Polygonia c-album (Linnaeus, 1758)
Noms scientifiques
Le Robert-le-Diable a été décrit par Carl von Linné en 1758 sous le nom Papilio c-album.
Le nom de genre Polygonia a été créé en 1819 par Jacob Hübner. Il signifie « qui a plusieurs angles » et fait directement référence au contour très découpé des ailes, caractéristique de tous les papillons de ce genre.

L’épithète c-album signifie littéralement « C blanc ». Le mot album vient de l’adjectif latin albus, qui signifie « blanc ». Il fait référence à la petite marque blanche en forme de « c » visible sur le revers des ailes, principal critère d’identification de l’espèce.
Noms vernaculaires
Le nom vernaculaire « Robert-le-Diable » est généralement expliqué par la silhouette très découpée des ailes, qui rappelle les représentations traditionnelles du diable dans l’iconographie médiévale.
Selon la légende, une duchesse de Normandie, désespérée de ne pas avoir d’enfant, invoqua le diable pour obtenir un fils. De cette invocation naquit Robert, un enfant au tempérament violent qui devint célèbre sous le nom de Robert-le-Diable.
Sa vie changea lorsqu’il apprit ses origines. Bouleversé, il renonça à la violence, fit pénitence et termina son existence comme ermite. Cette histoire de rédemption a largement contribué à la popularité du personnage dans la littérature médiévale.
Au fil des siècles, l’espèce a également porté plusieurs autres noms. Les naturalistes l’ont appelée Vanesse gamma, Vanesse C-blanc, Papillon-C ou encore Bédaude. Ce dernier nom fut donné en 1734 par Réaumur à la chenille, dont la coloration bicolore lui rappelait le costume des bedeaux des églises.
La forme hutchinsoni rend hommage à la lépidoptériste anglaise Emma Hutchinson. En 1881, elle publia un travail consacré au déclin de l’espèce en Grande-Bretagne, qu’elle attribuait au brûlage des plants de houblon après les récoltes. Elle participa également à des opérations de réintroduction en transférant des chenilles vers des régions où le papillon était devenu rare.
Noms à l’étranger
À l’étranger, les noms vernaculaires mettent souvent en avant la célèbre marque blanche en forme de « C » présente sur le revers des ailes. Les Anglais le nomment Comma (« Virgule »), les Allemands C-Falter (« papillon-C »), les Espagnols C-blanca (« C blanc ») et les Danois Det hvide C (« le C blanc »).
D’autres pays ont préféré faire référence à ses plantes hôtes ou à la forme de ses ailes. En Suède, il est appelé Vinbärsfuks, en référence au groseillier. En Finlande, Herukkaperhonen évoque également le groseillier. Aux Pays-Bas, le nom Gehakkelde aurelia souligne les profondes découpures des ailes. Enfin, en breton, il est appelé Mantell druilh,« manteau en lambeau ».
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