Étymologie des noms de papillons

Origine, histoire et signification des noms scientifiques et vernaculaires

Introduction

L’origine des noms scientifiques des papillons est un domaine aussi passionnant que méconnu. Derrière chaque nom se cachent souvent un personnage de la mythologie, un mot grec ou latin, une allusion à l’aspect du papillon, à son comportement, à sa plante nourricière ou encore un hommage rendu à un naturaliste.

Le nom est censé désigner l’animal, mais il en dit souvent plus sur l’auteur qui l’a créé que sur l’animal lui-même.

Les textes réunis ici sont le fruit de plusieurs années de recherches personnelles. Ils s’appuient sur les descriptions originales des espèces ainsi que sur des ouvrages et des sites spécialisés.

Ils doivent également beaucoup aux travaux de Jean-Yves Cordier, un des rares auteurs français à avoir développé ce sujet sur son blog lavieb-aile.com. Je pense notamment à la remarquable série des « Zoonymiesdes papillons  » qui est une véritable mine d’informations pour qui s’intéresse à l’etymologie des lepidoptères .

Je me suis aussi largement appuyé sur l’ouvrage The Scientific Names of the British Lepidoptera d’Arthur Maitland Emmet, qui constitue aujourd’hui la principale référence .

Lorsque l’origine d’un nom est connue, elle est présentée ici de la manière la plus fidèle possible. Lorsque plusieurs interprétations existent, elles sont signalées afin de distinguer les faits établis des hypothèses. Lorsque les auteurs n’ont laissé aucune explication, je l’ai également signalé.

L’objectif de ce travail est de faire découvrir au lecteur la signification de ces noms, mais aussi de rendre hommage aux naturalistes qui les ont créés. Derrière chacun d’eux se cache souvent une histoire où se mêlent science, langues anciennes, mythologie et observation de la nature.

J’espère que ces pages vous donneront envie de regarder les papillons sous un autre angle et de découvrir le sens caché de leurs noms.

Agreste

Hipparchia semele (Linnaeus, 1758)

Noms scientifiques

Le nom de genre Hipparchia a été créé en 1807 par Johan Christian Fabricius. Il fait référence à la philosophe grecque Hipparchia qui vivait au IVᵉ siècle avant J.-C. et appartenait à l’école cynique. Fabricius a puisé à plusieurs reprises dans l’histoire et la mythologie grecques pour nommer les genres de ce groupe de papillons. Rien n’indique toutefois que ce choix ait un lien avec les particularités de l’Agreste.

Agreste (Hipparchia semele)
Agreste (Hipparchia semele)

L’épithète semele fait également référence à la mythologie grecque. Sémélé était l’une des maîtresses de Zeus et la mère du dieu Dionysos. La légende dit que Héra, l’épouse de Zeus, fut si jalouse de cette relation qu’elle prit l’apparence de Béroé, la nourrice de Sémélé. Elle demanda alors à cette dernière de demander à Zeus de lui montrer son vrai visage. N’osant rien refuser à sa maîtresse, Zeus se présenta devant elle avec son foudre et ses éclairs. L’intensité de la lumière fut telle que Sémélé mourut foudroyée. Zeus eut juste le temps de retirer Dionysos du ventre de sa mère. Il le plaça ensuite dans sa propre cuisse afin qu’il achève sa gestation.

Comme pour le nom de genre, rien ne permet d’affirmer que l’épithète ait été choisie en raison d’une caractéristique de l’espèce. Il s’agit très probablement d’une simple référence à la mythologie grecque, comme c’était souvent le cas à cette époque.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire Agreste vient du latin agrestis qui descend lui-même de ager, « champ ». Il fait référence aux milieux ouverts, secs et ensoleillés que fréquente Ce papillon.

Cette espèce a également été appelée Satyre agreste ou Satyre sémélé, mais ces noms ne sont plus utilisés aujourd’hui. Le terme « Satyre » désignait autrefois le groupe de papillons auquel appartenait cette espèce. Ce groupe avait lui-même été nommé en référence aux satyres de la mythologie grecque.

Les noms à l’étranger

L’Agreste porte des noms très variés selon les pays. Les anglophones l’appellent « Grayling » (« le Gris »), en référence à la teinte grise du dessous de ses ailes. Les Allemands utilisent « Rostbinde » (« bande rousse »), qui évoque la bande fauve visible sur les ailes. Les Néerlandais le nomment « Heivlinder » (« papillon des landes »), car il fréquente volontiers ce type de milieu. Les Danois parlent de « Sandrandøje » (« œil des sables »), qui rappelle les terrains sableux où il est souvent observé. Les Polonais utilisent « Skalnik semele » (« Sémélé des rochers »), un nom qui évoque les milieux rocheux fréquentés par l’espèce. Enfin, les Italiens l’appellent simplement « Semele », en reprenant directement son épithète scientifique.

Alternée

Epirrhoe alternata (Müller, 1764)

Noms scientifiques

Le nom de genre dérive probablement du grec epirrhoe, qui signifie « courant » ou « rivière ». Selon l’interprétation proposée par Jean-Yves Cordier, ce nom ferait référence aux bandes ondulées qui parcourent les ailes des espèces du genre. Aucune explication laissée par Hübner ne permet toutefois de le confirmer.

L'alternée (Epirrhoe alternata)
L’alternée (Epirrhoe alternata)

L’épithète alternata provient du latin alternatus, qui signifie « alterné » ou « disposé alternativement ». Elle fait référence à l’alternance des bandes claires et sombres qui ornent les ailes du papillon.

Noms vernaculaires

Le nom français « Alternée » reprend directement le sens de l’épithète latine alternata. Il évoque lui aussi l’alternance régulière des bandes claires et foncées qui caractérisent les ailes de cette espèce.

Noms à l’étranger

Les noms attribués à l’Alternée mettent généralement en avant le dessin de ses ailes ou sa principale plante hôte.

Les Anglais la nomment « Common Carpet », que l’on peut traduire par « Carpette commune ». Le terme Carpet (« tapis ») désigne un groupe de Géométridés dont les motifs rappellent ceux d’un tapis tissé.

Les Allemands l’appellent « Graubinden-Labkrautspanner », c’est-à-dire « Phalène du gaillet à bandes grises ». Ce nom fait référence à ses bandes grisâtres ainsi qu’au gaillet (Galium), principale plante hôte de la chenille.

Les Néerlandais utilisent le nom « Gewone bandspanner », que l’on peut traduire par « Phalène commune à bandes ».

Amaryllis

Pyronia tithonus (Linnaeus, 1758)

Noms scientifiques

Pour le nom de genre Pyronia, plusieurs propositions existent. Jean-Yves Cordier pense que Pyronia a été donné par Hübner en empruntant ce nom à la mythologie grecque. Pyronia est l’un des surnoms de la déesse Artémis, dont le temple fournissait le feu sacré des Lernaia. Pyros désigne le feu et ce nom a pu être donné en référence à la couleur orangée du papillon.

(Pyronia tithonus)
Amaryllis

Selon une autre source (Monaco Nature Encyclopédie), le nom viendrait d’une transcription erronée de Hübner, qui aurait écrit Pyronia, issu du grec puronia (« acheter du blé »), au lieu de Pyrops (« œil enflammé » ou « œil ardent »). Pour Gianfranco Colombo, qui avance cette hypothèse, ce dernier mot ferait référence aux ocelles présents sur les ailes.

Cette thématique de la lumière se retrouve également dans l’épithète spécifique tithonus. Dans la mythologie, Tithon était l’époux d’Éos, la déesse de l’Aurore. Cette divinité, qui précède le lever du soleil, est traditionnellement associée aux teintes orangées et safranées, rappelant ainsi la coloration vive de ce lépidoptère.

Après avoir observé l’éclat des ailes, la première proposition étymologique prend tout son sens. Je laisserai chacun se faire un avis, même si je crois plus vraisemblable la première proposition, qui est davantage dans l’esprit de Linné, amateur de références mythologiques.

Noms vernaculaires

Si l’appellation « Amaryllis » est aujourd’hui la plus répandue, on rencontrait autrefois la variante orthographique « Amarillis ».

Ce papillon est également désigné sous les noms de « Satyre Amaryllis » ou de « Satyre Tithon », des dénominations qui rappellent son appartenance à une vaste lignée de papillons aux mœurs souvent sylvestres. Le terme « Tithon » reste d’ailleurs très utilisé par les entomologistes pour le distinguer clairement de la fleur bulbeuse du même nom.

Les noms à l’étranger

La renommée de l’Amaryllis dépasse nos frontières et chaque langue met en avant un trait particulier de ce papillon.

Dans les pays anglophones, il est appelé « Gatekeeper » (« gardien de barrière »), car il aime se poster sur les portails en bois à l’entrée des chemins. En Allemagne, son nom « Rostbraunes Ochsenauge » évoque sa couleur « brun rouille ». En Italie, il reste fidèle à ses racines mythologiques sous le nom de « Titone ».

L’Espagne propose sans doute l’appellation la plus imagée avec « Lobito de las zarzas », que l’on peut traduire par « le petit loup des ronces ». Ce nom souligne sa capacité à se faufiler et à se cacher dans les buissons denses dès qu’il se sent menacé.

Pour lire mon article sur ce papillon c’est ici

Ancylolome commun


Ancylolomia tentaculella (Hübner, 1796)

Noms scientifiques

Le nom de genre Ancylolomia est formé de mots grecs. Le première, ankylos (ἀγκύλος), signifie « courbé » ou « recourbé ». Le seconde est probablement dérivée de lôma (λῶμα), qui désigne une bordure, un rebord ou une frange. Ce nom semble faire  référence aux ailes étroites du papillon, dont les bords paraissent légèrement incurvés lorsqu’il est au repos. Cette interprétation reste toutefois incertaine.  Hübner, qui l’a nommé,  n’a laissé aucune explication sur l’origine du nom.

Ancylolome commun (Ancylolomia tentaculella)
Ancylolome commun (Ancylolomia tentaculella)

L’épithète tentaculella est un diminutif du latin scientifique tentaculum, « tentacule » ou « organe tactile ». Elle fait référence aux longs palpes labiaux dirigés vers l’avant et particulièrement développés chez cette espèce qui peuvent faire penser à des tentacules.

Noms vernaculaires

Le nom Ancylolome commun est la traduction du nom scientifique. Il reprend le nom du genre Ancylolomia, francisé en « Ancylolome », auquel a été ajouté l’adjectif « commun » en raison de la relative fréquence de l’espèce dans une grande partie de son aire de répartition.

L’autre nom français, Crambus tentaculé, fait référence à son ancien classement dans le genre Crambus et aux longs palpes évoquant des tentacules.

Noms à l’étranger

Dans les autres pays, les noms vernaculaires de cette espèce font le plus souvent référence à son apparence, notamment à ses ailes ou à ses longs palpes. Les anglophones l’appellent « Scarce Striped Grass-veneer », c’est-à-dire le « Crambus rayé peu commun ». Les Néerlandais utilisent « Kromvleugellichtmot », qui signifie « pyrale aux ailes courbées », en référence à la forme des ailes. En russe, elle est connue sous le nom de « Травянка щупальцевая » (Travianka chtchoupaltsevaïa), que l’on peut traduire par « la Pyrale à tentacules »

Aurore

Anthocharis cardamines

Noms scientifiques

Le nom de genre Anthocharis est formé de deux mots grecs : anthos (« fleur ») et kharis (« grâce »). Le premier évoque la fleur, sur laquelle ce papillon passe une grande partie de son temps, tandis que le second fait référence à son élégance en vol. En réunissant ces deux termes, Jean-Baptiste Boisduval a voulu souligner la beauté et la délicatesse de cet insecte, qu’il comparait à une fleur en mouvement.

Aurore mâle (Antocharis cardamines)
Aurore mâle (Antocharis cardamines)

L’épithète cardamines renvoie directement à la cardamine des prés, principale plante hôte de la chenille. Ce nom souligne le lien étroit qui unit ce papillon à son habitat naturel et à son cycle de vie.

Noms vernaculaires

Le nom « Aurore » a été créé par le pharmacien et entomologiste Étienne Louis Geoffroy en 1780. Il fait référence aux larges taches orange vif des ailes antérieures du mâle, qui évoquent les premières lueurs du soleil levant. Ce choix illustre une nouvelle fois la sensibilité des naturalistes du XVIIIᵉ siècle à l’esthétique des papillons.

Cette espèce a également porté plusieurs autres noms vernaculaires au fil du temps. On la retrouve notamment sous les appellations de « Papillon du lever du soleil », inspirée des mêmes taches orangées, ou encore de « Petite Aurore », afin de la distinguer d’espèces proches.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à l’Aurore dans les différents pays font presque toujours référence aux taches orange caractéristiques des ailes du mâle.

Les Anglais le nomment « Orange Tip » (« Pointe orange »). Les Néerlandais utilisent « Oranjetipje », qui possède exactement le même sens, tandis que les Gallois l’appellent « Gwyn blaen oren » (« Blanc à la pointe orange »).

Les Allemands, les Italiens, les Finlandais et les Suédois ont conservé une appellation proche du nom français : « Aurorafalter », « Aurora farfalla », « Auroperhonen » et « Aurorafjäril », qui signifient tous « Papillon Aurore ».

En Espagne, il est connu sous les noms de « Mariposa aurora » (« Papillon aurore ») ou de « Mariposa musgosa » (« Papillon moussu »), en référence au dessous des ailes marbré de vert.

Enfin, les Polonais le nomment « Zorzynek rzeżuchowiec », que l’on peut traduire par « Papillon du cresson », une allusion à la cardamine et aux autres Brassicacées sur lesquelles se développe la chenille.

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Azuré bleu céleste

(Lysandra bellargus)

Noms scientifiques

Le nom du genre Lysandra provient des racines grecques lusis, signifiant « libération » ou « délivrance », et andros, « homme ». Il peut être traduit par « celle qui libère les hommes ». Il s’agit d’un prénom féminin de la Grèce antique porté par plusieurs personnages historiques. L’entomologiste Francis Hemming a choisi ce nom dans la tradition des naturalistes qui puisaient fréquemment dans l’Antiquité grecque et romaine pour baptiser les lépidoptères, sans qu’il existe nécessairement de lien avec les caractéristiques de l’espèce.

Azuré bleu céleste
Azuré bleu céleste

Le nom de genre Polyommatus se compose des mots grecs polus, signifiant « plusieurs », et ommatos, qui désigne l’œil. Ce terme fait référence aux nombreux ocelles visibles sur le revers des ailes de ces papillons.

L’épithète spécifique bellargus associe l’adjectif latin bellus, « joli », au nom d’Argos. Dans la mythologie grecque, Argos Panoptès était un géant doté de cent yeux. Après sa mort, la déesse Héra plaça ses yeux sur la queue du paon. Les naturalistes ont repris cette image pour évoquer les nombreux ocelles qui ornent les ailes de ce papillon.

Noms vernaculaires

L’Azuré bleu céleste est le nom vernaculaire le plus fréquemment utilisé par les lépidoptéristes contemporains pour désigner cette espèce.

L’Argus bleu céleste, parfois simplifié en Argus bleu ciel, s’emploie également pour souligner l’éclat de la livrée du mâle.

Le Lycène Bel-Argus rattache directement ce papillon à sa famille scientifique, celle des Lycaenidae.

Le Petit bleu céleste associe l’adjectif qualificatif de taille à la couleur azur du ciel.

Les noms à l’étranger

En Angleterre, ce papillon porte le nom d’« Adonis Blue ». Cette appellation fait référence au dieu grec Adonis pour souligner la beauté du papillon. Dans la mythologie, Adonis incarne le symbole de la beauté masculine absolue et du renouveau de la nature. Les entomologistes britanniques ont ainsi choisi cette figure divine pour traduire le caractère exceptionnel et la vivacité de la couleur azurée de ce lépidoptère, qui se distingue de celle des autres espèces du genre.

En Allemagne, il est nommé « Himmelblauer Bläuling », l’Azuré bleu ciel.

En Espagne, cette espèce est connue sous le nom de « Niña celeste », que l’on peut traduire par « jeune fille céleste ». Cette appellation fait directement référence à la couleur bleu ciel du mâle, qui est l’un des bleus les plus éclatants parmi les papillons européens.

En Italie, l’espèce est désignée sous le nom de « Bellargo », qui reprend l’épithète du nom scientifique.

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Azuré commun (Argus bleu)

(Polyommatus icarus)

Noms scientifiques

Le nom de genre Polyommatus vient du grec poluommatos (polus et ommatos), qui signifie « qui a de nombreux yeux ». Il fait référence aux nombreux ocelles présents sur le revers des ailes.

L’épithète icarus désigne le héros mythologique Icare, fils de l’architecte athénien Dédale et de Naupacté, une esclave crétoise. Pour s’échapper du labyrinthe où ils étaient prisonniers, Dédale fabriqua des ailes avec des plumes et de la cire. Il recommanda à son fils de ne voler ni trop près de la mer, à cause de son humidité, ni trop près du soleil, dont la chaleur pouvait faire fondre la cire. Grisé par le vol, Icare oublia les recommandations de son père, s’approcha du soleil, tomba dans la mer qui porte aujourd’hui son nom : la mer Icarienne.

Noms vernaculaires

L’« Azuré » tire son nom de la couleur bleu azur qui caractérise le dessus des ailes des mâles de cette famille.

Le terme « Argus » vient du géant de la mythologie grecque Argos Panoptès, qui possédait cent yeux. Il fait référence aux nombreux ocelles visibles sur le revers des ailes.

Le nom « Azuré de la bugrane » renvoie à la Bugrane épineuse, qui est l’une des principales plantes hôtes du papillon.

Le nom « Argus bleu » associe la référence mythologique du géant aux cent yeux à la couleur dominante de l’insecte.

Les noms à l’étranger

En anglais, il est nommé « Common Blue », un nom qui souligne son abondance et la couleur bleue caractéristique des mâles.

En allemand, il est appelé « Hauhechel-Bläuling ». Ce nom se compose de Hauhechel, qui désigne la bugrane, et de Bläuling, le terme générique employé pour les petits papillons bleus.

Les Espagnols utilisent les appellations « Ícaro » ou « Niña celeste », cette dernière évoquant une jeune fille céleste en raison de la pureté du bleu des ailes.

En italien, on le retrouve sous le nom de « Icaro », restant ainsi fidèle à l’étymologie latine et à la légende du fils de Dédale. Enfin, les Néerlandais l’appellent « Icarusblauwtje », une combinaison directe entre le héros mythologique et sa couleur dominante.

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Azuré des coronilles

Plebejus argyrognomon

Noms scientifiques

Le nom de genre Plebejus vient du latin plebeius, qui signifie « du peuple » ou « appartenant à la plèbe ». Jan Krzysztof Kluk a probablement choisi ce nom pour désigner un groupe de petits papillons très communs et largement répandus, par opposition aux espèces plus grandes ou plus spectaculaires.

Azuré des coronilles

L’épithète argyrognomon est construite à partir des mots grecs argyros (« argent ») et gnomon (« indicateur », « repère » ou « aiguille »). Son sens exact n’a jamais été expliqué par Bergsträsser. La plupart des auteurs pensent qu’il fait référence aux nombreuses marques argentées ou blanchâtres qui ornent le revers des ailes et facilitent l’identification de l’espèce.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Azuré des coronilles » rappelle la principale plante nourricière des chenilles en France, la Coronille bigarrée (Securigera varia). Il fait également référence à la couleur bleue des mâles, caractéristique des papillons appelés « azurés ».

En France, l’espèce est également connue sous les noms d’« Azuré porte-arceaux » et d’« Argus fléché ». Sur le site Lépi’Net, elle est aussi appelée « Petit Bleu des coronilles », une appellation descriptive qui souligne sa petite taille et la couleur bleue du mâle.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à cette espèce à l’étranger mettent en avant différents aspects de sa biologie ou de son histoire. La plupart font référence à ses plantes hôtes, tandis que d’autres rendent hommage à un entomologiste ou évoquent son habitat.

Les Allemands l’appellent « Kronwicken-Bläuling » (« Azuré des coronilles »). Les Néerlandais utilisent le nom « Kroonkruidblauwtje » (« Petit Bleu des coronilles »), tandis que les Suédois disent « Kronärtsblåvinge » (« Azuré de la coronille »). Comme en français, ces appellations rappellent le lien étroit qui unit ce papillon aux coronilles, principales plantes nourricières de ses chenilles dans une grande partie de l’Europe.

Les Norvégiens ont fait un choix un peu différent en le nommant « Lakrismjeltblåvinge » (« Azuré de l’Astragale à feuilles de réglisse »), en référence à une autre Fabacée sur laquelle les chenilles peuvent également se développer.

Les anglophones ont préféré rendre hommage à l’entomologiste suisse Jacques-Louis Reverdin en l’appelant « Reverdin’s Blue » (« Bleu de Reverdin »). Grand spécialiste des Lycénidés, il a consacré une grande partie de ses travaux à l’étude des petits papillons bleus.

Au Japon, l’espèce est connue sous le nom de « Miyama-shijimi » (ミヤマシジミ), que l’on peut traduire par « Petit Bleu des montagnes ». Cette appellation évoque les milieux où vit traditionnellement l’espèce dans l’archipel, où elle est aujourd’hui devenue rare et bénéficie de mesures de protection.

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Azuré des nerpruns

Celastrina argiolus

Noms scientifiques

Le nom de genre Celastrina provient du grec kelastros, un terme qui désignait le fusain d’Europe (Euonymus europaeus), l’une des principales plantes hôtes de la première génération de chenilles.

Azuré des nerpruns

Selon une autre interprétation, kelastros désignait également un arbre du groupe des nerpruns (Rhamnus), autre ressource essentielle pour les larves de cette espèce.

L’épithète argiolus est un diminutif d’Argus. Elle fait référence aux petits points noirs du revers des ailes, assimilés aux nombreux yeux d’Argus, le géant aux cent yeux de la mythologie grecque. Le suffixe latin -olus exprime ici l’idée de petitesse ou de délicatesse, en comparaison des ocelles plus marqués de l’Argus bleu.

Noms vernaculaires

Le nom « Azuré des nerpruns » est directement inspiré de la couleur bleue des ailes du papillon et de l’une de ses principales plantes hôtes, les nerpruns.

Cette espèce est également connue sous les noms d’« Argus à bandes noires » et d’« Argus bordé ». Ces appellations décrivent la large bordure sombre qui souligne l’extrémité des ailes antérieures de la femelle.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à l’Azuré des nerpruns à l’étranger mettent généralement en avant ses plantes hôtes ou son comportement.

Les Anglais le nomment « Holly Blue » (« Azuré du houx »), en référence au houx, qui constitue l’une des principales plantes hôtes de la première génération de chenilles.

Les Allemands utilisent « Faulbaum-Bläuling », que l’on peut traduire par « Petit Bleu de la bourdaine », soulignant ainsi l’importance de cet arbuste dans son cycle biologique.

Les Néerlandais l’appellent « Boomblauwtje », littéralement « Petit Bleu des arbres ». Cette appellation rappelle que ce papillon fréquente volontiers les arbustes et les cimes des arbres, contrairement à de nombreux autres azurés qui restent près du sol.

Dans les pays latins, les noms sont plus proches de la nomenclature scientifique. Les Italiens utilisent « Azzurrina dei rhamni », en référence aux nerpruns, tandis que les Espagnols emploient simplement « Celastrina », directement dérivé du nom de genre.

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Belle-Dame

Vanessa cardui

Noms scientifiques

Le nom de genre Vanessa correspond à l’un des surnoms de la déesse Vénus. Il a été créé en 1807 par l’entomologiste Johan Christian Fabricius qui, suivant la tradition linnéenne, utilisait des références mythologiques pour la nomenclature.

Belle-Dame

L’épithète spécifique cardui fait référence au genre botanique Carduus (les chardons), qui constitue l’une des principales plantes hôtes de la larve.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Belle-Dame » a été proposé en 1762 par l’entomologiste Étienne-Louis Geoffroy. Ce nom souligne l’aspect chromatique et l’élégance des motifs de ce Nymphalidae.

L’apport d’Étienne-Louis Geoffroy avec le nom de « Belle-Dame » s’inscrit dans une époque où les naturalistes cherchaient à vulgariser les sciences en utilisant des termes évocateurs pour le public francophone. Ce nom est resté la référence standard dans toute la littérature naturaliste française. Cette diversité de noms, tout en désignant la même entité biologique, témoigne de l’intérêt constant que l’humain a porté à ce lépidoptère, tant pour son esthétique que pour son omniprésence sur presque tous les continents.

