- Règne : Animalia
- Embranchement : Annelida
- Classe : Clitellata
- Ordre : Crassiclitellata (anciennement Oligochaeta)
- Famille :Lumbricidae
- Genre : Lumbricus
Préambule
Peut-être l’espèce animale la plus utile sur terre. Darwin, qui a compris les animaux mieux que personne, les appelle les « laboureurs du sol ». Il dit aussi : « Le ver mérite d’être dit intelligent, car il agit presque comme le ferait un homme placé dans des circonstances analogues ». La phrase, très profonde comme souvent chez Darwin, est à méditer.
L’auteur de L’Origine des espèces les considère comme une espèce si importante qu’il consacre les dernières années de sa vie à l’écriture d’un livre sur le sujet intitulé « La Formation de la terre végétale par l’action des vers de terre« . Il y réunit toutes ses observations sur les vers et leur relation avec la structure des sols.
Il faut dire que là aussi il est un précurseur et qu’il est l’un des premiers, avec le botaniste allemand Werner Hoffmeister, à étudier leur comportement et à essayer de comprendre comment ils fonctionnent. À son époque, la majorité des humains pensent que les vers de terre sont des parasites nuisibles qui mangent les racines des plantes et ils font tout pour les détruire. L’un des premiers pesticides est d’ailleurs créé pour les empoisonner: Il s’agit d’un lombricide à base de vert-de-gris qui est utilisé dès le XVIIIe siècle.

Bien qu’il mette en forme son livre à la fin de sa vie, l’intérêt de Darwin pour les vers de terre remonte à sa jeunesse. Sa première expérience a lieu un an après son retour de voyage autour du monde avec le Beagle. Alors qu’il rend visite à son oncle, ce dernier lui montre des morceaux de marne qui ont été posés au sol quelques années auparavant. Ceux-ci sont à présent à demi enfouis dans la terre et son oncle lui explique qu’il pense que l’enfoncement de la marne est dû au travail des vers de terre. L’oncle pense que Darwin ne s’intéressera pas plus au sujet et se trouve très surpris quand il découvre qu’il présente, quelques semaines plus tard, une conférence sur le sujet devant la Société géologique royale, à Londres. Face au peu d’intérêt suscité par son exposé, il poursuit ses recherches sur d’autres sujets, mais ne cesse jamais d’observer les vers.
Il publie deux autres articles en 1840 et 1844 et un autre en 1869, mais ce n’est qu’entre 1871 et 1880 que les vers de terre deviennent son principal sujet d’étude. Le livre « Rôle des vers de terre dans la Formation de la terre végétale par l’action des vers de terre » est publié le 10 octobre 1881, quelques mois avant sa mort.
« Il est permis de douter, écrit-il dans cet ouvrage, qu’il y ait beaucoup d’autres animaux qui aient joué dans l’histoire du globe un rôle aussi important que ces créatures d’une organisation si inférieure. »
Résumant ce qu’il a découvert, il écrit aussi : « Je fus amené à conclure que la terre végétale sur toute l’étendue d’un pays a passé bien des fois par le canal intestinal d’un ver et y passera bien des fois encore. Par suite le terme terre animale serait à certains égards plus juste que celui communément usité de terre végétale ».
Admirer les aigles, les chevaux et les lions est bien. Comprendre l’importance des vers de terre, des limaces et des escargots et apprendre à respecter ces espèces mal connues et trop souvent mal aimées est mieux.
Présentation
Les lombrics font partie du sous-ordre des Lumbricina ou lombriciens qui compte treize familles et plus de 7 000 espèces décrites et nommées dans le monde. En France, on peut rencontrer une centaine d’espèces. Quatorze ou quinze espèces différentes peuvent parfois cohabiter dans le même sol. Les vers de terre creusent des galeries dont certaines peuvent descendre jusqu’à 3 ou 4 mètres de profondeur. Leur présence est le signe d’une terre en bonne santé et n’a que des avantages: ils aèrent les sols et favorisent la pénétration de l’eau jusque dans les couches profondes.

