Doublure jaune (Euclidia glyphica)

  • Règne : Animalia
  • Embranchement : Arthropoda
  • Classe : Insecta
  • Ordre : Lepidoptera
  • Super-Famille : Noctuoidea
  • Famille : Erebidae
  • Sous-famille : Erebinae
  • Tribu : Euclidiini
  • Genre : Euclidia

Présentation

Bien qu’elle soit classée parmi les papillons de nuit, la Doublure jaune est active uniquement le jour. Pour cette raison, et parce qu’elle porte des antennes filiformes et non en forme de massue, elle a été classée par les entomologistes dans la catégorie un peu surréaliste des hétérocères diurnes.

Elle est membre de la famille des Erebidae qui compte environ 24 500 espèces dans le monde, largement réparties sur l’ensemble du globe. Parmi les espèces les plus communes que l’on rencontre sur le territoire figurent la Goutte-de-sang, la Noctuelle du potager ou encore la Livrée des arbres. Ces Papillons présentent souvent des dispositifs tympaniques thoraciques ou abdominaux destinés à détecter les ultrasons émis par les chiroptères, ce qui constitue un mécanisme de défense essentiel contre la prédation acoustique.

Euclidia glyphica
Euclidia glyphica

Elle appartient aussi au genre Euclidia, qui regroupe des papillons dont les chenilles se nourrissent principalement de plantes de la famille des Fabaceae. La particularité majeure de ce genre est la présence de motifs complexes et anguleux sur le dessus des ailes, dont la configuration rappelle des tracés géométriques ou des inscriptions. Cet insecte pratique le camouflage mimétique, ce qui signifie que les individus, lorsqu’ils sont au repos, imitent la texture et la couleur des végétaux secs de leur environnement immédiat. Le genre se distingue également par un vol rapide et saccadé, ce qui permet à l’insecte d’échapper rapidement aux menaces potentielles.

Description    

La doublure jaune est un petit papillon qui a une envergure de 25 à 30mm . Les ailes antérieures sont de couleur gris-brun.  Elles sont traversées en diagonale par deux bandes marron foncé . Une, plus petite, vers la base de l’aile  et une autre, plus large, sur la partie arrière . Un triangle de la même couleur se trouve aussi vers l’apex (le bout) de l’aile.

Les ailes postérieures  sont de couleur marron vers la base de l’aile et de couleur jaune vers l’arrière avec une petite bande plus foncée. Elle doit son nom vernaculaire de doublure jaune  à cette tache jaune sur les ailes antérieures qui illumine ce papillon .

Les yeux, assez grands et verdâtres, occupent une place importante sur la tête. Les antennes, sont longues, filiformes et  ne présentent pas d’épaississement terminal. Les palpes labiaux sont beiges et recouverts d’une pilosité dense, qui donnent l’impression que le papillon a une sorte de « museau ».

Le thorax est robuste. Il  est recouvert d’une pilosité brune qui permet de  limiter les variations thermiques. L’abdomen est plus sombre que le thorax. Il est plus large chez les femelles qui doivent porter les œufs.  Les pattes sont beiges,  fines et  couvertes de petits structure épineuses qui assurent une bonne adhérence à la végétation.

Alimentation

Les adultes butinent de nombreuses fleurs comme les centaurées, les chardons, le trèfle, la vesce, le lotier corniculé, la luzerne et de nombreuses autres plantes naturelles. Ce comportement alimentaire permet au papillon de puiser le nectar nécessaire au maintien de ses fonctions vitales et de son activité de vol.

Habitat

L’espèce apprécie tout particulièrement les prairies des climats tempérés dont les températures se situent entre 20 et 40 degrés. Les lépidoptéristes parlent  habituellement  de prairies mésophiles*. La doublure jaune aime voler par temps ensoleillé et consacre alors une grande partie de son temps  à butiner les fleurs .

Plantes hôtes

Les chenilles de la Doublure jaune consomment principalement des Fabacées. Elles se nourrissent notamment de différentes espèces de trèfles, de luzernes, de vesces et de lotiers comme le lotier corniculé. Ces plantes constituent la ressource alimentaire indispensable au développement larvaire de cette espèce.

Cycle de vie

Parade nuptiale

La période de reproduction débute peu après l’émergence des adultes, généralement entre le printemps et le début de l’été selon les régions. Comme chez de nombreux papillons nocturnes, la rencontre entre les sexes repose en grande partie sur l’usage de phéromones sexuelles. La femelle émet des substances odorantes qui attirent les mâles à distance.

L’accouplement a lieu sur la végétation basse, souvent au sein des herbes ou sur une feuille. Les deux partenaires restent accolés par l’extrémité de l’abdomen pendant une durée variable, parfois assez longue. Cette union permet au mâle de transmettre un spermatophore qui contient les spermatozoïdes ainsi que des substances nutritives utiles à la femelle.

Après l’accouplement, la femelle recherche les plantes nourricières afin d’y déposer ses œufs. le mâle , de son côté se met en quête d’une autre femelle avec laquelle il pourra s’accoupler .

Chenille

Après l’accouplement, la femelle dépose ses œufs à proximité ou directement sur les plantes nourricières. La ponte a souvent lieu sur les feuilles, les tiges basses ou au sein de la végétation herbacée. Les œufs ont une forme arrondie et légèrement aplatie. Ils sont clairs peu après la ponte, puis s’assombrissent progressivement au fil du développement embryonnaire.

