Canard colvert (Anas platyrhynchos)

  • Règne : Animalia
  • Embranchement : Chordata
  • Sous-embranchement : Vertebrata
  • Classe : Aves
  • Ordre :Ansériformes
  • Famille :Anatidae
  • Genre : Anas

Présentation

Contrairement à la plupart des oiseaux mentionnés ici, le canard colvert ne fait pas partie de la famille des passereaux, mais de celle des Anatidae. Il ne figure pas non plus parmi les oiseaux typiques des jardins, mais comme il est très présent au Jardin des oiseaux, je veux tout de même brosser son portrait. La raison de sa présence est le cours d’eau qui se trouve au fond du jardin et sur lequel le canard colvert et sa famille aiment se promener ou se reposer. À la belle saison, le mâle, la femelle et les juvéniles stationnent souvent dans le coude que forme la rivière à cet endroit-là. Comme il n’y a personne qui passe, ils s’y sentent en sécurité et utilisent l’endroit pour faire de longues pauses.

Couple de canard colvert

La famille des Anatidés est la plus grande de l’ordre des Ansériformes qui compte trois familles : les Anatidés, les Anhimidés et les Anseranatidés. Elle comprend 53 genres et 174 espèces. On y trouve les oies, les canards et les cygnes, mais aussi les bernaches, les ouettes, les tadornes ou les sarcelles.

Le canard colvert est le membre le plus connu de cette famille. Les ornithologues distinguent aujourd’hui deux sous-espèces : Anas platyrhynchos platyrhynchos Linnæus, 1758 Anas platyrhynchos conboschas Christian Ludwig Brehm, 1831. Cette dernière est toutefois discutée et souvent rattachée à la forme nominale selon les auteurs.

Anas diazi, ou canard du Mexique, était autrefois considéré comme un canard colvert. Il est désormais majoritairement traité comme une espèce distincte.

Description

De tous les canards, le colvert est peut-être le mieux représenté et celui que l’on voit le plus souvent. Comme les autres canards, son mode de vie est très lié à l’eau. Il fait partie des canards dits de surface, pour la simple raison qu’il se nourrit en plongeant juste la tête sous l’eau, alors que les canards dits plongeurs s’immergent totalement et plongent plus ou moins profondément. On le voit régulièrement adopter la position caractéristique dite « en chandelle », l’arrière du corps dressé hors de l’eau pendant qu’il fouille le fond à la recherche de nourriture.

Canard colvert (Anas platyrhynchos)
Canard colvert (Anas platyrhynchos)

Le canard colvert est un oiseau de bonne taille, puisque les mâles ont un poids moyen de 1,2 kg et les femelles 1,1 kg, avec une envergure allant de 0,70 m à 1 mètre. Le canard colvert peut vivre jusqu’à 30 ans, mais sa durée de vie dans la nature, où les dangers sont partout, se situe plutôt entre 5 et 10 ans. Ses pattes palmées sont orange. Il a une silhouette trapue, un corps allongé, un cou de longueur moyenne et une tête assez ronde. Lorsqu’il prend son envol, ses battements d’ailes sont rapides et puissants. Comme les autres canards, le colvert cancane, caquette, nasille ou nasillonne. En dehors de la période de reproduction, il est souvent grégaire et peut former des groupes parfois importants sur les plans d’eau favorables.

Dimorphisme

Le dimorphisme sexuel est très marqué dans cette espèce. En plumage nuptial, le mâle revêt une tenue très colorée. La tête et le début du cou sont verts avec de beaux reflets bleutés qui luisent au soleil et attirent l’attention. Un trait de plumes blanc sur le bas du cou sépare le vert de la tête du marron de la poitrine. Le dos est un mélange de gris et de brun clair. Le dessous, lui, est gris clair. Le croupion noir contraste avec le blanc pur de la queue. Suivant sa position, on peut deviner un miroir bleu à bord blanc sur chaque aile, qui apparaît davantage lorsqu’il s’envole.

L’iris est marron et la pupille noire. Le bec du mâle est jaune orangé comme ses pattes.

Canard colvert mâle en plumage nuptial
Canard colvert femelle

Le plumage de la femelle est beaucoup plus discret et lui permet d’élever les canetons sans trop attirer les prédateurs. Sa tenue de camouflage (plumage cryptique) est marbrée de marron et de crème, ce qui la rend presque invisible dans les broussailles. Elle possède de chaque côté les mêmes miroirs bleus sur les ailes. La tête est un peu moins marbrée et tachetée de traits marron, avec une bande plus foncée sur l’œil et le dessus de la tête. L’iris est marron comme celui du mâle. Son bec, en revanche, n’est pas orangé, mais brunâtre avec de légères traces orange sur les bords.