Des chercheurs irlandais ont montré que les terres où il y a beaucoup de vers de terre absorbent beaucoup mieux l’eau en cas de pluie intense. Cette aération, qui rend le sol poreux, facilite également la pénétration des racines. Les vers de terre enrichissent aussi la composition de la terre grâce à leurs allées et venues et contribuent à enfouir le carbone. Les déjections qu’ils remontent du fond vers la surface ou de la surface vers le fond sont riches en matières organiques et en minéraux et agissent comme un engrais naturel.
Darwin a d’ailleurs remarqué que la terre travaillée et remontée à la surface par les vers sous forme de turricules est d’une grande finesse ; elle contient quantité de nutriments qui proviennent du passage de la terre dans l’intestin des lombrics.
Le microbiologiste Claude Bourguignon explique que deux tonnes de vers vivent sur un hectare dans un sol sain et que tous ces vers remontent chaque jour plus de 2 tonnes de terre avec leurs éléments comme le phosphore, la potasse ou l’azote à la surface du sol. Ils empêchent ainsi que ces éléments nutritifs soient lessivés par les pluies et aillent se perdre dans les nappes phréatiques.
Grâce à cet ensemble de bienfaits, ils contribuent à la stabilité des sols et constituent la meilleure protection contre l’érosion. Sans eux, la plupart des sols seraient durs comme la pierre et infertiles. Ils modifient fortement et de manière positive les terrains dans lesquels ils vivent et participent au développement de nombreuses autres espèces qui profitent de leur travail. Pour cette raison, ils sont appelés « les ingénieurs du sol » ou « les architectes des sols fertiles ».
Comme on le voit, les vers de terre sont essentiels pour la qualité des sols et le sont en harmonie avec de nombreuses espèces comme les microbes, les bactéries ou les champignons. La végétation joue également un rôle primordial grâce aux racines qui nourrissent la terre et à l’ombre que les feuillages produisent. Les lombrics ne peuvent pas tout faire seuls. Des sols sans arbres ou sans arbustes dépérissent aussi très rapidement.
La partie de la terre influencée et modifiée par l’action des vers de terre est nommée la drilosphère. On appelle géodrilologues les spécialistes qui s’intéressent à la branche de la zoologie qui étudie les vers de terre.
Le ver commun
Le ver commun fait partie des vers de terre anéciques, c’est-à-dire des vers qui vivent dans l’ensemble du sol et qui créent des galeries. Il est le plus grand du genre puisqu’il peut mesurer de 9 à 30 cm. Son corps comporte 100 à 170 anneaux ou segments, qui portent chacun quatre paires de soies facilitant l’avancement. Il semble difficile, au premier abord, de distinguer où se trouve la tête et où se trouve la queue, mais il suffit pour cela de repérer le côté qui porte les plus gros anneaux : là se trouve la tête. On peut aussi observer dans quel sens il se déplace. En général, ils le font en marche avant. Une autre possibilité est de regarder où se trouve le clitellum. Cette partie, très visible, est une excroissance qui comporte les organes génitaux. Elle se trouve sur la zone avant du ver et se situe autour du 25e ou 35e segment.
Les vers de terre n’ont ni yeux, ni oreilles, ni nez, et ne possèdent pas non plus de dents. Le premier segment est appelé prostomium. Les vers s’en servent pour s’orienter dans le sol. Contrairement à nous, ils n’ont pas de poumons et respirent par la peau, qui doit toujours rester humide pour permettre une bonne oxygénation. Quand il fait trop chaud, ils descendent dans les profondeurs de la terre et réduisent leurs activités.

Les vers de terre anéciques, comme le ver de terre commun, construisent des terriers verticaux qui peuvent descendre jusqu’à quelques mètres. Les galeries se terminent au fond par une sorte de chambre où les vers se reposent et passent une grande partie de l’hiver.
