- Règne : Animalia
- Embranchement : Chordata
- Classe : Aves
- Ordre : Passeriformes
- Famille : Muscicapidae
- Genre : Erithacus

Présentation
Erithacus rubecula est un petit passereau. Autrefois rangé dans la famille des Turdidae avec les merles et les grives mauvis, il a depuis été déplacé vers celle des Muscicupidae, qui regroupe une soixantaine de genres et plus de 340 espèces insectivores. Le nom Muscicapidae le précise d’ailleurs, puisqu’il est composé des mots latins musca (mouche) et capere (prendre).
Les membres de cette famille sont de petits oiseaux au un bec fin et long qui ont pour habitude d’attraper les insectes au vol ou au sol. Au départ, cette famille regroupait principalement des gobemouches, mais des recherches récentes ont montré qu’elle devait également inclure d’autres passereaux qui faisaient autrefois partie des turdidés ou des sylviidés. La famille compte aujourd’hui dans ses rangs des espèces comme le Rossignol philomèle, le Gorge-bleue à miroir, le Monticole de roche, le Gobemouche noir, le Traquet oreillard, le Traquet motteux, le Rougequeue noir, le Tarier des prés ou le Tarier pâtre.
Description
Le rouge-gorge familier est un petit oiseau pesant 16 à 22 grammes, pour une longueur de 14 cm et une envergure de 20 à 22 cm. Il a un corps plutôt rond avec des ailes relativement courtes. Tout le monde le reconnaît grâce à ses plumes orange qui partent du front et qui descendent jusqu’au milieu de son ventre. Cette zone est bordée, sur tout son contour, par une bande de plumes gris-bleu. La partie ventrale basse est blanche. Les plumes du dos, des ailes et de la queue sont brunes.
Le bec, gris brun, est fin et plutôt court pour un insectivore. Ses pattes sont longues et d’une teinte rosâtre. Ses doigts sont pourvus de belles griffes qui nous donnent à penser qu’il vaut mieux ne pas l’ennuyer. Il a des yeux marron et bien ronds. Mâle et femelle sont quasi identiques. Les jeunes, en revanche, présentent un plumage marron tacheté de brun et de beige. La gorge orange n’apparaît qu’à l’automne, lorsque l’oiseau atteint l’âge de 3 mois.

Sa silhouette est caractéristique lorsqu’il se tient au repos, car il redresse souvent la queue tout en laissant ses ailes légèrement tombantes. Cette posture, associée à ses grands yeux sombres adaptés à la faible luminosité des sous-bois, lui donne une expression attentive. En vol, sa progression est rapide et onduleuse, laissant entrevoir la teinte plus claire de son croupion. La mue annuelle, qui intervient après la période de reproduction, lui permet de renouveler son plumage souvent usé par les allers-retours incessants pour nourrir sa progéniture.
La durée de vie maximale des rouges-gorges est de 14 ans, mais dans la nature, ils vivent rarement plus de 3 ou 4 ans.
Alimentation
Les rouges-gorges sont principalement insectivores. Ils apprécient les vers, les larves ,les mouches ou les petites araignées. En hiver, quand les insectes ont disparu, ils se rabattent vers les baies, les petits fruits et même les graines.
Comportement
Territorial et solitaire, le rouge-gorge défend son territoire avec une énergie qui peut aller jusqu’à la mort de son adversaire. Mais les caractères, chez les humains comme chez les oiseaux, sont souvent multiples et variés ; j’ai souvent vu des Rouges-gorges peu agressifs, voire timorés, qui ne ressemblaient pas du tout à la caricature que l’on veut parfois en faire.
Son intolérance ne s’exerce d’ailleurs qu’à l’égard de ses congénères : il peut parfaitement vivre en harmonie avec d’autres espèces comme les mésanges bleues ou charbonnières, les verdiers d’Europe, les accenteurs mouchets ou les chardonnerets. Des études ont d’ailleurs pu montrer que c’est la couleur orange qui déclenche son animosité. Il suffit d’agiter devant lui une boule de plumes orange pour provoquer une attaque. La période de reproduction est le seul moment où il accepte la présence de la femelle .
Lorsqu’il a froid ou qu’il veut impressionner, il gonfle son plumage et ressemble alors à une petite boule. Il vit l’été dans les milieux boisés et se déplace en hiver vers les parcs et jardins pour y trouver sa nourriture.

