Geai des chênes (Garrulus Glandarius )

Saviez-vous que le geai des chênes fait partie de la famille des corvidés*. Une exception très colorée au milieu d’oiseaux souvent noirs ou gris comme le corbeau, la corneille, la pie ou le choucas des tours.
Le genre “Garrulus glandarius” compte pas moins de 34 sous-espèces que l’on peut rencontrer du Japon au Népal et jusqu’en Himalaya où on peut le croiser jusqu’à 4 000 mètres d’altitude. En Europe, il est présent partout à l’exception des pays du nord au climat trop froid. Les humains l’accusent fréquemment de s’attaquer aux nids de passereaux, mais que l’on se rassure. Les geais des chênes mangent bien moins d’animaux que les humains. Nous sommes certainement l’espèce qui tue le plus d’animaux au monde et qui a l’impact le plus négatif sur la faune sauvage. Donc, je crois que nous ne sommes pas les mieux placés pour donner des leçons à des espèces qui ne mangent que ce dont elles ont besoin et qui ne connaissent pas la surconsommation.

D’autant que ce comportement semble n’avoir lieu que lorsque les geais ont des petits à nourrir.

Omnivore, il se contente le reste du temps de graines, ou de glands. Glands dont il est très friand et qu’il entrepose à la belle saison dans de multiples cachettes en prévision de l’hiver.
A cet effet il possède sous son bec une petite poche appelée « poche de peau » dans laquelle il peut stocker jusqu’à 5 glands.

Sa mémoire exceptionnelle lui permettra plusieurs mois après de retrouver toutes ses caches. D’après Maxime Zucca*, les geais utilisent une boussole interne réglée sur l’azimut du soleil pour retrouver leurs glands. C’est cette même boussole qui est utilisée dans les migrations lorsque l’endroit où ils vivent ne fournit plus assez de nourriture et qu’ils doivent se déplacer à la recherche de lieux plus accueillants.

Pour mémoriser plus facilement l’emplacement des cachettes, il place parfois à côté quelques petits cailloux qui lui serviront de repères.
Mais comme la plupart des animaux, il stocke plus qu’il ne pourra manger. Le résultat est qu’il participe de manière importante à la régénération des forêts. Pour montrer son influence dans ce domaine, des scientifiques ont expliqué qu’à la fin du néolithique, les geais seraient presque seuls responsables du reboisement en chênes du plateau calaisien. Certaines recherches ont également montré qu’un seul geai des chênes pouvait stocker dans des cachettes jusqu’à 4 600 glands par an.
Il se nourrit également d’insectes, coléoptères ou chenilles. Très adroit, il a une façon bien à lui d’attraper les guêpes puisqu’il les saisit avec son bec et avant de les gober, les frotte sur un arbre ou une branche de façon à faire tomber leur dard.
On connait son cri sonore et peu gracieux krreehh” Kreehh, qui prévient tous les autres oiseaux de votre présence, mais le geai des chênes, comme l’étourneau, est aussi un formidable imitateur. Il peut facilement imiter le miaulement du chat ou le roucoulement de la tourterelle. Un geai des chênes breton, dénommé Rico, qui avait été recueilli à la naissance par un maraîcher pouvait dire son nom et était même capable d’imiter le hennissement d’un cheval. Son répertoire était très large et il pouvait aussi bien imiter le cri de la buse que celui de la perdrix, de l’étourneau Sansonnet ou de la poule.
Les couples de geais se forment au printemps. Après l’accouplement, qui est précédé par une parade amoureuse, le mâle choisit l’emplacement du nid, puis le couple commence la construction du nid. Ce dernier se trouve en général à l’intersection d’une branche et à 3 ou 6 mètres de hauteur.
La femelle pond de 4 à 6 œufs. Elle sera nourrie par son compagnon le temps que dure la couvaison. Les petits, eux , sont nourris par régurgitation des parents qui ont au préalable prémâché la nourriture .
21 jours après l’éclosion, les juvéniles sortiront définitivement du nid.

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