Noms à l’étranger

Le nom scientifique Vanessa cardui est universel, mais ses noms vernaculaires varient selon les régions du globe, soulignant souvent des aspects différents de sa biologie. La majorité des langues privilégie le lien avec la plante hôte. Les Hollandais l’appellent Distelvlinder (papillon des chardons), les Italiens Vanessa del cardo (Vanesse du chardon), les Portugais Vanessa dos cardos (Vanesse des chardons) et les Espagnols Vanesa de los cardos (Vanesse des chardons), qu’ils nomment aussi parfois Cardero (chardonneret ou lié au chardon). En Turquie, elle est connue sous le nom de Diken Kelebeği, ce qui signifie « papillon des épines » ou « papillon du chardon ».

Cependant, d’autres langues mettent l’accent sur l’aspect chromatique ou une certaine personnification du papillon. Les Anglais la nomment Painted Lady (dame peinte ou fardée). On retrouve cette même logique en russe avec Чертополоховка (Chertopolokhovka) ou Бабочка репейница (Babochka repeynitsa), qui évoquent une « femme fardée » ou « dame des bardanes ». Les Polonais utilisent le nom Rusałka osetnik, que l’on peut traduire par « nymphe des chardons » ou « dame sirène ». Ces variations témoignent de la manière dont chaque culture a identifié ce lépidoptère, soit par son écologie, soit par la complexité de ses motifs alaires.

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Bombyx du chêne


Lasiocampa quercus (Linnaeus, 1758)

Noms scientifiques

Le nom de genre Lasiocampa a été créé en 1802 par le naturaliste allemand Franz von Paula Schrank. Il est formé des mots grecs lasios (λάσιος), qui signifie « velu », et kampê (κάμπη), qui signifie « chenille » ou « larve ». Il fait référence aux chenilles très velues caractéristiques de ce groupe. À l’origine, Schrank avait créé ce nom pour désigner un ensemble d’espèces correspondant approximativement à l’actuelle famille des Lasiocampidés.

Bombyx du chêne (Lasiocampa quercus)
Bombyx du chêne (Lasiocampa quercus)

L’épithète quercus est le nom latin du chêne. Dans sa description originale de 1758, Carl von Linné cite le chêne parmi les plantes nourricières de la chenille, aux côtés du bouleau et du prunellier. Les observations actuelles montrent toutefois que cette espèce est très polyphage. Sa chenille se développe sur de nombreuses plantes, parmi lesquelles les bruyères, les myrtilles, les ronces, les saules, les genêts, les aubépines, les noisetiers ou encore les argousiers. Le chêne n’est donc pas toujours sa plante hôte principale.

Une hypothèse, relayée notamment par le site britannique UKMoths, propose que l’épithète quercus fasse référence au cocon, dont la forme rappellerait un gland. Aucune indication de Linné ne vient toutefois confirmer cette interprétation.

Noms vernaculaires

Le mot bombyx descend du grec bombux (βόμβυξ), qui désignait le ver à soie et, par extension, la soie. Les premiers entomologistes ont ensuite employé ce terme pour plusieurs grands papillons aux chenilles très velues, même lorsqu’ils ne produisent pas de soie exploitable.

Le qualificatif « du chêne » cite l’une des plantes nourricières de la chenille.

On rencontre parfois l’ancien nom Bombyx feuille-morte, qui fait référence au remarquable camouflage de l’adulte. Avec ses ailes brun roux aux teintes variées, il évoque une feuille morte lorsqu’il est posé.

Noms à l’étranger

Plusieurs langues européennes font référence au chêne. Les Anglais l’appellent « Oak Eggar », c’est-à-dire « Bombyx du chêne ». Le terme Eggar est un ancien mot anglais qui fait allusion au cocon, dont la forme rappelle un œuf. Les Allemands utilisent « Eichenspinner », littéralement « fileur du chêne ». Le mot Spinner (« fileur ») désigne les papillons dont les chenilles filent un cocon de soie avant la nymphose. Les Italiens parlent quant à eux de « Bombice della quercia », qui signifie simplement « Bombyx du chêne ».

Les langues scandinaves suivent la même logique que les allemands . Les Danois l’appellent « Egespinder », les Norvégiens « Eikespinner » et les Suédois « Ekspinnare ». Ces trois noms signifient eux aussi « fileur du chêne » .

Les Espagnols utilisent le nom « Lasiocampa del roble », qui signifie « Lasiocampe du chêne », tandis que les Russes l’appellent « Коконопряд дубовый » (Kokonopriad doubovy), « le fileur de cocon du chêne ».

Botys verdâtre


Sitochroa palealis (Denis & Schiffermüller, 1775)

Noms scientifiques

Le nom de genre Sitochroa, créé par Jacob Hübner en 1825, est formé des mots grecs sitos (blé, céréale) et chroa (couleur, teinte). Il signifie littéralement « de la couleur du blé ». Il fait très probablement référence à la teinte jaune paille des ailes de nombreuses espèces du genre.

Botys verdâtre (Sitochroa palealis)
Botys verdâtre (Sitochroa palealis)

L’épithète palealis provient du latin palea, qui désigne la balle ou la paille enveloppant les grains de céréales. Elle signifie « relatif à la paille » ou « couleur de paille » et fait vraisemblablement allusion à la coloration jaune paille de l’espèce.

Noms vernaculaires

Le nom français « Botys verdâtre » fait directement référence à la légère teinte verdâtre de ses ailes. Le terme « Botys » rappelle son ancien classement dans le vaste genre Botys, aujourd’hui abandonné, auquel étaient autrefois rattachées de nombreuses pyrales.

Noms à l’étranger

Les anglophones utilisent deux noms vernaculaires. « Sulphur Pearl » (« Perle soufrée ») fait référence à la couleur jaune soufre du papillon, tandis que « Carrot Seed Moth » (« Pyrale des graines de carotte ») évoque l’une de ses principales plantes hôtes.

Les Allemands (« Möhrenzünsler »), les Danois (« Gulerodshalvmøl ») et les Suédois (« Morotsmott ») le désignent tous par un nom signifiant littéralement « Pyrale de la carotte », en référence à l’une de ses principales plantes hôtes.

Brocatelle d’or

Camptogramma bilineata

Noms scientifiques

Le nom de genre Camptogramma dérive des mots grecs kamptos (« courbé ») et gramma (« signe » ou « dessin »). Il fait référence aux lignes ondulées qui traversent les ailes du papillon. Ce genre a été créé en 1831 par le zoologiste britannique James Francis Stephens.

Brocatelle d'or
Brocatelle d’or

L’épithète bilineata vient du latin bi (« deux ») et lineata (« ligne »). Elle fait référence aux deux principales lignes blanches qui parcourent les ailes du papillon.

Le nom de la famille des Geometridae vient du grec geômetrès (« qui mesure la terre »). Il désigne la marche caractéristique des chenilles arpenteuses, qui avancent par flexions successives.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Brocatelle d’or » fait référence au tissu appelé brocatelle, utilisé depuis le XVIᵉ siècle et confectionné avec deux trames. Par analogie, les motifs dorés et les lignes qui parcourent les ailes rappellent les dessins de cette étoffe.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à la Brocatelle d’or à l’étranger mettent principalement en avant sa couleur jaune et les lignes qui ornent ses ailes.

Les Anglais la nomment « Yellow Shell » (« Coquille jaune »), une appellation qui évoque à la fois la teinte dominante du papillon et la forme arrondie de ses ailes au repos.

Les Gallois utilisent « Gwyfyn crisial llinellog », qui signifie littéralement « Papillon de nuit à lignes de cristal » et souligne la finesse ainsi que l’aspect lumineux de ses stries.

Les Allemands l’appellent « Ockergelbe Blattspanner », le « Géomètre jaune ocre des feuilles », un nom qui associe sa couleur à son appartenance aux Géométridés.

Enfin, les Néerlandais utilisent « Gestreepte goudspanner », que l’on peut traduire par « Géomètre doré rayé », en référence à la coloration dorée et aux bandes transversales des ailes.

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Brun des pélargoniums

Cacyreus marshalli

Noms scientifiques

La genèse du nom de genre Cacyreus reste incertaine. Selon plusieurs sources, Arthur Gardiner Butler souhaitait d’abord utiliser le nom Hyreus. Celui-ci étant déjà employé dans une autre classification zoologique, il créa Cacyreus en modifiant cette appellation. Certains auteurs avancent que ce nom pourrait associer Hyreus au grec kakos, qui signifie « mauvais » ou « mauvais augure », mais cette interprétation demeure hypothétique.

Brun des pélargoniums
Brun des pélargoniums

L’épithète marshalli rend hommage à l’entomologiste anglais Guy Anstruther Knox Marshall, spécialiste des papillons d’Afrique australe. Celui-ci envoya de nombreux spécimens à Butler, installé en Angleterre. On peut imaginer qu’il lui fit notamment parvenir un exemplaire de ce papillon, alors inconnu en Europe. Le Brun des pélargoniums n’est en effet apparu en France puis en Angleterre qu’à partir des années 1997.

Noms vernaculaires

Le nom « Brun des pélargoniums » décrit simplement la couleur dominante du papillon et sa principale plante hôte.

Le nom « Lycène de Marshall » fait référence à la famille des Lycènes à laquelle appartient l’espèce ainsi qu’au lépidoptériste Guy Anstruther Knox Marshall, spécialiste des papillons d’Afrique du Sud.

Dans plusieurs pays, le papillon est également appelé « Géranium bleu » ou « Ailes bleues du jardin ». Cette appellation peut sembler surprenante puisque le papillon est brun, mais la couleur bleue fait ici référence à la famille des Lycènes, qui comprend de nombreuses espèces aux ailes bleues.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués au Brun des pélargoniums à l’étranger mettent en avant soit sa plante hôte, soit son appartenance aux Lycènes.

Les Anglais le nomment « Geranium Bronze », c’est-à-dire le « Bronzé » ou le « Cuivré des géraniums ».

Les Allemands utilisent « Pelargonienbläuling », le « Bleu des pélargoniums ».

Les Espagnols l’appellent « Taladro de los geranios », le « Foreur des géraniums », tandis que les Italiens utilisent « Licena del geranio », le « Lycène du géranium ».

Les Catalans le connaissent sous le nom de « Barrinadora dels geranis », littéralement le « Foreur des géraniums ».

Enfin, les Néerlandais le nomment « Geraniumblauwtje » (« Géranium bleu ») et les Suédois « Trädgårdsblåvinge », les « Ailes bleues du jardin ».

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Carte géographique

Araschnia levana

Noms scientifiques

Le nom de genre Araschnia dérive du grec arachnè, qui signifie « araignée » ou « toile d’araignée ». Il fait référence au réseau de lignes qui recouvre le revers des ailes et rappelle une toile d’araignée. Dans sa description de 1819, Jakob Hübner écrivait d’ailleurs : « L’ensemble des ailes inférieures est couvert d’un réseau blanc en toile d’araignée. » Il est intéressant de noter qu’il ajouta un s à la racine grecque, créant ainsi un nom inédit devenu définitif en nomenclature zoologique.

Carte géographique
Carte géographique

L’épithète levana, choisie par Linné, fait référence à Levana, une déesse romaine invoquée lors de la naissance des enfants. Linné donna également le nom prorsa à la forme estivale, en référence à une autre divinité romaine associée aux accouchements, également connue sous les noms d’Antevorta ou de Porrima. C’est d’ailleurs ce dernier nom qui fut attribué à la troisième forme, beaucoup plus rare.

Le choix de ces divinités illustre le cycle saisonnier de l’espèce : levana évoque la naissance de la génération printanière, prorsa celle qui va de l’avant pour la génération estivale, tandis que porrima désigne la forme intermédiaire.

Noms vernaculaires

Le nom « Carte géographique » a été créé par le moine et entomologiste Jacques-Louis Florentin Engramelle. Il s’inspire du réseau de lignes jaunâtres visible sur le revers des ailes, qui lui rappelait les routes et les rivières figurant sur les cartes anciennes.

Avant que cette appellation ne s’impose dans Papillons d’Europe, peints d’après nature, l’espèce était parfois appelée « le Nais ».

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à la Carte géographique à l’étranger mettent principalement en avant le dessin particulier du revers de ses ailes ou son lien avec les orties.

Les Allemands la nomment « Landkärtchenfalter », les Anglais « Map » et les Néerlandais « Landkaartje », trois appellations qui évoquent directement une carte géographique. Les Suédois utilisent également cette image avec « Kartfjäril ».

Les Polonais l’appellent « Rusałka kratkowiec », un nom qui fait référence à un réseau de mailles ou de grilles. Les Hongrois utilisent « Pókhálóslepke », littéralement « papillon en toile d’araignée », retrouvant ainsi le sens du nom scientifique.

Enfin, les Danois et les Estoniens ont préféré souligner le lien de l’espèce avec sa plante hôte en la nommant respectivement « Nældesommerfugl » et « Nõgeseliblikas », c’est-à-dire « papillon des orties ».

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 Céphale

Coenonympha arcania

Noms scientifiques

Le nom de genre Coenonympha vient des mots grecs koinos (« commun », « ensemble ») et nymphê (« nymphe »). Son sens exact demeure incertain. On retrouve la racine koinos dans des noms d’animaux dont les adultes ou les larves vivent en groupe, comme les Coenagrions. Ce n’est pourtant pas le cas des espèces du genre Coenonympha, dont les chenilles comme les adultes mènent une vie solitaire.

Céphale (Coenonympha arcania)
Céphale (Coenonympha arcania)

Il est possible que Jakob Hübner, à l’origine de ce nom, ait voulu souligner que le genre Coenonympha regroupe un grand nombre d’espèces de la famille des Nymphalidae. On y trouve en effet le Céphale, le Céphalion, le Satyrion, le Mélibée ou Fadet de l’élyme, le Fadet commun, le Fadet des laîches, le Fadet de la Mélique, le Fadet des garrigues et plusieurs autres espèces.

L’épithète arcania renvoie, comme souvent chez Linné, à la mythologie grecque. Arcania, ou Arcadia, était l’une des cinquante filles de Danaos, plus connues sous le nom des Danaïdes. Mariées de force aux cinquante fils de leur oncle Aegyptos, elles assassinèrent toutes leur époux durant leur nuit de noces, à l’exception d’Hypermestre. Pour ce crime, elles furent condamnées aux Enfers à remplir éternellement un tonneau percé.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Céphale » a été créé par l’entomologiste français Étienne Louis Geoffroy en 1762. Il fait lui aussi référence à la mythologie grecque. Céphale était un prince thessalien qui avait épousé Procris. Éos, la déesse de l’Aurore, tomba amoureuse de lui et le poussa à mettre à l’épreuve la fidélité de son épouse. Déguisé en étranger, il réussit à séduire Procris. Plus tard, celle-ci revint sous l’apparence d’une jeune femme et parvint, elle aussi, à le séduire. Geoffroy avait d’ailleurs choisi de réunir ce couple mythologique en donnant également le nom de « Procris » à une autre espèce de papillon.

Le Céphale a aussi été appelé Papillon arcanie, Satyre arcarius ou Satyre céphale.

Les noms à l’étranger

Contrairement au français, qui fait revivre plusieurs personnages de la mythologie grecque, la plupart des autres langues européennes décrivent directement l’apparence du papillon, ses plantes hôtes ou le milieu dans lequel il vit.

Les Anglais l’appellent « Pearly Heath » (« Perlé des bruyères »). Ce nom évoque les petits points blancs visibles sous les ailes, qui rappellent de fines perles.

Les Allemands le nomment « Perlgrasfalter » (« Papillon de la Mélique »). Les Suédois utilisent un nom très proche, « Pärlgräsfjäril », qui signifie également « Papillon de la Mélique ». Dans les deux cas, ces appellations font référence à la mélique, une graminée dont plusieurs espèces servent de plantes hôtes aux chenilles.

Les Espagnols l’ont baptisé « Mancha leonada » (« Tache fauve »), en référence à la coloration brun orangé de ses ailes.

Les Néerlandais utilisent « Tweekleurig hooibeestje » (« Animal de foin bicolore »). Ce nom traditionnel, employé pour plusieurs fadets, souligne le contraste entre les deux faces des ailes.

Enfin, les Estoniens l’appellent « Kirju-aasasilmik », que l’on peut traduire par « Œil des prés bariolé », une allusion aux ocelles qui ornent les ailes du papillon.

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Citron

Gonepteryx rhamni

Noms scientifiques

Le nom de genre Gonepteryx vient du grec gonia qui signifie « angle » et de pteron qui veut dire « aile ». Ce nom lui a été attribué pour mettre en avant les bords anguleux de ses ailes. Les autres papillons de la famille des Piérides ont des ailes plutôt arrondies.

Citron (Gonepteryx rhamni)
Citron (Gonepteryx rhamni)

L’épithète rhamni descend du grec rhamnos, qui désigne sa principale plante hôte, le nerprun. L’ensemble désigne un papillon aux ailes anguleuses dont la femelle pond ses œufs sur les nerpruns.

Noms vernaculaires

Son nom vernaculaire principal, « Citron », vient de la couleur jaune de ses ailes.

Il a également été nommé Papillon caniculaire, Coliade du nerprun, Coliade citron, Piéride du nerprun ou encore Limon.

Les noms à l’étranger

En Angleterre, ce papillon est appelé « Brimstone », ce qui signifie « soufre », en référence à sa teinte jaune caractéristique.

Les Allemands le nomment « Zitronenfalter », un nom qui se traduit littéralement par « papillon-citron ». En Espagne, il est désigné sous le nom de « Limonera », tandis que les Italiens utilisent le terme « Cedronella ». Aux Pays-Bas, il est connu sous l’appellation de « Citroenvlinder », qui reprend la même idée que les noms français et allemand en faisant directement référence au citron.

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Collier de corail

(Aricia agestis)

Noms scientifiques

Le nom de genre Aricia fait référence à la ville d’Ariccia, dans le Latium, en Italie centrale, où se trouvait un ancien sanctuaire consacré à Diane Aricine (Diana Aricina), déesse romaine des bois et de la chasse.

Collier de corail ou argus brun (Aricia agestis)
Collier de corail ou argus brun (Aricia agestis)

L’origine du nom spécifique agestis est plus difficile à interpréter. Certains auteurs y voient une erreur de transcription. Les auteurs de l’espèce auraient écrit agestis au lieu d’agrestis, dérivé du latin ager (« champ » ou « campagne »), pour évoquer les milieux ouverts où vit ce papillon.

D’autres pensent qu’il pourrait s’agir d’une déformation d’Argestes, le dieu grec du vent d’ouest ou du nord-ouest. Cette interprétation reste toutefois hypothétique.

Noms vernaculaires

Le Collier de corail a d’abord été nommé « Argus bleu » en 1779 par le père Jacques-Louis Florentin Engramelle, bien que le dessus de ses ailes soit brun.

Il a ensuite été appelé « Polyommate agestis » par Pierre André Latreille en 1818.

Le nom actuel de « Collier de corail » a été créé en 1986 par l’entomologiste Gérard Christian Luquet, en référence aux lunules orangées qui bordent les ailes et évoquent un collier de corail.

Luquet a également proposé le nom accessoire « Argus brun », qui fait référence à la couleur dominante du dessus des ailes, aussi bien chez le mâle que chez la femelle. Ce nom est d’ailleurs plus approprié que celui d’« Argus bleu » créé par Engramelle.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à cette espèce à l’étranger mettent principalement en avant sa couleur, sa plante hôte ou les motifs de ses ailes.

Les Anglais le nomment « Brown Argus » (« Argus brun »), une appellation qui décrit simplement la couleur brune du dessus de ses ailes. Les Allemands utilisent le nom « Kleiner Sonnenröschen-Bläuling », que l’on peut traduire par « petit Azuré des hélianthèmes ». Cette appellation rappelle que les chenilles se développent principalement sur les hélianthèmes dans une grande partie de son aire de répartition.

Les Néerlandais l’appellent « Bruin blauwtje » (« petit Bleu brun »). Ce nom peut surprendre puisque le dessus de ses ailes est brun. Il rappelle simplement que l’espèce appartient au groupe des petits Lycènes, dont de nombreuses espèces sont bleues. Les Italiens utilisent le nom « Argo bronzeo » (« Argus bronzé »), en référence aux reflets brun bronze de ses ailes.

Les Danois ont retenu un tout autre détail. Ils le nomment « Rødplettet blåfugl » (« papillon bleu aux taches rouges-oranges »), en référence aux lunules orangées qui bordent les ailes. Les Turcs l’appellent « Çokgözlü Esmer » (« le brun aux multiples yeux »), une allusion aux nombreux points noirs cerclés de blanc visibles sur le revers des ailes.

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Cossus gâte-bois

Cossus cossus

Noms scientifiques

Le nom scientifique Cossus cossus reprend deux fois le même terme latin cossus, qui désignait, dans la Rome antique, les grosses larves vivant sous l’écorce des arbres. Selon les auteurs anciens, ces vers étaient parfois consommés lors des grands banquets. Il est toutefois probable qu’il s’agissait de larves de coléoptères plutôt que de celles du Cossus gâte-bois, dont l’odeur de vinaigre est peu engageante. En choisissant ce nom, Linné a voulu mettre en avant le mode de vie très particulier de cette chenille, qui passe plusieurs années à l’intérieur des troncs.

Cossus gâte-bois (Cossus cossus)
Cossus gâte-bois (Cossus cossus)

La répétition du même mot pour le genre et l’espèce, comme dans Cossus cossus, s’appelle une tautonymie. Ce procédé, autorisé en nomenclature zoologique, sert souvent à désigner l’espèce type d’un genre. On le retrouve également chez le Renard roux (Vulpes vulpes), le Bison d’Amérique (Bison bison) ou encore le Loriot d’Europe (Oriolus oriolus). En revanche, cette pratique est interdite en nomenclature botanique.

Noms vernaculaires

Les noms « Gâte-bois » et « Ronge-bois » sont très explicites. Le verbe gâter signifiait autrefois « abîmer » ou « détériorer » et fait directement allusion aux galeries creusées par la chenille dans le bois.

L’espèce est également appelée « Cossus du peuplier », en référence à l’un de ses arbres hôtes favoris. Toutes ces appellations montrent que les forestiers avaient identifié ce papillon à travers les dégâts causés par ses larves bien avant l’apparition des noms scientifiques.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués au Cossus gâte-bois à l’étranger mettent généralement en avant son activité de foreur ou l’odeur très particulière de sa chenille.

Les Anglais le nomment « Goat Moth » (« Papillon chèvre »). Cette appellation fait référence à la forte odeur de bouc que dégage la chenille lorsqu’elle vit dans le bois.

Les Allemands l’appellent « Weidenbohrer », que l’on peut traduire par « Foreur de saule », un nom qui évoque à la fois son arbre hôte préféré et son mode de vie.

Les Italiens utilisent « Perdilegno rosso », littéralement « Gâte-bois rouge », en référence à la couleur de la chenille, tandis que les Espagnols le connaissent sous le nom de « Taladro de la madera » (« Perceuse de bois »). Ces différentes appellations montrent que, partout en Europe, ce papillon est avant tout associé à sa capacité à creuser le bois.

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Crambus des chaumes

Agriphila straminella

Noms scientifiques

Le nom de genre Agriphila est composé de deux racines grecques : agri, qui signifie « champ », et phila, dérivé de philia (« amour »). Il peut donc être interprété comme « qui aime les champs ».

Crambus des chaumes (Agriphila straminella)
Crambus des chaumes (Agriphila straminella)

L’épithète straminella signifie « chaume » ou « paille ». Elle fait référence aux milieux herbacés et aux cultures céréalières, notamment les champs de blé ou d’orge, dont les chenilles utilisent les graminées comme plantes nourricières.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Crambus des chaumes » associe le nom traditionnel des papillons de la famille des Crambidae au terme « chaumes », qui rappelle les tiges sèches des céréales sur lesquelles les chenilles vivent et se nourrissent.

Cuivré commun

Lycaena phlaeas

Noms scientifiques

Le nom de genre Lycaena a été créé par l’entomologiste danois Johan Christian Fabricius en 1807. Il dérive du grec lykaina, qui signifie « louve ». Comme souvent chez Fabricius et Linné, ce nom fait référence à la mythologie grecque : Lycaenia est l’un des surnoms de la déesse Aphrodite. Par ce choix, les naturalistes rendent hommage à l’éclat des couleurs du papillon et à la beauté de ses formes.

Cuivré commun ou Bronzé (Lycaena phlaeas)
Cuivré commun ou Bronzé (Lycaena phlaeas)

L’épithète phlaeas possède un double sens. Elle vient du grec phlego, qui signifie « je brûle ». Ce terme évoque la couleur orange des ailes, qui semblent scintiller comme du métal chauffé au soleil. Il renvoie également à Phlaeas, un personnage de la mythologie associé à la végétation. Ce nom souligne ainsi le lien étroit de l’espèce avec les plantes, et notamment les Rumex sur lesquels se développent les chenilles.

