Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes )

  • Règne : Animalia
  • Embranchement : Chordata
  • Classe: Aves
  • Famille :Troglodytidae
  • Ordre :Passeriformes
  • Genre : Troglodytes

Présentation

Le troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes) appartient à l’ordre des Passeriformes, qui regroupe plus de la moitié des espèces d’oiseaux actuelles. Les passériformes, ou passereaux, se caractérisent notamment par une disposition anisodactyle des doigts (trois vers l’avant, un vers l’arrière), adaptée à la vie perchée, ainsi que par un appareil vocal particulièrement développé chez de nombreuses espèces.

Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes )
Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes )

Le troglodyte mignon relève de la famille des Troglodytidae, laquelle comprend 19 genres et 84 espèces essentiellement insectivores. La majorité des Troglodytidae est distribuée sur le continent américain. Ces oiseaux sont généralement de petite taille, dotés d’un plumage brun discret, d’ailes courtes et arrondies, d’une queue brève souvent redressée à la verticale et d’un bec fin, légèrement recourbé, adapté à la capture d’insectes et d’araignées dans la végétation dense.

Le genre Troglodytes regroupe plusieurs espèces partageant ces caractéristiques morphologiques et écologiques. Parmi elles figurent le Troglodytes aedon, largement répandu en Amérique, le Troglodytes pacificus, présent sur la façade ouest de l’Amérique du Nord, ou encore le Troglodytes hiemalis, longtemps considéré comme une sous-espèce du troglodyte mignon. Ce dernier en est aujourd’hui le seul représentant européen.

Sa population est estimée entre 23 et 35 millions de couples en Europe, dont 3 à 6 millions en France, ce qui en fait une espèce commune et solidement implantée sur le continent.

Description

Le troglodyte mignon est le deuxième plus petit passereau d’Europe, après le Roitelet huppé Il mesure environ 10 cm de longueur et ne pèse que 8 grammes. À titre de comparaison, une mésange charbonnière pèse de 14 à 22 grammes et notre rouge-gorge familier de 16 à 22 grammes.

Sa silhouette est immédiatement reconnaissable. Il a un corps rond et compact, une tête large et une queue courte presque toujours relevée. Le plumage est brun chaud, plus clair sur le ventre, avec des stries sombres sur le dos et les ailes qui créent un motif zébré. Les ailes sont courtes et arrondies, adaptées aux déplacements rapides dans la végétation dense. Le bec est long, fin et de couleur corne, parfaitement adapté à la capture d’insectes. Les yeux sont sombres et vifs et ressortent grâce à une petite virgule claire sur la bande sourcilière.

Les pattes sont robustes, de couleur rose pâle, et permettent au troglodyte de se tenir fermement sur le sol ou sur les branches basses. Les plumes de la queue et des ailes présentent des nuances subtiles de brun et de beige. Le dimorphisme sexuel est quasi inexistant : mâles et femelles se ressemblent beaucoup. La mue, qui se déroule vers le mois de septembre, renouvelle l’ensemble des plumes et permet au plumage de rester dense et uniforme.

La durée de vie d’un troglodytes est de 7 ou 8 ans mais dans la nature ils vivent rarement plus de 3 ou 4 ans.

Comportement

Le troglodyte mignon est un petit oiseau très actif. Durant la journée, il se déplace presque en permanence à travers la végétation dense pour rechercher des insectes, des araignées et d’autres petits invertébrés dont il se nourrit. Il explore les branches basses, le lierre et les broussailles. Il saute et il grimpe avec une grande agilité pour atteindre les moindres recoins.

Les femelles sont généralement discrètes et peu bruyantes. Elles restent proches du nid pendant la période de reproduction et s’occupent de la ponte et de l’élevage des jeunes. Les mâles, en revanche, sont très territoriaux. Ils se perchent régulièrement sur des branches en hauteur pour chanter. Leur chant sert à signaler la possession d’un territoire et à avertir les autres mâles. La plupart du temps, ce signal vocal suffit à éviter les conflits, et les affrontements physiques restent rares.

Le troglodyte préfère les forêts et les zones ombragées où il trouve refuge et sécurité. Il fréquente aussi les abords des cours d’eau, où la densité d’insectes est élevée. Cependant, c’est un oiseau très adaptable. Il peut vivre dans des milieux variés, y compris les haies, les parcs urbains et les jardins privés, tant que la végétation est suffisamment dense pour lui offrir abri et sites de nidification.

