dans le monde, dont 60 vivent en Europe et 38 sont présentes en France. Parmi les plus communes que l’on rencontre sur le territoire figurent la Zygène de la filipendule (Zygaena filipendulae), la Zygène du trèfle (Zygaena trifolii), la Zygène de la coronille (Zygaena ephialtes) ou encore la Zygène de la carniole (Zygaena carniolica). L’une des principales caractéristiques de ce groupe réside dans la coloration aposématique* de ses ailes, souvent composée de motifs rouges sur fond noir ou bleu sombre.
La zygène de la petite coronille appartient aussi au genre Zygaena, qui regroupe des papillons dont les larves sont souvent inféodées aux plantes de la famille des Fabaceae. La particularité majeure de ce genre est la présence d’antennes en massue épaisse et de cinq à six taches ou bandes colorées sur les ailes antérieures..
Description
La Zygène de la petite coronille a été rangée à une époque dans la catégorie un peu absurde des papillons de nuit qui ne vivent que le jour, que l’on appelle les hétérocères diurnes. Cette catégorie n’a plus cours aujourd’hui parmi les spécialistes, mais elle perdure encore parfois dans le langage courant.
Le dessus des ailes antérieures est caractéristique et permet d’identifier l’espèce facilement. Le fond noir est recouvert de taches rouges cerclées par un liseré beige clair. Le bord des ailes est recouvert d’une frange de couleur claire. Il existe une certaine variabilité dans la grandeur des taches, et certains individus ont les zones rouges plus développées que d’autres.


Ses ailes postérieures sont entièrement rouges et bordées d’une ligne noire.
Le thorax et la tête sont noirs. Le premier est traversé par deux barres blanches longitudinales. La seconde porte une touffe de poils blancs à l’arrière des antennes. Ils sont séparés par une collerette rouge ou orangée. L’abdomen est noir et pourvu d’une ceinture rouge plus ou moins grande selon les individus. Les antennes sont noires. Comparées à la petite taille du papillon, elles sont plutôt imposantes. Elles ont la forme caractéristique de massues avec l’extrémité recourbée. Ses pattes sont beige clair.
Alimentation
L’alimentation de la Zygène de la petite coronille, à l’état adulte, se concentre exclusivement sur la recherche de nectar. Ce papillon butine une grande variété de fleurs pour subvenir à ses besoins énergétiques, avec une préférence marquée pour les Fabacées et les Astéracées.
Parmi les plantes les plus fréquentées, on observe souvent l’insecte sur les scabieuses, les centaurées, les épilobes, les panicauts et les chardons. Il apprécie aussi beaucoup les asters sur lesquels il passe de longues heures. La morphologie de sa trompe lui permet d’accéder aux nectaires de ces fleurs, qui lui fournissent les sucres nécessaires à son vol et à sa reproduction.

Ce régime nectarivore est complété par l’absorption d’eau et de sels minéraux, que l’adulte peut prélever directement sur le sol humide ou au bord de petites flaques lors des journées chaudes. Contrairement à la chenille qui est inféodée à la petite coronille, l’adulte fait preuve d’un opportunisme floral plus large au sein de son habitat calcaire.
Habitat
La Zygène de la petite coronille habite principalement dans des lieux ouverts et très ensoleillés. Elle affectionne les pelouses sèches sur sol calcaire ainsi que les bordures de bois clairs. On la rencontre aussi dans les prairies pauvres en nutriments, ainsi que sur es pentes rocheuses où l’herbe reste courte.
La présence de ce papillon dépend directement de celle de sa plante nourricière, la petite coronille (Coronilla minima), qui pousse sur des terres arides et souvent pierreuses.
Ce papillon recherche les endroits chauds et s’installe fréquemment dans des zones à l’abri du vent. Son habitat se limite souvent à des secteurs riches en fleurs variées. En montagne, l’espèce peut vivre à des altitudes moyennes, tant que l’exposition au soleil est bonne et que le sol est calcaire. Le paysage, composé d’un mélange d’herbes et de petits buissons, offre à l’insecte les abris nécessaires pour dormir ou pour s’abriter en cas de pluie.
Plantes hôtes
La chenille est liée aux plantes de la famille des Fabacées et plus particulièrement à celles du genre Coronilla comme la petite coronille (Coronilla minima), la coronille glauque (Coronilla valentina subsp. glauca), la coronille engainante (Coronilla vaginalis) ou la coronille en couronne (Coronilla coronata).
Plusieurs espèces de ce genre contiennent des composés toxiques, notamment dans leurs graines, ce qui explique que les chenilles qui s’en nourrissent ne sont pas recherchées par les prédateurs. Ces plantes renferment en effet des hétérosides cardiotoxiques proches de ceux contenus dans les Digitalis ainsi que de la cytisine, un alcaloïde présent chez certaines Fabacées.
Distribution
La zygène à col rouge est présente dans toute l’Europe tempérée. On peut la voir en France en Allemagne en Italie en suisse ou en Autriche etc. Elle en revanche plutôt rare en Belgique et elle est quasiment absente en Angleterre où le climat ne semble pas lui convenir .