Noms vernaculaires

L’histoire des noms vernaculaires de cette espèce est mise en lumière par Jean-Yves Cordier dans sa zoonymie.

Linné est le premier, en 1743, à le surnommer « le Beurré », en raison de sa couleur jaune orangé, qui évoquait alors la teinte « beurre frais » recherchée pour les gants de l’aristocratie. Quelques années plus tard, Geoffroy le rebaptise « le Bronzé ». À cette époque, le bronze ne désigne pas la couleur brun verdâtre actuelle, mais une préparation à base de limaille de cuivre. En 1835 encore, un « teint bronzé » est défini comme un « teint qui approche de la couleur du cuivre ».

L’espèce a également porté le nom d’« Argus bronzé » avant de recevoir plus récemment celui de « Cuivré commun », directement inspiré de l’anglais Common Copper. Tous ces noms ont un point commun : ils font référence à la couleur caractéristique du papillon.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués au Cuivré commun dans les autres pays mettent eux aussi en avant la couleur de l’espèce.

Les Anglais le nomment « Small Copper » (« Petit cuivré »), une appellation qui souligne également sa taille modeste.

Les Allemands utilisent « Kleiner Feuerfalter », que l’on peut traduire par « Petit papillon de feu ». Cette image du feu rejoint l’étymologie grecque phlaeas et l’idée d’ailes qui semblent brûler.

Dans les pays nordiques, cette référence à la lumière demeure. Les Suédois l’appellent « Mindre guldvinge » (« Petite aile d’or »), tandis que les Norvégiens utilisent « Liten ildfugl » (« Petit oiseau de feu »).

Enfin, les Espagnols le connaissent sous le nom de « Manto cobrizo », c’est-à-dire « Manteau cuivré ».

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Cuivré fuligineux

Lycaena tityrus

Noms scientifiques

Le nom de genre Lycaena a été créé en 1807 par l’entomologiste danois Johan Christian Fabricius. Il dérive du grec lykaina, qui signifie « louve ». Comme souvent chez Fabricius, ce nom fait référence à l’un des surnoms de la déesse Aphrodite.

Cuivré fuligineux (Lycaena tityrus)
Cuivré fuligineux (Lycaena tityrus)

L’épithète tityrus provient du nom du berger Tityre, personnage de la première Églogue de Virgile. Ce pâtre joue de la flûte tout en gardant ses brebis. Comme souvent avec les épithètes spécifiques, le choix de Nicolaus Poda reste difficile à interpréter et l’on ne sait pas précisément pourquoi il a donné à ce papillon le nom de ce berger.

Noms vernaculaires

Le nom « Cuivré fuligineux » a été créé en 1986 par l’entomologiste français Gérard Christian Luquet. Le terme « cuivré » fait référence aux taches orangées présentes sur les ailes du papillon. À la même époque, Luquet créa également la série des douze « cuivrés », qui comprend notamment le Cuivré commun, le Cuivré de la bistorte, le Cuivré de la verge-d’or, le Cuivré des Balkans, le Cuivré mauvin, le Cuivré flamboyant, le Cuivré des marais, le Cuivré du genêt, le Cuivré de l’Atlas, le Cuivré de l’Anatolie et le Cuivré écarlate.

L’adjectif « fuligineux », qui signifie « couvert de suie », fait référence aux ailes très sombres, presque enfumées, du mâle.

Ce papillon est également connu sous le nom d’« Argus myope ». Ce nom vernaculaire a été donné en 1762 par Étienne Louis Geoffroy. Il fait référence aux nombreux points noirs présents sur les ailes, que Geoffroy comparait aux cent yeux du géant Argus de la mythologie grecque.

En 1819, Pierre André Latreille et Jean-Baptiste Godart lui donnèrent également le nom de « Polyommate xanthé ».

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à cette espèce à l’étranger mettent le plus souvent en avant la couleur sombre de ses ailes ou sa teinte cuivrée.

Les Anglais le nomment « Sooty Copper » (« Cuivré fuligineux »), les Allemands « Brauner Feuerfalter » (« Papillon de feu brun ») et les Néerlandais « Bruine vuurvlinder » (« Papillon de feu brun »). Les Espagnols utilisent l’expression « Manto oscuro » (« Manteau sombre »), tandis que les Hongrois disent « Barna tűzlepke » (« Luciole brune »).

Les Finnois le nomment « Tummakultasiipi » (« Aile d’or foncée »), les Turcs « İsli bakır güzeli » (« Beauté du cuivre fuligineux ») et les Polonais « Czerwończyk uroczek » (« Petit rouge adorable »). Les Italiens, quant à eux, ont choisi de reprendre directement son épithète scientifique en le nommant « Titiro ».

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Demi-deuil

Melanargia galathea

Noms scientifiques

Le nom de genre Melanargia est formé de deux mots grecs : melan (« noir ») et argos (« blanc »). Il a été créé en 1828 par l’entomologiste allemand Johann Wilhelm Meigen. Comme il l’écrivait lui-même, ces papillons se distinguent par leur coloration noire et blanche, ce qui explique que plusieurs langues les désignent par des noms évoquant un damier ou un échiquier.

Demi deuil (Melanargia galathea)
Demi deuil (Melanargia galathea)

L’épithète galathea a été choisie par Linné en 1758. Passionné de mythologie, il l’emprunta à Galathée, une Néréide restée célèbre pour avoir repoussé les avances du cyclope Polyphème afin de lui préférer le berger Acis.

Noms vernaculaires

Le nom « Demi-deuil » est la traduction proposée en 1762 par le naturaliste Étienne Geoffroy du nom anglais imaginé en 1695 par le pharmacien et entomologiste James Petiver : Half Mourner. Geoffroy l’a traduit par « demi-deuil » pour souligner le contraste entre le noir et le blanc des ailes. Le deuil est présent, mais la lumière aussi ; la mort n’est, en quelque sorte, qu’à moitié consommée.

Au fil du temps, cette espèce a également porté plusieurs autres noms vernaculaires. On la retrouve ainsi sous les appellations de « Nymphale demi-deuil », de « Satyre galathée », de « Satyre demi-deuil » ou encore d’« Arge galathée ». Ces différents noms rappellent tantôt son ancienne classification, tantôt son épithète mythologique.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués au Demi-deuil à l’étranger mettent presque toujours en avant le contraste noir et blanc de ses ailes.

Les Anglais le nomment « Marbled White » (« Blanc marbré »), tandis que les Allemands l’appellent « Schachbrett », c’est-à-dire « Échiquier », en référence au dessin caractéristique de ses ailes.

Les Italiens ont conservé le nom « Galatea », directement inspiré de son épithète scientifique. Les Espagnols utilisent le terme « Mediopunto » pour désigner le genre.

En Asie, les appellations restent elles aussi descriptives. Au Japon, il est connu sous le nom de « Shira-hoshi-madara », qui évoque les taches blanches sur un fond sombre. En Chine, il est appelé « Dà-lǐ-shí-dié », que l’on peut traduire par « Papillon de marbre », une image qui rejoint celle retenue par les Britanniques.

Ces différentes appellations montrent que, malgré les différences culturelles, c’est toujours le contraste noir et blanc de ce papillon qui a le plus marqué les observateurs.

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Doublure jaune

Euclidia glyphica

Noms scientifiques

Le nom de genre Euclidia a été donné par l’acteur et naturaliste Ferdinand Ochsenheimer en raison des figures géométriques dessinées sur les ailes, qui lui rappelaient le géomètre grec Euclide.

 la Doublure jaune (Euclidia glyphica)
la Doublure jaune (Euclidia glyphica)

L’épithète glyphica dérive du grec gluphein, qui signifie « graver ». Elle fait référence aux motifs brun foncé qui semblent gravés sur les ailes. Carl von Linné décrivait d’ailleurs l’espèce comme « celle qui a les ailes couvertes de taches brunâtres avec des hiéroglyphes sombres ».

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Doublure jaune » provient de la position des ailes au repos. Les ailes antérieures, de couleur brune, recouvrent entièrement les ailes postérieures, qui portent une large zone jaune vif. Cette couleur reste donc cachée, comme la doublure d’un vêtement, jusqu’au moment où le papillon déploie ses ailes en vol.

La Doublure jaune a également été appelée « Noctuelle glyphique » par Duponchel en 1824.

Les noms à l’étranger

Les Anglais et les Irlandais la nomment « Burnet Companion », le « compagnon des zygènes », car ils l’observent souvent aux côtés de ces petits papillons rouges et noirs. Cette appellation fait référence au fait que les deux groupes fréquentent les mêmes prairies fleuries et les mêmes lisières, où ils butinent les mêmes plantes.

Les Allemands et les Hollandais l’appellent « Braune Tageule », le « hibou diurne brun ». Ce nom souligne le comportement inhabituel de ce papillon, qui appartient à un groupe majoritairement nocturne mais vole exclusivement de jour. Le qualificatif « brun » fait directement référence à la couleur dominante de ses ailes antérieures.

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Écaille chinée

Euplagia quadripunctaria

Noms scientifiques

Le nom de genre Euplagia descend du grec ancien eu (εὖ), qui signifie « bien », « beau » ou « harmonieux », et de plagios (πλάγιος), « oblique » ou « de travers ». Il fait référence aux bandes claires obliques qui traversent les ailes antérieures.

Écaille chinée (Euplagia quadripunctaria)
Écaille chinée (Euplagia quadripunctaria)

L’épithète quadripunctaria est formée du latin quadri- (« quatre ») et punctum (« point »). Elle signifie « à quatre points » et évoque les quatre points noirs nettement visibles sur le fond rouge vif des ailes postérieures lorsque le papillon ouvre ses ailes.

Callimorphe vient des mots grecs kállos (κάλλος), qui signifie « beauté », et morphḗ (μορφή), « forme ».

Noms vernaculaires

Le mot « Écaille » vient du latin squama, qui signifie « écaille » ou « plaque mince ». Les premiers entomologistes ont appliqué ce terme à certains papillons qui présentaient sur les ailes des motifs rappelant les écailles des poissons, des reptiles ou des tortues.

Le nom vernaculaire « Callimorphe chinée » met l’accent sur la beauté du papillon. Le qualificatif « chinée » renvoie à un motif mêlé ou marbré, comparable à celui d’un tissu chiné.

On la retrouve également sous l’appellation de « Papillon de Rhodes », en référence à la sous-espèce rhodosensis, célèbre pour ses rassemblements spectaculaires dans certaines vallées ombragées de l’île de Rhodes. Ces concentrations estivales ont largement contribué à sa notoriété.

Le nom « Écaille de l’Eupatoire » associe directement le papillon à l’eupatoire à feuilles de chanvre, dont il apprécie tout particulièrement le nectar.

Les noms à l’étranger

L’Écaille chinée porte des noms très variés à l’étranger, qui soulignent souvent ses motifs ou ses couleurs.

Les anglophones la nomment « Jersey Tiger », en référence à l’île de Jersey, où elle aurait été remarquée et décrite. En Allemagne, elle est connue sous le nom de « Russischer Bär », qui se traduit par « ours russe ». Les Néerlandais l’appellent « Spaanse vlag », ce qui signifie « drapeau espagnol », tandis que les Espagnols la désignent plus simplement par le nom de « Gitana ». Enfin, en Italie, elle porte le nom de « Falena dell’edera », qui évoque le lierre, l’une de ses plantes nourricières.

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Écaille fermière

Arctia villica

Noms scientifiques

Le nom de genre « Arctia » vient du latin « arctos », qui découle lui-même du grec árktos et veut dire « ours ». Ce nom générique fait référence à la forme des chenilles, dites « oursonnes », qui sont noires et très poilues. Le mot « arctique » vient de la même racine grecque (árktos), car les constellations de la Grande et de la Petite Ourse indiquent le nord.

Ecaille fermière  (Arctia villaca)
Ecaille fermière (Arctia villaca)

L’épithète « Villica » signifie « fermière » ou « intendante d’un domaine agricole ». Je dois avouer que je n’ai pas réussi à trouver pourquoi cet adjectif lui avait été attribué. On peut toutefois supposer que Linné, qui l’a nommée en 1758, a voulu souligner son habitat de prédilection. Contrairement à d’autres écailles qui préfèrent les forêts denses ou les sommets alpins, l’Écaille fermière apprécie les milieux ouverts, les haies de bocage et les jardins des métairies. Elle était la « fermière » des jardins de campagne, toujours présente autour des habitations rurales.

Noms vernaculaires

Cette proximité avec l’homme se retrouve d’ailleurs dans son autre nom vernaculaire : l’Écaille villageoise. Elle est le papillon du « village » (villa en latin), celui qui nous accompagne au seuil de nos maisons.

Noms à l’étranger

À l’étranger, les noms donnés à ce papillon varient selon l’aspect que l’on choisit de regarder. Les Anglais décrivent le dessus des ailes et disent « Cream-spot tiger », le tigre aux taches claires. Les Vietnamiens, comme les Néerlandais, reprennent d’ailleurs cette image du tigre : les premiers le nomment « Hổ đốm kem », le tigre tacheté de crème, et les seconds « Roomvlek », la tache crème.

D’autres langues préfèrent mettre l’accent sur la chenille poilue en rappelant l’image de l’ours. Les Allemands l’appellent « Schwarzer Bär », l’ours noir. Les Hongrois disent « Fekete medvelepke », ce qui désigne le papillon de l’ours noir. On retrouve cette même idée chez les Polonais avec le nom « Niedźwiedziówka włodarka », l’Oursonne fermière.

Les Lituaniens reprennent aussi l’image de l’ours, mais y rajoutent un peu de poésie en disant « Baltamargė meškutė », l’ours en peluche aux taches blanches. On voit bien ici que, selon le pays, on ne regarde pas la même chose : certains voient le graphisme du papillon (le tigre) quand d’autres voient la pilosité de la chenille (l’ours).

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Écaille roussette


Diacrisia sannio (Linnaeus, 1758)

Noms scientifiques

Le nom de genre Diacrisia, créé par Jacob Hübner en 1819, provient du grec diakrisis (διάκρισις), qui signifie « séparation », « distinction » ou « différenciation ». Ce choix fait très probablement référence au fort dimorphisme sexuel de cette espèce. La  coloration entre les mâles et les femelles est  si différente qu’ils semblent  appartenir à deux espèces différentes .

Écaille roussette mâle  (Diacrisia sannio)
Écaille roussette mâle (Diacrisia sannio)

L’épithète sannio est un mot latin qui désigne un « bouffon », un « pitre » ou un « farceur ». Linné n’a jamais expliqué ce choix. Il est généralement admis qu’il fait référence au costume très coloré des bouffons de théâtre, dont les vêtements éclatants pouvaient rappeler la livrée vivement contrastée du mâle. Cette interprétation reste toutefois hypothétique.

Lors de sa description en 1758, Linné plaça le mâle dans le genre Noctua sous le nom de Noctua sannio et la femelle sous celui de Noctua russula. Le mot latin noctua a d’abord désigné la chouette ou le hibou, c’est-à-dire des oiseaux nocturnes. Par extension, il en est venu à désigner les créatures de la nuit, ce qui explique son emploi comme nom de genre pour de nombreux papillons nocturnes.

L’épithète russula, descend du latin russulus (« légèrement roux » ou « roussâtre »). Elle fait référence à la coloration brun roussâtre de la femelle.

Linné comprit ensuite qu’il s’agissait des deux sexes d’une même espèce. Le nom sannio fut alors conservé.

Noms vernaculaires

Le terme  Écaille est utilisé pour désigner plusieurs papillons de la sous-famille des Arctiinés. Il fait référence au motif écailleux de leurs ailes, composé de nombreuses petites taches colorées.

Le qualificatif roussette vient simplement de la couleur roussâtre des ailes du papillon, en particulier chez la femelle. Il s’agit de la traduction du nom latin russula, employé par Linné lors de la description de cette dernière. Le mot « roussette » est dérivé de roux et signifie « légèrement roux » ou « brun roux ».

Les noms à l’étranger

À l’étranger, les noms vernaculaires font le plus souvent référence à la coloration du papillon, en particulier aux larges bordures rouges des ailes du mâle.

Les Anglais l’appellent « Clouded Buff » (« le Chamois nuageux »). Les Allemands utilisent le nom « Rotrandbär » (« l’Écaille à bord rouge »), tandis que les Néerlandais parlent de « Roodbandbeer » (« l’Écaille à bande rouge »). Les Danois (« Rødfrynset bjørn ») et les Suédois (« Rödfransad björnspinnare ») évoquent eux aussi ces bordures rouges.

Les Polonais, en revanche, la nomment « Marzymłódka pajacyk » (« le Petit bouffon »), un nom qui rappelle l’épithète scientifique sannio de Linné.

Fadet commun ( Procris)

Coenonympha pamphilus

Noms scientifiques

Le nom de genre Coenonympha est construit à partir des mots grecs koinos, qui signifie « commun », et nymphê, qui signifie « nymphe ». Son sens exact reste discuté, mais il pourrait faire référence à un groupe de nymphes commun à plusieurs espèces de la famille des Nymphalidae. On retrouve en effet dans ce genre le Céphale, le Céphalion, le Satyrion, le Fadet des Laîches ou encore le Fadet des Garrigues. Ce nom évoque aussi une image poétique, celle de petites nymphes peuplant les prairies.

Fadet commun (coenonympha pamphilus)
Fadet commun (coenonympha pamphilus)

On peut aussi imaginer qu’il fait allusion au fait que le Fadet commun est l’un des papillons de la famille des Nymphalidae les plus fréquents dans les jardins.

L’épithète pamphilus est empruntée à la mythologie grecque, comme Linné aimait le faire. Pamphilos était l’un des cinquante fils d’Égyptos qui épousèrent les cinquante Danaïdes.

Dans sa Zoonymie du Fadet commun, Jean-Yves Cordier rapporte la justification donnée par Linné lui-même dans le Systema Naturae :

« Danaorum Candidorum nomina a filiabus Danai Aegypti, Feltivorum a filiis mutuatus sum. »

que l’on peut traduire par :

« J’ai donné aux Danaens blancs les noms des filles de Danaos ; j’ai emprunté ceux des espèces colorées aux fils d’Égyptos. »

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Noms vernaculaires

Le nom « Fadet » est un diminutif de « fée » et signifie « lutin ». Issu du folklore de la France centrale, notamment des légendes poitevines et berrichonnes, il désigne de petits êtres espiègles cachés dans les herbes. Il fait directement référence au vol léger et joueur du papillon.

Le mot « Procris » vient lui aussi de la mythologie grecque. Procris était la fille d’Érechthée, roi d’Athènes, et formait un couple légendaire avec Céphale. Elle possédait une lance magique qui ne manquait jamais sa cible, une trajectoire rectiligne qui rappelle le vol bas et direct du papillon entre les tiges. (Céphale est d’ailleurs un autre papillon du genre Coenonympha.)

En dehors de ses appellations les plus courantes, ce papillon possède deux autres noms vernaculaires. « Pamphile » est une francisation de son nom scientifique. Il est aussi parfois appelé « Petit Papillon des foins », une appellation populaire qui souligne son attachement aux prairies de fauche, aux clairières et aux herbiers secs où il vit et se reproduit.

Les noms à l’étranger

Les pays voisins ont eux aussi choisi des noms très évocateurs pour désigner ce petit habitant des prairies.

Les Anglais l’appellent « Small Heath » (« Petite bruyère »), un nom qui fait référence à sa petite taille et à sa présence dans les landes et les milieux ouverts.

Les Allemands utilisent le terme « Kleines Wiesenvögelchen » (« Petit oiseau des prés »). Cette appellation poétique rappelle, comme en français, son lien étroit avec les prairies.

Les Espagnols le nomment « Ninfita de la linde » (« Petite nymphe de la lisière »), une expression qui évoque à la fois son appartenance aux Nymphalidae et son habitat favori.

Les Italiens l’appellent « Coenonympha del Panfilo » (« Coenonympha du Pamphile »), une dénomination directement inspirée de son nom scientifique.

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Flambé

(Iphiclides podalirius)

Noms scientifiques

Le nom de genre Iphiclides fait référence à Iphiclos qui était l’un des Argonautes qui accompagnèrent Jason dans la quête de la Toison d’or.

L’épithète podalirius vient de Podalire. Il était le fils d’Asclépios, le dieu grec de la médecine. Avec son frère Machaon, il faisait partie des médecins de l’armée grecque pendant la guerre de Troie. Tous deux étaient réputés pour leurs talents de guérisseurs.

Flambé (Iphiclides podalirius)
Flambé (Iphiclides podalirius)

En 1758, Linné décrivit cette espèce sous le nom de Papilio podalirius. En choisissant Podalire et Machaon pour deux grands papillons très proches, il rendait hommage aux deux frères de la mythologie grecque.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Flambé » doit son nom aux sept longues bandes noires qui traversent ses ailes. Mais s’agit-il de flammes de feu ou de motifs évoquant un tissu ? Dans son ouvrage de 1734, Mémoires pour servir à l’histoire des insectes, le naturaliste français Réaumur décrit les dessins des ailes comme rappelant les étoffes chinées : « les taches qui sont dessus, sont noires, faites en espèce d’ondes, ou de flammes, qui imitent celles des taffetas qu’on nomme flambés ».

Si Réaumur a décrit ces motifs, ce n’était pas pour nommer l’espèce. Le nom vernaculaire « Flambé » sera attribué en 1762 par Geoffroy.

Les noms à l’étranger

À l’étranger, le Flambé change de nom tout en conservant son prestige.

En Allemagne, il est appelé « Segelfalter », ce qui peut se traduire par « papillon-voilier », en référence à sa capacité exceptionnelle à planer au-dessus de la végétation. Cette même image maritime se retrouve en Pologne sous le nom « Paź żeglarz », littéralement « page voilier ».

Aux Pays-Bas, le Flambé reçoit un nom aristocratique : « Koningspage », le « page du roi », soulignant son élégance et sa prestance. De l’autre côté de la Manche, les Britanniques le désignent sous le nom de « Scarce Swallowtail », ou « Machaon rare », rappelant sa relative rareté sur le territoire anglais par rapport à son cousin, le Machaon (Papilio machaon).

Enfin, dans les pays méditerranéens comme l’Espagne ou l’Italie, on l’appelle simplement « Podalirio », en hommage à Podalire, célèbre médecin de la mythologie grecque et frère de Machaon. Ce choix de nom établit un lien symbolique et légendaire entre les deux espèces.

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Gamma

Autographa gamma ( Linnaeus, 1758)

Étymologie

Le nom scientifique Autographa gamma a été attribué par Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Phalaena gamma.

Gamma (Autographa gamma)
Gamma (Autographa gamma)

Le nom de genre Autographa a été créé en 1821 par Jacob Hübner. Il vient du grec autographos, qui signifie « écrit de sa propre main » ou « autographe ». Hübner n’a laissé aucune explication sur ce choix. Selon Arthur Maitland Emmet, il fait référence aux signes que les papillons semblent « écrire eux-mêmes » sur leurs ailes antérieures. Ces marques métalliques évoquent en effet des lettres ou des caractères tracés à la plume.

L’épithète gamma fait référence à la lettre grecque γ. Linné l’a choisie en raison de la marque métallique visible sur l’aile antérieure, dont la forme rappelle cette lettre. Dans sa description originale, il la qualifie de « dorée » et non d’argentée. Avec l’usure des écailles et selon l’éclairage, cette marque apparaît toutefois le plus souvent argentée aux yeux des observateurs actuels.

Noms vernaculaires

En français, ce papillon est principalement connu sous les noms de Gamma et de Plusie gamma.

Le terme « plusie » provient de l’ancien genre Plusia, créé en 1816 par Ferdinand Ochsenheimer. Selon Arthur Maitland Emmet, ce nom dérive du grec plousios, qui signifie « riche », en référence aux marques métalliques dorées ou argentées qui ornent les ailes de ces papillons. Bien que cette espèce soit aujourd’hui classée dans le genre Autographa, l’appellation « plusie » est restée d’usage pour désigner les espèces de cette sous-famille.

On rencontre aussi les noms de Noctuelle gamma et de Lambda. Ce dernier fait référence à la marque métallique de l’aile antérieure qui peut rappeler, selon la façon dont on l’observe, la lettre grecque lambda (λ) plutôt que gamma (γ). Les noms Noctuelle défoliatrice et Noctuelle grise des jardins figurent également dans certaines listes, mais ils sont très peu employés en français.