 Chant

Le troglodyte mignon est un petit oiseau, mais il possède un chant étonnamment puissant. Il peut atteindre 96 décibels, soit le niveau sonore d’une tronçonneuse ou d’une scie circulaire. Les mâles se perchent sur les branches basses et lancent leurs trilles pour séduire les femelles ou pour signaler leur territoire aux autres mâles. On peut entendre leur chant à plus de 500 mètres. La force de leurs chants compense l’ absence de couleur qui est souvent le costume des séducteurs. Qui n’a pas mis ses plus beaux vêtements pour aller en boite. Mais les femelles apprécient aussi les belles mélodies viriles et ensorceleuses.

Le mâle pousse sa chanson. Photo Alexis lours (Domaine public )

Le chanteur du groupe de rock  qui a une voix puissante aura toujours plus de succès que le timide introverti qui passe ses journées à la bibliothèque. Cette puissance compense l’absence de couleurs vives, souvent utilisées par d’autres oiseaux pour attirer un partenaire. Le chant des mâles est clair, rapide et virtuose. Chaque phrase dure 4 à 5 secondes et comporte plusieurs notes répétées, enchaînées avec précision. En observant attentivement, on peut distinguer trois parties distinctes : un début composé de motifs sifflés aigus, un milieu constitué de séries de trilles, et une fin se terminant par un son aigu. Le chant du troglodyte peut parfois être confondu avec celui de l’accenteur mouchet, du rouge-gorge ou de la fauvette à tête noire.

 Le compositeur français Olivier Messiaen était fasciné par ce chant. Il le considérait comme un exemple exceptionnel de virtuosité naturelle. Selon lui, les trilles rapides et la structuration précise du chant du troglodyte démontraient une musicalité que l’on pourrait comparer à celle d’un musicien très habile. Messiaen s’inspirait de ces chants pour ses compositions, admirant leur complexité, leur puissance et leur capacité à transmettre émotion et dynamisme, malgré la petite taille de l’oiseau.

Alimentation

Comme le montre son bec long et fin, le troglodyte mignon est un insectivore strict. Contrairement à d’autres passereaux qui changent de régime et deviennent granivores en hiver, il se nourrit exclusivement d’insectes et d’arthropodes toute l’année. L’hiver est donc une période particulièrement difficile pour cette espèce. La neige, le gel ou le froid prolongé peuvent rendre l’accès aux insectes presque impossible et augmenter fortement la mortalité.

Le troglodyte recherche sa nourriture dans les fourrés, au milieu des broussailles, dans les haies et sous l’écorce des arbres morts. Il consomme des insectes de toutes sortes, des araignées, des coléoptères, des larves et d’autres petits invertébrés. Lorsque les insectes se font rares, il peut occasionnellement se nourrir de petits poissons ou de têtards, mais ces cas restent très rares.

Pour trouver ses proies, le troglodyte inspecte méthodiquement chaque recoin de son habitat. Il explore les branches basses, gratte les feuilles mortes et fouille les fissures de l’écorce. Cette recherche intensive est nécessaire pour couvrir ses besoins énergétiques, car le petit corps de l’oiseau brûle rapidement les calories consommées.

Le régime strictement insectivore explique certains aspects de son comportement et de son habitat. Le troglodyte reste près des zones où les insectes sont abondants, comme les forêts humides, les rivières, les lisières et les jardins riches en végétation. Sa survie dépend directement de la disponibilité des proies, ce qui rend les hivers rigoureux particulièrement critiques pour la population.

Nidification

La nidification du troglodyte mignon a lieu au printemps. Au Jardin des Oiseaux, les nids ont été commencés vers le 10 mars grâce à la douceur précoce et terminés 5 ou 6 jours plus tard. Mais la nidification peut débuter un peu plus tard si l’hiver se prolonge et que le froid persiste.

Les troglodytes ont pour habitude de rechercher des trous pour y construire leurs nids. C’est ce qui s’est produit ici où l’oiseau a profité d’une cavité formée naturellement dans l’une de mes anciennes cabanes pour y installer un nid.

Jeune Troglodyte mignon . Le jeune age se voit à l »arrière du bec non fini de couleur jaune poussin .