Mues

Le mâle a la particularité d’effectuer une mue juste après la période de reproduction  en juin-juillet. Celle-ci  lui fait perdre son plumage nuptial très voyant. Il revêt alors un plumage internuptial beaucoup moins coloré qui se rapproche de celui de la femelle. Ce plumage est appelé « plumage d’éclipse » chez les canards et il a pour fonction de leur permettre de passer l’été  en toute discrétion. Il sert également à faire descendre la pression entre les mâles qui ne se voient plus alors comme des concurrents.  L’expression fait référence à ce moment suspendu où l’oiseau mâle enlève sa tenue de séducteur pour en revêtir une autre qui masque ses couleurs . Le mot « éclipse » est synonyme « d’internuptial ». Il est le plus souvent employé pour nommer le plumage internuptial des canards.

Couple de Canard colvert à Berzé la ville un 19 Janvier . on peut voir que le mâle est en plumage nuptial

Lors de cette mue, le mâle perd les plumes de ses ailes et ne peut plus voler pendant les 2 à 3 semaines que dure la repousse. Celle-ci se fait en miroir de telle sorte qu’il n’y ait pas de déséquilibre entre le côté gauche et le côté droit de l’oiseau.  Pendant ce mois  le colvert est particulièrement vulnérable et se fait très discret . Les mâles se réunissent alors  dans les hautes herbes pour effectuer leur mue à l’abri des regards et des prédateurs. Les colverts effectuent leur mue sur place, mais d’autres espèces de canards comme la sarcelle d’hiver ou le tadorne de belon  peuvent effectuer de véritables migrations pour aller changer de costume. On parle alors de migration de mue . Ces mâles migrateurs reviennent vers les aires de reproduction dès que leurs nouvelles plumes ont repoussé et qu’ils sont capables de voler .

Habituellement les femelles colvert commencent à muer vers le mois de juillet lorsque les canetons la suivent tous à la queue leu leu. La mue annuelle chez elle sert uniquement à renouveler le plumage qui s’use avec le temps.  

Canard colvert mâle en plumage d’eclipse (Domaine public) Photo Pierre selim

le mâle en plumage d’éclipse peut être distingué de la femelle  grâce à sa taille plus grande , à sa calotte plus sombre et surtout à son bec qui reste orange. 1 mois  ou deux après cette première mue , une nouvelle mue partielle intervient qui lui redonne son plumage très coloré. Les deux mues successives  lui permettent de renouveler l’ensemble de son plumage qui compte près 12 000 plumes. Début octobre, le colvert mâle a généralement retrouvé son plumage coloré et cherche à nouveau à former des couples avec les femelles. Ce cycle de renouvellement complet des plumes est essentiel pour maintenir l’étanchéité et l’isolation thermique de l’oiseau avant l’hiver.

La fonction du plumage nuptial est d’attirer les femelles et d’intimider les autres mâles, mais certains ornithologues pensent qu’il a aussi pour fonction d’attirer l’attention des prédateurs vers le mâle afin que la femelle, plus discrète, ne soit pas prise pour cible et puisse continuer à élever ses
petits. Ce mécanisme de diversion protège la descendance pendant la période de vulnérabilité des juvéniles. Le plumage du juvénile ressemble à celui de la femelle avec des teintes un peu plus sombres.

Miroirs alaires

Les miroirs alaires sont des barres colorées et iridescentes qui se trouvent sur les ailes d’oiseaux comme les membres de la famille des Anatidés ou sur certains perroquets du genre Amazona. Les couleurs sont propres à chaque espèce et constituent des critères importants d’identification pour les amateurs d’oiseaux, mais aussi et surtout pour les canards eux-mêmes. Le canard colvert, par exemple, possède des miroirs de couleurs violet-bleu avec des bords blancs. Le canard chipeau mâle présente un miroir blanc, tandis que la Sarcelle d’hiver porte un miroir vert.

Miroir alaires bleu

Ces miroirs, que l’on retrouve avec la même coloration chez le mâle et la femelle, sont un signe de reconnaissance interspécifique qui évite les croisements hybrides. Ils servent aussi de panneaux signalétiques lors des regroupements hivernaux où plusieurs espèces vivent ensemble. Grâce à eux, chaque espèce peut facilement retrouver les siens. L’iridiscence de ces plumes résulte d’une structure microscopique qui réfléchit la lumière de manière directionnelle. Les ornithologues n’ont pas encore déterminé pourquoi ces signaux se trouvent sur les ailes des canards de surface et pas sur celles des canards plongeurs. Une hypothèse suggère que ces miroirs facilitent la cohésion du groupe lors de l’envol soudain, une caractéristique plus fréquente chez les espèces de surface.

