Aglais urticae (Linnaeus, 1758)
Noms scientifiques
L’espèce a été décrite par Carl von Linné en 1758 sous le nom de Papilio urticae.
Le genre Aglais a été créé en 1816 par le naturaliste suédois Johan Wilhelm Dalman. Suivant les habitudes de Linné, il emprunta le nom à la mythologie grecque.
Aglais vient du latin Aglaia (splendeur et brillance). C’est aussi le nom de la plus belle des trois Charites (une beauté éblouissante selon la légende).

Linné aimait faire référence à la mythologie grecque ou romaine et il a déjà utilisé ce nom pour le Grand Nacré (Argynnis aglaja). Aglaja est l’ancienne graphie d’Aglaia.
Urticae, qui veut dire « ortie », désigne simplement la principale plante hôte du papillon, la Grande Ortie dioïque (Urtica dioica).
Noms vernaculaires
Le nom « Petite Tortue » a été donné par Étienne Louis Geoffroy en 1762.
Le mot « Tortue » avait toutefois été employé pour ce papillon dès 1699 par l’entomologiste anglais James Petiver, qui le nomma The Lesser Tortoise-shell. Ce nom faisait référence aux motifs clairs et sombres de ses ailes qui rappelaient, par la répartition des taches de couleurs, l’écaille de tortue. En réalité, Petiver ne parlait pas des tortues elles-mêmes mais d’un matériau de luxe fabriqué avec l’écaille de tortues marines. On en retrouve la preuve dans un texte du physicien et naturaliste français Réaumur qui écrit en 1734 : « Il est l’un de ceux à qui on a donné le nom de tortue, à cause de la distribution de ses couleurs, qui imite en quelque sorte celles des taches de l’écaille. »
Le diminutif « Petite » sert à le différencier de son cousin « la Grande Tortue » (Nymphalis polychloros) qui lui ressemble beaucoup.
L’espèce est également appelée « Vanesse de l’Ortie », en référence à sa principale plante hôte.
La Petite Tortue est également appelée « Petit Renard » en raison de la couleur fauve tachée de blanc de ses ailes que l’on retrouve sur notre Renard roux (Vulpes vulpes).
Noms à l’étranger
La Petite Tortue est un papillon si commun et si apprécié qu’il possède un nom évocateur dans presque toutes les langues. On remarque que les peuples l’ont baptisé selon trois critères principaux : sa ressemblance avec l’écaille de tortue, sa couleur rousse ou son lien indéfectible avec l’ortie.
Les Anglais la nomment « Small Tortoiseshell » (« petite écaille de tortue »), rejoignant ainsi l’observation de James Petiver sur les motifs des ailes. Les Espagnols font référence à l’ortie avec le nom « Ortiguera » (« ortie »).
Pour d’autres peuples, c’est sa ressemblance avec le pelage fauve du renard qui l’emporte. C’est le cas des Allemands qui l’appellent « Kleiner Fuchs » (« petit renard »), des Néerlandais avec « Kleine vos » (« petit renard ») et des Hongrois avec « Kis rókalepke » (« petit papillon-renard »).
Enfin, de nombreux pays privilégient sa plante nourricière ou la forme de ses ailes. En Suède, on l’appelle « Nässelfjäril » (« papillon des orties »). Au Danemark, son nom est « Nældens takvinge » (« aile dentelée de l’ortie ») et en Norvège « Neslesommerfugl » (« papillon des orties »). Les Italiens la nomment « Vanessa dell’ortica » (« Vanesse de l’ortie ») et les Russes « Крапивница » (« ortie »). Les Polonais utilisent le nom « Rusałka pokrzywnik » ; rusałka désigne une créature féminine de la mythologie slave et pokrzywa signifie « ortie ». Les Tchèques la nomment « Babočka kopřivová » (« Vanesse de l’ortie »). Au Japon, elle est nommée « コヒオドシ » (Ko-hi-odoshi), un nom faisant référence au hi-odoshi, un type de laçage rouge utilisé sur les armures japonaises.
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