Cette espèce est présente dans une grande partie de l’Europe, de l’Afrique du Nord et de l’Asie. Dans la plupart des pays, son nom fait référence à la marque métallique caractéristique portée sur les ailes antérieures.

Noms à l’étranger

Les Anglais connaissent ce papillon sous le nom de « Silver Y » (« Y argenté »), car ils voient dans cette marque la lettre Y plutôt que la lettre grecque gamma.

En Allemagne, il est appelé « Gammaeule », tandis qu’aux Pays-Bas son nom est « Gamma-uil ». Dans les deux cas, il signifie « Noctuelle gamma ».

Les Italiens le connaissent sous le nom de « Nottua gamma », alors que les Espagnols ont conservé « Plusia gamma », en référence à l’ancien nom de genre Plusia.

En Russie, il porte le nom de « Металловидка-гамма » (Metallovidka-gamma), que l’on peut traduire par « Gamma métallique ».

Au Japon, il est connu sous le nom de « ガマキンウワバ » (Gama-kinuwaba), tandis qu’en Chine il est appelé « Y紋夜蛾 », c’est-à-dire « Noctuelle au motif en Y ».

Gazé ou Piéride de l’aubépine

Aporia crataegi

Noms scientifiques

Le nom de genre Aporia a suscité plusieurs interprétations. Il est formé du préfixe privatif grec a- et de poros, qui signifie « passage ». Pour certains auteurs, ce nom ferait allusion à la rareté de l’espèce dans certaines régions. Pour d’autres, il évoquerait la faible densité des écailles qui recouvrent les ailes et leur donnent un aspect rapidement translucide.

Gazé (Aporia crataegi)
Gazé (Aporia crataegi)

En créant ce genre en 1819, Jakob Hübner a repris le terme grec aporia, qui désigne en philosophie et en rhétorique une impasse ou une difficulté. Ce choix souligne l’originalité du Gazé parmi les Piérides. Alors que la plupart des espèces de cette famille présentent des ailes opaques ornées de taches, le Gazé se distingue par un réseau de nervures noires très marqué sur des ailes presque translucides, ce qui pouvait rendre son classement plus délicat.

L’épithète crataegi dérive du latin Crataegus, le nom scientifique de l’aubépine, principale plante hôte de la chenille.

Noms vernaculaires

Le nom « Gazé » fait référence à la transparence des ailes, qui rappelle la gaze. À l’époque où ce nom a été créé, la gaze ne désignait pas encore le tissu médical actuel, mais une étoffe légère, transparente et à larges mailles utilisée notamment pour confectionner des vêtements. Son origine est discutée : une tradition populaire la rattache à la ville de Gaza, tandis que les linguistes privilégient l’arabe qazz, qui désigne la soie.

En France, l’espèce est également appelée « Piéride de l’aubépine », en référence à sa principale plante hôte, ou plus rarement « Piéride gazée ». Dans certains ouvrages anciens, on rencontre aussi le nom de « Piéride de l’alisier ».

Les noms à l’étranger

Les noms attribués au Gazé à l’étranger mettent en avant soit son aspect, soit son lien avec les arbres ou l’aubépine.

Les anglophones le nomment « Black-veined White », que l’on peut traduire par « Blanc aux nervures noires », une description fidèle de son principal caractère distinctif.

Les Allemands l’appellent « Baum-Weißling » (« Piéride des arbres »), soulignant son affinité avec les arbustes et les arbres fruitiers.

Les Italiens utilisent « Pieride del biancospino » et les Espagnols « Blanca del majuelo », deux noms qui font directement référence à l’aubépine, plante nourricière de la chenille.

Enfin, les Néerlandais le nomment « Groot geaderd witje », c’est-à-dire « Grande Piéride nervurée », en référence à sa taille et au réseau très visible de nervures qui parcourt ses ailes.

Goutte d’argent

Macdunnoughia confusa

Noms scientifiques

Le nom de genre Macdunnoughia est un hommage à l’entomologiste canadien James Haliday McDunnough, spécialiste des noctuelles.

la goutte d’argent (Macdunnoughia confusa)
la goutte d’argent (Macdunnoughia confusa)

L’épithète confusa signifie « confusion ». Ce qualificatif lui a été donné parce que cette espèce peut facilement être confondue avec les autres membres de la sous-famille des Plusiinae.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Goutte d’argent » fait référence à la grande tache métallique blanc argenté qui orne le centre de chacune des ailes antérieures. Très brillante, elle évoque une goutte de métal liquide déposée sur l’aile et constitue le principal critère d’identification de l’espèce.

Les noms à l’étranger

Contrairement à de nombreux papillons, la Goutte d’argent possède peu de noms vernaculaires à l’étranger. Dans plusieurs pays, les naturalistes utilisent directement son nom scientifique, Macdunnoughia confusa.

Les Allemands la nomment « Schafgarben-Silbereule », que l’on peut traduire par « Noctuelle argentée de l’achillée ». Ce nom rappelle à la fois l’éclat métallique de ses ailes et l’une des plantes sur lesquelles elle est fréquemment observée.

Les Néerlandais l’appellent « Getekende gamma-uil », c’est-à-dire « Noctuelle au gamma dessiné ». Cette appellation fait référence à la marque argentée de ses ailes, jugée suffisamment proche de celle du Lambda (Autographa gamma) pour évoquer la célèbre lettre grecque.

Les Anglais utilisent parfois le nom « Dewick’s Plusia », en hommage à l’entomologiste britannique Ashley Dewick. Contrairement au nom français, il ne fait pas référence à l’aspect du papillon, mais à une personnalité du monde de l’entomologie.

Grande Tortue

Nymphalis polychloros

Noms scientifiques

Le nom de genre Nymphalis constitue un emprunt de Linné à la mythologie grecque. Les nymphes étaient des divinités vivant en harmonie avec les éléments de la nature et représentées sous les traits de jeunes filles. D’après Jean-Yves Cordier, Linné a donné ce nom à cinquante-sept espèces de papillons aux ailes dentelées.

Grande tortue (Nymphalis polychloros)
Grande tortue (Nymphalis polychloros)

L’épithète polychloros vient du grec poly (« plusieurs ») et chloros (« vert »). Cette étymologie est surprenante puisqu’il n’existe aucune couleur verte sur ce papillon. Il est vraisemblable que Linné ait confondu chloros avec khroma, qui signifie « couleur ». Ce dernier terme conviendrait beaucoup mieux pour décrire les teintes brunes, orangées, jaunes, noires et bleues de l’insecte. Cette erreur a été conservée au fil du temps et fait désormais partie de son histoire.

Noms vernaculaires

Le nom de « Grande Tortue » fait référence à sa taille, supérieure à celle de la Petite Tortue. Le mot « tortue » a été employé pour la première fois pour ce papillon par l’entomologiste James Petiver. Il estimait que les motifs clairs et sombres de ses ailes rappelaient la répartition des dessins observés sur la carapace de certaines tortues.

Le nom de « Vanesse de l’orme » associe le terme « vanesse », dérivé d’un autre nom de la déesse Vénus, à l’orme, l’une des principales plantes hôtes de l’espèce.

La Grande Tortue est également désignée sous plusieurs autres appellations. On la retrouve ainsi sous les noms de « Vanesse polychlore » ou de « Vanesse grande tortue ». Une dénomination plus rare, mais très évocatrice, est celle de « Grand Renard ». Ce nom provient sans doute de sa couleur fauve et de sa pilosité rousse qui rappellent le pelage du mammifère. Enfin, le nom de « Papillon de l’orme » souligne une nouvelle fois le lien étroit qui unit cet insecte à son arbre de prédilection.

Les noms à l’étranger

Les noms étrangers de la Grande Tortue soulignent souvent sa parenté avec la Petite Tortue ou sa couleur rousse. En anglais, elle se nomme Large Tortoiseshell, ce qui se traduit littéralement par Grande Écaille de Tortue. Les Allemands utilisent le terme Großer Fuchs, ce qui signifie Grand Renard, rejoignant ainsi l’une des appellations françaises.

En italien, on l’appelle Vanesse de l’orme ou plus simplement Ninfale de l’olmo. Les Espagnols utilisent également cette référence botanique avec le nom Olmera. Aux Pays-Bas, le nom Grote Vos confirme à nouveau la comparaison avec le renard. Cette convergence de noms entre les pays démontre que la taille imposante, la couleur fauve et l’attachement à l’orme sont les trois caractéristiques les plus marquantes de cette espèce à l’échelle du continent.

Hespérie de l’Alcée

Carcharodus alceae

Noms scientifiques

Le nom de genre Carcharodus vient du grec karkharodous, qui signifie « qui a des dents pointues ». Il fait référence aux franges en dents de scie qui bordent les ailes. Les recherches de Jean-Yves Cordier sur la zoonymie de ce papillon mettent en lumière les notes originales de Jakob Hübner lors de la création de ce genre en 1819.

Hespérie de l'Alcée (Carcharodus alceae)
Hespérie de l’Alcée (Carcharodus alceae)

L’entomologiste allemand avait classé ces insectes dans un groupe qu’il avait lui-même baptisé « Les Méfiants ». Ce choix associe le comportement farouche du papillon, prompt à fuir au moindre mouvement, à sa morphologie. Hübner précise que les bordures des ailes sont dentelées de manière assez acérée, comme une mâchoire qui montre les crocs pour se défendre. Le grand requin blanc partage cette même origine avec son nom scientifique Carcharodon carcharias.

L’épithète alceae fait référence à la plante nourricière de l’insecte. Dans son texte d’origine, Esper indique avoir découvert la chenille en abondance sur la Rose trémière (Alcea rosea). Il emprunta donc le nom de cette plante pour baptiser le papillon. La Rose trémière, introduite d’Orient au XIIᵉ siècle à l’époque des Croisades, a conduit certains auteurs à imaginer plus tard, à tort, un lien avec la Mauve alcée, une espèce sauvage locale.

Noms vernaculaires

Le nom « Hespérie » reprend celui de la famille des Hesperiidae. Il dérive du grec Hespéris, qui personnifie le couchant. On retrouve cette même idée dans les Hespérides, les nymphes du couchant. L’auteur a probablement voulu souligner que ces papillons sont particulièrement actifs en fin de journée.

Le nom populaire de « Grisette » a été créé en 1762 par Étienne-Louis Geoffroy. Il faisait alors référence à un drap gris de peu de valeur. À cette époque, ce papillon terne suscitait peu d’intérêt auprès du grand public, qui préférait les espèces aux couleurs éclatantes. Jean-Baptiste Godart transféra ce nom à notre espèce en 1821 pour évoquer la teinte marbrée de ses ailes.

Afin d’éviter les confusions avec d’autres espèces, Gérard Luquet créa en 1986 le nom d’« Hespérie de la Passe-Rose », d’après l’ancien nom de la Rose trémière. En 1997, il adopta finalement la désignation d’« Hespérie de l’Alcée », jugée plus appropriée. L’usage conserve également le nom d’« Hespérie de la Rose trémière ».

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à l’Hespérie de l’Alcée dans les autres pays mettent principalement en avant sa plante hôte ou l’aspect dentelé de ses ailes.

Les Anglais la nomment « Mallow Skipper », que l’on peut traduire par « Hespérie de la mauve ».

Les Allemands utilisent « Malven-Dickkopffalter », le « Papillon à grosse tête de la mauve », tandis que les Néerlandais disent « Malvandoorntje », un nom qui associe la mauve à l’idée de petites dentelures.

En Europe du Sud, les Espagnols emploient officiellement « Piquitos castaña », qui évoque à la fois les petites pointes des ailes et leur couleur châtaigne, même si le nom « Malva » est également utilisé. Les Italiens la nomment « Marbrire de la malva », en référence au dessin marbré de ses ailes et à son lien avec la mauve.

Les Suédois l’appellent « Stockrosvisslare », le « Siffleur des roses trémières », tandis que les Polonais utilisent « Warcabnik ślazowiec », un nom qui associe un motif en damier à la mauve.

Hespérie de la mauve ou de l’ormière ***

Pyrgus malvae

Noms scientifiques

Le nom de genre Pyrgus vient du grec pyrgos (πύργος), qui signifie « tour » ou « rempart ». Selon les auteurs, plusieurs explications sont proposées. Pour les uns, ce nom ferait référence aux franges blanches entrecoupées de noir. Pour les autres, il évoquerait le dessus des ailes brunes marqué de blanc. Dans les deux cas, il renvoie à une ressemblance avec des tours crénelées.

Hespérie de la mauve ou de l’ormière (Pyrgus malvae)
Hespérie de la mauve ou de l’ormière (Pyrgus malvae)

l’épithète malvae désigne à tort la mauve comme plante hôte du papillon.

Noms vernaculaires

Le mot « Hespérie » vient du grec ancien hesperos (ἕσπερος), qui signifie « du soir ». Ce terme a été choisi pour distinguer les Hespéries des autres groupes de papillons.

Le nom « Hespérie de l’ormière » fait référence à l’une de ses principales plantes hôtes, l’ormière, plus connue aujourd’hui sous le nom de reine-des-prés.

Hespérie des potentilles***

Pyrgus armoricanus

Noms scientifiques

Le nom de genre Pyrgus vient du grec pyrgos, qui signifie « tour » ou « rempart ». Selon les auteurs, plusieurs interprétations sont proposées. Pour les uns, il ferait référence aux franges blanches entrecoupées de noir qui bordent les ailes. Pour les autres, il évoquerait le dessin des ailes brunes marquées de taches blanches. Dans les deux cas, le nom rappelle l’aspect de tours crénelées.

Hespérie des potentilles (Pyrgus armoricanus)
Hespérie des potentilles (Pyrgus armoricanus)

L’épithète armoricanus signifie « d’Armorique », c’est-à-dire de Bretagne. Elle fait référence à la région où Charles Oberthür découvrit l’espèce. Dans sa description originale, il précise lui-même que ce papillon se rencontre aux environs de Rennes, dans les prés, les pâtures, ainsi que sur les pelouses des parcs et des grands jardins.

Noms vernaculaires

Le mot « Hespérie » descend du grec ancien hesperos (« du soir »). Il a été choisi pour distinguer ces papillons des autres groupes de lépidoptères.

Le nom « Hespérie des potentilles » fait directement référence aux principales plantes nourricières de sa chenille, les potentilles (Potentilla).

Hespérie du faux-buis

Pyrgus alveus

Noms scientifiques

Le nom de genre Pyrgus vient du grec « πύργος » (pýrgos), qui signifie « tour » ou « rempart ». Selon les auteurs, plusieurs hypothèses ont été avancées. Pour les uns, ce mot ferait référence aux franges blanches entrecoupées de noir. Pour les autres, il évoquerait le dessin blanc qui marque le dessus des ailes brunes. Dans les deux cas, il renvoie à la ressemblance de ces motifs avec des tours crénelées.

Hespérie du faux-buis (Pyrgus alveus)
Hespérie du faux-buis (Pyrgus alveus)

L’épithète alveus vient du latin et désigne notamment un plateau de jeu à cases. Comme le nom de genre, il fait référence au dessin en forme de damier qui orne le dessus des ailes.

Noms vernaculaires

Le nom « faux-buis » désigne la Polygale faux-buis (Polygala chamaebuxus), qui est l’une des plantes hôtes du papillon.

Le mot « Hespérie » vient du grec ancien « ἕσπερος » (hesperos), qui signifie « le soir » ou « l’occident ». Il fait référence aux Hespérides, les nymphes du soir de la mythologie grecque, auxquelles les entomologistes ont emprunté le nom de cette famille de papillons.

Le nom vernaculaire « Plain-chant » a été créé en 1762 par l’entomologiste français Étienne Louis Geoffroy. Il ferait référence aux taches blanches des ailes, dont la disposition rappelait les notes de la musique grégorienne, appelée autrefois plain-chant. Créé à l’origine pour l’Hespérie de la mauve (Pyrgus malvae), ce nom a ensuite été repris par Engramelle en 1779 pour désigner l’Hespérie du faux-buis.

L’Hespérie du faux-buis est aussi appelée « Dé à jouer » en raison des nombreuses taches blanches carrées qui rappellent les faces d’un dé. Elle est également connue sous le nom d’« Hespérie fritillaire », en référence au motif en damier que l’on peut trouver sur les fleurs de fritillaires.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à l’Hespérie du faux-buis mettent en avant deux caractéristiques principales : son aspect en damier et ses plantes hôtes.

Les Anglais la nomment « Large Grizzled Skipper », que l’on peut traduire par « grande Hespérie grisonnante ». Ce nom fait référence à l’aspect grisâtre que lui donnent les nombreuses taches blanches dispersées sur le dessus des ailes. Les Néerlandais utilisent une image voisine avec « Groot spikkeldikkopje », littéralement « grande Hespérie tachetée ».

En Allemagne, le nom le plus répandu est « Sonnenröschen-Würfel-Dickkopffalter », c’est-à-dire « Hespérie à damier de l’hélianthème ». Il associe les deux caractères les plus marquants de l’espèce : le dessin en damier de ses ailes (Würfel, « damier » ou « dés ») et l’Hélianthème, l’une de ses principales plantes hôtes dans une grande partie de son aire de répartition. D’autres noms allemands plus anciens, comme « Halbwürfelfalter » (« demi-papillon à damier »), insistent uniquement sur le motif des ailes.

En Espagne, elle est appelée « Ajedrezada serrana », que l’on peut traduire par « Damier des montagnes ». Ce nom évoque à la fois le quadrillage caractéristique de ses ailes et les prairies montagnardes où l’espèce est particulièrement fréquente.

Hyponomeute du fusain

(Yponomeuta cagnagella)

Nom scientifique

Le nom de genre Yponomeuta vient du grec hyponomeutês, « celui qui creuse des galeries », dérivé de hyponomos, « qui creuse en dessous ». Il fait référence au mode de vie des chenilles qui vivent regroupées sous une toile de soie protectrice .

Hyponomeute du fusain (Yponomeuta cagnagella)
Hyponomeute du fusain (Yponomeuta cagnagella)

L’épithète cagnagella a été attribuée par Jacob Hübner en 1813. Son origine est plus incertaine. Elle pourrait dériver de l’italien cagna, « chienne », employé autrefois comme terme péjoratif, ou d’un ancien nom populaire aujourd’hui disparu. Comme pour de nombreuses épithètes créées par Hübner, aucune explication n’a été laissée par l’auteur et son sens exact demeure inconnu.

Nom vernaculaire

Le nom vernaculaire « Hyponomeute du fusain » fait directement référence à la principale plante nourricière de sa chenille, le fusain d’Europe (Euonymus europaeus). Les chenilles vivent en colonies sous de vastes toiles soyeuses qui peuvent parfois recouvrir entièrement l’arbuste.

Les noms à l’étranger

Dans de nombreux pays, le nom vernaculaire fait directement référence au fusain qui est la  principale plante hôte de la chenille.

Les Anglais le nomment « Spindle Ermine », littéralement « hermine du fusain ». Ce nom compare les ailes blanches  ponctuées de noir, à la robe hivernale de l’hermine, tandis que « spindle » désigne le fusain, sa principale plante hôte.

Les Allemands l’appellent « Pfaffenhütchen-Gespinstmotte », que l’on peut traduire par « la teigne à toile du fusain », en référence aux vastes nappes de soie tissées par les chenilles. Les Néerlandais utilisent une image voisine avec « Kardinaalsmutsstippelmot », littéralement « la teigne ponctuée du fusain ».

Les Danois (« Benvedspindemøl »), les Norvégiens (« Beinvedspinnmøll ») et les Suédois (« Benvedspinnmal ») utilisent pratiquement la même construction. Ces trois noms signifient littéralement « la teigne fileuse du fusain » et font référence aux impressionnantes toiles de soie tissées par les chenilles qui peuvent envelopper entièrement leur plante hôte.

Lucine

Hamearis lucina

Noms scientifiques

Le nom de genre Hamearis vient du grec ἀμα (hama), qui signifie « en même temps que », et de ἔαρ (éar), qui veut dire « printemps ». L’assemblage des deux mots aurait un rapport avec la saison à partir de laquelle on voit voler ces papillons.

Lucine (Hamearis lucina)
Lucine (Hamearis lucina)

L’épithète lucina a été choisie par Linné en piochant dans le nom des divinités, comme il avait l’habitude de le faire. Il s’agit ici d’une divinité issue de la mythologie romaine. Le nom « Lucina » descend du mot lux, « lumière » ou « qui donne le jour ». Lucina était la déesse de la lumière et elle était invoquée lors des accouchements pour que celui-ci se passe bien.

Noms vernaculaires

Au fil du temps, la Lucine a également porté plusieurs autres noms vernaculaires, parmi lesquels le Fauve à taches blanches, l’Argynne Lucine ou encore l’Éricine Lucine.

Les noms à l’étranger

Les Anglais la nomment « Duke of Burgundy Fritillary », le fritillaire du duc de Bourgogne. « Fritillary » est le nom donné en Angleterre à tous les papillons aux ailes jaunes ou orangées tachées de noir. Ce nom vernaculaire reste mystérieux et personne n’a jamais vraiment compris son origine. La référence au duc de Bourgogne demeure elle aussi énigmatique.

Les Allemands disent « Schlüsselblumen-Würfelfalter », le papillon à dés des primevères. Les Finlandais préfèrent « Esikkoperhonen », le papillon primevère, ou « Noppaperhonen », le papillon à dés. L’allusion aux dés à jouer évoque les taches présentes sur les ailes de la Lucine.

Ce thème est repris par les Hongrois, qui l’appellent « Kockáslepke », le papillon à carreaux. Les Catalans restent sur le thème de la plante hôte et le nomment « La papallona de la prímula ». Les Néerlandais font de même avec « Sleutelbloemvlinder », qui signifie « papillon primevère ».

Machaon

Papilio machaon

Noms scientifiques

Le nom de genre Papilio signifie simplement « papillon » en latin. Ce mot servait également, dans l’Antiquité, à désigner certaines tentes militaires dont l’ouverture évoquait un battement d’ailes.

Machaon (Papilio machaon)
Machaon (Papilio machaon)

L’épithète machaon provient de la mythologie grecque. Machaon est le fils d’Asclépios, dieu de la médecine, et l’un des plus célèbres chirurgiens de la guerre de Troie. Linné, qui appréciait les références mythologiques, choisit ce nom en raison des longues queues des ailes postérieures, dont la forme lui rappelait les scalpels et les instruments chirurgicaux de l’Antiquité.

Noms vernaculaires

Au fil des siècles, le Machaon a reçu de nombreux noms vernaculaires : « Grand Papillon à queue du fenouil », « Papillon bas-la-reine », « Grand Carottier », « Grand Porte-Queue de Geoffroy », « Papillon Machaon » ou encore « Grand Porte-Queue ».

Aujourd’hui, c’est surtout ce dernier nom qui est resté en usage. Il fait directement référence aux longues queues qui prolongent les ailes postérieures et rappellent les appendices caudaux de certains oiseaux. Cette silhouette élégante explique en grande partie la fascination qu’exerce ce papillon depuis des siècles.

Noms à l’étranger

Dans de nombreux pays, les noms vernaculaires mettent eux aussi en avant ces longues queues caractéristiques. Les Anglais le nomment Old World Swallowtail, les Allemands Schwalbenschwanz, les Danois Svalehale et les Portugais Cauda-de-andorinha. Tous ces noms signifient « Queue d’hirondelle » et soulignent la ressemblance entre les prolongements des ailes et la queue profondément échancrée de cet oiseau.

La Mariée

Catocala nupta (Linnaeus, 1767)

Noms scientifiques

Le nom de genre Catocala a été créé en 1802 par le naturaliste allemand Franz von Paula Schrank. Il est formé des mots grecs katō (κάτω), qui signifie « en dessous », et kalos (καλός), qui signifie « beau ». Il évoque les ailes postérieures vivement colorées de ces papillons, généralement cachées lorsque le papillon est au repos.

La Mariée (Catocala nupta)
La Mariée (Catocala nupta)

L’épithète nupta est un mot latin qui signifie « mariée ». Elle appartient à une série de noms féminins choisis par Linné pour plusieurs espèces du genre, comme promissa (« la promise »), sponsa (« la fiancée ») ou electa (« l’élue »). Cette évocation du mariage est probablement inspirée par l’éclat des ailes postérieures rouges, qui pouvait rappeler les vêtements de fête ou les étoffes portées lors des noces. Linné n’a toutefois laissé aucune explication sur ce choix.

Noms vernaculaires

Le nom français La Mariée est la traduction directe de l’épithète latine nupta. Il reprend fidèlement l’idée imaginée par Linné.

