- Règne : Animalia
- Classe : Insecta
- Ordre : Lepidoptera
- Super-famille : papilionoidea
- Famille :Lycaenidae
- Sous-famille : Polyommatinae
- Genre : Lysandra
présentation
L’Argus bleu céleste est une espèce de lépidoptères appartenant à la famille des Lycaenidae. Cette famille compte environ 6 000 espèces dans le monde, dont une centaine vivent en Europe et une centaine sont présentes en France. Parmi les plus communes que l’on rencontre sur le territoire figurent l’Argus bleu, le Collier-de-corail, le Cuivré commun, le Thècle de la ronce ou encore l’Azuré des parcs.
L’une des principales caractéristiques de ce groupe réside dans la petite taille des individus et le dimorphisme sexuel souvent marqué. La coloration bleue éclatante des ailes de nombreux mâles ne provient pas de pigments, mais d’une coloration structurale induite par la diffraction de la lumière sur les écailles micro-structurées.

Il est rattaché à la sous-famille des Polyommatinae, un groupe dont les membres partagent souvent une biologie complexe liée à leurs chenilles. Les chenilles des Polyommatinae présentent généralement une forme ramassée et aplatie, rappelant celle d’un cloporte. Elles sont recouvertes d’une cuticule relativement épaisse qui les protège des agressions extérieures. Plusieurs espèces entretiennent également des relations étroites avec les fourmis.
Il appartient au genre Lysandra, qui regroupe des papillons dont les larves sont inféodées aux fabacées, principalement aux hippocrépides. La particularité majeure de ce genre réside dans la structure des pièces génitales des mâles et dans des formules chromosomiques spécifiques qui l’isolent des genres voisins. Cet insecte pratique la myrmécophilie*, ce qui signifie que les larves entretiennent une relation de dépendance avec les fourmis, ces dernières protégeant les chenilles en échange de sécrétions sucrées.
L’espèce type du genre Lysandra est Lysandra coridon, décrite à l’origine sous le nom de Papilio coridon.
Description
L’azuré bleu céleste est un petit papillon qui a une envergure comprise entre 27 et 32 mm.


L’espèce présente un dimorphisme important qui permet de distinguer facilement les sexes. Le mâle a le dessus des ailes bleues avec des iridescences qui rendent le bleu très lumineux lorsqu’il est éclairé par le soleil. Le tout est souligné par une très fine ligne noire marginale. Les ailes de la femelle sont marron avec des lunules orange sur le pourtour. Les lunules des postérieures sont accompagnées d’une tache blanche contenant un point noir. Deux traits noirs marquent les antérieures. Les ailes sont recouvertes vers la base de suffusions bleues qui peuvent parfois s’étendre sur des zones plus larges. Le revers des ailes est gris-brun avec des points noirs cerclés de blanc et une série de lunules orange.
Les antennes sont filiforme et possèdent une structure typique de la famille des Lycaenidae. Elles se caractérisent par une alternance d’anneaux noirs et blancs sur toute la longueur. L’extrémité s’élargit et se termine par une massue sombre, dont la pointe présente une coloration rousse ou orangée. Cet aspect bicolore et annelé s’observe facilement et complète les critères d’identification de l’espèce.
Certaines femelles ont des zones bleues plus étendues qui peuvent parfois recouvrir la totalité des ailes comme sur la forme.ceronus.

Argus bleu céleste pris hier (18 mai 2025) au coucher du soleil devant chez moi . Il présentait ses ailes bien ouvertes face au soleil pour profiter des derniers rayons . C’est ce qu’on appelle « jouir jusqu’au bout «
on peut noter la belle couleur bleue des antérieures parcourue d’iridescences ainsi que les ronds noir antémarginaux. Ils ne sont pas toujours présents sur cette espèce . Il s’agit ici d’un mâle.
Alimentation
Les adultes se nourrissent de nectar . ils apprécient tout particulièrement celui de l’Hippocrépide à toupet, mais butinent également les fleurs de l’origan, , du serpolet ou celles du lotier corniculé. Ils aiment aussi se rassembler pour aspirer l’humidité du sol.