Approches
À la fin de l’été précédent, les couples s’étaient séparés et chacun était reparti de son côté pour passer l’hiver seul . Mâle et femelle s’approprient alors un territoire. Ils le garderont tout l’hiver et le défendront farouchement, y compris contre leur ancien partenaire. Pour le mâle comme pour la femelle, le chant est le principal élément de dissuasion. Les rouges-gorges font d’ailleurs partie des rares oiseaux qui continuent de chanter dans le froid et la neige, ce qui leur vaut le surnom de « rossignol d’hiver ».
Il semblerait que ce soit la femelle qui prenne l’initiative de la rencontre au printemps. En général, elle ne va pas chercher bien loin et s’adresse au rouge-gorge qui occupe le territoire le plus proche du sien . Mais, comme chez les humains, il n’y a pas de règle stricte. Les femelles s’intéressent souvent au mâle voisin, mais elles peuvent aussi parfois être attirées par un rouge-gorge qui habite dans un « quartier » bien plus éloigné . La rencontre est souvent musclée. Un observateur qui ne connaît pas le caractère bien trempé des rouges-gorges pourrait croire que les deux oiseaux se détestent. Mais quelques heures après, l’ambiance s’est apaisée et les deux tourtereaux semblent avoir accepté la présence de l’autre.
Reproduction
Le rouge-gorge utilise volontiers les nichoirs ouverts. Il apprécie aussi les buissons et les haies dans lesquels il aime construire son nid. Les accouplements ont lieu au printemps, mais des approches peuvent être faites dès le mois de janvier. En général, c’est la femelle qui rejoint le mâle sur son territoire.
Les nids sont construits par la femelle et sont toujours assez bien dissimulés dans une cavité, une souche ou des buissons épais. Le nid peut être bâti au sol ou à faible hauteur. Vers le mois d’avril ou mai, la femelle y pond 5 à 7 œufs. L’incubation dure une quinzaine de jours pendant lesquels la femelle est nourrie par le mâle.
Les premiers temps après l’éclosion, la femelle couve les petits pour qu’ils n’aient pas froid, puis cesse de le faire dès qu’ils sont capables de réguler leur température par eux-mêmes, en général vers le 9ème ou 10ème jour. Les jeunes sont nourris par les deux parents durant tout le séjour au nid. Leur alimentation est principalement à base de chenilles et de petits insectes comme les tipules ou les araignées.
Les poussins, qui sont nidicoles, quittent le nid le moment venu et n’y reviendront plus. Les premiers jours, ils ont du mal à voler et ne deviennent indépendants que trois semaines plus tard. Pendant ce temps, les parents continuent de les nourrir jusqu’à ce qu’ils les jugent suffisamment autonomes. Cette durée peut varier de 10 jours à un mois selon que les petits sont plus ou moins dégourdis.