En France, l’espèce est univoltine et elle apparait tardivement . On peut la voir à partir du mois d’aout et jusqu’à la mi-septembre même s’il peut parfois y avoir des exceptions . On parle d’individus exceptionnellement vus en juin ou en octobre. l’espèce hiberne à l’état de chenille
Étymologie
Le nom de genre Zyageana a été donné par Fabritius en 1775. Il descend du grec zugon « joug » et fait référence à la forme très particulière des antennes qui peut rappeler les pièces de bois que l’on met sur les bœufs pour les atteler .
Avant que Fabricius ne donne le nom de Zygaena à des papillons le mot servait à designer le requin marteau qui avait été nommé Sphyrna zygaena par Linné 1758. On retrouve cette même racine grecque « zugon » dans le terme astronomique syzygie (du grec suzugia signifiant union ou attelage), qui désigne l’alignement de trois corps célestes. Dans les deux cas, l’image utilisée est celle d’un lien physique ou d’un attelage rigide.
L’épithète Fausta vient du latin « faustus » qui signifie favorable ou propice. Dans la Rome antique, ce terme s’opposait à ce qui était néfaste. L’attribution de ce nom souligne l’éclat de la livrée du papillon, souvent perçue comme un signe de vitalité.
Cette signification a d’ailleurs conduit d’anciens auteurs à la nommer la Favorisée. À ce sujet, l’entomologiste Hippolyte Lucas écrivait en 1834 :
« Cette espèce, que les auteurs ont nommée la Favorisée pour rendre le mot latin fausta, est sans contredit l’une des plus élégantes de ce genre. On la reconnaît aisément à son collier rouge et aux taches de ses ailes supérieures qui sont entourées d’un cercle d’un jaune pâle. Elle vole avec lenteur dans les lieux secs, se posant sur les fleurs des coronilles dont sa chenille se nourrit. »
Petite Coronille » fait référence à sa plante hôte préférée, la petite coronille ou coronille naine ( Coronilla minima) .
Le qualificatif « à col rouge » renvoie à sa collerette rouge . Cette tache située sur le devant du thorax est un critère de détermination essentiel car elle forme un anneau complet. Elle a également été appelée la zygène automnale en raison de sa présence tardive et, improprement, la zygène de la bruyère puisque la bruyère n’est pas une de ses plantes hôtes.
Elle a également été appelé la zygène automnale en raison de sa présence tardive et, improprement, la zygène de la bruyère puisque la bruyère n’est pas une de ces plantes hôtes.
Noms à l’étranger
En Europe, les dénominations vernaculaires de la Zygène de la petite coronille varient selon les langues mais conservent une certaine unité thématique. En anglais, on la nomme Nice Burnet. Le mot burnet est le terme générique pour les zygènes. L’expression complète Nice Burnet peut se traduire par Jolie Zygène, ce qui constitue une adaptation fidèle de l’épithète latine fausta. En allemand, on l’appelle Gelbkronwicken-Rotwidderchen, ce qui signifie littéralement « petit bélier rouge de la coronille à fleurs jaunes ». Ce nom associe sa couleur d’avertissement à sa plante de prédilection. Les Espagnols utilisent le nom Zigena de la coronilla, qui reste très proche de la nomenclature scientifique et de la botanique. En italien, elle est également connue sous le nom de Zigena della coronilla. Aux Pays-Bas, elle est appelée Bonte sint-jansvlinder, ce qui se traduit par « papillon de la Saint-Jean bigarré ». Le terme papillon de la Saint-Jean est le nom générique néerlandais pour les zygènes à cause de leur période de vol estivale.
Confusions
Zygaena fausta peut être confondue avec la zygène plus méridionale Zygaena hilaris, dont elle est très proche. L’une des principales différences permettant de les distinguer est la couleur de la collerette : Zygaena fausta présente une collerette rouge, alors qu’elle est blanche chez Zygaena hilaris.
Elle peut également être confondue avec la Zygène de Carniole (Zygaena carniolica), aussi appelée zygène de l’esparcette, qui lui ressemble beaucoup. Cette espèce est toutefois en général un peu plus grande et présente des motifs souvent moins contrastés.
Aposématisme
Comme beaucoup de papillons, les couleurs rouges et noires annoncent sa toxicité et préviennent les prédateurs que les croquer serait une très mauvaise idée . On appelle cette stratégie adaptative, l’aposématisme. Le mot est composé des deux mots grecs « apo », repousser et « sema », signal. Cette stratégie est employée par de nombreuses espèces animales ou végétales. Ce phénomène a été décrit par Alfred Russel Wallace dans les années 1860 et fut reconnu ensuite par Darwin qui croyait au début que ces couleurs vives jouaient un rôle dans la reproduction. La théorie qui n’était au départ qu’ »une hypothèse a été vérifiée plusieurs années après par des analyses scientifiques qui confirmèrent la présence de produit toxique dans l’organisme de ces animaux . Dans le cas des zygènes plusieurs ont les tissus imbibés de cyanure. Malgré le poison certaines punaises et quelques araignées sont capables de les digérer sans mourir et ne se privent pas de les croquer lorsque les autres nourritures se font plus rares.