Alimentation

Le canard colvert fait partie des canards de surface ou canards barboteurs. Ils sont appelés ainsi car ils ne plongent pas pour se nourrir, mais basculent seulement le corps. Celui-ci se retrouve à la verticale avec les pattes hors de l’eau. Cette position lui permet d’atteindre le fond dans les milieux marécageux ou les eaux de faible profondeur.

Le canard colvert se nourrit de plantes aquatiques ou d’algues qu’il arrache au fond de l’eau, mais il consomme aussi des petits poissons ou des invertébrés comme des vers ou des têtards. Le bord de son bec possède des lamelles filtrantes qui retiennent les organismes de petite taille tout en laissant l’eau s’évacuer.

Ce régime alimentaire omnivore varie selon les saisons, avec une consommation plus élevée de protéines animales durant la période de reproduction pour favoriser la formation des œufs.

Habitat

Le canard colvert se plaît dans les milieux aquatiques et humides comme les cours d’eau, les rivières calmes, les zones d’expansion de crue ou les marais. Il préfère les eaux douces, mais il peut aussi vivre dans l’eau salée. Peu farouche, cet oiseau fréquente les plans d’eau ou les lacs à proximité des humains.

Canards colverts mâle et femelle qui dorment au bord de l’étang

Il s’éloigne simplement si la distance de sécurité devient insuffisante. Sa capacité à s’adapter lui permet d’occuper des endroits très différents, des zones sauvages jusqu’aux bassins des villes.

La présence de plantes sur les bords de l’eau est importante pour lui, car elles lui offrent des cachettes pour se reposer et protéger son nid contre les prédateurs.

Vol

Les canards colverts sont des oiseaux qui ont un vol très puissant. Comme les autres canards de surface, ils sont capables de décoller de l’eau en un seul mouvement sans avoir à marcher dessus. Au Jardin des oiseaux, je suis toujours surpris de voir la rapidité avec laquelle ils s’envolent dès que je m’approche un peu trop près de la rivière. Dans les mêmes circonstances, la femelle préfère s’éloigner par un mouvement de palmes vigoureux tout en prenant bien soin que tous ses petits la suivent.

En vol, les colverts peuvent atteindre la vitesse de 80 km/h. Ils sont aussi capables de voler très haut puisque plusieurs individus ont été observés au-dessus du Nevada à une altitude de 6 400 mètres (21 000 pieds).

Élevage et chasse

Le canard existe à l’état sauvage et hélas aussi à l’état de canard domestique . il est également élevé par les chasseurs qui le relâche ensuite dans le seul but de le tuer. il ne faut pas confondre ces lâchers d’une autre époque avec des lâchers de repeuplement fait par des associations amis des animaux qui ont pour but de renforcer une espèce.

Reproduction

Comme beaucoup d’oiseaux, le colvert est monogame et reste avec sa partenaire pendant la nidification, mais change de partenaire chaque année. On pourrait donc dire qu’il est fidèle… mais seulement pour une période donnée. La fidélité est d’ailleurs une notion très humaine qui n’a pas vraiment de sens dans le monde animal. Pour la plupart des espèces, elle dépend du type de nidification et ne dure que le temps de l’élevage des petits. Les oiseaux ne sont fidèles que si l’élevage demande que les deux parents s’en occupent, ce qui est souvent le cas chez les oiseaux nidicoles, alors que chez les nidifuges, la fidélité est beaucoup plus rare.

La particularité sexuelle des canards est que les mâles ont un pénis alors que dans la majorité des espèces (97%) les mâles n’en possèdent pas et ont un cloaque à la place .

Une particularité des canards est que les mâles possèdent un pénis, alors que dans la majorité des espèces (97 %), ils n’en ont pas et ont un cloaque à la place. La période de reproduction commence tôt, vers la fin janvier ou début février selon le climat. Certains ornithologues considèrent que la précocité avec laquelle les couples se forment est liée au fait que de nombreuses espèces nidifient dans des pays du nord, où la belle saison est très courte. Les couples arrivent ainsi déjà formés, ce qui leur laisse le temps de nidifier et d’élever les petits avant que le froid ne revienne.

Après que le mâle ait effectué une parade en montrant ses plumes  colorées. L’accouplement a lieu dans l’eau. Le mâle se place sur la femelle et se tient en équilibre sur elle pour pouvoir introduire son pénis dans le cloaque de la femelle .