Le jeune fils de Roberto est très attiré par ces belles baies de pyracantha jaune-orange. Ce n’est plus un juvénile, mais pas encore tout à fait un adulte. Et oui ! Les oiseaux, eux aussi, passent par cette période mouvementée et parfois ingrate que l’on appelle l’adolescence.
Migration
Le rouge-gorge est une des espèces de passereaux les plus présentes en France. D’après certaines sources on en compterait 5 000 000 d’individus pendant la belle saison. Ce nombre serait quasiment doublé en hiver avec l’arrivée de ceux qui vivaient en Europe du nord.
Les rouges-gorges sont des migrateurs partiel. C’est-à-dire que ceux qui vivent dans les pays nordiques migrent tous vers le sud, alors que ceux qui vivent dans des contrées moins froides sont plutôt sédentaires. Ils font partie de ceux qu’on appelle les petits migrateurs, car ils ne traversent jamais le Sahara comme les migrateurs au long court et se limitent au bord de la méditerranée et au nord de l’Afrique.
Les migrations débutent fin août et des milliers de rouges-gorges partent de Finlande, du Danemark, de Norvège, de suède et des pays de l’Est pour se diriger vers les bords de la méditerranée.
Les migrations se déroulent en général la nuit. Plusieurs études ont montré que les rouges-gorges se déplaçent assez vite et qu’ils peuvent effectuer de très longues distances. Des radars ont mesuré la vitesse de vol du rouge-gorge à 43 km / h.
D’après la LPO un rouge-gorge familier suédois aurait été retrouvé quelques jours plus tard au Maroc, soit à plus de 3500 kilomètres de son point de départ.
Une autre source cite un individu qui serait parti d’Allemagne pour venir dans le sud de la France et qui aurait parcouru 1468 km en 5 jours soit 298 km / jour .


Dans son livre consacré à cette espèce , Georges Olioso parle d’un rouge-gorge qui aurait parcouru 1930 kilomètres de la suède à la haute Provence en 8 jours soit 241 km/ jour .
Des observations ont montré que les rouges-gorges ont tendance à ne plus se déplacer lorsqu’ils sont arrivés sur le lieu où ils vont passer l’hiver.
Une particularité que chacun a pu remarquer est que l’on voit les rouges-gorges en hiver dans les jardins et qu’ils disparaissent au printemps pour revenir avec les premiers froids .
Dans la plupart des cas, il ne s’agit pas de migration, puisque nous nous trouvons en France où les rouges-gorges sont souvent sédentaires, mais d’opportunisme . En hiver, ils se rapprochent des humains pour profiter de nos déchets, des vers que l’on débusque en ratissant les feuilles ou des graines que nous installons pour les oiseaux. En été, ils retournent simplement dans les bois pour y trouver les insectes et petits fruits qui constituent la base de leur alimentation.
Comme nous, ils préfèrent le frais au surgelé !.
Orthographe
L’Académie française et la plupart des dictionnaires recommandent d’écrire « rouge-gorge » au singulier et « rouges-gorges » au pluriel. Les ornithologues, eux, préfèrent l’écrire rougegorge ou rougegorges en un seul mot.
(Voir mon article rouge-gorge ou rougegorge) https://lejardindesoiseaux.fr/oiseaux/rouge-gorge-ou-rougegorge/
Histoire
On disait « rouge-gorge » parce que le mot « orange » n’existait pas encore lors de la création de son nom. Au Moyen Âge, le système chromatique était encore assez simple et les nuances orangées se rattachaient systématiquement au champ sémantique du rouge.
Le terme fut créé plus tard, au XVe siècle, à la suite des grandes expéditions maritimes. Si l’orange amère était déjà connue, ce furent les navigateurs portugais comme Vasco de Gama qui ramenèrent de leurs expéditions en Inde des fruits frais et des semences d’orange douce.

Les marins conservèrent ces graines précieuses durant le voyage de retour pour permettre leur culture dès leur arrivée. Le fruit connut un tel succès que son nom finit par désigner la couleur elle-même au milieu du XVIe siècle.
Mais il était alors trop tard pour renommer cet oiseau attachant, qui était déjà l’une des vedettes de nos jardins. Rouge-gorge il avait été nommé, rouge-gorge il resta. Personne n’accepterait aujourd’hui qu’on le rebaptise communément « orange-gorge » et que les scientifiques le nomment Erithacus aureus.
Le saviez vous?
Le rouge-gorge a du cœur. Et un cœur qui bat à 1 000 pulsations par minute alors que celui des humains est à environ 80 pulsations. Mais c’est tout à fait normal : Les petits animaux ont le cœur qui bat beaucoup plus vite que les gros.
Une souris, par exemple, a le cœur qui bat à 500 pulsations /minute alors que celui d’un cheval fait 35 pulsations/minute. L’éléphant est à 35 et la baleine à 10. Le rorqual bleu peut cependant descendre à 2 battements /minute lorsqu’il est en plongée profonde. Le lapin, lui ,est à 220 battements. Le record est détenu par le colibri dont le cœur peut battre à 1200 battements/ minute.