L’espèce est également appelée Lichénée rouge ou Lichénée du saule. Le terme « lichénée » évoque le remarquable camouflage des ailes antérieures, dont la teinte et les dessins rappellent les lichens et l’écorce des arbres sur lesquels le papillon passe la journée. Le nom « du saule » fait référence à l’une des principales plantes nourricières de sa chenille.

Noms à l’étranger

Présente dans une grande partie de l’Europe et de l’Asie tempérée, cette espèce porte des noms qui évoquent le plus souvent ses ailes postérieures rouges plutôt que l’idée du mariage. En anglais, elle est appelée « Red Underwing » (« ailes postérieures rouges »). En allemand, « Rotes Ordensband » (« ruban rouge de l’ordre »). Les Néerlandais la nomment « Rood weeskind » (« l’orphelin rouge »), les Suédois « Vinkelbandat ordensfly », les Russes « Ленточница красная » (« la porteuse de ruban rouge »), les Japonais « エゾベニシタバ » (Ezo benishitaba) et les Coréens « 분홍뒷날개나방 ».

Mélitée du mélampyre

Melitaea athalia

Noms scientifiques

L’origine du nom de genre Melitaea reste discutée. Certains auteurs y voient une déformation de Melinaea, l’un des nombreux surnoms de la déesse Aphrodite. D’autres le rapprochent du grec meli (« miel »), en référence à l’attrait de ces papillons pour les fleurs riches en nectar. Une troisième hypothèse le fait dériver du nom d’une ancienne ville de Thessalie.

Mélitée du Mélampyre (Melitaea athalia)
Mélitée du Mélampyre (Melitaea athalia)

L’épithète athalia fait référence à Athalie, princesse du royaume d’Israël et reine de Juda, rendue célèbre par la tragédie de Jean Racine.

Noms vernaculaires

Le nom « Mélitée du mélampyre » associe le nom scientifique francisé au mélampyre, sa principale plante hôte. Ce dernier terme vient des mots grecs melas (« noir ») et pyros (« blé »). Il fait référence aux graines du mélampyre des bois, qui ressemblent à de petits grains de blé noircis.

Cette espèce est également connue sous le nom de « Damier Athalie », une appellation qui évoque le motif régulier des taches orange et noires de ses ailes, rappelant un damier. Dans les ouvrages plus anciens, on rencontre aussi les noms de « Mélitée des bois », en raison de son goût pour les clairières et les lisières forestières, ou simplement « Athalie », en hommage à l’héroïne de Racine.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à la Mélitée du mélampyre à l’étranger mettent généralement en avant son habitat ou sa plante hôte.

Les Anglais la nomment « Heath Fritillary », une appellation qui évoque les landes et les clairières où elle vole fréquemment.

Les Allemands l’appellent « Wachtelweizen-Scheckenfalter », que l’on peut traduire par « Damier du mélampyre des bois », un nom qui fait directement référence à sa principale plante hôte.

Les Espagnols utilisent le nom « Doncella común » (« Demoiselle commune »), tandis que les Néerlandais la connaissent sous le nom de « Bosparelmoervlinder », qui signifie « Nacré des bois ».

Les Italiens l’appellent « Melitea della scabiosa », une appellation qui fait référence aux scabieuses, bien qu’elle puisse parfois prêter à confusion avec d’autres espèces proches.

Mélitée du plantain

Melitaea cinxia

Noms scientifiques

Le nom de genre Melitaea fait l’objet de plusieurs hypothèses. Il pourrait s’agir d’un des surnoms de la déesse Diane, qui possédait un temple dans la ville de Mélitée. Jean-Yves Cordier, spécialiste de la zoonymie des papillons, avance que Fabricius aurait choisi ce nom comme un surnom de la déesse Vénus. Une autre interprétation suggère que le nom dérive d’une ville de Thessalie associée au terme grec « meli » signifiant « miel ». Ce choix évoquerait le goût marqué du lépidoptère pour le nectar.

Mélitée du plantain (Melitaea cinxia)
Mélitée du plantain (Melitaea cinxia)

L’origine de l’épithète spécifique cinxia est parfaitement établie. Ce terme latin signifie « qui porte une ceinture ». Ici, Jean-Yves Cordier et A. Maitland Emmet s’accordent pour y voir une référence à la déesse Junon, surnommée Cinxia dans la Rome antique. Elle occupait une fonction protectrice lors des mariages, intervenant au moment symbolique où la mariée dénouait sa ceinture.

Noms vernaculaires

Ce papillon porte également plusieurs noms vernaculaires : la Déesse à ceinturons, le Damier pointillé, le Damier ou encore la Mélitée de la Piloselle. On le rencontre aussi sous l’appellation de Damier de la Véronique, en référence à l’une de ses plantes nourricières secondaires.

Dans certains ouvrages naturalistes, il est nommé Mélitée à bordure pointillée. Ce nom souligne la présence de points noirs alignés dans les taches fauves des ailes postérieures. Enfin, il est parfois désigné sous le terme de Petit Damier, bien que cette dénomination puisse entraîner des confusions avec des espèces morphologiquement proches.

Mélitée orangée

Melitaea didyma

Noms scientifiques

L’origine du nom de genre Melitaea demeure incertaine et plusieurs hypothèses ont été proposées. Selon certains auteurs, il ferait référence à Mélitée, une ville où la déesse Diane aurait possédé un temple. D’autres pensent que Fabricius l’aurait choisi comme l’un des surnoms de Vénus.

Melitée orangée mâle (Melitaea didyma)
Melitée orangée mâle (Melitaea didyma)

Une autre interprétation le rattache au grec melitaios, qui désignait dans l’Antiquité des objets de grande finesse ou provenant de l’île de Malte. Enfin, certains y voient un lien avec le grec meli (« miel »), en référence au nectar dont se nourrissent ces papillons.

L’épithète didyma vient du grec didymos, qui signifie « jumeau ». Elle évoque à la fois Artémis, sœur jumelle d’Apollon, et les deux taches noires jumelles situées au centre des ailes antérieures, qui constituent un critère d’identification de l’espèce.

Dans sa description originale, Eugen Johann Christoph Esper explique lui-même ce choix :

« J’ai choisi le nom Didyma pour ce papillon. Diane l’a autrefois porté, et depuis que Linné a attaché leurs synonymes aux nacrés, il est devenu, en fait, presque légitime de puiser dans les épithètes de Diane. Cela peut participer à perpétuer le souvenir de ce nom. Les deux fissures circulaires au milieu de l’aile antérieure le distinguent de l’autre espèce. Vous voyez ocellis didymis même, cela peut signifier Didyme. »

(Traduction de Jean-Yves Cordier.)

Noms vernaculaires

Le nom « Mélitée orangée » fait directement référence à la couleur dominante du dessus des ailes, particulièrement vive chez le mâle. Il permet également de distinguer cette espèce des nombreuses autres Mélitées présentes en Europe, dont les dessins en damier sont souvent proches mais dont les teintes sont plus brunes ou plus fauves.

Ménagère (la)

Dysauxes punctata

Noms scientifiques

Le nom de genre Dysauxes dérive du grec ancien dysauxēs, qui signifie « dont la croissance est difficile » ou « qui croît lentement ». Cette dénomination fait référence à la biologie de la chenille, dont le développement est relativement lent en raison d’un régime alimentaire frugal. Elle peut également évoquer la petite taille de ce papillon qui, comparé à de nombreux autres représentants de sa famille, présente une silhouette plus fine et une envergure réduite.

la menagere (Dysauxes punctata)
la menagere (Dysauxes punctata)

L’épithète punctata provient du latin punctatus, qui signifie « ponctué » ou « marqué de points ». Elle fait référence aux points blancs visibles sur les ailes antérieures ainsi qu’aux petites marques noires alignées sur les segments de l’abdomen.

Noms vernaculaires

Le document ne contient pas de rubrique consacrée aux noms vernaculaires.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à cette espèce à l’étranger mettent en avant soit son aspect ponctué, soit sa place au sein d’un groupe dont les appellations évoquent le monde domestique.

Les Anglais la nomment « Handmaid » (« Servante »), un nom qui fait écho à l’appellation française de la Ménagère. Les Allemands utilisent « Pünktchen-Flechtenbärchen », que l’on peut traduire par « Petit ourson des lichens à points », en référence aux points qui ornent le papillon et au régime alimentaire de la chenille.

Les Espagnols l’appellent « Punteado » (« Ponctué »), tandis que les Italiens utilisent « Meneghina », un nom qui renvoie également à l’univers domestique et correspond à l’idée de « ménagère » ou de « domestique ».

Au sein du genre Dysauxes, plusieurs noms vernaculaires s’inscrivent dans le même registre social. On y trouve notamment la Servante (Dysauxes ancilla) et la Soumise (Dysauxes famula). Dans certains ouvrages anciens, cette dernière était même appelée la Prostituée. Cette série d’appellations montre que les entomologistes d’autrefois associaient ces petits papillons discrets à des figures issues des catégories sociales les plus modestes, faisant des noms vernaculaires le reflet des représentations culturelles de leur époque plutôt qu’une simple description biologique.

Moiré sylvicole


Erebia aethiops (Esper, 1777)

Noms scientifiques

Le nom de genre Erebia a été créé par Jean-Baptiste Godart. Comme le faisait souvent Linné, il s’est inspiré de la mythologie grecque. Érèbe (Erebos en grec) désigne la région des ténèbres située entre la Terre et l’Hadès (les Enfers). Dans la mythologie grecque, Érèbe est également la divinité qui personnifie cette obscurité. Fils du Chaos et frère de la Nuit, il règne sur les ténèbres profondes des Enfers. Ce choix fait référence à la coloration généralement sombre des papillons de ce genre, dont les ailes sont brun foncé ou noires.

Moiré sylvicole (Erebia aethiops)
Moiré sylvicole (Erebia aethiops)

L’épithète aethiops provient du grec ancien Aithiops (Αἰθίοψ) qui est composé des mots grecs aithein (« brûler ») et ops (« visage », « aspect »). Cet assemblage signifie littéralement « au visage brûlé » ou « au visage noirci ». Chez les auteurs antiques, il désignait les peuples à la peau sombre vivant au sud de l’Égypte. L’épithète fait donc elle aussi référence à la couleur très sombre du papillon. Le mot Éthiopien est issu de cette même racine.

Noms vernaculaires

Le nom Moiré sylvicole fait référence à deux caractéristiques de l’espèce.

Le terme Moiré est employé pour plusieurs espèces du genre Erebia. Il évoque l’aspect satiné et légèrement changeant des ailes sombres qui rappellent les reflets d’une étoffe moirée.

L’adjectif sylvicole, issu du latin silva (« forêt ») et de -cola (« habitant »), signifie « qui vit dans les bois ». Il rappelle que cette espèce fréquente principalement les lisières, les clairières et les bois clairs.

L’espèce a également porté plusieurs autres noms vernaculaires qui ne sont heureusement plus employés aujourd’hui, comme Grand Nègre, Grand Nègre à bandes fauves, Nègre à bandes fauves ou l’Éthiopien.

Noms à l’étranger

Les noms à l’étranger mettent eux aussi l’accent sur la couleur sombre, le motif des ailes ou l’habitat de l’espèce.

Les Allemands le nomment « Graubindiger Mohrenfalter », que l’on peut traduire par « papillon maure à bandes grises ». Ce nom fait référence aux bandes grisâtres qui traversent les ailes. L’espèce est également connue sous le nom de « Wald-Mohrenfalter », c’est-à-dire « papillon maure des bois ».

Les Italiens l’appellent « Etiope » (« Éthiopien »), un nom directement inspiré de l’épithète scientifique aethiops, qui fait référence à sa couleur sombre.

Les Néerlandais utilisent « Zomererebia », que l’on peut traduire par « Érébie d’été ». Ce nom fait à la fois référence à la couleur sombre caractéristique des Érébies et à la période de vol estivale de l’espèce.

Les Espagnols la nomment « Erebia clara de Esper », que l’on peut traduire par « Érébie claire d’Esper », en hommage au naturaliste Eugen Johann Christoph Esper qui a décrit l’espèce.

Les Anglais, en revanche, utilisent le nom « Scotch Argus » (« Argus écossais »). Cette appellation ferait probablement référence aux premiers individus de l’espèce découverts en Écosse.

Moro-sphinx

Macroglossum stellatarum

Noms scientifiques

Le nom de genre Macroglossum signifie « grande langue », en référence à sa très longue spiritrompe.

L’épithète stellatarum désigne les stellaires. Le papillon apprécie le nectar de ces fleurs et ses chenilles peuvent également s’y développer.

Moro sphinx (Macroglossum stellatarum)
Moro sphinx (Macroglossum stellatarum)

Noms vernaculaires

Le sens du nom vernaculaire « Moro-sphinx » n’est pas encore certain pour ce qui concerne la première partie, « Moro ». Certains spécialistes imaginent que le mot provient du latin moro, qui signifie sombre ou foncé. Il ferait alors référence aux lignes noires présentes sur le dessus des ailes du papillon. D’autres pensent que le mot vient plutôt du latin morus, qui veut dire fou ou extravagant. Ce terme renverrait au comportement très agité de l’animal lors de sa quête de nectar.

La deuxième partie est plus claire. « Sphinx » vient de la famille des Sphingidae, dont fait partie le papillon. Cette famille a été nommée ainsi car les chenilles de certains de ses membres ont pour habitude de se tenir avec la partie antérieure relevée. Cette posture hiératique rappelle celle du sphinx dans la culture égyptienne.

L’intérêt que le grand public porte au Moro-sphinx se traduit par une profusion de petits noms imagés. Ses appendices terminaux et sa silhouette inspirent des comparaisons animalières variées comme Faucon, Queue de pigeon, Queue de canard, Queue de carpe ou encore Tête de carpe. Sa ressemblance avec d’autres insectes lui vaut les noms de Papillon bourdon, Tavan et Taban (en Provence et dans le Languedoc).

Dans le Sud-Ouest, on l’appelle Pomparelle, tandis qu’en Provence, il devient le Fanfoni ou la Bonne nouvelle. On le nomme également Porte-vacances ou Saint-Esprit, un nom qui évoque son vol stationnaire quasi mystique. En Maine-et-Loire, il est connu sous le nom de Ravire-chien. Le terme Fleuze bouquet (du verbe fleuzer : fleurer ou flairer) souligne sa capacité à détecter le nectar. Les Catalans le nomment Bufa-fura.

Noms à l’étranger

Cette fascination dépasse nos frontières. Les Anglais le nomment Hummingbird Hawkmoth (Sphinx-colibri) ou Buzzard. Les Allemands utilisent des noms complexes comme Taubenschwänzchen (Petite queue de pigeon) ou Karpfenkopf (Tête de carpe). Enfin, les Néerlandais l’appellent très justement Kolibrievlinder (Papillon-colibri).

Myrtil

Maniola jurtina

Noms scientifiques

Le nom de genre Maniola trouve son origine dans les maniolae de la Rome antique, de petites figurines qui représentaient l’âme des morts. Elles étaient notamment utilisées lors des fêtes des Compitalia.

Myrtil  (Maniola jurtina)
Myrtil (Maniola jurtina)

D’après Jean-Yves Cordier, l’épithète jurtina pourrait être l’un des surnoms de la déesse Juturne. Linné aimait puiser dans la mythologie pour nommer les espèces.

Noms vernaculaires

Le dimorphisme prononcé de cette espèce a tout d’abord trompé les naturalistes. Linné lui-même a d’abord nommé le mâle Janira et la femelle Coridon, avant de réunir les deux sous le nom de jurtina. Comme ses collègues, il pensait avoir affaire à plusieurs espèces distinctes.

Le nom vernaculaire « Myrtil » lui a été donné en raison de sa ressemblance avec l’Amaryllis. Ces deux noms sont empruntés au Pastor fido (Le Berger fidèle) de Giovanni Battista Guarini, une tragi-comédie pastorale très célèbre aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles.

Dans cette pièce, Amaryllis est une jeune bergère idéale et pure, tandis que Myrtil est son amoureux fidèle et dévoué. Leur histoire met en scène un couple inséparable et harmonieux, qui a inspiré Linné pour nommer ces deux espèces qui se ressemblent beaucoup.

Les noms à l’étranger

Le Myrtil reçoit des appellations variées à travers l’Europe qui soulignent souvent ses caractéristiques physiques ou son milieu de vie.

Les Anglais le nomment « Meadow Brown », ce qui signifie « Brun des prés », tandis que les Allemands préfèrent « Großes Ochsenauge » (« Grand Œil-de-bœuf »), en référence à ses ocelles. Aux Pays-Bas, il est appelé « Bruin zandoogje » (« Petit œil-de-sable brun »), tandis que les Suédois utilisent « Slåttergräsfjäril » (« papillon des foins »).

En Espagne, il porte le nom de « Loba » (« la Louve »), et en Italie celui de « Iurtina », qui reste fidèle à l’étymologie latine choisie par Linné.

Nacré de la ronce

Brenthis daphne

Noms scientifiques

D’après Gianfranco Colombo, le nom de genre Brenthis ferait référence à Brontès, l’un des Cyclopes de la mythologie grecque. Le nom de chacun des trois frères est associé à un phénomène orageux : Brontès signifie « tonnerre », Stéropès « éclair » et Argès « foudre ».

Nacré de la ronce (Brenthis daphne)
Nacré de la ronce (Brenthis daphne)

Une autre hypothèse rattacherait ce nom à un quartier appelé Brenthis dans la cité de Troie. Je cite ici cette proposition de l’Encyclopédie de Monaco, mais aucune autre source ne la confirme.

L’épithète daphne renvoie, comme souvent, à la mythologie grecque. Daphné était une très belle nymphe, fille du dieu-fleuve Pénée et de la naïade Créuse. Premier amour d’Apollon, elle demanda à son père de la transformer en laurier pour lui échapper. Depuis lors, cet arbre est devenu l’un des symboles du dieu.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Nacré » a été créé en 1762 par Étienne-Louis Geoffroy pour décrire les taches nacrées visibles à l’apex du revers des ailes antérieures et sur toute la surface du revers des ailes postérieures du Petit Nacré. Ce nom a ensuite été étendu à plusieurs espèces présentant des taches nacrées sur le revers des ailes.

Le mot « ronce » fait naturellement référence aux principales plantes hôtes sur lesquelles se développent les chenilles de cette espèce.

Le Nacré de la ronce a également été baptisé « Grande Violette » par Jacques-Louis Engramelle en 1780. Ce nom évoque les reflets brun violet du revers des ailes postérieures. Cette même caractéristique se retrouve dans les appellations « Nacré lilacé » et « Nacré lilas ». Le nom « Grand Jaspé lilas » fait quant à lui référence aux nombreuses taches qui ornent les ailes (jaspé signifiant « tacheté » ou « marbré »), associées à ces mêmes reflets lilas. L’espèce est également appelée simplement « Daphné ».

Les noms à l’étranger

Les noms attribués au Nacré de la ronce à l’étranger mettent en avant tantôt les dessins de ses ailes, tantôt sa plante hôte ou encore la mythologie.

Les Anglais le nomment « Marbled Fritillary ». Le mot marbled signifie « marbré » et fait référence aux dessins contrastés du revers des ailes. Fritillary dérive du latin fritillus, qui désigne un cornet à dés, en référence aux motifs en damier caractéristiques des nacrés.

Les Allemands l’appellent « Brombeer-Perlmuttfalter », c’est-à-dire « Papillon nacré de la ronce ». Le premier terme rappelle sa principale plante hôte, tandis que Perlmuttfalter signifie littéralement « papillon de nacre ».

Les Espagnols utilisent le nom « Violeta de dos colores » (« Violette de deux couleurs »), en référence au contraste très marqué entre les deux moitiés du revers des ailes postérieures, l’une beige clair et l’autre brun violacé.

Les Italiens l’ont simplement nommé « Daphne », conservant ainsi le nom de la nymphe qui a inspiré son épithète scientifique.

Au Japon, où l’espèce est également présente, il est appelé « Hyōmonchō » (ヒョウモンチョウ), littéralement « papillon au motif de léopard » (hyō : léopard, mon : motif, chō : papillon). Contrairement aux langues européennes, ce nom insiste avant tout sur l’aspect tacheté des ailes, qui rappelle le pelage d’un léopard.

Némusien ou Arianne

Lasiommata maera

Noms scientifiques

Le nom de genre Lasiommata vient du grec lasio (« chevelu ») et ommata (« les yeux »). Il fait référence aux yeux bordés de poils qui caractérisent les espèces de ce genre.

Némusien ou Arianne (Lasiommata maera)
Némusien ou Arianne (Lasiommata maera)

Pour l’épithète maera, Linné s’est inspiré, comme souvent, de la mythologie grecque. Maera, ou Maira, est l’une des cinquante Néréides. Fille de Nérée et de Doris, elle fait partie des trente-deux Néréides qui remontent des profondeurs pour se rassembler auprès de Thétis et pleurer la mort de son fils Achille. Le nom Maera a également été repris plus récemment pour désigner l’un des membres de la famille du super-héros Aquaman.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Némusien » a été créé par l’entomologiste Jacques Louis Florentin Engramelle en 1779. Il signifie « habitant de Némus ». Ce nom renvoie au bois sacré de Diane dans la mythologie et évoque le goût de ce papillon pour les milieux boisés. Il désigne à la fois l’espèce et le mâle de l’espèce.

Ce choix historique comporte toutefois un paradoxe. Malgré son nom, le Némusien fréquente volontiers les affleurements rocheux, les falaises, les murets et les éboulis bien exposés, où les mâles établissent souvent leur territoire, tout en restant généralement à proximité des lisières ou des bois clairs.

Le père Jacques Louis Florentin Engramelle a également donné à la femelle le nom d’« Ariane », lui aussi emprunté à la mythologie. Ariane, fille de Minos et de Pasiphaé, est la sœur de Phèdre. C’est elle qui donne à Thésée le célèbre fil d’Ariane qui lui permet de retrouver son chemin dans le labyrinthe. Engramelle n’a jamais expliqué ce choix. Il repose toutefois sur une parenté poétique évidente, car le réseau complexe et sinueux de lignes qui orne le revers des ailes de la femelle dessine un véritable labyrinthe où semble s’entremêler le fameux fil.

Les noms à l’étranger

Dans la plupart des langues européennes, le Némusien porte un nom qui met en avant soit ses habitats rocheux, soit ses ocelles.

Les Anglais le nomment « Large Wall Brown » (« Grand brun des murs »), en référence à son habitude de fréquenter les falaises, les affleurements rocheux et les vieux murets, tandis que les Néerlandais utilisent « Rotsvlinder » (« Papillon des rochers »).

Cette évocation du milieu de vie se retrouve dans de nombreuses autres langues. Les Suédois disent « Stor berggräsfjäril » (« Grand papillon des pelouses rocheuses »), les Danois « Stor Bjergringvinge » (« Grand papillon annelé des montagnes »), les Espagnols « Sátiro de la roca » (« Satyre des rochers »), les Catalans « Bruixa roquera » (« Sorcière des rochers »), les Italiens « Grande ninfa dei muri » (« Grande nymphe des murs ») et les Polonais « Przestrojnik skalnik », qui signifie lui aussi « Papillon des rochers ».

À l’inverse, d’autres langues insistent davantage sur les ocelles ou la coloration. Les Allemands l’appellent « Braunauge » (« Œil brun »), tandis que les Norvégiens utilisent « Stor ringvinge » (« Grand papillon aux ailes annelées »).

Enfin, certaines langues d’Europe centrale réunissent ces deux caractéristiques. Les Tchèques disent « Okáč skalní » et les Slovaques « Očkáň skalný », deux noms qui se traduisent par « Papillon ocellé des rochers ».

Noctuelle dysodée


Hecatera dysodea (Denis & Schiffermüller, 1775)

Noms scientifiques

Le nom de genre Hecatera est calqué sur le grec ancien Hekatê. Il fait référence à Hécate, la déesse de la mythologie grecque associée à la lune, aux carrefours et à la nuit. L’entomologiste français Achille Guénée a choisi cette divinité nocturne pour souligner la nature noctambule de ces insectes.

Noctuelle dysodée (Hecatera dysodea)
Noctuelle dysodée (Hecatera dysodea)

L’épithète dysodea, reprise pour le nom vernaculaire dysodée, trouve sa racine dans le grec ancien dusôdia (δυσωδία). Il est formé du préfixe péjoratif dus- (qui indique une difficulté ou un défaut) et de la racine ozô (sentir ou dégager une odeur). Le mot signifie littéralement « qui sent mauvais » ou « fétide ». Cette qualification ne désigne pas une odeur issue du papillon adulte, mais provient d’une association avec la plante hôte de sa chenille. Les naturalistes autrichiens Michael Denis et Ignaz Schiffermüller ont nommé cet insecte en référence à la Laitue vireuse (Lactuca virosa), une plante sauvage au suc laiteux et à l’odeur forte, fétide ou repoussante, sur laquelle la chenille se développe couramment.