Accouplement de colverts Domaine public

Alors que la plupart des oiseaux n’ont pas de pénis comme je l’ai indiqué plus haut, les canards font du zèle avec un pénis immense qui peut faire entre 20 à 30 cm chez le canard colvert  et jusqu’à 40 cm  chez certaines espèces comme le canard argentin  . La femelle a alors le corps complètement immergé dans l’eau et seule sa tête dépasse.

Après la parade du mâle, qui expose ses plumes colorées, l’accouplement a lieu dans l’eau. Le mâle se place sur la femelle et s’y équilibre pour introduire son pénis dans le cloaque de la femelle. Contrairement à la plupart des oiseaux, les canards possèdent un pénis impressionnant : il peut mesurer entre 20 et 30 cm chez le colvert et jusqu’à 40 cm chez certaines espèces, comme le canard argentin. Pendant l’accouplement, la femelle a le corps entièrement immergé, seule sa tête dépassant de l’eau.

Le consentement n’est pas très développé chez les colverts, et de nombreux accouplements forcés ont été observés. Les mâles peuvent être très insistants et violents, arrachant parfois les plumes de la tête ou du cou des femelles. Il n’est pas rare qu’une femelle soit suivie par plusieurs mâles, qui s’accouplent successivement avec elle, jusqu’à épuisement. Dans certains cas, la femelle finit par se noyer. Selon le zoologue Julian Huxley, 7 % des femelles mouraient noyées après un accouplement violent. Reprenant les termes du biologiste Élie Metchnikoff, il parlait des dysharmonies de la nature, mais on peut aussi y voir un exemple tragique de « tragédie des biens communs ». L’ornithologue Frank McKinney a recensé trente-neuf espèces pratiquant l’accouplement forcé.

Nidification

Le colvert nidifie autour des points d’eau et dans les zones marécageuses. La femelle construit le nid à même le sol, dans un endroit bien caché au milieu des hautes herbes. Il a la forme d’une coupe et est composé d’herbes, de feuilles et de divers végétaux trouvés sur place. Le fond du nid est garni de duvet, ce qui offre confort et isolation thermique aux juvéniles.

La femelle pond ensuite 8 à 12 œufs, de couleur vert clair ou parfois beige. L’incubation, qui dure 27 à 30 jours, est assurée uniquement par elle. Les œufs peuvent être prédatés par des corneilles, des renards, des rats ou des fouines.

Canard colvert femelle et ses 8 petits au jardin des oiseaux . Deux étaient hors cadre .

C’est la femelle aussi qui s’occupe de l’éducation des petits. Les canards colverts sont une espèce nidifuge et les petits sont capables de suivre leur mère 48 heures après leur naissance, ce qui rend la présence du mâle inutile pour le nourrissage La cane peut rapidement conduire ses petits vers les points d’eau, où ils trouvent eux-mêmes leur nourriture. Tout le monde a pu voir le beau spectacle de la cane qui se déplace fièrement suivie de près par ses nombreux canetons. Les juvéniles mettront 1 an pour devenir adultes et pourront se reproduire dès l’année suivante.

Canard colvert juvénile (Domaine public)

Le mâle reste parfois autour du nid pendant la période d’incubation, mais il ne participe pas du tout à l’éducation et cherche déjà d’autres femelles avec lesquelles il pourra s’accoupler. Dans la nature, la fidélité n’a pas d’autre raison d’être que de lier les deux parents le temps du nourrissage et de l’élevage des petits. Sont fidèles les parents de juvéniles nidicoles qui demandent beaucoup de soins et qui mourraient si les deux parents n’étaient pas l
à. Le sont beaucoup moins les parents de juvéniles nidifuges qui sont très rapidement autonomes et peuvent se satisfaire de l’aide d’un
seul parent.

Migration

Le canard colvert est un migrateur partiel. C’est-à-dire que les populations qui vivent dans les régions les plus au nord effectuent des migrations alors que les populations qui vivent dans des climats plus tempérés sont grégaires. Les colverts qui vivent au Royaume-Uni sont habituellement résidents à l’année, mais certains ont tout de même été retrouvés en France ou en Espagne.

La migration est souvent déclenchée par le gel des plans d’eau qui empêche les oiseaux de se nourrir, plutôt que par le froid lui-même. Pour s’orienter lors de leurs longs trajets, ils utilisent la position du soleil, les étoiles ainsi que le champ magnétique terrestre. Avant le grand départ d’hiver, les mâles effectuent une migration de mue pour rejoindre des zones calmes où ils changent leur plumage en toute sécurité. En vol, ils adoptent souvent une formation en V afin d’économiser leur énergie.