Sous espèces
Neuf sous-espèces ont été répertoriées :
Erithacus rubecula hyrcanus : Sud du Caucase et Nord de l’Iran.
Erithacus rubecula rubecula : Europe continentale.
Erithacus rubecula melophilus : Îles britanniques et Suède.
Erithacus rubecula superbus : Île de Tenerife (Canaries).


Domaine public
Erithacus rubecula balcanicus : Péninsule des Balkans.
Erithacus rubecula marionae : Îles Canaries (Grande Canarie).
Erithacus rubecula tataricus : Sibérie.
Erithacus rubecula valens : Crimée.
Erithacus rubecula witherbyi : Sud de l’Espagne, Afrique du Nord, Corse et Sardaigne.
Taxonomie
L’espèce a été décrite pour la première fois en 1758 par le naturaliste Carl von Linné sous le nom « Motacilla rubecula ».
Le genre « Erithacus » a été proposé par Georges Cuvier en 1800 et a fini par être définitivement adopté par l’ensemble des ornithologues.
La famille des Muscicapidae a été proposée en 1822 par le zoologiste Irlandais John Fleming.
Étymologie du rouge-gorge (Erithacus rubecula)
« Erithacus » vient du grec « erithacos » qui, selon Pline et Aristote , désigne un oiseau que l’on ne voit qu’en hiver et qui disparaît au printemps . Les anciens croyaient que le rouge-gorge qu’il voyait en été se transformait en hiver et devenait un rouge-queue.
Rubecula est un diminutif du latin rubor (rouge) et de rubeo (être rouge). Le diminutif « ula » pourrait avoir été rajouté pour mettre l’accent sur la petite taille de l’oiseau.
Le terme « familier » qui accompagne le mot rouge-gorge souligne le comportement de l’oiseau qui ne craint pas de s’approcher des humains et qui semble même apprécier leur présence.
Il profite des travaux de jardins que l’on fait parfois au début de l’automne pour récupère les petits verts et autres insectes que notre présence a fait sortir du sol ou des buissons.
De là vient l’un de ses autres surnoms « l’ami du jardinier ».
Mais on l’appelle aussi « Rossignol d’hiver » (il chante sous la neige) ou « bonhomme misère » (car il est présent à la mauvaise saison).
Les Anglais, eux, ne le voient pas sous un jour aussi triste puisqu’ils l’ont baptisé « God’s bird » ou « god’cock » qui signifie respectivement oiseau de dieu ou coq de dieu . Ils le nomment également « ploughman’s bird » l’ oiseau du laboureur » .
Le rouge-gorge peut donc représenter pour certains le froid et le malheur alors que pour d’autres il est le symbole de la joie et devient même un porte-bonheur.
Les Italiens l’appellent « petirosso » (poitrine rouge)
Les espagnols « petirrojo »(poitrine rouge), les catalans « pit-roig »(poitrine rouge), les occitans « barbaros » (Barbe rouge) les néerlandais Roodborst (Poitrine rouge) , les allemand rotkehlchen (Rouge-gorge), les suédois Rodhake (Crochet rouge) , les luxembourgeois « routbrëschtchen » (rouge-gorge),
En basque le rouge gorge se nomme « Txantxangorri ».