Dans cette espèce , ce sont les mâles qui le construisent. Ils en fabriquent même plusieurs à différents points de leurs territoires puis laissent le choix à la femelle qui décidera en dernier lieu. En pénétrant dans le nid, elle montre au mâle qu’elle est d’accord pour s’accoupler avec lui. Mais la femelle peut aussi changer d’avis. Il lui arrive de pénétrer dans le nid puis d’en ressortir pour aller plus loin dans le nid réalisé par un autre mâle. En une saison , un mâle peut construire de 3 à 12 nids.

L’orifice d’entrée est en général dirigé vers le bas. Ayant choisi la cavité qui leur convient, les mâles y apportent alors une grande quantité de mousses et de feuilles mortes qui vont rendre l’endroit très confortable et moelleux.

Les femelles se contentent de terminer le nid en y ajoutant leur touche personnelle. Elles y ajoutent de la mousse, des plumes ou des poils d’animaux pour s’assurer que les petits seront bien installés et qu’ils auront assez chaud. Les mâles bâtissent les murs de la maison. À la femelle revient la tâche de vérifier la qualité du berceau.

Contrairement à de nombreux passereaux qui construisent leurs nids dans les arbres, le nid du troglodyte est en général placé dans un endroit peu élevé qui se situe entre 0 et 2 mètres. Le nid présenté là est un bon exemple puisqu’il se trouve à environ 70 cm du sol.

La première ponte a lieu en avril et la femelle dépose 5 à 6 petits œufs blancs. Elle assume seule l’incubation qui dure 2 semaines. Durant cette période , elle doit aussi se débrouiller pour se nourrir, car le mâle est déjà reparti à la recherche de nouvelles femelles. En bon polygyne, il a repris la construction de ses nids et essaye d’y attirer d’autres femelles. Il n’est pas rare que les mâles aient des relations avec deux ou trois femelles. Il arrive aussi qu’il n’en ait aucune et reste seul toute la saison si ses constructions n’ont pas de succès.

Les femelles nourrissent seules leurs petits et peuvent faire jusqu’à 500 allers-retours par jour pour ramener la nourriture nécessaire. Les mâles les aident parfois, mais pas toujours. L’absence très fréquente des mères en recherche de nourriture fait que le nid est souvent la proie des prédateurs comme l’écureuil, le geai des chênes ou la belette. Les mâles ne reviennent vers les petits que lorsque ceux-ci ont sauté du nid. Ils les accompagnent alors régulièrement, leur montrent ce qu’il faut faire ou ne pas faire et leur offrent de temps en temps un petit ver.

Une seconde ponte a souvent lieu vers la mi-juin. Il n’est pas rare que les femelles changent alors de partenaire et se déplacent vers un autre nid. Les nids qui restent vides sont appelés nids postiches ou nids-dortoirs, car ils servent d’abris en hiver aux petits oiseaux.

Migration

Le troglodyte mignon est un migrateur partiel. C’est-à-dire que les populations qui vivent sous des climats où l’hiver est plutôt doux sont sédentaires alors que les populations qui vivent plus au nord sont migratrices. Les oiseaux, par exemple, qui vivent au Danemark, en Suède ou en Norvège, redescendent vers le sud en automne.

Malgré leur petite taille et leur allure chétive, les troglodytes mignons sont des oiseaux surprenants. Un troglodyte bagué à Gotland en Suède a été retrouvé à 2 500 km de là en Espagne. Non contents d’aller loin, les troglodytes sont aussi plutôt rapides. Un troglodyte bagué en Finlande le 11 octobre 1995 a été repéré le 7 novembre de la même année en Seine-Maritime. Il avait parcouru plus de 2 000 km en 28 jours.

Les troglodytes se déplacent généralement seuls ou en petits groupes dispersés. Ils n’effectuent pas de grandes migrations collectives comme certaines espèces d’oiseaux. Pour s’orienter, ils utilisent le soleil, des repères visuels et probablement le champ magnétique terrestre.

Les troglodytes qui vivent sous nos latitudes sont toutefois fragiles du fait de leur alimentation insectivore et semblent ne pas supporter les hivers où la température descend en dessous de 7 degrés. La migration n’est pas systématique : certaines années, les individus d’une même population restent sédentaires, tandis que d’autres migrent selon la disponibilité de nourriture et les conditions climatiques. Les déplacements comportent des risques élevés, notamment le froid, l’absence de nourriture et les prédateurs.