de siroter les minéraux contenus dans les excréments
Dans son très bon livre « Quel est donc ce papillon » Heiko Bellman dit la même chose à sa manière lorsqu’il écrit que l’ Azuré bleu céleste « aime se désaltérer au bord des suintements fontinaux* ».
Ces papillons apprécient aussi les minéraux contenu dans les excréments d’autres animaux. Ce comportement de recherche de sels minéraux et d’acides aminés, fréquemment constaté chez les mâles porte le nom de « puddling ». Les zones de boue humide, les rives des ruisseaux et les déjections de mammifères leur procurent des éléments chimiques indispensables, notamment du sodium. Ces apports augmentent leur endurance et s’avèrent nécessaires pour la reproduction. Le mâle transfère ces sels à la femelle le biais du spermatophore lors de l’accouplement afin d’assurer un bon développement des œufs.
Habitat
Le Lysandra bellargus fréquente des milieux ouverts, chauds et ensoleillés. Il affectionne particulièrement les pelouses calcaires sèches, les prairies maigres, les friches, les collines herbeuses ainsi que les talus et les carrières à l’abandon. Ce papillon se rencontre principalement là où la végétation reste basse et clairsemée, ce qui permet à sa plante hôte, l’hippocrépide à toupet (Hippocrepis comosa), de se développer convenablement.
Plante hôte
L’Hippocrépide à toupet (Hippocrepis comosa) est sa principale plante hôte.


Mais l’Hippocrépide à toupet, plus connue sous le nom de fer à cheval, est la plante hôte de nombreux autres papillons comme :
l’Argus bleu nacré (Lysandra coridon), L’Azuré bleu céleste (Lysandra Bellargus), L’Azuré de l’ajonc (Plebejus argus), La Doublure Jaune (Euclidia glyphica), le Fluoré (Colias alfacariensis), la Zygène de la coronille (Zygaena ephialtes), la zygène transalpine (Zygaena transalpina), la Zygène de la faucille (Zygaena loti), le point de hongrie (Erynnis tages)
Reproduction
L’espèce vole en deux générations. Une au printemps, en mai juin, et l’autre en été, en aout septembre. Après l’accouplement, la femelle dépose ses œufs isolement sur la plante hôte. Comme souvent chez les espèces de la famille des Lycaenidae, les chenilles établissent une relation gagnant-gagnant (mutalisme) avec les fourmis du genre Lasius et Myrmeca . Ces dernières s’en occupent et les protègent jusqu’à la chrysalidation . En échange, les chenilles produisent du miellat qui est très apprécié par les fourmis. ce type d’échange entre des fourmis et une autre espèce est appelé la myrmécophilie.

Dessin généré par l’IA
Chenilles
La chenille de Lysandra bellargus présente un aspect trapu et une forme onisciforme, ce qui signifie qu’elle ressemble à un cloporte. Son corps est fortement bombé sur la face dorsale et aplati sur la face ventrale, avec des segments bien démarqués qui recouvrent entièrement la tête. Cette dernière, petite et de couleur brune à vert brunâtre clair, se rétracte sous le premier segment thoracique lorsque l’animal est au repos.
Sa coloration générale est d’un vert tendre qui rappelle celui des feuilles de ses plantes nourricières. Le dos est parcouru par deux lignes longitudinales jaunes parallèles, tandis que les flancs portent des rangées de petites marques jaunâtres. Deux autres bandes jaunes sont visibles sous la ligne des stigmates. L’ensemble du corps est recouvert d’une pilosité blanche, courte et dense.
La spécificité anatomique majeure de cette larve réside dans ses organes adaptés à la vie avec les fourmis. Le septième segment abdominal porte une glande appelée glande dorsale nectarifère ou glande de Newcomer, qui produit des sécrétions sucrées recherchées par les fourmis. De plus, le huitième segment possède une paire d’organes tentaculaires rétractiles qui émettent des signaux chimiques destinés à guider ou apaiser les fourmis hôtes.
L’espèce hiverne à l’état de chenille.
Distribution
L’Argus bleu céleste vole dans de nombreux pays d’Europe, ainsi qu’en Asie de l’Ouest et en Afrique du Nord.
Ce papillon est particulièrement commun en France, en Espagne, en Italie ainsi qu’en Belgique et en Suisse. Son aire de répartition s’étend également vers le nord jusqu’au sud du Royaume-Uni, et vers l’est à travers l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne, la Roumanie et la Grèce.
Plus loin vers l’est, il est présent en Turquie, en Ukraine et dans le sud de la Russie. Au sud de la mer Méditerranée, on peut le trouver au Maroc.
Il est en revanche absent des pays du nord de l’Europe comme la Norvège, la Suède ou la Finlande .