Des rouges-gorges ?
On croit connaitre le rouge-gorge, si populaire et présent dans nos jardins, et l’on imagine qu’il est le seul à porter ce joli nom qui lui va si bien. En Europe c’est bien le cas, mais on trouve aussi un oiseau nommé « rouge gorge » en Amérique. Il s’agit en réalité d’un merle (turdus migratotirus), auquel les colons ont donné ce nom en raison de la couleur rouge de son ventre, par nostalgie de l’oiseau européen.
Et ce n’est pas fini. De nombreux autres oiseaux portent ce nom dans différentes régions du monde, notamment en Afrique et en Asie :
Et ce n’est pas fini . De nombreux autres rouges-gorges existent et vivent dans différents pays du monde comme :
- Le Rouge-gorge de bocage (Sheppardia bocagei)
- Le Rouge-gorge de forêt (Stiphrornis erythrothorax)
- Le Rouge-gorge de Gunning (Sheppardia gunningi)
- Le Rouge-gorge des Usambara (Sheppardia montana)
- Le Rouge-gorge d’Alexander (Sheppardia poensis)
- Le Rouge-gorge équatorial (Sheppardia aequatorialis)
- Le Rouge-gorge étoilé (Pogonocichla stellata)
- Le Rouge-gorge de l’Iringa (Sheppardia lowei)
- Le Rouge-gorge de Gabela (Sheppardia gabela)
- Le Rouge-gorge merle (Sheppardia cyornithopsis)
- Le Rouge-gorge de Sharpe (Sheppardia sharpei)
- Le Rouge-gorge de Swynnerton (Swynnertonia swynnertoni)
- Le Rouge-gorge du Japon (Larvivora akahige, anciennement Erithacus akahige)
D’autres oiseaux portent également les termes « rougegorge » dans leur nom, même si ce n’est pas la dénomination principale .
Je pense notamment au Toco rougegorge, au Séricorne rougegorge, au Sorophile rougegorge, au Chipiu rougegorge, au Tangara rougegorge, au Monarque rougegorge ou à l’Accenteur rougegorge.
Légendes
De nombreuses légendes circulent au sujet du rouge-gorge. En voici trois parmi les plus connues :.
1. L’étable de Bethléem : « Pendant la nuit de Noël, Dieu interpella un petit oiseau au plumage gris. Il lui demanda s’il voulait bien s’occuper du feu dans l’étable pour que son fils n’ait pas froid. Le petit oiseau s’envola vers Bethléem et trouva le foyer presque éteint. Il se mit à battre rapidement des ailes pour ranimer les braises. Il y mit tant d’ardeur que le feu reprit, répandant une douce chaleur. Absorbé par sa tâche, le petit oiseau ne se rendit pas compte que les plumes de sa poitrine roussissaient. Malgré la brûlure, il poursuivit son travail jusqu’au matin. Joseph, touché par ce dévouement, déclara qu’en souvenir de cet acte, l’oiseau conserverait la couleur du feu sur son torse et qu’on l’appellerait désormais « rouge-gorge ». »
2. L’hospitalité du houx : « Un petit oiseau cherchait un arbre pour s’abriter du froid. Tous lui refusèrent l’hospitalité, sauf le houx. En se protégeant dans ses branches, l’oiseau se blessa avec les feuilles piquantes, colorant son poitrail de sang. Depuis lors, en guise de punition, tous les arbres perdent leurs feuilles en hiver, sauf le houx qui avait ouvert ses branches. En souvenir de ce geste, le houx porte toujours des baies rouges. »
3. Le sauvetage du troglodyte : « Un jour, un troglodyte grimpa sur le dos d’un aigle pour voir ce que cela faisait de voler plus haut. L’aigle monta si près du soleil que le petit troglodyte faillit être brûlé. Le rouge-gorge s’élança à son secours pour le ramener sur terre. Mais en s’approchant ainsi de l’astre, son poitrail s’embrasa, marquant à jamais son plumage de la couleur du feu. »
Iconographie
Le rouge-gorge est présent dans de nombreuses peintures. On peut notamment l’apercevoir dans l’œuvre La Vierge aux buissons de roses du peintre Martin Schongauer, où il symbolise le sang du Christ.