Distribution

Le colvert est l’espèce de canard la plus répandue dans le monde. On le trouve partout en Europe, dans les régions tempérées et subarctiques de l’hémisphère Nord, ainsi qu’en Amérique du Nord. Il a également été introduit par l’homme dans des zones comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou l’Afrique du Sud, où il s’est parfaitement adapté. Cette vaste aire de répartition s’explique par sa capacité à occuper une grande partie de l’hémisphère Nord.

Carte GBIF qui montre la présence du canard Colvert dans le monde. https://www.gbif.org/fr/species/9761484

En France, on compte entre 30 000 et 60 000 couples, sédentaires et présents sur l’ensemble du territoire, des parcs urbains aux zones rurales. Les colverts fréquentent surtout les zones humides, comme la baie de Somme, la Dombes, la Camargue, ainsi que tous les endroits dotés d’étangs ou de marais, où ils trouvent les conditions nécessaires à leur survie. On les observe également sur les côtes maritimes, notamment dans les estuaires, lors des périodes de grand froid.

Taxonomie

Le canard colvert a été décrit et nommé par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Anas platyrhynchos.

Le nom de genre Anas a été créé en 1758 par le naturaliste suédois Carl von Linné.

La famille des Anatidae a été proposée en 1825 par le zoologiste irlandais Nicholas Aylward Vigors.

Étymologie

Le nom « canard » a d’abord été utilisé au XIIe siècle comme prénom masculin. Le nom vernaculaire « canard » qui désigne l’animal date du XIIIe siècle. Il descend du verbe « caner » qui signifie caqueter ou jacasser. Le mot est d’origine onomatopéique et vient du can-can ou coin-coin de plusieurs espèces de canards. Le mot cancaner désigne le cri du canard. Par extension, il est utilisé pour désigner des personnes qui n’arrêtent pas de parler et qui colportent des cancans.

Le mot « french cancan » a lui aussi un rapport avec le canard. La danse comporte certains pas qui évoquent la démarche de l’oiseau. Il suffit d’avoir vu ce canard une fois pour comprendre l’utilisation du qualificatif « colvert » qui parle bien sûr du col de couleur verte du mâle.

Le nom générique « Anas » est un mélange de l’onomatopée « can » et des anciens noms français « aine » ou « ane » qui désignaient le canard et la cane. Puis l’ancien français a gardé « ane » seulement pour la femelle. Le mot cane n’est apparu que plus tard.

On n’utilise plus aujourd’hui que le mot cane, mais la racine « ane » se retrouve dans la famille des Anatidés.

On trouve également cette racine dans le nom « anatife » donné à une espèce de crustacé. La raison est surprenante : l’anatife avait tout simplement été pris au début pour une coquille d’œuf de canard marin. Cette croyance médiévale affirmait que ces crustacés fixés aux bois flottants donnaient naissance à des oiseaux, ce qui permettait de manger du canard pendant le carême sans enfreindre les règles religieuses L’épithète vient du grec platyrhynchos, qui signifie « au bec large ».

Les noms à l’étranger

 En raison de sa très large répartition géographique, le colvert possède des noms variés selon les pays. En anglais, il est nommé Mallard, un terme qui dérive de l’ancien français « malart », désignant le mâle sauvage, mais on utilise aussi fréquemment le nom de Wild duck pour le présenter comme le « canard sauvage » par excellence. Cette appellation se retrouve également chez les Canadiens sous la forme Canard malard. Les Allemands l’appellent Stockente, ce qui signifie littéralement « canard des souches », en référence à son habitude de nicher parfois dans les cavités des vieux arbres ou sur des bois morts près de l’eau.

En Espagne, on le désigne souvent comme Ánade real ou Pato real, des noms qui soulignent son caractère « royal », bien qu’on utilise aussi le nom de Ánade azulón pour évoquer le bleu de son miroir alaire. Les Italiens partagent cette vision avec le nom de Germano reale. Aux Pays-Bas, on l’appelle Wilde eend, ce qui signifie également « canard sauvage ». Enfin, aux îles Seychelles, le créole local le nomme très justement Kannar latet ver, ce qui se traduit par « canard à tête verte ».

En Asie, les noms reflètent également ses caractéristiques physiques. Au Japon, on l’appelle Magamo (真鴨), où « ma » signifie vrai ou pur, et « gamo » désigne le canard ; il est ainsi considéré comme le « vrai canard » par excellence. En Chine, son nom est Lǜtóuyā (绿头鸭), ce qui se traduit littéralement par « canard à tête verte », rejoignant ainsi la logique descriptive que l’on retrouve aux Seychelles ou dans notre « colvert » français.

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