Distribution

Le troglodyte mignon possède une aire de répartition exceptionnellement vaste qui s’étend sur presque tout l’hémisphère nord. On le trouve de l’Europe de l’Ouest jusqu’au Japon, en passant par l’Asie centrale, ainsi que sur le pourtour méditerranéen jusqu’en Afrique du Nord. Cette présence sur trois continents est unique au sein de sa famille. En Europe, il est présent partout, des côtes atlantiques jusqu’aux montagnes de l’Oural, à l’exception des zones les plus septentrionales de l’Arctique.

Carte du GBIF (Global Biodiversity information facility) qui montre la présence
du Troglodyte mignon  dans le monde. https://www.gbif.org/fr/species/5231438

En France, l’espèce occupe la quasi-totalité du territoire. On le rencontre aussi bien en plaine qu’en altitude, où il peut nicher jusqu’à la limite des forêts, vers 2000 ou 2500 mètres. Sa capacité d’adaptation lui permet de coloniser des îles isolées, comme les archipels de l’Atlantique, où des sous-espèces locales se sont parfois développées. Bien que très répandu, sa densité dépend fortement de la présence de zones humides et de sous-bois denses qui lui offrent le gîte et le couvert.

Tradition irlandaise

Le 26 décembre est le jour où l’on fête la Saint-Étienne dans les pays anglophones. Ce jour-là était autrefois un jour bien triste pour les troglodytes. La mythologie irlandaise le considère en effet comme un traître.

On raconte que l’oiseau se serait mis à chanter et aurait fait capoter l’embuscade que les soldats irlandais étaient en train de préparer pour tuer les guerriers scandinaves. On imagine bien que l’échec cuisant devait avoir une autre cause. Mais l’époque n’hésitait pas à reporter la faute des humains sur des animaux et l’on ne compte plus les procès de chèvres, d’oiseaux ou de chiens qui avaient fauté et qui ont été jugés dans un tribunal puis abattus.

Pour le punir de cette trahison, la tradition voulait que le 26 décembre , les jeunes du village se noircissent le visage avec de la suie puis pourchassent les troglodytes en tapant sur les broussailles et les buissons à l’aide d’un bâton. Les troglodytes étaient alors tués, accrochés sur des branches de houx et exposés aux yeux de tous les habitants au cours de processions qui traversaient la ville.

On ne tue plus aujourd’hui les troglodytes, mais les habitants de ces régions continuent de véhiculer ces croyances cruelles en se déguisant eux-mêmes en troglodyte et en défilant dans les rues. Mais la maltraitance du Boxing Day ne touche pas que les oiseaux. Ce jour-là, les renards étaient aussi à l’époque pourchassés par des hordes de chiens et tués en masse.

(Photo Chasse aux troglodytes mignon lors
de la Saint-Étienne à Dingle, le 26 décembre.)

(Photo Chasse au renard pendant le Boxing Day à Cowbridge.)

Chasse au renard pendant le Boxing Day en 2007 Domaine public

Depuis 2005 , il est interdit de tuer des renards dans le pays, mais les traditions sont des addictions qui adhèrent et qui ne disparaissent pas du jour au lendemain. Les Irlandais continuent hélas encore aujourd’hui de chasser les renards et de leur courir après. Après les avoir stressés et épuisés, ils s’abstiennent simplement de les tuer.

Confusion

Le troglodyte mignon peut être confondu avec les jeunes rouges-gorges qui sont d’abord bruns  avant de revêtir leur célèbre tenue . La confusion est encore plus grande quand le jeune rouge lève la queue à la manière des troglodytes mignons.

 

Troglodyte mignon
Rouge-gorge juvénile

Plusieurs caractéristiques permettent de les distinguer comme un bec moins fin chez le rouge-gorge,  mais le signe le plus évident est la petite virgule claire qui se trouve au-dessus de l’œil du troglodyte et qui est absente chez le rouge-gorge.   

Taxonomie

Le troglodyte mignon a été décrit et nommé par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Sphinx stellatarum.

Le nom de genre Troglodytes a été créé en 1803 par l’ornithologue français Étienne Geoffroy Saint-Hilaire.

La famille des Troglodytidae a été proposée en 1831 par l’ornithologue anglais William Swainson.

Étymologie

D’abord nommé « Passer troglodyte » par le naturaliste suisse Conrad Gessner en 1555, il fut ensuite décrit et nommé par Linné « Motacilla troglodytes » en 1758 dans son édition de « Systema Naturae ». Le mot « motacilla » vient du latin et veut dire « hoche-queue ». Il suffit de voir l’oiseau une fois avec sa queue relevée pour comprendre la raison de ce nom.