Carte Gbif de la présence de l’argus bleu céleste dans le monde
Confusion
L’azuré bleu céleste peut être confondu avec l’ Argus bleu (Polyommatus icarus) .
Le principal critère d’identification pour les distinguer se trouve au niveau des ocelles noirs cerclés de blancs sur le revers des ailes postérieures .
Chez l’argus bleu , la série de points qui va de 1 à 7 forme presque un angle de 80 ou 90 degrés (voir schéma) selon les individus .
Alors que ces mêmes points ne sont plus aussi bien alignés chez l’azuré bleu céleste. Le point 2 est décalé vers l’intérieur de l’aile de sorte que la forme ne dessine plus un angle, mais une ligne sinueuse qui ressemble à un S.

Il peut être également confondu avec l’Azuré de chapman ou un hybride de Lysandra bellargus et Lysandra coridon que l’on peut apercevoir en juin et qui a pour nom Lysandra bellargus polonus.
Taxonomie
L’espèce a été initialement décrite et nommé Papilio bellargus par l’entomologiste allemand Siegmund Adrian von Rothenburg en 1775.
Elle est aujourd’hui appelé Lysandra bellargus ou Polyommatus bellargus.
Le genre Lysandra a été créé en 1933 par l’entomologiste britannique Arthur Francis Flemming en en 1933. Il est aujourd’hui parfois considéré comme un sous-genre.
La famille des Lycaenidae a été proposé en 1815 par le zoologiste william elford Leach pour regrouper des papillons de petites tailles de couleur bleu, orange ou brune qui présentaient souvent un dimorphisme important.
Étymologie
Le nom du genre Lysandra provient des racines grecques lusis, signifiant « libération » ou « délivrance », et andros, « homme ». Il peut être traduit par « celle qui libère les hommes ». Il s’agit d’un prénom féminin de la Grèce antique porté par plusieurs personnages historiques. L’entomologiste Francis Hemming a choisi ce nom dans la tradition des naturalistes qui puisaient fréquemment dans l’Antiquité grecque et romaine pour baptiser les lépidoptères, sans qu’il existe nécessairement de lien avec les caractéristiques de l’espèce.
Le nom de genre Polyommatus se compose des mots grecs Polus, signifiant plusieurs, et ommatos, qui désigne l’œil. Ce terme fait référence aux nombreux ocelles visibles sur le revers des ailes de ces papillons.
L’épithète spécifique bellargus associe l’adjectif latin bellus, « joli », au nom d’Argos. Dans la mythologie grecque, Argos Panoptès était un géant doté de cent yeux. Après sa mort, la déesse Héra plaça ses yeux sur la queue du paon. Les naturalistes ont repris cette image pour évoquer les nombreux ocelles qui ornent les ailes de ce papillon.
L’Azuré bleu céleste est le nom vernaculaire le plus fréquemment utilisé par les lépidoptéristes contemporains pour désigner cette espèce.
Les autres noms vernaculaires
L’Argus bleu céleste, parfois simplifié en Argus bleu ciel, s’emploie également pour souligner l’éclat de la livrée du mâle.
Le Lycène Bel-Argus rattache directement ce papillon à sa famille scientifique, celle des Lycaenidae.
Le Petit bleu céleste associe l’adjectif qualificatif de taille à la couleur azur du ciel.
Les noms à l’étranger
En Angleterre, ce papillon porte le nom d’Adonis Blue. L’ appellation fait référence au dieu grec Adonis pour souligner la beauté du papillon . Dans la mythologie, Adonis incarne le symbole de la beauté masculine absolue et du renouveau de la nature. Les entomologistes britanniques ont ainsi choisi cette figure divine pour traduire le caractère exceptionnel et la vivacité de la couleur azurée de ce lépidoptère, qui se distingue de celle des autres espèces du genre.
En Allemagne, il est nommé Himmelblauer Bläuling, l’azuré bleu ciel.

En Espagne, cette espèce est connue sous le nom de Niña celeste, que l’on peut traduire par « jeune fille céleste ». Cette appellation fait directement référence à la couleur bleu ciel du mâle qui est l’un des bleus les plus éclatants parmi les papillons européens.
En Italie, l’espèce est désignée sous le nom de Bellargo, qui reprend l’épithète du nom scientifique.
*Fontinal: Qui est relatif aux fontaines et sources d’eau potable. Certains papillons aiment venir s’abreuver au bord des suintements fontinaux.
Premier et dernier Lysandra bellargus