Noms vernaculaires

Noctuelle est composé du mot latin noctua (« chouette ») et du suffixe -elle. Il signale ici que ce papillon vole essentiellement la nuit. Le nom vernaculaire reprend directement le nom scientifique Hecatera dysodea.

Le mot « dysodée » est une francisation de l’épithète dysodea, mais il n’existe pas en français courant et n’a pas de sens propre. Il sert simplement à créer un nom lisible pour désigner cette espèce de manière pratique.

Pour nommer ce papillon, les entomologistes emploient parfois les noms « Hécatère de la Laitue » ou « Noctuelle de la Laitue ». Ces deux dénominations font directement référence au genre de plante nourricière dont se nourrit sa chenille.

Les noms à l’étranger

À l’étranger, les noms populaires donnés à ce papillon soulignent ses habitudes de vie ou l’aspect de ses motifs.

En anglais, il est appelé « Small Ranunculus », ce qui signifie « petite renoncule ». Ce nom fait probablement référence aux motifs complexes de ses ailes, qui rappelaient aux premiers observateurs britanniques les formes de certaines fleurs de cette famille.

En allemand, son nom est « Kompasslattich-Eule », ce qui se traduit par « noctuelle de la laitue boussole ». Cette appellation très précise désigne la Laitue scariolle, l’une des plantes préférées de sa chenille, dont les feuilles se dirigent naturellement du nord au sud. Le mot Eule (« chouette ») est traditionnellement employé en allemand pour désigner les noctuelles.

En néerlandais, il porte le nom de « Kompassla-uil », qui signifie également « noctuelle de la laitue boussole ». Comme en allemand, ce nom fait référence à la Laitue scariolle, l’une des plantes préférées de sa chenille, tandis que uil (« hibou ») est le terme employé pour désigner les noctuelles.

Noctuelle en deuil

Tyta luctuosa (Denis & Schiffermüller, 1775)

Noms scientifiques

Le nom de genre Tyta a été créé en 1820 par le naturaliste suédois Gustav Johan Billberg. Son origine demeure inconnue. Billberg n’a laissé aucune explication sur ce choix et, selon l’entomologiste britannique A. Maitland Emmet, ce nom est apparemment dépourvu de signification.

L’épithète luctuosa vient du latin luctuosus, qui signifie « en deuil », « affligé » ou « lugubre ». Denis et Schiffermüller ont choisi ce nom en référence à la coloration noire et blanche de ce papillon, qui évoque les vêtements de deuil traditionnels.

Noms vernaculaires

Le nom français Noctuelle en deuil est une traduction du sens de l’épithète latine luctuosa. Il fait lui aussi référence à la livrée noire et blanche de ce papillon. Cette espèce est aussi parfois appelée « La Funèbre », un nom qui évoque lui aussi le deuil.

Noms à l’étranger

Cette espèce possède de nombreux noms vernaculaires à l’étranger. Les Anglais l’appellent « Four-spotted » (« Quatre-taches ») ou « Field Bindweed Moth » (« Papillon du liseron des champs »). Les Allemands parlent d’« Ackerwinden-Trauereule », qui signifie « Noctuelle en deuil du liseron des champs ». Les Néerlandais utilisent le nom « Akkerwinde-uil », qui signifie « Noctuelle du liseron des champs ». Les Italiens l’appellent « Nottuide del convolvolo » (« Noctuelle du liseron »), tandis que les Espagnols disent « Polilla de la Correhuela » (« Papillon du liseron ») ou « Polilla de las cuatro manchas » (« Papillon aux quatre taches »). Les Suédois lui donnent le nom traditionnel « Kalkfly », dont l’origine du nom est incertaine, tandis que les Danois l’appellent « Snerleugle », qui signifie également « Noctuelle du liseron ». On trouve aussi un nom russe : « Совка пятнистая темная ».

Ornéode de Hübner

Alucita huebneri (Wallengren, 1859)

Noms scientifiques

Le nom de genre Alucita a été créé par Carl von Linné en 1758. Il est dérivé du latin alucita, qui désignait un moucheron ou un petit insecte ailé. À l’époque, Linné employait ce nom pour un groupe beaucoup plus vaste qu’aujourd’hui, qui réunissait les Alucites et les Ptérophores. Ce n’est que par la suite que ces deux familles ont été séparées et que le nom Alucita a été réservé aux seuls Alucites.

Ornéode de Hübner (Alucita huebneri)
Ornéode de Hübner (Alucita huebneri)

L’épithète huebneri rend hommage à l’entomologiste allemand Jacob Hübner (1761-1826), l’un des plus grands spécialistes des lépidoptères. Auteur de nombreux ouvrages de référence, il a décrit plusieurs milliers d’espèces et créé de très nombreux genres encore utilisés aujourd’hui. Hans Daniel Johan Wallengren a choisi de lui dédier cette espèce lors de sa description en 1859..

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Ornéode de Hübner » rend lui aussi hommage à l’entomologiste bavarois Jacob Hübner.

Le mot « ornéode » est composé des racines grecques ornis (« oiseau ») et eidos (« en forme de »). Il fait référence aux ailes profondément divisées de ces papillons, dont les longues franges rappellent les plumes d’un oiseau.

Les noms à l’étranger

Les noms étrangers rendent le plus souvent hommage à Jacob Hübner ou font référence aux caractéristiques de ce papillon. Les noms tchèque « Pernatěnka Hübnerova » et slovaque « Vejárovec Hübnerov » signifient tous deux « Ornéode de Hübner » et rendent hommage à l’entomologiste allemand Jacob Hübner. Le nom hongrois « Imolavirág-soktollúmoly » signifie « Papillon à nombreuses plumes de la centaurée ». Il fait référence à la centaurée, l’une des principales plantes nourricières de la chenille.

Panthère

Pseudopanthera macularia

Noms scientifiques

Le nom de genre Pseudopanthera se compose du préfixe grec pseudo, « faux », et du nom de genre Panthera. Cette dénomination fait référence au dessus des ailes du papillon, dont les motifs peuvent évoquer la robe tachetée du félin.

Panthère (Pseudopanthera macularia)
Panthère (Pseudopanthera macularia)

L’épithète macularia vient du latin macula, qui signifie « tache » ou « marque ». Elle souligne une nouvelle fois l’aspect moucheté du papillon.

L’étymologie du nom vernaculaire n’est pas très difficile à comprendre et reprend celle du nom de genre, qui renvoie au félin à la robe tachetée.

Noms vernaculaires

Le document ne contient pas de rubrique consacrée aux noms vernaculaires.

Les noms à l’étranger

En dehors de nos frontières, les naturalistes utilisent des noms variés pour désigner cette espèce.

En anglais, ce papillon porte le nom de « Speckled Yellow ». Cette appellation évoque les taches sombres sur le fond jaune des ailes.

Les Allemands emploient deux dénominations : « Pantherspanner » ou « Gelber Fleckenspanner ». Le premier nom rappelle le motif du félin, tandis que le second décrit précisément un géomètre jaune à taches.

En néerlandais, le nom officiel est « Boterbloempje ». Ce mot se traduit par « petite renoncule » ou « petit bouton-d’or ».

Les Danois utilisent enfin les noms « Leopardmåler » ou « Pantermåler ». Ces différentes langues privilégient ainsi soit la couleur vive de l’insecte, soit son aspect tacheté caractéristique.

Paon du jour

Aglais io

Noms scientifiques

Le nom de genre Aglais vient de la mythologie grecque et fait référence à Aglaé, l’une des trois Grâces. Ce nom a été donné au Paon du jour pour rendre hommage à sa beauté et à ses couleurs éclatantes, car cette divinité personnifie la splendeur et l’éclat.

Paon du jour (Aglais io)
Paon du jour (Aglais io)

L’épithète io renvoie à une prêtresse de la cité d’Argos dont la légende est liée à l’apparence du papillon. Selon le récit mythologique, les cent yeux du géant Argos furent placés par la déesse Héra sur la queue du paon. On retrouve par analogie ces yeux (ocelles) sur les ailes du papillon .

Le sens du nom vernaculaire Paon du jour est très clair. Ce nom compare les grands motifs ronds des ailes du papillon aux ocelles présents sur les plumes du Paon bleu ( Pavo cristatus)

La deuxième partie du nom est plus claire. Cette précision souligne le rythme d’activité diurne du l’animal, par opposition à ses cousins nocturnes qui possèdent des motifs similaires mais volent uniquement à l’obscurité.

Les noms à l’étranger

Dans la plupart des langues européennes, les noms attribués à cette espèce évoquent le paon ou les grands ocelles qui ornent ses ailes.

Les Anglais le nomment « European Peacock », c’est-à-dire « Paon européen ». Les Allemands utilisent « Tagpfauenauge », qui signifie littéralement « œil de paon du jour ». Les Italiens l’appellent « Occhio di pavone », autrement dit « œil de paon », tandis que les Néerlandais disent « Dagpauwoog », un nom qui signifie également « œil de paon du jour ».

Ces différentes appellations montrent que les naturalistes européens ont tous été frappés par la ressemblance entre les ocelles du papillon et ceux qui ornent le plumage du paon, au point d’en faire le principal élément de son identité.

Petit Agreste

Arethusana arethusa (Denis & Schiffermüller, 1775)

Noms scientifiques

Le Petit Agreste a été décrit et nommé par les entomologistes autrichiens Michael Denis et Ignaz Schiffermüller en 1775 sous le nom initial de Papilio arethusa.

Le nom de genre Arethusana a été créé en 1951 par l’entomologiste français Henri de Lesse. Il a été formé à partir de l’épithète arethusa, attribuée à l’espèce par Denis et Schiffermüller. Le Petit Agreste est le seul représentant de ce genre. On appelle ce type de genre un genre monospécifique, ou genre monotypique.

Petit Agreste (Arethusana arethusa)
Petit Agreste (Arethusana arethusa)

L’épithète arethusa fait référence à Aréthuse, une naïade de la mythologie grecque. Selon la légende, Aréthuse était une compagne d’Artémis. Poursuivie par le dieu-fleuve Alphée, elle implora la déesse de lui venir en aide. Artémis la transforma alors en une source dont les eaux, disait-on, traversaient la mer pour jaillir sur l’île d’Ortygie, à Syracuse, en Sicile.

Comme pour de nombreux papillons décrits au XVIIIᵉ siècle, rien n’indique que ce choix ait un lien avec les caractéristiques de l’espèce. Il s’agit vraisemblablement d’une simple référence à la mythologie grecque.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire Petit Agreste fait référence à sa ressemblance avec l’Agreste (Hipparchia semele), dont il rappelle l’aspect général tout en étant de taille plus modeste. Le mot « agreste » vient du latin agrestis, qui signifie « des champs », « sauvage » ou « campagnard ». Il évoque les milieux ouverts et secs fréquentés par ces deux papillons.

L’espèce a également longtemps été connue sous le nom de Mercure, notamment chez Godart au début du XIXᵉ siècle. L’origine exacte de ce nom n’est pas connue. Il est probable qu’il fasse simplement référence au dieu romain Mercure et s’inscrive dans la tradition des premiers entomologistes qui attribuaient fréquemment aux Satyrinés des noms empruntés à la mythologie antique.

Noms à l’étranger

Les noms vernaculaires attribués au Petit Agreste mettent principalement en avant son apparence, la couleur de ses ailes ou ses plantes hôtes.

Les Anglais le nomment « False Grayling », que l’on peut traduire par « faux Agreste ». Ce nom souligne sa ressemblance avec l’Agreste (Hipparchia semele), appelé « Grayling » en anglais.

Les Allemands utilisent « Rotbindiger Samtfalter », c’est-à-dire « papillon velouté à bande rouge », en référence à la large bande fauve orangée qui traverse les ailes.

Les Néerlandais l’appellent « Oranje steppevlinder », littéralement « papillon des steppes orange », une appellation qui évoque à la fois la teinte orangée de ses ailes et les milieux secs qu’il fréquente.

Les Russes le connaissent sous le nom de « Бархатница Аретуза » (Barkhatnitsa Aretuza), que l’on peut traduire par « Aréthuse veloutée ». Ce nom associe la référence mythologique de l’épithète arethusa à l’aspect velouté caractéristique des satyrinés.

Les Tchèques l’appellent « okáč kostřavový », c’est-à-dire « ocellé des fétuques ». Ce nom fait référence aux fétuques (Festuca), principales plantes nourricières de la chenille.

Je n’ai modifié qu’un détail de typographie : j’ai remis les noms scientifiques (Arethusana arethusa, Hipparchia semele, agrestis, Festuca) en italique, conformément à la convention scientifique que tu utilises dans tout ton ouvrage.

Petit Mars changeant

Apatura ilia

Noms scientifiques

Le nom de genre Apatura vient du grec apatē et signifie « tromperie » ou « ruse ». On comprend pourquoi le papillon est ainsi appelé « trompeur » quand on sait que les ailes du mâle peuvent passer de la couleur marron à la couleur bleue en un instant. Cet effet d’iridescence est dû à la microstructure des écailles de la face supérieure des ailes, qui réfracte la lumière et crée des changements de couleur selon l’angle d’observation.

Petit Mars changeant (Apatura ilia)
Petit Mars changeant (Apatura ilia)

D’autres sources pensent qu’Apatura pourrait dériver d’une épithète d’Aphrodite.

L’épithète ilia fait référence à Rhéa Silvia, aussi appelée Ilia, la mère de Romulus et Rémus dans la mythologie romaine, ce qui renforce le lien avec les racines mythologiques souvent utilisées en entomologie.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Petit Mars changeant » évoque la capacité du papillon à modifier la couleur de ses ailes.

Pour ce qui est du mot « Mars », rien n’est vraiment certain. On ne sait pas s’il fait référence au dieu romain Mars, à la planète rouge ou plus simplement au mois de mars, période à partir de laquelle on peut parfois observer le papillon.

Au cours des siècles, il a porté plusieurs noms vernaculaires comme « le Changeant », « le Mars » ou « Nymphale Petit Mars ».

La forme Apatura ilia f. clytie est aussi appelée « Mars orangé » ou « Petit Mars orangé » en raison de la prédominance de cette teinte sur ses ailes. Ce nom provient de Clytie, une nymphe de la mythologie grecque qui fut transformée en fleur après avoir passé ses journées à regarder le soleil, rappelant ainsi les couleurs chaudes et lumineuses de cette forme du papillon.

Noms à l’étranger

À l’étranger, les noms vernaculaires soulignent souvent des caractéristiques biologiques différentes. En anglais, il est nommé Lesser Purple Emperor, ce qui renforce la hiérarchie visuelle avec le Grand Mars (Purple Emperor). Les Allemands utilisent le nom Kleiner Schillerfalter, où le terme Schiller évoque parfaitement le chatoiement ou le reflet irisé typique du genre Apatura. En espagnol, on l’appelle Tornasolada chica, un nom qui fait référence à la capacité des ailes à changer d’aspect avec la lumière. Ces variations linguistiques montrent que, par-delà les frontières, c’est presque toujours son caractère « changeant » qui a marqué l’imaginaire collectif.

D’autres langues mettent également en avant cette particularité. En Italie, il est nommé Apatura minore, reprenant simplement la distinction de taille avec le Grand Mars. En Pologne, Mieniak ilia reprend une racine qui évoque le miroitement et le changement de couleur. Aux Pays-Bas, son nom est Kleine weerschijnvlinder. Le mot weerschijn signifie littéralement « reflet » ou « réverbération », rappelant une nouvelle fois que l’identité de ce lépidoptère est indissociable des propriétés optiques de ses écailles alaires.

Petit nacré

Issoria lathonia

Noms scientifiques

Le nom de genre Issoria est l’un des surnoms de la déesse Artémis, dont un sanctuaire se trouvait sur le mont Issorion, près de Sparte.

Petit nacré (Issoria lathonia)
Petit nacré (Issoria lathonia)

L’épithète lathonia, choisie par Linné, est également un surnom d’Artémis et signifie « fille de Latone » (Létô dans la mythologie grecque). Fille de Zeus et de Latone, Artémis, appelée Diane chez les Romains, est la déesse de la nature sauvage, de la chasse, de la lune et des accouchements. Elle est généralement représentée avec un arc, un carquois de flèches d’argent et une biche à ses côtés.

Noms vernaculaires

Le nom « Petit nacré », créé en 1762 par le pharmacien et entomologiste Étienne Louis Geoffroy, fait référence aux grandes taches nacrées qui ornent le revers des ailes postérieures ainsi qu’à celles situées près de l’apex des ailes antérieures.

Au cours de son histoire, cette espèce a également porté plusieurs noms scientifiques aujourd’hui considérés comme des synonymes, parmi lesquels Argynnis lathonia, Issoria reducta, Issoria radiata, Argynnis valdensis ou encore Argynnis semicadmeis.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués au Petit nacré à l’étranger mettent en avant tantôt l’éclat nacré de ses ailes, tantôt son statut parmi les autres nacrés, ou conservent simplement la référence mythologique.

Les Anglais le nomment « Queen of Spain Fritillary » (« Fritillaire de la reine d’Espagne »), une appellation prestigieuse qui contraste avec le nom allemand « Kleine Perlmuttfalter », signifiant tout simplement « Petit nacré ».

Les Néerlandais utilisent une expression très proche avec « Kleine parelmoervlinder », également traduisible par « Petit papillon nacré ».

Le reflet argenté des ailes inspire aussi plusieurs pays. Les Portugais l’appellent « Borboleta-prateada » (« Papillon d’argent »), les Lituaniens « Sidabrinis perlinukas » (« Perles d’argent ») et les Finlandais « Helmihopeatäplä », qui évoque une « tache nacrée d’argent ».

En Catalogne, le nom « Millarets » (« Épi de mil ») ferait allusion à la disposition régulière des points sur les ailes. Les Italiens, quant à eux, ont conservé le nom « Lathonia », directement hérité de la nomenclature de Linné.

Petite Tortue

Aglais urticae

Noms scientifiques

Le genre « Aglais » a été créé en 1816 par le naturaliste suédois Johan Wilhem Dalman. Suivant les habitudes de Linné, il emprunta le nom à la mythologie grecque.

Petite Tortue (Aglais urticae)
Petite Tortue (Aglais urticae)

« Aglais » vient du latin Aglaia (splendeur et brillance). C’est aussi la plus belle – une beauté éblouissante selon la légende – des trois Charites.

Linné aimait faire référence à la mythologie grecque ou romaine et il a déjà utilisé ce nom pour le Grand Nacré (Argynnis aglaja). Aglaja est l’ancienne graphie d’Aglaia.

« Urticae », qui veut dire « ortie », désigne simplement la principale plante hôte du papillon, la Grande Ortie dioïque.

Noms vernaculaires

Son nom vernaculaire de « Petite Tortue » est également emprunté à la mythologie.

Selon certaines sources, « Tortue » viendrait du mot « tartare » qui désigne la région de l’enfer. Il lui a été donné en référence à la couleur orange-feu du papillon. Le diminutif « Petite » sert à le différencier de son cousin « la Grande Tortue » qui lui ressemble beaucoup.

Selon d’autres sources, le mot « Tortue » aurait été employé pour la première fois sur ce papillon en 1699 par l’entomologiste James Petiver qui trouvait que les motifs clairs et sombres de ses ailes faisaient penser, par la répartition des taches de couleurs, aux carapaces de certaines tortues. En réalité, Petiver ne parlait pas des tortues elles-mêmes mais d’un matériau de luxe fabriqué avec l’écaille de tortue. On en retrouve la preuve dans un texte du physicien et naturaliste français Réaumur qui écrit en 1734 : « Il est l’un de ceux à qui on a donné le nom de tortue, à cause de la distribution de ses couleurs, qui imite en quelque sorte celles des taches de l’écaille. »

Le nom vernaculaire « Vanesse de l’ortie » a été donné par l’entomologiste Johan Christian Fabricius. « Vanesse » est un hommage à Vanessa, l’héroïne d’un roman de Jonathan Swift qui avait dû marquer Fabricius. Le mot « ortie » fait évidemment référence à l’unique plante hôte.

La Petite Tortue est également appelée « Petit Renard » en raison de la couleur fauve tachée de blanc de ses ailes que l’on retrouve sur notre Renard roux (Vulpes vulpes).

Noms à l’étranger

La Petite Tortue est un papillon si commun et si apprécié qu’il possède un nom évocateur dans presque toutes les langues. On remarque que les peuples l’ont baptisé selon trois critères principaux : sa ressemblance avec l’écaille de tortue, sa couleur rousse ou son lien indéfectible avec l’ortie.

Les Anglais la nomment « Small tortoiseshell » (petite écaille de tortue), rejoignant ainsi l’observation de James Petiver sur les motifs des ailes. Les Espagnols utilisent également cette image avec le nom « Ortiguera » (écaille de tortue).

Pour d’autres peuples, c’est sa ressemblance avec le pelage fauve du renard qui l’emporte. C’est le cas des Allemands qui l’appellent « Kleiner Fuchs » (petit renard), des Néerlandais avec « Kleine vos » (petit renard) et des Hongrois avec « Kis rókalepke » (petit papillon-renard).

Enfin, de nombreux pays privilégient sa plante nourricière ou la forme de ses ailes. En Suède, on l’appelle « Nässelfjäril » (papillon des orties). Au Danemark, son nom est « Nældens takvinge » (aile dentelée de l’ortie) et en Norvège « Neslesommerfugl » (papillon des orties). Les Italiens la nomment « Vanessa dell’ortica » (Vanesse de l’ortie) et les Russes « Крапіўніца » (ortie). Les Polonais utilisent le nom « Rusałka pokrzywnik » (nymphe des orties) et les Tchèques « Babočka kopřivová » (Vanesse de l’ortie). Au Japon, elle est nommée « Ko-hi-odoshi » (petite armure aux lacets écarlates), en référence aux couleurs vives des armures de samouraïs.

Petite violette

Boloria dia

Noms scientifiques

D’après Jean-Yves Cordier, le nom de genre Boloria ferait référence à la chaîne des Bolor-Tagh, aujourd’hui rattachée au massif du Pamir. Frederic Moore, alors conservateur du musée de la Compagnie anglaise des Indes orientales, aurait choisi ce nom parce que les espèces qu’il étudiait vivaient entre 3 500 et 4 000 mètres d’altitude.

Petite violette (Boloria dia)
Petite violette (Boloria dia)

L’épithète dia, choisie par Linné en 1767, est empruntée à la mythologie grecque, comme de nombreux autres noms qu’il attribua aux papillons.

La Petite violette est aujourd’hui désignée sous deux noms scientifiques selon les classifications retenues. La plupart des auteurs utilisent Boloria dia, considérant Clossiana comme un sous-genre de Boloria. D’autres emploient Clossiana dia, estimant que Clossiana constitue un genre distinct.

Noms vernaculaires

Le nom « Petite violette » a été créé par le moine et entomologiste français Jacques-Louis Florentin Engramelle. Il fait à la fois référence aux violettes, qui sont les principales plantes hôtes de la chenille, et aux teintes violacées visibles sur le revers des ailes postérieures.

L’adjectif « petite » permet de distinguer cette espèce de la Grande violette, aujourd’hui appelée Nacré de la sanguisorbe (Brenthis ino), qui appartient elle aussi à la famille des Nymphalidae et à la tribu des Argynnini, mais dont l’envergure est légèrement supérieure.

La Petite violette est également parfois appelée « Nacré violet ».

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à la Petite violette à l’étranger mettent en avant sa coloration, son habitat ou rendent hommage à des naturalistes.

Les anglophones utilisent principalement deux appellations : « Violet Fritillary », qui souligne les teintes violacées du revers des ailes, et « Weaver’s Fritillary », en hommage à l’entomologiste Richard Weaver.

Les Allemands la nomment « Magerrasen-Perlmutterfalter », c’est-à-dire « Nacré des pelouses sèches », une appellation qui rappelle son habitat de prédilection.

Les Italiens et les Espagnols emploient simplement le nom « Dia », conservant ainsi la référence mythologique choisie par Linné.

Enfin, les Néerlandais l’appellent « Paarse parelmoervlinder », que l’on peut traduire par « Papillon nacré pourpre ».