Après quelques jours d’incubation, la chenille sort de l’œuf et débute immédiatement son alimentation. Elle mesure entre 35 et 40 mm. Son corps est de couleur crème et parcouru de lignes brunâtres ou jaunâtres qui s’étendent sur toute sa longueur. Ces lignes se prolongent sur la tête, où elles prennent une teinte blanchâtre. La partie inférieure du corps, située sous la ligne des stigmates, est plus sombre et présente une coloration rose foncé.

Active surtout au crépuscule et durant la nuit, la chenille reste discrète pendant la journée. Sa coloration et son immobilité lui assurent une bonne protection contre les prédateurs. Après plusieurs mues, elle atteint sa taille maximale avant d’entrer au stade de la nymphose.

Chrysalide

Après avoir atteint sa taille maximale, la chenille cesse progressivement de s’alimenter et recherche un endroit abrité au sein de la végétation basse ou parmi les débris végétaux au sol. Elle s’y transforme en chrysalide, généralement à faible profondeur dans la litière ou sous des herbes sèches.

La chrysalide est allongée et de couleur brun rougeâtre à brun foncé, ce qui lui assure un excellent camouflage parmi les feuilles mortes et les tiges desséchées. Son enveloppe rigide protège l’insecte durant cette phase de métamorphose, au cours de laquelle les organes de la chenille se réorganisent pour former le papillon adulte.

La Doublure jaune est une espèce bivoltine, qui produit généralement deux générations par an. La première génération, issue des individus ayant hiverné, vole d’avril-mai à juillet. La seconde génération, née de la première, est observable de juillet à octobre.

L’espèce hiverne au stade de nymphe (chrysalide), dissimulée parmi la végétation basse ou les débris végétaux au sol. Au retour des températures plus clémentes, le papillon adulte émerge afin de débuter un nouveau cycle de reproduction.

Distribution

Ce papillon est présent dans toute l’Europe ainsi qu’en Algérie . On peut également le trouver sous tous les climats tempérés d’Asie  ou de Russie. On peut aussi le voir en Scandinavie et en suède ou Linné avait été le premier à la décrire et le nommer 

Carte du GBIF (Global Biodiversity information facility)
qui montre la présence de la doublure jaune. https://www.gbif.org/fr/species/1798408

Taxonomie

L’espèce Euclidia glyphica a été décrite et nommée par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Phalaena glyphica.

Le genre Euclidia a été créé par l’entomologiste allemand Ferdinand Ochsenheimer en 1816.

 La sous-famille des Erebinae a été proposée par l’entomologiste anglais William Elford Leach en 1815.

La famille des Erebidae a été proposée par l’entomologiste anglais William Elford Leach en 1815.

Étymologie

Le nom de genre « Euclidia »  lui a été donné par l’acteur et naturaliste Ferdinand Ochsenheimer à cause des figures géométriques de ses ailes qui font penser au géomètre de la Grèce antique Euclide. 

L’épithete Glyphica descend   du grec « gluphein » qui signifie graver. Le terme fait référence aux motifs marron qui sont  comme gravés sur les ailes.

Le naturaliste suédois Carl von Linné décrivait l’espèce  ainsi : « Celle qui a les ailes couvertes de taches brunâtres avec des hiéroglyphes sombres. 

Le nom vernaculaire « doublure jaune » provient de la structure de ses ailes au repos. Lorsque ce papillon est posé, ses ailes antérieures, qui sont marron, recouvrent complètement ses ailes postérieures. Ces dernières, qui portent une zone jaune vif, restent ainsi cachées et fonctionnent visuellement comme la doublure d’un vêtement, invisible de l’extérieur jusqu’au moment du vol où le papillon déploie ses ailes pour révéler cette couleur.

 La doublure jaune a aussi été appelée noctuelle glyphique par Duponchel en 1824.

Les Anglais et les Irlandais le nomment Burnet companion, le compagnon des zygènes, car on l’aperçoit souvent en compagnie de ces petits papillons rouge et noir. Cette dénomination souligne une observation fréquente sur le terrain : les deux espèces fréquentent les mêmes habitats, principalement les prairies fleuries et les lisières, où elles se nourrissent du nectar des mêmes plantes. Cette cohabitation régulière, alliée à la vivacité de ces petits lépidoptères, a conduit les observateurs britanniques à associer étroitement le comportement de l’un à celui de l’autre.

Les Allemands comme les Hollandais l’appellent Braune Tageule, le hibou diurne brun. Cette appellation poétique qualifie le comportement atypique de l’insecte, qui appartient à une famille majoritairement nocturne, mais dont l’activité se déroule exclusivement sous la lumière du jour. Le qualificatif brun renvoie directement à la couleur dominante de ses ailes antérieures

*Mésophile :Du grec « mésos » milieu et philos , qui aime .Les espèces mésophiles sont des organismes qui aiment vivre dans des habitats où la température est comprise entre 20 et 40 degrés. Certains papillons aiment tout  vivre dans des prairies mésophiles.  Par comparaison, on parle d’espèces psychrophiles pour désigner les organismes qui se plaisent dans le froid et des espèces thermophiles pour celles qui apprécient le très chaud.

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