Vanessa cardui
Noms scientifiques
Le nom original donné par Linné en 1758 est Papilio cardui. L’espèce a ensuite été placée dans différents genres. Johan Christian Fabricius créa les genres Vanessa et Cynthia en 1807 et ces deux noms ont été utilisés pour cette espèce. Elle a ainsi été appelée Cynthia cardui dans une partie de la littérature naturaliste.

Le nom de genre Vanessa a une origine particulière. Il vient du personnage de Vanessa dans le poème Cadenus and Vanessa du poète irlandais Jonathan Swift. « Vanessa » était le nom que Swift avait donné à Esther Vanhomrigh. Fabricius reprit ce nom lorsqu’il créa le genre Vanessa.
Arthur Maitland Emmet indique toutefois qu’une autre interprétation a été proposée par l’entomologiste Arnold Spuler qui rapprochait Vanessa du grec phaínō « briller ». Cette hypothèse pourrait évoquer l’aspect coloré du papillon mais l’origine littéraire liée à Swift reste la plus directement documentée.
Le nom Cynthia fait allusion à Cynthia qui est un surnom de Diane la déesse romaine de la chasse. Ce nom vient du mont Cynthe sur l’île de Délos où Diane serait née. Emmet souligne que « Cynthia » était alors un nom très employé dans la littérature anglaise et qu’il pourrait donc s’agir ici aussi d’une allusion littéraire voilée.
L’épithète cardui vient du latin Carduus « chardon ». Elle renvoie à l’une des plantes hôtes de la chenille.
Noms vernaculaires
Le nom français « Belle-Dame » est ancien. En 1762 l’entomologiste Étienne-Louis Geoffroy emploie cette appellation pour l’espèce. Elle correspond à la traduction de « Bella Donna » qui avait déjà été utilisée par Linné pour évoquer la beauté du papillon. La LPO confirme cette origine et la date de 1762.
La Belle-Dame a également été appelée « Chardonneret ». Cette appellation a été donnée par Eugen Johann Christoph Esper en 1769. Elle associe le papillon à l’oiseau chardonneret qui fréquente lui aussi les chardons.
On rencontre aussi les appellations « Vanesse du chardon » et « Vanesse des chardons » qui renvoient directement à l’épithète cardui et aux plantes hôtes de la chenille.
Au Canada elle est appelée « Vanesse de l’Artichaut ». Cette appellation est liée à l’une des plantes utilisées par la chenille.
Noms à l’étranger
Les noms donnés à la Belle-Dame dans les différentes langues font souvent allusion aux plantes hôtes de sa chenille. D’autres appellations mettent davantage en avant l’apparence du papillon ou lui donnent une dimension féminine.
Les Anglais l’appellent « Painted Lady » que l’on peut traduire par « dame peinte ». Cette appellation évoque directement les couleurs et les motifs de ses ailes.
Les Allemands utilisent « Distelfalter » littéralement « papillon des chardons ». Les Néerlandais disent « Distelvlinder » avec le même sens.
Les Danois l’appellent « Tidselsommerfugl » c’est-à-dire « papillon des chardons ».
Les Polonais la nomment « Rusałka osetnik ». Rusałka désigne une roussalka une créature féminine de la mythologie slave tandis que osetnik est formé à partir de oset « chardon ». Le nom peut donc être compris comme une « roussalka des chardons ».
En Suède elle est appelée « Tistelfjäril » qui signifie « papillon des chardons ».
En Turquie elle est appelée « Dikenkelebeği » littéralement « papillon des épines ».
En Italie on rencontre « Vanessa del cardo » « Vanesse du chardon ».
Les Espagnols utilisent « Vanesa de los cardos » et les Portugais « Vanessa dos cardos ». Ces appellations renvoient toutes aux chardons.
Sa Présence en asie
Contrairement aux Vulcains, la Belle-Dame possède une distribution mondiale et se trouve bien présente sur tout le continent asiatique.
Au Japon elle est appelée « Hime-akatateha » (ヒメアカタテハ). Hime signifie « petite » et Akatateha est le nom japonais de Vanessa indica. L’appellation signifie donc « petite Akatateha » et permet de distinguer la Belle-Dame de cette espèce proche.
En Chine elle porte le nom « Xiǎo hóng jiá dié » (小红蛱蝶) qui signifie littéralement « petite vanesse rouge ». Xiǎo signifie « petit » et hóng « rouge ». Cette appellation met donc en avant la taille et la coloration du papillon et permet de le distinguer des autres espèces proches présentes dans la même région.
On retrouve donc dans plusieurs langues le lien entre la Belle-Dame et les plantes hôtes de sa chenille. D’autres traditions comme l’anglais « Painted Lady » ou le polonais « Rusałka osetnik » mettent davantage l’accent sur son apparence ou lui donnent une dimension féminine.
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