En suivant les recommandations de l’ornithologue français Pierre-Louis Vieillot, l’espèce a été placée dans le genre « Troglodytes » et a été rebaptisée « Troglodytes troglodytes ». Le premier terme sert à désigner le genre et le deuxième, l’épithète, est là pour le qualifier. Puisque le nom de genre et l’épithète spécifique sont identiques, on dit qu’il s’agit d’un tautonyme. « Troglodyte » vient des mots grecs trôglê (trou) et dutês (qui s’enfonce). Le nom « trōglodutēs » désigne les « êtres qui vivent dans les cavernes ». Le mot a été attribué au troglodyte mignon parce que celui-ci a pour habitude de faire son nid dans les cavités.

L’ornithologue suisse Michel Desfayes propose une autre explication dans son livre « Origine des noms français des oiseaux et mammifères d’Europe ». Selon lui, le troglodyte mignon ne vit pas dans les trous. Il écrit : « …l’oiseau ne vit pas dans les trous, contrairement aux étymologies sans cesse répétées, même dans les ouvrages ornithologiques, quoiqu’il aime à se faufiler dans les broussailles et parmi les tas de branchages. » Il considère donc que le mot « troglýtès », qui a donné troglodyte, ne vient pas de « trôglê » ou « strogle » (trou), mais descend du mot grec « strongýlos » (arrondi ou en forme de dôme) et fait référence au nid « globuleux » de ce passereau.

Le mot « mignon » est en rapport avec sa petite taille qui fait de lui « un joli petit oiseau ». Il vient du mot d’origine allemande « minne » qui a produit les mots français « mignot », « mignard » et « mignon ». Son sens premier désignait « un être gracieux donnant de l’amour », ce qui peut être aussi une définition des oiseaux. Avec le temps, son sens a progressivement évolué et caractérise aujourd’hui ce qui est menu, délicat et joli.

Le troglodyte mignon est l’un des oiseaux qui a eu le plus de noms. Il a notamment été appelé le roitelet des haies, le roi des oiseaux, le roi bertaud (bertaud signifie buisson), la souris des haies ou le rat des buissons. Sa queue relevée a inspiré beaucoup de monde et on l’a aussi appelé trousse-queue, troussepète ou roitelet à queue de poule. Dans son étymologie des noms d’oiseaux, Pierre Cabard rappelle que l’un de ses noms scientifiques était « Anorthura troglodytes ». « Anorthura », qui est composé des deux mots grecs « anorthos » (qui dresse) et « oura » (queue).

Les noms à l’étranger

Les Allemands le nomment Zaunkönig, le roi de la clôture

Les Anglais Wren eurasian . l’étymologie du mot wren est assez obscure .Certains y voit un sens proche de petite taille alors que d’autres penchent plus pour des onomatopées de son cri .

Les Espagnols disent chochín común, roitelet commun.

Les Italiens utilisent Scricciolo comune et les Corses scrizzula qui s’inspirent tous deux du cri de l’oiseau.

Les Gallois de leur côté l’appellent Dryw, le roitelet.

Les Portugais, eux, disent Carriça, le roitelet.

Les Néerlandais winterkoning, le roi de l’hiver.

Les Finnois Peukaloinen.

Les Suédois Gärdsmyg.

Les Norvégiens Gjerdesmett.

Les Turcs bayağı çit kuşu, le roi de la clôture.

Citations

« C’est la seule voix légère et gracieuse qui se fait entendre dans cette saison (hiver) où le silence des habitants de l’air n’est interrompu que par le croassement désagréable des corbeaux… Lorsqu’il chante, le son de sa voix est si fort et si agréable, qu’on souhaite toujours l’entendre plus souvent et plus longtemps… Il voltige et chante dans les bois jusqu’à la nuit serrée ; C’est un des derniers oiseaux avec le rouge-gorge et le merle qu’on y entende après le lever du soleil. Il est aussi un des premiers éveillés le matin. »

Buffon

 Soudain une voix éclate, véhémente et saccadée, qui domine un instant puis se tait brusquement . L’auteur, le voici : une toute petite boule de plumes brunes, piquée d’une minuscule queue dressée, qui se faufile comme une souris entre les racines et les branches.

Paul Géroudet

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