Dans son livre, Darwin la décrit ainsi : « Toutes les cavités se terminaient par une chambre plus spacieuse à une profondeur de 7 à 8 pieds de la surface. Ces chambres contenaient une grande quantité de petits morceaux tranchants de pierre et des cosses de graine de lin. »
Darwin se demande aussi quel peut être le sens de ces objets très nombreux qui recouvrent le sol de la chambre et avance cette hypothèse : « La seule conjecture que je puisse former sur la raison qui porte les vers à garnir leur quartier d’hiver de petites pierres et de graines, c’est qu’ils veulent empêcher leur corps replié étroitement sur lui-même, de venir en contact avec le sol froid environnant ; ce contact pourrait peut-être gêner leur respiration, qui s’effectue uniquement par la peau. »
Un peu plus tôt, il réfléchit à la façon dont les vers ont descendu tous ces objets dans la chambre et évoque l’intelligence des vers de terre : « si les vers sont capables, écrit-il, soit avant, soit après avoir transporté un objet jusque près de l’ouverture de leurs galeries, de juger du moyen de l’y introduire, il faut qu’ils se fassent une certaine idée de sa forme générale. […] Si les vers ont la faculté d’acquérir quelque notion, si grossière soit-elle, de la forme d’un objet et de leurs galeries, et cela semble être le cas, ils méritent d’être dits intelligents. »
Cette phrase, qui fait rire tous les scientifiques de l’époque pour qui les vers sont des êtres stupides, montre la grande clairvoyance de Darwin ainsi que sa capacité à percevoir les choses et à penser par-delà les idées reçues de son temps.
Les vers sont actifs dès les beaux jours et redescendent pour se reposer ou pour traverser l’hiver dans les parties non gelées de la terre où ils entrent en hibernation. Ils peuvent ainsi redevenir actifs si le temps s’adoucit, puis reprendre leur repos si le froid revient. Les vers de terre n’aiment pas la lumière et remontent à la surface la nuit pour se nourrir de matière organique. Les scientifiques qualifient leur comportement de phototactisme négatif (ou phototaxis). La nuit les protège aussi des prédateurs comme les oiseaux ou les insectes. Un ver de terre peut vivre de 2 à 5 ans selon les espèces.
Reproduction
Le mécanisme est complexe et je me contenterai ici d’en dresser les grandes lignes.
Les vers de terre deviennent adultes au bout d’un an. Ils sont hermaphrodites et possèdent tous des testicules et des ovaires. On peut distinguer les jeunes des adultes au renflement qui apparaît lorsque le ver a atteint sa maturité sexuelle.
Ce renflement, nommé clitellum, est le lieu où se forme le cocon nutritif qui abritera les œufs. La période de reproduction a lieu principalement au printemps et en automne. Les vers remontent alors vers la surface quand le temps est humide.
Les deux partenaires se collent alors tête-bêche et échangent leurs spermes. Celui-ci sort au niveau du quinzième anneau, puis il est envoyé par deux canaux vers les vésicules séminales de l’autre ver, situées sur les neuvième et dixième segments, où il est stocké. Les deux vers se séparent. Un cocon se forme alors au niveau du clitellum.
Ce cocon glisse vers la tête du ver et quelques œufs y sont déposés lorsqu’il passe au niveau du quatorzième anneau. Les œufs sont fécondés en passant devant les neuvième et dixième segments où le sperme a été stocké. Une fois détaché, le cocon se referme. Selon l’espèce, il faut de quelques semaines à plusieurs mois pour que les jeunes vers sortent de l’œuf. Les vers de terre communs s’accouplent une fois par an et fabriquent 5 à 10 cocons qui contiennent un œuf chacun. Les juvéniles passent les mois sous la terre comme les endogés puis, une fois devenus adultes, viennent se nourrir, faire leurs besoins et se reproduire à la surface du sol comme les épigés.
Les prédateurs
Peu d’espèces ont autant de prédateurs et leur goût semble convenir à de nombreux animaux. Les oiseaux, en premier lieu, les adorent et le merle en a fait son repas de prédilection. Il en consomme notamment au moment de la reproduction pour nourrir ses petits, mais aussi en hiver quand les autres nourritures se font plus rares. Parmi les autres prédateurs, on trouve les hérissons, les lézards, les crapauds et les sangliers.
Classement des vers de terre
Les spécialistes les classent en trois groupes définis en 1972 par Marcel Bouché :
- Les épigés qui vivent en surface dans les amas organiques comme le compost ou le fumier. Ils creusent peu ou pas du tout de galeries et se nourrissent de matières organiques mortes. Ils sont de petite taille (1 à 5 cm). Leur couleur est généralement rouge sombre.
