Étymologie Gazé ou Piéride de l’aubépine

Aporia crataegi (Linnaeus, 1758)

Noms scientifiques

L’espèce a été décrite par Carl von Linné en 1758 sous le nom de Papilio crataegi. Elle est aujourd’hui placée dans le genre Aporia, créé par Jakob Hübner en 1819.

Le nom de genre Aporia a suscité plusieurs interprétations. Il est formé du préfixe privatif grec a- et de poros, qui signifie « passage ». Une première interprétation rattache ce nom à l’idée de « difficulté » ou de « manque », en référence notamment aux fortes fluctuations des effectifs de l’espèce. Une autre interprétation, proposée par John Obadiah Westwood et Anton Spuler, y voit une allusion à la faible densité des écailles qui recouvrent les ailes et leur donnent rapidement un aspect translucide.

Gazé (Aporia crataegi)
Gazé (Aporia crataegi)

En créant ce genre en 1819, Jakob Hübner a repris le terme grec aporia, qui désigne en philosophie et en rhétorique une impasse ou une difficulté. Ce choix souligne l’originalité du Gazé parmi les Piérides. Alors que la plupart des espèces de cette famille présentent des ailes opaques ornées de taches, le Gazé se distingue par un réseau de nervures noires très marqué sur des ailes presque translucides.

L’épithète crataegi dérive du latin Crataegus, le nom scientifique de l’aubépine qui est la  principale plante hôte de la chenille.

Noms vernaculaires

Le nom « Gazé » fait référence à la transparence des ailes, qui rappelle la gaze. À l’époque où ce nom a été créé, la gaze ne désignait pas encore le tissu médical actuel, mais une étoffe légère, transparente et à larges mailles utilisée notamment pour confectionner des vêtements. Son origine est discutée : une tradition populaire la rattache à la ville de Gaza, tandis que les linguistes privilégient l’arabe qazz, qui désigne la soie.

En France, l’espèce est également appelée « Piéride de l’aubépine », en référence à sa principale plante hôte, ou plus rarement « Piéride gazée ». Dans certains ouvrages anciens, on rencontre aussi le nom de « Piéride de l’alisier ».

Les noms à l’étranger

Les noms attribués au Gazé à l’étranger mettent en avant soit son aspect, soit son lien avec les arbres ou l’aubépine.

Les anglophones le nomment « Black-veined White », que l’on peut traduire par « Blanc aux nervures noires », une description fidèle de son principal caractère distinctif.

Les Allemands l’appellent « Baum-Weißling » (« Piéride des arbres »), soulignant son affinité avec les arbustes et les arbres fruitiers.

Les Italiens utilisent « Pieride del biancospino » et les Espagnols « Blanca del majuelo », deux noms qui font directement référence à l’aubépine, plante nourricière de la chenille.

Enfin, les Néerlandais le nomment « Groot geaderd witje », c’est-à-dire « Grande Piéride nervurée », en référence à sa taille et au réseau très visible de nervures qui parcourt ses ailes.

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