Phalène du bouleau

Biston betularia

Noms scientifiques

Le nom de genre Biston a été créé en 1815 par le zoologiste britannique William Elford Leach. Il fait référence à Biston, un personnage de la mythologie grecque. Selon la tradition, il est présenté comme l’ancêtre légendaire des Bistones, un peuple de Thrace vouant un culte à Dionysos (Bacchus chez les Romains). Comme pour de nombreux noms créés par Leach, rien n’indique que ce choix ait un lien avec les caractéristiques de la Phalène du bouleau. Il s’agit vraisemblablement d’une simple référence à la mythologie grecque.

Phalène du bouleau (Biston betularia)
Phalène du bouleau (Biston betularia) Domaine public Photo Ben Sale

L’épithète betularia vient du latin betula, qui signifie « bouleau », en référence à l’une des principales plantes hôtes de cette espèce.

Noms vernaculaires

Le nom « Phalène » dérive du grec phalaina, qui signifie « papillon de nuit ».

L’appellation « Phalène du bouleau » rappelle le lien étroit entre cette espèce et le bouleau, sur lequel elle se repose fréquemment et dont les chenilles peuvent consommer les feuilles.

L’espèce est également connue sous le nom de « Phalène poivrée ». Cette appellation provient vraisemblablement de l’anglais Peppered Moth (« papillon poivre et sel »), qui fait référence à la livrée blanche finement mouchetée de noir de la forme typique. La forme claire est appelée « typica », tandis que la forme noire est désignée sous le nom de « carbonaria » ou « forme mélanique ».

Les noms à l’étranger

Les noms donnés à la Phalène du bouleau à l’étranger font généralement référence soit à sa coloration mouchetée, soit au bouleau.

Les Anglais la nomment « Peppered Moth » (« papillon poivre et sel »), en référence à la fine ponctuation noire qui couvre les ailes de la forme typique. Les Allemands l’appellent « Birkenspanner » (« Arpenteuse du bouleau »). Les Néerlandais utilisent le nom « Peper-en-zoutvlinder » (« papillon poivre et sel »). Les Italiens la nomment « La falena punteggiata » (« la Phalène ponctuée »), en référence aux nombreuses taches sombres qui couvrent les ailes. Les Espagnols l’appellent « Mariposa del abedul » (« papillon du bouleau »), en référence à l’un de ses principaux arbres hôtes.

Phalène ornée

Scopula ornata (Giovanni Antonio Scopoli, 1763)

Noms scientifiques

La Phalène ornée a été décrite en 1763 par le naturaliste slovène Giovanni Antonio Scopoli sous le nom de Phalaena ornata.

Phalène ornée (Scopula ornata)
Phalène ornée (Scopula ornata)

Le nom de genre Scopula a été créé en 1802 par le naturaliste allemand Franz von Paula Schrank. Il est dérivé du latin scopula, diminutif de scopa, qui signifie « petite brosse » ou « petit balai ». Il fait référence à la touffe d’écailles extensible présente sur le tibia postérieur des mâles de certaines espèces du genre. Schrank n’a toutefois laissé aucune explication sur le choix de ce nom.

L’épithète ornata vient du latin ornatus, qui signifie « orné », « décoré » ou « embelli ». Elle est simplement descriptive et fait référence au dessin élégant des ailes de ce papillon, blanches à grisâtres et ornées de fines lignes sombres ainsi que de taches brun clair bordées de noir. Cette interprétation est notamment retenue par A. Maitland Emmet, qui résume cette étymologie par « ornatus, adorned : descriptive ».

Noms vernaculaires

Le mot phalène vient du grec ancien phalaina, qui désignait un papillon de nuit. Il est lui-même rapproché de phalos, qui signifie « blanc », en référence à la couleur claire de nombreuses espèces autrefois réunies sous ce nom. Aujourd’hui, le mot phalène est surtout employé pour désigner les papillons de la famille des Géométridés.

Le qualificatif ornée est la traduction directe de l’épithète latine ornata. Il évoque les motifs délicats qui décorent les ailes de ce petit papillon.

Noms à l’étranger

En anglais, l’espèce est appelée « Lace Border », c’est-à-dire « bordure de dentelle ». Ce nom fait référence à la fine bordure sombre et aux lignes délicates qui ornent les ailes et rappellent le dessin d’une dentelle.

Les Allemands la nomment « Schmuck-Kleinspanner », que l’on peut traduire par « Petit Géomètre orné ». Comme le nom scientifique, cette appellation met en avant l’élégance de sa livrée.

Les Néerlandais l’appellent « Kantstipspanner ». Le mot kant signifie « dentelle », tandis que stipspanner désigne un géomètre marqué de petits points. Ce nom souligne lui aussi la finesse du dessin des ailes.

Les Russes l’appellent « Пяденица малая украшенная », que l’on peut traduire par « Petite Phalène ornée ». Comme les noms français et allemand, cette appellation met elle aussi en avant les motifs élégants qui décorent les ailes du papillon.

Phalène picotée

Ematurga atomaria

Noms scientifiques

Le nom de genre Ematurga est formé à partir de deux mots grecs : êmar (« le jour ») et ourgos (« qui travaille »). Cette étymologie souligne la particularité biologique de ce papillon, essentiellement actif durant la journée, tel un « travailleur de jour ».

Phalène picotée (Ematurga atomaria)
Phalène picotée (Ematurga atomaria)

L’épithète atomaria dérive du latin atomus (« atome », « petite parcelle »). Ce terme fait référence à l’aspect des ailes, qui semblent saupoudrées d’une multitude de petits points sombres, comme autant de minuscules atomes.

Noms vernaculaires

Le mot « Phalène » provient du grec ancien phalaina, qui désignait un papillon de nuit ou une mite. Ce terme est lui-même rattaché à une racine signifiant « briller » ou « apparaître », en raison de l’attirance de nombreux papillons nocturnes pour les sources lumineuses.

Le qualificatif « picotée » fait référence aux nombreux petits points bruns qui recouvrent les ailes.

Cette espèce est également connue sous plusieurs autres noms vernaculaires. On la rencontre sous les appellations de « Fidonie picotée », de « Phalène panachée » ou encore de « Rayure jaune picotée », cette dernière faisant référence à la couleur de fond des ailes du mâle. Elle est aussi parfois appelée « Phalène de la bruyère », en raison de son habitat de prédilection, ou simplement « l’Atome », un nom directement inspiré de son épithète scientifique atomaria.

Les noms à l’étranger

Les noms donnés à la Phalène picotée à l’étranger mettent le plus souvent en avant son habitat ou le dessin de ses ailes.

En Allemagne, elle est appelée « Heidekraut-Spanner », que l’on peut traduire par « Géomètre de la bruyère », en référence à son attachement aux landes à éricacées.

Les Anglais la nomment « Common Heath » (« Bruyère commune »), un nom qui souligne son abondance dans les landes et les pâturages.

En Espagne, elle est connue sous le nom de « Falena de los átomos », une appellation directement inspirée de son nom scientifique atomaria, qui évoque les innombrables petits points sombres présents sur ses ailes.

Ces différentes dénominations montrent que les naturalistes européens ont surtout retenu deux caractéristiques de cette espèce : son habitat de prédilection et son aspect finement moucheté.

Phycide incarnat

Oncocera semirubella (Scopoli, 1763)

Noms scientifiques

Le nom de genre Oncocera a été créé par James Francis Stephens en 1829. Il provient probablement du grec onkos (ὄγκος), « renflement », « protubérance », et keras (κέρας), « corne ». Il ferait référence aux palpes labiaux très développés de ces papillons. Dressés vers l’avant de la tête, ils forment un long museau qui constitue le caractère le plus remarquable du genre. Stephens n’ayant pas expliqué l’origine de ce nom, cette interprétation reste toutefois une hypothèse.

Phycide incarnat (Oncocera semirubella)
Phycide incarnat (Oncocera semirubella)

L’épithète vient  du latin semi, « à moitié », et rubellus, « rougeâtre » ou « un peu rouge ». Elle signifie donc « à moitié rougeâtre » et décrit parfaitement la coloration des ailes antérieures, dont seule une partie est teintée de rose carmin tandis que le reste est jaune ocre.

Noms vernaculaires

Le nom Phycide incarnat fait référence à la sous-famille des Phycitinae, à laquelle appartient cette espèce. L’adjectif incarnat désigne les zones rose carmin qui ornent les ailes antérieures de ce petit papillon.

On rencontre également le nom Ilythie incarnat qui vient  de son ancien classement dans le genre Ilythia. Cette appellation est encore employée dans certains ouvrages ou bases de données françaises.

Noms à l’étranger

Dans la plupart des langues européennes, cette espèce est nommée d’après sa coloration. Les Anglais l’appellent « Rosy Knot-horn » ou « Rosy-striped Knot-horn », c’est-à-dire la « Pyrale à cornes rosées » ou « Pyrale rayée de rose . Les Allemands utilisent le nom « Rhabarberzünsler », la « Pyrale de la rhubarbe », une appellation traditionnelle qui ne reflète pas réellement sa plante nourricière. Les Néerlandais la nomment « Prachtmot », que l’on peut traduire par « magnifique petit papillon », en allusion à ses couleurs particulièrement vives.

Piéride de la rave (Petit blanc du chou)

Pieris rapae (Linnaeus, 1958)

Noms scientifiques

Le nom de genre Pieris trouve son origine dans la mythologie grecque. Il fait référence aux Piérides, les neuf filles de Piéros, roi de Macédoine. Selon la légende, ces sœurs défièrent les Muses lors d’un concours de chant. Mauvaises perdantes après leur défaite, elles tinrent des propos violents envers leurs rivales. Pour les punir, Apollon les transforma en oiseaux. Une autre version du mythe raconte que chacune fut changée en une espèce différente, comme Acalanthis, devenue un chardonneret.

Piéride de la rave (Pieris rapae)
Piéride de la rave (Pieris rapae)

Ce nom évoque également la Piérie, région située au pied du mont Olympe, dont les sommets enneigés rappellent la blancheur immaculée des ailes de ce papillon.

L’épithète rapae signifie « de la rave » et fait directement référence à l’une des principales plantes hôtes de la chenille, appartenant à la famille des Brassicacées.

Noms vernaculaires

Le nom français « Piéride de la rave » reprend lui aussi cette référence à la rave, l’une des plantes nourricières de la chenille.

Son nom populaire le plus courant est toutefois « Petit Blanc du chou ». Cette appellation le distingue de la Piéride du chou, une espèce plus grande. Outre-Atlantique, il est également connu sous le nom de « Common cabbage worm » (« ver commun du chou »), en référence aux dégâts que provoquent ses chenilles dans les cultures potagères.

Les noms à l’étranger

Dans plusieurs pays, les noms vernaculaires mettent en avant sa petite taille et son association avec les choux.

En Allemagne, il est appelé « Kleiner Kohlweißling » (« petit blanc du chou »). Les Néerlandais utilisent « Klein koolwitje », qui signifie également « petit blanc du chou ».

En Italie, il porte le nom de « Cavolaia minore » (« petite choutière »), tandis qu’en Espagne il est connu sous le nom de « Blanquita de la col » (« petite blanche du chou »).

En Russie, il est appelé « Репница » (« papillon du navet »), une référence directe à l’épithète rapae.

En Chine, on le nomme « 菜粉蝶 » (« papillon des choux »), tandis qu’au Japon il est connu sous le nom de « モンシロチョウ » (« papillon blanc à taches »), une description qui met en avant le motif des ailes.

Enfin, dans les pays arabes, il est appelé « أبو دقيق الكرنب », que l’on peut traduire par « le père de la farine du chou », une expression imagée qui évoque la fine poudre d’écailles recouvrant ses ailes.

Piéride du chou

Pieris brassicae

Noms scientifiques

Le nom de genre Pieris vient du grec pieris, qui désigne les Piérides dans la mythologie. Ces neuf sœurs, qui subirent la défaite lors d’un concours de chant contre les Muses, tinrent des propos violents envers leurs concurrentes. Très fâché par cet affront, Apollon les transforma en pies. Dans une autre version du mythe, les sœurs deviennent des oiseaux dont chacune représente une espèce différente ; Acalanthis, par exemple, se métamorphose en chardonneret.

Piéride du chou (Pieris brassicae)
Piéride du chou (Pieris brassicae)

L’épithète brassicae provient directement du latin brassica, qui désigne le chou. Comme c’est souvent le cas dans la nomenclature des lépidoptères, ce terme fait référence à la principale plante hôte de la chenille.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire français actuel, « Piéride du chou », reprend fidèlement la traduction du nom scientifique.

L’espèce porte également le nom traditionnel de « Grand papillon blanc du chou ». Cette dénomination fut attribuée en 1762 par le naturaliste français Étienne-Louis Geoffroy, qui s’était inspiré du nom anglais créé par le pharmacien et naturaliste James Petiver.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à la Piéride du chou à l’étranger mettent presque tous en avant sa couleur blanche, sa grande taille ou sa principale plante hôte.

Les Anglais la nomment « Large White » (« Grand blanc ») afin de souligner sa taille et la couleur de ses ailes. Ils utilisent également « Cabbage Butterfly », en référence directe au chou.

Les Allemands l’appellent « Großer Kohlweißling », tandis que les Néerlandais disent « Groot koolwitje ». Ces deux appellations signifient littéralement « Grand blanc du chou ».

Les Espagnols utilisent le nom « Mariposa de la col », c’est-à-dire « Papillon du chou ».

Enfin, les Italiens la nomment « Cavolaia maggiore », un terme dérivé du mot cavolo (« chou »), qui met lui aussi en avant le lien étroit entre ce papillon et sa principale plante hôte.

Piéride du navet

Pieris napi (Linnaeus,1758)

Noms scientifiques

Le nom de genre Pieris vient des Piérides de la mythologie grecque, les neuf filles du roi Piéros. Après avoir défié les Muses lors d’un concours de chant, elles tinrent des propos injurieux envers leurs rivales. Pour les punir, Apollon les transforma en pies.

Piéride du navet   (Pieris napi)
Piéride du navet (Pieris napi)

Selon une autre version de la légende, chacune des neuf sœurs fut changée en un oiseau différent. Ainsi, Acalanthis devint un chardonneret.

L’épithète napi, attribuée par Carl von Linné en 1758, dérive du latin napus, qui désignait une forme ancienne de navet sauvage aujourd’hui disparue. Cette appellation a longtemps entretenu une confusion, car elle laisse penser que le navet cultivé (Brassica rapa) constitue la principale plante hôte de cette espèce, ce qui n’est pas le cas.

Noms vernaculaires

Bien que le navet ne soit pas sa principale plante hôte, le nom vernaculaire le plus courant reste « Piéride du navet ».

Cette espèce a également reçu d’autres appellations. « Papillon blanc veiné de vert » est sans doute la plus descriptive, puisqu’elle fait directement référence aux nervures gris verdâtre qui soulignent le revers des ailes postérieures. Certains naturalistes utilisent aussi le nom de « Piéride de l’alliaire » afin de corriger l’erreur historique liée au navet, tandis que « Piéride de la moutarde » rappelle que l’espèce fréquente également les moutardes sauvages.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à la Piéride du navet à l’étranger mettent soit l’accent sur les nervures caractéristiques de ses ailes, soit sur le navet, en reprenant l’épithète scientifique.

Les Anglais la nomment « Green-veined White » (« Blanc aux nervures vertes »). Les Allemands utilisent « Grünader-Weißling », qui possède exactement le même sens, tandis que les Néerlandais disent « Klein geaderd witje » (« Petit blanc nervuré »).

Dans les pays de langues latines, l’influence du nom scientifique est plus marquée. Les Italiens l’appellent « Pieride del navone », en référence au navone, une variété proche du navet, et les Espagnols « Pieris de los nabos », c’est-à-dire « Piéride des navets ».

Les Danois utilisent le nom « Grønåret kålsommerfugl », que l’on peut traduire par « Papillon du chou aux nervures vertes », une appellation qui associe la description des ailes à son appartenance au groupe des piérides.

Au Japon, elle est connue sous le nom de « Sujiguro-shirochō ». Ce terme signifie littéralement « papillon blanc aux nervures noires » et met lui aussi en avant le critère le plus distinctif de l’espèce : les nervures sombres visibles sur le revers des ailes.

Psyché lustrée

Psyche casta ( Pallas, 1767)

Noms scientifiques

Le nom de genre Psyche vient du grec psukhḗ, qui signifie à la fois « âme » et « papillon ». Dans la pensée antique, ce lien est associé à la croyance en la transmigration des âmes : l’âme quittant le corps est comparée à un papillon qui s’envole vers le ciel.

Ce rapprochement est renforcé par la figure mythologique de Psyché, jeune femme personnifiant l’âme, souvent représentée avec des ailes de papillon dans l’iconographie antique.

Psyché lustrée (Psyche casta)
Psyché lustrée (Psyche casta) Domaine public

Dans Où les papillons passent-ils l’hiver, Patrice Léraut propose une autre interprétation. Il s’interroge sur l’association entre cette déesse d’une grande beauté et un petit papillon discret. Il rappelle l’une des épreuves de Psyché, qui consistait à trier un amas de grains, et suggère un lien symbolique avec la chenille de ce papillon, qui construit son fourreau en y accumulant divers éléments.

L’épithète casta signifie « chaste ». Elle renvoie à la sobriété de l’espèce, notamment à sa coloration brunâtre discrète et peu contrastée. Certaines sources proposent un lien avec la châtaigne, mais cette interprétation demeure incertaine, le mot latin désignant ce fruit étant castanea, distinct de castus.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Psyché lustrée » reprend directement le nom du genre Psyche. Le qualificatif « lustrée » évoque l’aspect légèrement brillant ou soyeux que peuvent présenter les ailes du mâle lorsqu’elles reflètent la lumière.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à la Psyché lustrée à l’étranger mettent presque tous en avant le fourreau protecteur construit par la chenille.

Les Anglais la nomment « Common Sweep » (« Psyché commune ») ou « Common Bagworm » (« Ver à sac commun »), cette dernière appellation faisant directement référence au fourreau larvaire.

Les Allemands utilisent « Kleiner Rauch-Sackträger » (« Petit porte-sac enfumé ») ou « Gemeiner Sackträger » (« Porte-sac commun »), tandis que les Néerlandais l’appellent « Gewone zakdrager », qui signifie également « Porte-sac commun ».

Dans les pays scandinaves, les appellations évoquent elles aussi le fourreau. Les Suédois disent « Mindre stråsäckspinnare », les Norvégiens « Liten stråsekkspinner » et les Danois « Lille stråsækbærer », trois noms que l’on peut traduire par « Petit fileur » ou « Petit porteur de sac de paille ».

La plupart de ces noms vernaculaires mettent donc l’accent sur le mode de vie de la chenille et sur son fourreau portatif, caractéristique des Psychidae. Le nom français, quant à lui, rappelle avant tout son appartenance au genre Psyche.

Ptérophore blanc

Pterophorus pentadactyla

Noms scientifiques

Le nom de genre Pterophorus est composé des mots grecs pteron (« aile » ou « plume ») et phoreô (« porter »).

L’épithète pentadactyla est formée des mots grecs pente (« cinq ») et daktylos (« doigt »). Elle fait référence aux cinq lobes qui divisent les ailes du papillon et qui rappellent l’architecture d’une main.

Ptérophore blanc (Pterophorus pentadactyla)
Ptérophore blanc (Pterophorus pentadactyla)

Certains disent avec un brin d’ironie que Linné a utilisé les noms dactyla ou dactylus pour baptiser plus de vingt-neuf espèces, et que Pterophorus pentadactyla est la seule pour laquelle il ne s’est pas trompé en comptant le nombre de « doigts ».

Noms vernaculaires

Pterophorus pentadactyla est aussi appelé Ptérophore blanc, Ptérophore pentadactyle, Pentadactyle ou encore Petit Ange, car ses ailes blanches évoquent celles des angelots. Ces appellations mettent en avant la morphologie très particulière de ses ailes, qui rappelle à la fois une plume et une main aux cinq doigts.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués au Ptérophore blanc à l’étranger évoquent presque tous ses ailes plumeuses et sa blancheur.

Les Anglais le nomment « White plume moth » (« Papillon-plume blanc »), en référence à son aspect aérien et à ses ailes qui rappellent une plume d’oiseau.

Les Allemands utilisent « Federgeistchen », un mot formé de Feder (« plume ») et Geistchen (« petit fantôme »), tandis que les Néerlandais l’appellent « Sneeuwwitte vedermot », littéralement « Papillon à plumes blanc comme neige ».

Les Polonais disent « Piórolotek », que l’on peut traduire par « Papillon à cinq plumes », en référence aux cinq lobes de ses ailes.

En Suède, il est appelé « Fjädermott » et au Danemark « Fjermøl », deux noms qui signifient « Papillon-plume ».

Les Espagnols le nomment « Polilla de pluma blanca » (« Papillon de nuit à plume blanche »), tandis qu’au Vietnam il est connu sous le nom de « Bướm đêm lông chim trắng », qui signifie également « Papillon de nuit à plumes blanches ».

Enfin, les Italiens utilisent le plus souvent son nom scientifique plutôt qu’un véritable nom vernaculaire.

Ptérophore du liseron

Emmelina monodactyla ( Linnaeus, 1758)

Noms scientifiques

Le Ptérophore du liseron a été décrit par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom initial d’Alucita monodactyla.

Ptérophore du liseron (Emmelina monodactyla)
Ptérophore du liseron (Emmelina monodactyla)

Le nom de genre Emmelina a été créé en 1905 par l’entomologiste britannique James William Tutt. Selon A. Maitland Emmet, Tutt a probablement voulu rendre hommage à un entomologiste nommé Emmel. Une autre hypothèse, proposée par Macleod, fait dériver ce nom du grec emmelēs, qui signifie « harmonieux » ou « agréable ». Tutt n’a toutefois laissé aucune explication sur le choix de ce nom.

L’épithète monodactyla est formée des mots grecs monos (« seul ») et daktylos (« doigt »). Elle signifie « à un seul doigt ». Linné faisait probablement référence aux ailes de ce ptérophore qui, au repos, sont étroitement repliées et paraissent ne former qu’un seul prolongement. Linné n’a toutefois laissé aucune explication sur le choix de ce nom.

Noms vernaculaires

Le nom de « Ptérophore du liseron » fait référence à la plante nourricière principale de la chenille, les liserons (Convolvulus et Calystegia). Le terme « ptérophore » est issu des mots grecs pteron (« aile ») et phoros (« qui porte »). Il désigne les papillons de la famille des Ptérophoridés, dont les ailes profondément divisées en lobes évoquent de petites plumes.

Noms à l’étranger

Cette espèce est présente dans une grande partie de l’Europe et de l’Asie. Les noms vernaculaires sont toutefois peu nombreux.

Les Anglais l’appellent « Common Plume » (« Ptérophore commun »), un nom qui souligne qu’il s’agit de l’un des ptérophores les plus fréquemment observés au Royaume-Uni.

Les Allemands le nomment « Gemeine Federmotte » (« Ptérophore commun »), tandis que les Néerlandais disent « Windeprachtvedermot », que l’on peut traduire par « magnifique ptérophore du liseron ».

Les Espagnols l’appellent « Polilla pluma » (« papillon de nuit plume »).

Pyrale de la menthe

Pyrausta aurata

Noms scientifiques

Le nom de genre Pyrausta signifie « qui naît du feu ». Il trouve son origine dans le Pyrauste, un insecte fantastique décrit par Pline l’Ancien et Claude Élien. Selon les auteurs antiques, cet étrange animal vivait dans les flammes, à la manière de la salamandre, et mourait dès qu’il s’en éloignait. On imagine que ce nom a été choisi en raison des couleurs rouge pourpré de ce papillon, qui rappellent les braises ou les flammes.

Pyrale de la menthe (Pyrausta aurata)
Pyrale de la menthe (Pyrausta aurata)

L’épithète aurata signifie « dorée ». Elle fait directement référence aux taches et à la bande jaune d’or qui ornent les ailes de l’insecte.

Noms vernaculaires

Le nom « Pyrale de la menthe » associe le nom du genre à celui de la principale plante hôte de la chenille, la menthe.

Cette espèce est également connue sous le nom de « Pyrale dorée », une appellation qui met en valeur les marques jaune d’or caractéristiques de ses ailes.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à la Pyrale de la menthe à l’étranger mettent le plus souvent en avant sa plante hôte ou les reflets dorés de ses ailes.

Les Anglais la nomment « Mint Moth » (« Papillon de la menthe »). Les Italiens utilisent « Pirallide della menta », qui possède exactement le même sens.

Les Allemands l’appellent « Goldglänzender Minzenzünsler », que l’on peut traduire par « Pyrale de la menthe à l’éclat doré », une appellation qui évoque à la fois la plante nourricière et les reflets métalliques des ailes.