- Les anéciques qui vivent dans l’ensemble du sol et qui creusent des galeries permanentes. Ils rejettent leurs déjections, appelées turricules, à la surface du sol. Ils sont saprogéophages, c’est-à-dire qu’ils se nourrissent de déchets organiques et de terre. Ils remontent la nuit chercher leur nourriture en surface et la redescendent dans leurs galeries. Ils sont grands (10 cm à 1,10 m pour le Ver géant de Gippsland). Des spécimens de plus de 3 mètres auraient même été signalés en Amérique. Les anéciques peuvent être rouges, gris ou bruns.
- Les endogés qui vivent dans le sol et remontent rarement à la surface. Ils creusent des galeries horizontales temporaires et se nourrissent de terre qui contient des matières organiques. Ils sont de taille moyenne (1 cm à 20 cm).
Marcel Bouché* établit un quatrième groupe avec les vers hydrophiles qui vivent dans les cours d’eau. La durée de vie des vers de terre est de 4 à 8 ans pour les anéciques et les endogés, alors qu’elle n’est que de 3 mois pour les épigés.
La question « bête »
On peut le couper en deux ?
Poser la question est déjà un problème et montre toute la cruauté de certains humains. Aurait-on l’idée de demander si l’on peut couper un enfant en deux et s’interroger ensuite pour savoir si les parties tranchées vont repousser !
Mais que la question puisse être posée montre que nous vivons dans une société spéciste où l’animal n’a aucune importance. Dans ma jeunesse, l’Éducation nationale faisait ouvrir le ventre des grenouilles en cours de biologie pour voir battre le cœur ! Là encore se trouve l’empreinte néfaste de Descartes* qui a élaboré une théorie selon laquelle les animaux sont comme des machines et ne ressentent pas la douleur. Alors, pourquoi se gêner ?
J’espère que cela n’existe plus aujourd’hui et j’aimerais que l’Éducation nationale s’excuse d’avoir fait commettre de telles horreurs à des générations d’enfants. Comment leur expliquer ensuite que les autres animaux sont des êtres vivants qui méritent notre respect ? La question sur les vers de terre est du même ordre. Les enfants n’auraient jamais l’idée de la poser si les vers de terre étaient un peu plus considérés.
Comment un ver de terre pourrait-il survivre s’il n’a plus de bouche, de cerveau et s’il a perdu ses cœurs ? Car il en a plusieurs. Autant d’organes vitaux qui se trouvent dans la partie avant et sans lesquels le ver ne peut pas vivre longtemps ; il est possible qu’il se tortille quelque temps après avoir été sectionné, mais il s’agit essentiellement de mouvements réflexes qui s’arrêtent définitivement au bout de quelques minutes.
Si l’envie de couper les vers en deux vous poursuit malgré ce que vous venez de lire, posez-vous plutôt des questions sur vous-mêmes et demandez-vous quel plaisir vous trouvez à torturer et à faire souffrir gratuitement des animaux.
Distribution

Histoire et Mythologie
Les anciens avaient une relation plus harmonieuse que nous avec le monde animal. Pythagore ou Plutarque avaient une vision bien plus intelligente et sensible que la nôtre.
Il y a plus de 2 000 ans, Aristote admire les vers de terre et les appelle « les intestins de la Terre ». Les Égyptiens, eux, ont une grande considération pour tous les membres de la famille des Lumbricidae et Cléopâtre les range dans la catégorie des animaux « sacrés ». Les Égyptiens n’ont pas le droit de les extraire de la terre et les agriculteurs doivent les laisser en paix pour ne pas fâcher les dieux de la fertilité. On voit ici que l’éthique des agriculteurs égyptiens est à mille lieues de celle de nos agriculteurs actuels pour qui les autres animaux ne sont que des obstacles gênants à éliminer.
La peur irrationnelle que provoquent les vers de terre chez un grand nombre d’humains est toute contenue dans le mythe de l’Olgoï-Khorkhoï. Cette légende mongole met en scène un ver géant dont tout le monde parle, mais que personne n’a jamais vu. D’après les nombreux récits, ce ver mesurerait entre 60 cm et 1,50 m. Il serait rouge écarlate et sa peau aurait l’allure d’un intestin de vache. Comme pour la plupart des vers, il serait impossible de distinguer sa tête de sa queue. Ce ver extrêmement dangereux serait capable, par exemple, de cracher un acide sulfurique dont la moindre goutte pourrait faire rouiller les objets métalliques ou tuer un humain. On raconte qu’il est aussi capable de tuer à distance grâce à des décharges électriques. D’autres récits disent que le ver est venimeux et que le moindre contact avec lui entraîne une mort quasi instantanée.