Il est également représenté dans la célèbre toile de Jérôme Bosch, Le Jardin des délices. On peut l’apercevoir dans le panneau central aux côtés d’un chardonneret, d’un pic épeiche, d’une huppe fasciée, d’un martin-pêcheur et d’un canard colvert.
Son image très positive — celle d’un animal sauvage et pourtant familier — en fait un symbole très utilisé dans la publicité. On ne compte plus les produits ou entreprises qui l’intègrent dans leur identité visuelle. Les logos de la chaîne de supermarchés Auchan contiennent presque toujours un rouge-gorge. Certaines entreprises ont même repris son nom, comme la marque de lingerie « RougeGorge », qui apparaît désormais souvent avant l’oiseau lui-même dans les résultats des moteurs de recherche.
Protection
Le rouge-gorge est une espèce protégée en France par l’arrêté du 17 avril 1981. Il est donc formellement interdit de le capturer, de le chasser, de le tuer ou de détruire ses nids et ses œufs.
Prénom
Au « Jardin des oiseaux », j’ai nommé le rouge-gorge Roberto, en hommage à mon grand-père Eugenio qui était maçon. Il était venu d’Italie* avec ses frères à la fin de la guerre de 14-18 pour aider à reconstruire la France. Ce nom est aussi un hommage au « petit Robert », le frère de ma grand-mère, mort tragiquement à l’âge de 7 ou 8 ans dans des circonstances mystérieuses.
*Il était originaire de la province d’Udine, près de Pordenone.
« On croit que tout est fini… mais alors il y a toujours un rouge-gorge qui se met à chanter. »
(Paul Claudel)
« Le génie n’est que le chant du rouge-gorge à l’aube d’un printemps indolent. »
(Khalil Gibran)
« Il n’est pas d’oiseau aussi matinal que lui : le rouge-gorge, premier éveillé dans les bois, se fait entendre dès l’aube du jour ; il est aussi le dernier qu’on y voit voltiger le soir. Il est peu défiant et facile à émouvoir ; de tous les oiseaux qui vivent en liberté, le rouge-gorge est peut-être celui qui est le moins sauvage : il se laisse souvent approcher de si près que l’on croirait pouvoir le prendre avec la main ; mais dès qu’on est à portée, il va se poster plus loin, où il se laisse encore approcher. Il semble aussi se plaire quelquefois à tenir compagnie aux voyageurs qui passent dans les forêts : on le voit souvent les précéder ou les suivre pendant assez longtemps. »
(Buffon)
« Rouge-gorge, mon ami, qui arriviez quand le parc était désert, cet automne votre chant fait s’ébouler des souvenirs que les ogres voudraient bien entendre. »
(René Char)
Rouge-gorge
« Ouvre ta gorge, rouge-gorge Viens manger du pain Dans la main De celui qui t’aime. Ouvre tout grand les ailes Et vole ainsi au-dessus Des moulins De la vie, de la vie... »
Gérard Manset
« Tremblez, je suis le rouge-gorge, voyez sur ma poitrine le signe vermeil, et dans mon œil le feu de constantes victoires. »
Colette
Txoria txori
« Hegoak ebaki banizkio Neria izango zen Ez zuen aldegingo. Bainan honela Ez zen gehiago txoria izango. Eta nik, Txoria nuen maite. »
« Si je lui avais coupé les ailes, Il aurait été à moi, Il ne serait pas parti. Mais alors, Il n’aurait plus été un oiseau. Et moi, C’est l’oiseau que j’aimais.«
Joxean Artze
« C’est le rouge-gorge qu’une fée charitable a député vers le travailleur solitaire pour lui dire qu’il y a encore quelqu’un qui s’intéresse à lui. »
Jules Michelet
« Un rouge-gorge en cage Met tout le Ciel en rage. »
William Blacke
« Si je peux empêcher un cœur de se briser, Je n’aurai pas vécu en vain ; Si je peux soulager la douleur d’une vie, Ou calmer une seule souffrance, Ou aider un rouge-gorge évanoui À regagner son nid, Je n’aurai pas vécu en vain. »
Emily Dickinson
« Le rouge-gorge est le commissaire aux comptes du jardin : il observe chaque coup de bêche pour vérifier que le compte de vers de terre est exact. »
Sylvain tesson
Quelques autres photos de Roberto











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