Arctia villica (Linnaeus, 1758)
Noms scientifiques
L’espèce a été décrite par Carl von Linné en 1758 sous le nom de Phalaena (Bombyx) villica.
Le nom de genre « Arctia » vient du latin « arctos », qui découle lui-même du grec árktos et veut dire « ours ». Ce nom générique fait référence à la forme des chenilles, dites « oursonnes », qui sont noires et très poilues. Le mot « arctique » vient de la même racine grecque (árktos), car les constellations de la Grande et de la Petite Ourse indiquent le nord.

L’épithète « villica » signifie « fermière » ou « intendante d’un domaine agricole ». Linné n’a laissé aucune explication sur le choix de ce terme. Arthur Maitland Emmet remarque toutefois que ce choix s’inscrit dans une habitude de Linné de donner des noms féminins à certaines espèces dont les ailes postérieures sont vivement colorées. Chez l’Écaille fermière, ces ailes sont effectivement d’un jaune orangé éclatant et portent des taches noires.
Le nom « villica » évoque naturellement le monde rural. L’espèce fréquente en effet les milieux ouverts comme les prairies, les friches, les haies et les lisières, des paysages associés aux campagnes et aux fermes.
Noms vernaculaires
Le mot « écaille » vient du latin squama, qui signifie « écaille » ou « plaque mince ». Les premiers entomologistes ont appliqué ce terme à certains papillons dont les motifs sur les ailes rappellent les plaques ou les écailles superposées que l’on peut voir chez les poissons, les reptiles ou les tortues.
Le nom « Écaille fermière » reprend donc le sens de l’épithète latine villica et évoque naturellement le monde rural.
Cette proximité avec le monde rural se retrouve d’ailleurs dans son autre nom vernaculaire : l’Écaille villageoise. Elle est le papillon du « village » (villa en latin), celui qui nous accompagne au seuil de nos maisons.
Noms à l’étranger
À l’étranger, les noms donnés à ce papillon varient selon l’aspect que l’on choisit de regarder. Les Anglais décrivent les taches claires du dessus des ailes et disent « Cream-spot Tiger », le tigre aux taches crème. Les Néerlandais mettent eux aussi l’accent sur ces taches avec « Roomvlek », la tache crème.
D’autres langues préfèrent mettre l’accent sur la chenille poilue en rappelant l’image de l’ours. Les Allemands l’appellent « Schwarzer Bär », l’ours noir. Les Hongrois disent « Fekete medvelepke », ce qui désigne le papillon de l’ours noir. On retrouve cette même idée chez les Polonais avec le nom « Niedźwiedziówka włodarka », l’Oursonne fermière.
Les Lituaniens reprennent aussi l’image de l’ours avec « Baltamargė meškutė », l’oursonne aux taches blanches.
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