Le système génital des oiseaux

Mais où est donc passé le pénis des oiseaux ?

Contrairement aux mammifères, la plupart des oiseaux mâles n’ont pas de pénis. Mâles comme femelles sont dotés d’un cloaque, ce qui rend très difficile la différenciation visuelle des sexes.

Pour les distinguer, il faut alors se rabattre sur les caractères sexuels secondaires, tels que le plumage, la crête, les barbillons, le chant, la taille ou le comportement. Les parades nuptiales et la position lors de l’accouplement au printemps donnent également de précieuses indications. En général, le mâle est plus gros et porte un plumage nuptial coloré, mais il faut se méfier : chez certaines espèces, le dimorphisme est inversé. C’est le cas chez de nombreux rapaces où les femelles sont plus corpulentes, ou chez le phalarope où elles arborent les couleurs les plus vives.

Couple de Canard colvert
Couple de Canard colvert

Reste que certaines espèces ne montrent aucune différence extérieure ; seule l’analyse des organes génitaux internes ou un test ADN permet alors de trancher. Chez 97 % des oiseaux, l’acte sexuel se déroule sans pénétration, par un simple contact entre les cloaques appelé « baiser cloacal ». Le cloaque est un organe plurifonctionnel : il sert à l’évacuation des déchets (urine et excréments) et assure les fonctions reproductrices (émission du sperme chez le mâle, réception du sperme ou expulsion de l’œuf chez la femelle).

Lors de l’accouplement, le mâle monte sur la femelle et applique son cloaque contre le sien pour y injecter son sperme. Bien qu’internes, les organes reproducteurs sont bien développés. Chez le mâle, les deux testicules, en forme de haricots, se situent près des reins. Ils peuvent augmenter de 200 à 400 fois leur volume initial durant la saison de reproduction. Chez la femelle, l’appareil conduit les spermatozoïdes vers l’oviducte où s’effectue la fécondation.Reste que certaines espèces ne montrent aucune différence et  que seule l’analyse des parties génitales intérieures permet de différencier le mâle de la femelle .

Cloaque de l'accenteur mouchet
Cloaque de l’accenteur mouchet (Domaine public)

Lors de l’accouplement, le mâle monte sur la femelle et applique son cloaque contre le sien pour y injecter son sperme. Bien qu’internes, les organes reproducteurs sont bien développés. Chez le mâle, les deux testicules, en forme de haricots, se situent près des reins. Ils peuvent augmenter de 200 à 400 fois leur volume initial durant la saison de reproduction. Chez la femelle, l’appareil conduit les spermatozoïdes vers l’oviducte où s’effectue la fécondation.

Pendant la période de reproduction, le cloaque du mâle comme celui de la femelle gonfle et apparaît comme une légère saillie. À l’intérieur, les testicules du mâle produisent les spermatozoïdes, tandis que les ovules de la femelle, qui se présentent sous la forme d’une grappe, arrivent successivement à maturité. La rencontre de ces deux gamètes marquera le point de départ de la fabrication des œufs.

Une particularité anatomique notable réside dans l’asymétrie des organes : chez la plupart des femelles, seul l’ovaire gauche est fonctionnel (le droit est atrophié), tandis que chez le mâle, le testicule gauche est souvent plus volumineux que le droit. On retrouve cette asymétrie chez d’autres lignées comme certains serpents et lézards.

Les oiseaux mâles avec un pénis

97 % des oiseaux n’ont pas de pénis, mais 3 pour cent en ont un . Parmi eux on trouve les Canards , les oies et les autruches.

Les canards sont remarquables à ce sujet. Certains, comme le Canard argentin (Oxyura vittata), ont un pénis de plus de 40 cm. Peu de gens le savent, mais c’est l’animal qui, proportionnellement, a le plus long pénis du monde : il fait quasiment la taille de son corps. La baleine a un pénis de 2 mètres de long, mais comme son corps fait trente mètres, le ratio est bien plus faible. L’éléphant, avec son membre de 1 mètre 50, est bien placé, mais il ne peut pas concurrencer le canard argentin qui gagne haut la main le concours de celui qui a la plus longue.

Accouplement de Canard avec pénis en tire bouchon
Accouplement de Canard avec pénis en tire bouchon Domaine public

Mais tous les canards n’ont pas le pénis de l’Argentin, même si tous sont plutôt bien dotés avec des tailles allant de 20 à 30 cm. Une autre particularité du canard est que son pénis n’apparaît qu’au moment de l’acte et se déploie en moins d’une demi-seconde. Son érection est dite « explosive » puisqu’il éjacule dans le même temps.

La vie sexuelle des canards est peu connue du grand public, mais elle est passionnante. Elle constitue un parfait exemple du conflit sexuel qui existe entre mâles et femelles chez de très nombreuses espèces. Chez eux, ce conflit ne se limite pas à un comportement : il s’est carrément imprimé dans leur anatomie. Leurs appareils génitaux doivent en effet leur forme à cette lutte qui est au cœur de la reproduction sexuée.

Quand le conflit sexuel façonne les sexes

Ce conflit naît d’une divergence d’intérêts biologiques : les mâles cherchent à multiplier les accouplements (stratégie quantitative), tandis que les femelles ont intérêt à choisir rigoureusement leur partenaire (stratégie qualitative).

En observant les canards, les spécialistes ont découvert une structure étonnante. Le pénis, comme le conduit de la femelle, est spiralé. Mais il y a un obstacle : le pénis est vrillé dans un sens, alors que le conduit de la femelle tourne dans l’autre sens.

Toute pénétration est donc rendue ardue. Le mâle éprouve de grandes difficultés à progresser dans ce conduit qui tourne à l’inverse de son propre sexe. De plus, le conduit de la femelle possède des « voies de garage », des diverticules (sortes de culs-de-sac) qui ne mènent nulle part et empêchent la fécondation.

Les scientifiques pensent que cette évolution est le fruit de la sélection naturelle. Comme les mâles imposent souvent des accouplements forcés, la nature a favorisé, au fil des millénaires, les femelles qui possédaient par hasard des conduits plus complexes. Ces obstacles anatomiques permettent aux femelles de conserver une forme de contrôle : si elles ne sont pas consentantes et ne relaxent pas certains muscles, le sperme est dévié vers une impasse. Ce labyrinthe intérieur est une adaptation biologique ingénieuse qui limite les naissances issues de rapports forcés, privilégiant ainsi la survie de la lignée selon les « choix » dictés par l’anatomie de la femelle.

D’une certaine manière la nature a créé des orifices sexuels féminins qui possèdent leur propre moyen contraceptif pour  limiter les naissances qui auraient été beaucoup trop nombreuses si les mâles avaient pu s’accoupler facilement .

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