Étymologie Céphale

Coenonympha arcania

Noms scientifiques

Le nom de genre Coenonympha vient des mots grecs koinos (« commun », « ensemble ») et nymphê (« nymphe »). Son sens exact demeure incertain. On retrouve la racine koinos dans des noms d’animaux dont les adultes ou les larves vivent en groupe, comme les Coenagrions. Ce n’est pourtant pas le cas des espèces du genre Coenonympha, dont les chenilles comme les adultes mènent une vie solitaire.

Céphale (Coenonympha arcania)
Céphale (Coenonympha arcania)

Il est possible que Jakob Hübner, à l’origine de ce nom, ait voulu souligner que le genre Coenonympha regroupe un grand nombre d’espèces de la famille des Nymphalidae. On y trouve en effet le Céphale, le Céphalion, le Satyrion, le Mélibée ou Fadet de l’élyme, le Fadet commun, le Fadet des laîches, le Fadet de la Mélique, le Fadet des garrigues et plusieurs autres espèces.

L’épithète arcania renvoie, comme souvent chez Linné, à la mythologie grecque. Arcania, ou Arcadia, était l’une des cinquante filles de Danaos, plus connues sous le nom des Danaïdes. Mariées de force aux cinquante fils de leur oncle Aegyptos, elles assassinèrent toutes leur époux durant leur nuit de noces, à l’exception d’Hypermestre. Pour ce crime, elles furent condamnées aux Enfers à remplir éternellement un tonneau percé.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Céphale » a été créé par l’entomologiste français Étienne Louis Geoffroy en 1762. Il fait lui aussi référence à la mythologie grecque. Céphale était un prince thessalien qui avait épousé Procris. Éos, la déesse de l’Aurore, tomba amoureuse de lui et le poussa à mettre à l’épreuve la fidélité de son épouse. Déguisé en étranger, il réussit à séduire Procris. Plus tard, celle-ci revint sous l’apparence d’une jeune femme et parvint, elle aussi, à le séduire. Geoffroy avait d’ailleurs choisi de réunir ce couple mythologique en donnant également le nom de « Procris » à une autre espèce de papillon.

Le Céphale a aussi été appelé Papillon arcanie, Satyre arcarius ou Satyre céphale.

Les noms à l’étranger

Contrairement au français, qui fait revivre plusieurs personnages de la mythologie grecque, la plupart des autres langues européennes décrivent directement l’apparence du papillon, ses plantes hôtes ou le milieu dans lequel il vit.

Les Anglais l’appellent « Pearly Heath » (« Perlé des bruyères »). Ce nom évoque les petits points blancs visibles sous les ailes, qui rappellent de fines perles.

Les Allemands le nomment « Perlgrasfalter » (« Papillon de la Mélique »). Les Suédois utilisent un nom très proche, « Pärlgräsfjäril », qui signifie également « Papillon de la Mélique ». Dans les deux cas, ces appellations font référence à la mélique, une graminée dont plusieurs espèces servent de plantes hôtes aux chenilles.

Les Espagnols l’ont baptisé « Mancha leonada » (« Tache fauve »), en référence à la coloration brun orangé de ses ailes.

Les Néerlandais utilisent « Tweekleurig hooibeestje » (« Animal de foin bicolore »). Ce nom traditionnel, employé pour plusieurs fadets, souligne le contraste entre les deux faces des ailes.

Enfin, les Estoniens l’appellent « Kirju-aasasilmik », que l’on peut traduire par « Œil des prés bariolé », une allusion aux ocelles qui ornent les ailes du papillon.

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