L’Olgoï-Khorkhoï (« ver-intestin ») habiterait sous terre. Il dormirait la plupart du temps et ne remonterait à la surface qu’en juin ou juillet. On raconte que le meilleur moment pour le voir est les jours de pluie, quand le sol est humide. Il se nourrirait de plantes rares qui poussent dans le désert de Gobi. Il apprécie tout particulièrement une plante toxique, le Goyo, dont le goût est un mélange entre la banane et le céleri. Un paléontologue américain a bien essayé d’expliquer aux habitants de Mongolie que ce ver n’existe pas, mais la légende est tenace. « Aucun de ceux présents n’a jamais vu la créature, écrit le scientifique, mais ils croient dur comme fer en son existence et la décrivent avec une grande précision. »
Taxonomie
Le ver de terre commun a été nommé et décrit par le naturaliste suédois Carl von Linné « Lumbricus terrestris » en 1758. L’embranchement des Annélides, qui regroupe les animaux dont le corps est constitué d’une succession d’anneaux ou segments, a été créé en 1802 par le naturaliste français Jean-Baptiste de Lamarck.
Étymologie
Le nom de genre Lumbricus vient du latin et signifie « ver de terre » ou « ver intestinal ». D’autres sources le font descendre du mot Lubricus, « glissant », qui est aussi à l’origine du mot « lubrique » (celui qui se laisse glisser vers ses pulsions). L’épithète terrestris (terre) permet de situer l’endroit où vit l’espèce. Le mot « ver » viendrait du sanskrit Krimi, qui descend lui-même de la forme primitive Kram signifiant « aller » ou « ramper ». « De terre » reprend l’épithète terrestris et signale l’habitat de ces vers.
Travaux de claude et Lydia Bourguignon
Claude et Lydia Bourguignon sont microbiologistes. Ils ont consacré leur vie à l’étude des sols et ont démontré que la bonne santé de ces derniers dépend en grande partie des vers de terre. Ayant réalisé de très nombreuses études, ils ont constaté une chute constante et absolument régulière, depuis vingt ans, de l’activité biologique des sols due aux méthodes de l’agriculture moderne qui détruisent tout.
Ils rappellent aussi que les sols hébergent 80 % de la biomasse mondiale. Sur ce sujet, de nouveaux chiffres arrivent tous les jours et les « spécialistes » se déchirent. Chacun avance le sien et, avec le mépris que peut avoir celui qui pense détenir la vérité, juge celui de l’autre ridicule. Mais le but ici n’est pas de donner une quelconque vérité. Les chiffres, au fond, importent peu. L’essentiel est de comprendre l’importance d’une espèce et de réaliser que ce qui se passe sous terre est tout aussi important que ce qui se passe dessus.
Glossaire technique
- Géodrilologie : Du grec gê (terre), drilos (ver de terre) et logos (étude ou science). C’est la branche de la zoologie qui étudie les vers de terre.
- Drilosphère : Des mots grecs drilos (ver de terre) et sphaîra (globe). C’est la partie du sol influencée et modifiée par l’action des vers de terre. Cette zone est reconnue comme étant bien plus riche et fertile que les zones où les vers sont absents.
- Marcel Bouché : Directeur du laboratoire de zoo-écologie des sols de l’INRA.
- Turricule : Du latin turris (tour) et du suffixe diminutif culus. Petite tour, appelée aussi tortillon, que l’on trouve à la surface de la terre et qui est constituée par les déjections des vers.
- Prostomium : Premier segment du corps des annélides. Il se trouve devant la bouche, mais ne l’inclut pas.
- Périprocte : Chez les annélides, il s’agit du dernier segment qui correspond à la zone entourant l’anus.
- Hermaphrodisme : Phénomène biologique par lequel l’individu possède à la fois les organes mâles et femelles, soit simultanément, soit de manière alternée. Seuls les individus pouvant se reproduire comme mâle et comme femelle sont considérés comme véritablement hermaphrodites.
- Phototaxis : On parle de phototaxie positive lorsqu’une espèce est attirée par la lumière, et de phototaxie négative lorsqu’une espèce la fuit.