Les Néerlandais utilisent le nom « Goudvenstermot », littéralement « Papillon à fenêtre dorée », en référence aux taches lumineuses qui contrastent avec le fond pourpre des ailes.

Pyrale du buis

Cydalima perspectalis

Noms scientifiques

Le nom de genre Cydalima a été créé en 1863 par l’entomologiste autrichien Julius Lederer à partir du grec cydalimos. Lederer le traduisait lui-même en allemand par ruhmvoll, qui signifie « glorieux ».

Pyrale du buis (Cydalima perspectalis)
Pyrale du buis (Cydalima perspectalis)

L’espèce a longtemps été placée dans le genre Diaphania avant d’être transférée dans le genre Cydalima, ce qui explique la présence de plusieurs noms scientifiques dans les anciennes publications.

L’épithète perspectalis dérive du latin perspectare, qui signifie « considérer » ou « observer attentivement ». L’ensemble du nom scientifique pourrait ainsi être compris comme un « papillon remarquable que l’on observe attentivement », même si l’interprétation exacte de ces racines reste discutée.

Noms vernaculaires

Le nom « pyrale » est employé pour désigner de nombreux petits papillons nocturnes, souvent associés à des espèces dont les chenilles vivent sur des plantes cultivées. Il est parfois rapproché du grec pyr (« feu »), mais cette étymologie demeure discutée.

Une ancienne croyance populaire attribuait aux pyrales une origine liée au feu domestique. Attirées par la lumière des lampes ou des flammes, elles tournaient autour des foyers et finissaient parfois par s’y brûler, ce qui a probablement donné naissance à cette croyance.

Le nom « Pyrale du buis » fait naturellement référence à sa principale plante hôte.

Parmi les nombreuses espèces portant ce nom vernaculaire, on trouve également la Pyrale de la vigne, la Pyrale de la menthe ou encore la Pyrale de l’ortie.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à la Pyrale du buis à l’étranger sont très homogènes et font presque tous référence au buis.

Les Anglais la nomment « Box tree moth » (« Papillon de nuit du buis »).

Les Allemands utilisent « Buchsbaumzünsler », formé de Buchsbaum (« buis ») et Zünsler, le terme allemand désignant les pyrales.

Les Néerlandais l’appellent « Buxusmot », littéralement « papillon du buis ».

Les Italiens utilisent « Piralide del bosso », les Espagnols « Polilla del boj » et les Portugais « Traça de buxo », trois appellations qui signifient elles aussi « Pyrale du buis » ou « Teigne du buis ».

Pyrale du houblon

Pleuroptya ruralis

Noms scientifiques

Le nom de genre Pleuroptya n’a pas été expliqué par son auteur, Edward Meyrick. La description originale se contente de définir les caractères morphologiques du genre, sans préciser l’origine de ce nom.

Pyrale du houblon (Pleurop
Pyrale du houblon (Pleuroptya ruralis)

Il est généralement interprété comme une construction d’origine grecque. Il pourrait dériver de pleurá (πλευρά), « flanc » ou « côté », associé à un second terme dont l’interprétation reste discutée. Certains auteurs y voient un lien avec ptyon (πτύον), « éventail » ou « pelle à vanner », tandis que d’autres le rapprochent de ptyx (πτύξ), « pli » ou « repli ». En l’absence d’explication laissée par Meyrick, ces interprétations demeurent des hypothèses.

L’épithète ruralis vient du latin ruralis, qui signifie « rural », « de la campagne » ou « des champs ». Elle évoque les milieux ouverts dans lesquels ce papillon est fréquemment observé.

Noms vernaculaires

Le nom de « Pyrale du houblon » fait référence au Houblon (Humulus lupulus), l’une des principales plantes hôtes de la chenille.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à cette espèce à l’étranger mettent en avant soit son apparence, soit les plantes auxquelles elle est le plus souvent associée.

Les Anglais la nomment « Mother of Pearl » (« Mère de nacre »). Ce nom fait référence aux reflets nacrés et irisés de ses ailes, qui rappellent l’intérieur des coquillages producteurs de nacre.

Les Allemands et les Néerlandais ont préféré insister sur l’une de ses principales plantes hôtes. En allemand, elle s’appelle « Blasser Nesselzünsler » (« Pyrale pâle de l’ortie »), tandis qu’en néerlandais elle porte le nom de « Gewone netelmot » (« Teigne commune de l’ortie »). Dans les deux cas, le nom rappelle le lien étroit qui unit cette espèce à la grande ortie, une plante sur laquelle se développent fréquemment ses chenilles.

Au Japon, elle est connue sous le nom de « Ukon-nomeiga » (ウコンノメイガ). Le mot ukon désigne le curcuma en japonais. L’origine exacte de cette appellation n’est toutefois pas clairement établie. Elle pourrait faire référence à la teinte jaune ocrée des ailes, mais cette interprétation ne semble pas avoir été confirmée par les spécialistes.

Pyrale indienne

Plodia interpunctella (Jacob Hübner, 1813)

Noms scientifiques

La Pyrale indienne a été décrite et nommée par l’entomologiste allemand Jacob Hübner en 1813 sous le nom initial de Phycis interpunctella.

Pyrale indienne (Plodia interpunctella)
Pyrale indienne (Plodia interpunctella)

Le nom de genre Plodia a été créé en 1845 par l’entomologiste français Achille Guenée. Il n’a laissé aucune explication sur l’origine de ce nom. Selon l’entomologiste britannique Arthur Maitland Emmet, il pourrait s’agir soit d’un mot inventé, soit d’un dérivé du verbe latin plaudere, qui signifie « applaudir ». Dans cette seconde hypothèse, Guenée aurait voulu exprimer son admiration pour les riches marques brun rougeâtre de Plodia interpunctella, la seule espèce qu’il avait alors placée dans ce genre. Cette interprétation reste toutefois hypothétique. Jean-Yves Cordier rappelle d’ailleurs qu’Emmet classe Plodia parmi les noms dont l’origine demeure inconnue, ce qui montre qu’aucune explication ne s’impose avec certitude.

L’épithète interpunctella est formée des mots latins inter (« entre ») et punctus (« point »), auxquels s’ajoute le suffixe diminutif -ella. Elle signifie littéralement « munie de petits points intermédiaires ». Jacob Hübner faisait vraisemblablement référence aux petites ponctuations sombres visibles principalement entre les lignes médiane et postmédiane des ailes antérieures.

Noms vernaculaires

Le nom Pyrale indienne est la traduction de l’anglais Indian meal moth. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne fait pas référence à l’Inde. L’expression anglaise Indian meal désignait autrefois une farine de maïs très utilisée en Amérique du Nord. Les premières chenilles observées ayant été trouvées dans cette denrée, cette appellation s’est ensuite imposée dans plusieurs langues.

L’espèce est aussi appelée Pyrale des fruits secs ou, plus couramment, Mite alimentaire. Ce dernier nom est largement employé pour désigner ce papillon lorsque ses chenilles infestent les denrées stockées dans les habitations. On rencontre aussi, plus rarement, la traduction littérale de l’anglais Indian meal moth : Mite de la farine indienne.

Le nom Pyrale des fruits secs fait référence à l’un des aliments qu’elle infeste le plus souvent. En réalité, ses chenilles se développent dans une grande variété de denrées stockées, notamment les céréales, les farines, les graines, les fruits secs, les noix, le chocolat ou encore les aliments destinés aux animaux.

Noms à l’étranger

Les noms attribués à la Pyrale indienne font presque toujours référence aux denrées alimentaires dont se nourrissent les chenilles ou à son statut de ravageur des produits stockés.

Les Anglais la nomment « Indian meal moth », que l’on peut traduire par « mite de la farine indienne ». Ce nom fait référence à l’ancienne expression Indian meal, qui désignait la farine de maïs en Amérique du Nord.

Les Allemands l’appellent « Dörrobstmotte », c’est-à-dire « mite des fruits secs », en référence à l’un des aliments qu’elle infeste le plus fréquemment.

Les Espagnols utilisent le nom « Polilla de la harina », que l’on peut traduire par « mite de la farine ».

Les Italiens l’appellent « Tignola fasciata della farina », c’est-à-dire « teigne rayée de la farine », en référence à la bande brun rougeâtre qui traverse les ailes antérieures.

Les Néerlandais la nomment « Indische meelmot », littéralement « mite indienne de la farine ».

Les Russes la connaissent sous le nom de « Индийская мучная моль » (Indiïskaïa moutchnaïa mol), que l’on peut traduire par « mite indienne de la farine ».

Les Japonais l’appellent « ノシメマダラメイガ » (Noshime madara meiga), « pyrale marbrée des denrées ».

Pyrale pourpre

Pyrausta purpuralis (Linnaeus ,1758)

Noms scientifiques

Le nom de genre Pyrausta signifie « qui naît du feu ». Il descend du Pyrauste, un insecte fantastique décrit par les auteurs romains Pline l’Ancien et Claude Élien.

Pyrale pourpre (Pyrausta purpuralis)
Pyrale pourpre (Pyrausta purpuralis)

Selon les récits antiques, cet animal possédait quatre pattes et des ailes vaporeuses. Certains le décrivaient comme une sorte de dragon insectoïde, tandis que d’autres lui attribuaient des ailes transparentes et des yeux proéminents. Originaire de Chypre, il était réputé vivre dans le feu, à la manière de la salamandre, et mourir dès qu’il s’en éloignait. Ce nom a probablement été choisi en raison des couleurs rouge pourpré de ce papillon, qui évoquent les flammes.

L’épithète purpuralis signifie « pourpre ». Elle fait directement référence à la couleur dominante des ailes.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Pyrale pourpre » reprend le nom du genre Pyrausta et y associe la couleur caractéristique des ailes.

L’espèce est également parfois désignée sous le nom de « Pyrauste pourpre », une appellation directement dérivée du nom scientifique.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à cette espèce à l’étranger mettent principalement en avant la couleur de ses ailes.

Les Anglais la nomment « Common Purple and Gold » (« Pourpre et or commun »), en référence au contraste entre le fond pourpre des ailes et les taches dorées qui les ornent.

Les Allemands utilisent « Purpurzünsler », qui signifie littéralement « Pyrale pourpre ».

Les Néerlandais l’appellent « Purperrode weidemot », que l’on peut traduire par « Pyrale pourpre des prés ».

Robert-le-Diable

Polygonia c-album (Linnaeus, 1758)

Noms scientifiques

Le nom de genre Polygonia signifie « qui a plusieurs angles ». Il fait directement référence au contour très découpé des ailes, caractéristique de tous les papillons de ce genre.

Robert-le-Diable (Polygonia c-album)
Robert-le-Diable (Polygonia c-album)

L’épithète c-album signifie littéralement « C blanc ». Le mot album vient de l’adjectif latin albus, qui signifie « blanc ». Il fait référence à la petite marque blanche en forme de « c » visible sur le revers des ailes, principal critère d’identification de l’espèce.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Robert-le-Diable » est généralement expliqué par la silhouette très découpée des ailes, qui rappelle les représentations traditionnelles du diable dans l’iconographie médiévale.

Selon la légende, une duchesse de Normandie, désespérée de ne pas avoir d’enfant, invoqua le diable pour obtenir un fils. De cette invocation naquit Robert, un enfant au tempérament violent qui devint célèbre sous le nom de Robert-le-Diable.

Sa vie changea lorsqu’il apprit ses origines. Bouleversé, il renonça à la violence, fit pénitence et termina son existence comme ermite. Cette histoire de rédemption a largement contribué à la popularité du personnage dans la littérature médiévale.

Au fil des siècles, l’espèce a également porté plusieurs autres noms. Les naturalistes l’ont appelée Vanesse gamma, Vanesse C-blanc, Papillon-C ou encore Bédaude. Ce dernier nom fut proposé en 1734 par Réaumur, qui trouvait que le dessous sombre des ailes, orné de sa virgule blanche, rappelait le costume bicolore des bedeaux des églises.

La forme hutchinsoni rend hommage à la lépidoptériste anglaise Emma Hutchinson. En 1881, elle publia un travail consacré au déclin de l’espèce en Grande-Bretagne, qu’elle attribuait au brûlage des plants de houblon après les récoltes. Elle participa également à des opérations de réintroduction en transférant des chenilles vers des régions où le papillon était devenu rare.

Noms à l’étranger

À l’étranger, les noms vernaculaires mettent souvent en avant la célèbre marque blanche en forme de « C » présente sur le revers des ailes. Les Anglais le nomment Comma (« Virgule »), les Allemands C-Falter (« papillon-C »), les Espagnols C-blanca (« C blanc ») et les Danois Det hvide C (« le C blanc »).

D’autres pays ont préféré faire référence à ses plantes hôtes ou à la forme de ses ailes. En Suède, il est appelé Vinbärsfuks, en référence au groseillier. En Finlande, Herukkaperhonen évoque également les arbustes à baies. Aux Pays-Bas, le nom Gehakkelde aurelia souligne les profondes découpures des ailes. Enfin, en Bretagne, on le connaît sous le nom de Pabillon-linenn-wenn, qui signifie « papillon à ligne blanche ».

Satyre (Mégère)

Lasiommata megera

Noms scientifiques

Le nom de genre Lasiommata vient du grec lasios, qui signifie « chevelu », et ommata, « les yeux ». Ce nom a été donné en raison des yeux velus caractéristiques des espèces de ce genre.

L’épithète megera a été attribuée par Linné en 1767. Elle fait référence à Mégère, l’une des trois Érinyes, avec Alecto et Tisiphone, déesses de la vengeance dans la mythologie grecque. Son nom, Mégaira, signifie « la haine ». Il est intéressant de noter que Linné a fait preuve d’une grande cohérence en nommant les espèces proches de ce genre. On retrouve ainsi parmi les cousins du Satyre l’Ariane (Lasiommata maera), dont le nom évoque Maera, la compagne de l’Érinye Hécate, ou encore la Gorgone (Lasiommata petropolitana), nommée d’après ces créatures terrifiantes dont le regard pétrifiait ceux qui les croisaient.

Noms vernaculaires

Le nom de « Satyre » a été donné au mâle par Geoffroy en 1762. Il désigne une créature mythologique qui, associée aux ménades, fait partie de la suite de Dionysos. Les satyres sont représentés avec un corps d’homme et une tête d’animal. Ils sont également souvent figurés en érection (statues ithyphalliques), afin de souligner leur caractère bestial et leur sexualité débordante.

Ce nom a été choisi parce que le comportement du papillon rappelle celui de ces créatures. Il reste tapi sur une pierre ou un mur et surgit brusquement pour poursuivre tout ce qui passe à sa portée, manifestant ainsi un comportement territorial particulièrement agressif.

Les noms à l’étranger

Le Satyre est un papillon largement répandu, et chaque langue a choisi de mettre en avant un trait particulier de son apparence ou de son comportement.

En Angleterre, il est appelé « Wall Brown » (« le Brun des murs »). Ce nom fait directement référence à son habitude de se poser sur les surfaces pierreuses et les murets pour capter la chaleur du soleil.

En Allemagne, il porte le nom de « Mauerfuchs » (« le Renard des murs »). On y retrouve l’idée du mur (Mauer), associée au renard (Fuchs). Cette comparaison évoque la couleur rousse de ses ailes, mais peut-être aussi sa capacité à disparaître instantanément en refermant ses ailes contre la pierre.

En Espagne, il est connu sous le nom de « Saltacercas » (« le Saute-haies »). Ce nom très imagé décrit son vol saccadé et nerveux, ainsi que les poursuites incessantes du mâle le long de son territoire.

Enfin, en Italie, il porte le nom de « Mégere », restant ainsi fidèle à la nomenclature latine et à la référence mythologique des Érinyes.

Sésie de l’oseille

Pyropteron chrysidiformis

Noms scientifiques

Le nom de genre Pyropteron est formé des mots grecs pyr (« feu ») et pteron (« aile »). Il fait référence à la vive coloration rouge orangé qui borde les ailes antérieures de ce papillon.

L’épithète chrysidiformis est composée de Chrysis, le nom scientifique des guêpes-coucous, et du latin -formis (« qui a la forme de »). Elle souligne la ressemblance de cette sésie avec ces petits hyménoptères aux couleurs métalliques.

Noms vernaculaires

Le mot « sésie » vient du grec ses, qui signifie « teigne » ou « mite ». Les naturalistes ont choisi ce nom en raison du mode de vie des chenilles, qui se développent à l’intérieur des plantes et en consument les tissus, à la manière des teignes. Ce terme a ensuite été repris pour désigner l’ensemble de la famille des Sesiidae.

Le nom « Sésie de l’oseille » fait référence à l’une des principales plantes hôtes du papillon. Cette espèce est également appelée « Sésie de la patience », la patience étant un nom vernaculaire donné à plusieurs espèces du genre Rumex.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à la Sésie de l’oseille à l’étranger évoquent le plus souvent ses ailes transparentes, sa coloration rouge orangé ou ses plantes hôtes.

Les Anglais la nomment « Fiery Clearwing » (« Sésie ardente »). Le terme clearwing (« ailes claires ») désigne l’ensemble des espèces de la famille des Sesiidae.

Les Allemands utilisent deux appellations : « Ampfer-Glasflügler » (« Sésie de l’oseille à ailes de verre ») et « Goldwespen-Glasflügler » (« Sésie guêpe dorée à ailes de verre »), en référence à sa ressemblance avec les guêpes-coucous.

Les Italiens l’appellent « Sesia dell’acetosa » (« Sésie de l’oseille »), tandis que les Néerlandais utilisent « Zuringwespvlinder », littéralement « Papillon-guêpe de l’oseille ».

Les Espagnols la connaissent sous le nom de « Sesía de la romaza », la romaza étant l’un des noms espagnols des Rumex, alors que les Portugais emploient « Borboleta-Asas-de-Fogo », qui signifie « Papillon aux ailes de feu ».

En Europe centrale, les Tchèques la nomment « Nesytka ohnivá » (« Sésie de feu ») et les Polonais « Przeziernik szczawiowiec », où szczawiowiec fait référence à l’oseille. Enfin, les Suédois utilisent « Syre-glasvinge », que l’on peut traduire par « Sésie de l’oseille à ailes de verre ».

Sésie du néflier

Synanthedon stomoxiformis

Noms scientifiques

Le nom de genre Synanthedon est composé des mots grecs syn (« avec », « ensemble ») et anthedon, qui désigne une abeille ou un insecte butinant les fleurs.

L’épithète stomoxiformis est composée de deux éléments. Le premier fait référence au genre Stomoxys, qui regroupe des mouches piqueuses comme la mouche charbonneuse. Le second, -formis, est un suffixe latin signifiant « en forme de ». Le nom complet décrit donc un insecte qui possède l’apparence d’une mouche piqueuse ou d’un taon.

Noms vernaculaires

Le nom « Sésie du néflier » fait directement référence à l’une des principales plantes hôtes de la chenille, le Néflier commun (Mespilus germanica).

On rencontre également le nom de « Sésie stomoxiforme », simple francisation de l’épithète scientifique, qui souligne la ressemblance de l’espèce avec les mouches du genre Stomoxys.

Un autre nom, plus ancien, est « Sésie du prunier ». Il rappelle que la chenille ne se développe pas uniquement sur le néflier, mais également dans le bois de plusieurs arbres fruitiers du genre Prunus.

Dans certains ouvrages spécialisés du XIXᵉ siècle, cette espèce figure aussi sous le nom de « Sphinx guêpe ». Cette ancienne appellation regroupait plusieurs sésies en raison de leur vol diurne et de leur silhouette évoquant celle des hyménoptères.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à cette espèce à l’étranger mettent principalement en avant son mimétisme avec les guêpes ou sa plante hôte.

Les Anglais la nomment « Red-belted Clearwing » (« Sésie à ailes transparentes à ceinture rouge »). Ce nom souligne à la fois l’anneau rouge de l’abdomen et les ailes transparentes caractéristiques des Sesiidae.

Les Allemands utilisent « Wespen-Glasflügler », que l’on peut traduire par « Sésie-guêpe aux ailes de verre ». Cette appellation insiste sur le remarquable mimétisme de l’espèce.

Les Espagnols l’appellent « Sesíido del níspero », c’est-à-dire « Sésie du néflier », tandis qu’en Italie on rencontre deux noms : « Sesia dello stomo », qui reprend la référence à Stomoxys, et « Sesia del nespolo », qui fait référence au néflier.

Sésie du peuplier

Sesia apiformis

Noms scientifiques

Le nom de genre Sesia dérive du grec ancien sês, qui signifie « teigne » ou « mite ». Historiquement, ce mot était utilisé pour désigner les insectes dont les larves rongent et détruisent les matériaux (ici, le bois des arbres).

L’épithète apiformis est composé du latin apis (l’abeille) et forma (la forme). Littéralement, il signifie « qui a la forme d’une abeille ». Bien que la sésie ressemble davantage à un frelon, les naturalistes du XVIIIᵉ siècle utilisaient souvent le terme « abeille » de manière générique pour désigner les insectes hyménoptères ailés et rayés.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Sésie du peuplier » reprend le nom de genre et y ajoute le nom de sa principale plante hôte, le peuplier.

Noms à l’étranger

Dans les autres pays, on retrouve presque toujours cette idée de « papillon-frelon » ou de « papillon aux ailes de verre ».

En Angleterre, on l’appelle Hornet Moth (le papillon-frelon). En Allemagne, son nom est Hornissen-Glasflügler, ce qui signifie « la sésie-frelon aux ailes transparentes ».

Chez nos voisins italiens, on utilise le nom Sesia apiforme, tout comme en Espagne avec Sesía apiforme. Aux Pays-Bas, on l’appelle Hoornaarvlinder (le papillon-frelon), tandis qu’en Suède, son pays d’origine pour la science, on le nomme Bålgetinglik glasvinge, ce qui veut dire « l’aile de verre qui ressemble à un frelon ».

Silène

Brintesia circe (Fabricius, 1775)

Noms scientifiques

Le nom de genre Brintesia a été créé en 1911 par l’entomologiste allemand Hans Fruhstorfer. Celui-ci puisait fréquemment son inspiration dans la toponymie italienne. Brintesia est ainsi une forme latinisée de Brentesion, le nom grec antique de la ville de Brindisi, dans les Pouilles.

Silène (Brintesia circe)
Silène (Brintesia circe)

L’épithète circe renvoie à Circé, la célèbre magicienne de la mythologie grecque, fille d’Hélios. Réputée pour ses philtres et ses métamorphoses, elle constitue un symbole particulièrement approprié pour un papillon, dont le cycle de vie est marqué par une transformation complète.

Noms vernaculaires

Le nom « Silène » est lui aussi emprunté à la mythologie grecque. Il fait référence à Silène, ou Papposilène, le vieux satyre considéré comme le père adoptif et le précepteur de Dionysos. Fils de Pan et de Gaïa selon certaines traditions, il personnifie l’ivresse et est généralement représenté sous les traits d’un vieillard bedonnant, jovial et constamment éméché. Ce choix s’explique sans doute par l’appartenance du papillon à la sous-famille des Satyrinae, dont de nombreuses espèces portent des noms inspirés des satyres de la mythologie.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués au Silène à l’étranger mettent en avant ses larges bandes blanches, son habitat forestier ou conservent tout simplement la référence mythologique.

Les Anglais le nomment « Great Banded Grayling », que l’on peut traduire par « Grand satyre gris à larges bandes ». Le terme Grayling désigne les Satyrinae au revers des ailes gris et marbré, tandis que Great Banded fait référence aux larges bandes blanches visibles sur les ailes.

Les Allemands l’appellent « Weiße Waldportier », c’est-à-dire « Portier blanc des bois », un nom qui rappelle sa présence fréquente dans les lisières forestières.

Les Espagnols utilisent le nom « Rey moro », littéralement « Roi maure », une appellation qui souligne son allure majestueuse et le contraste marqué de sa livrée.

Les Italiens, enfin, l’appellent simplement « Silene », conservant ainsi la référence à la mythologie grecque.

Souci

Colias crocea

Noms scientifiques

Le nom de genre Colias vient d’un surnom de Vénus. Il est aussi lié au nom d’un cap de la côte orientale de l’Attique, en Grèce. Le cap Colias était un promontoire où s’élevait un temple célèbre dédié à Aphrodite. Ce lieu était étroitement associé au culte de la déesse de l’amour et de la beauté.

Souci (Colias crocea)
Souci (Colias crocea)

Le qualificatif crocea descend du latin croceus, qui signifie « couleur safran ». L’origine est la même que celle de la fleur crocus, dont on tire l’épice safran (Crocus sativus).

Noms vernaculaires

Son nom vernaculaire « Souci » fait référence à la fleur qui possède la même couleur jaune orangé que le papillon. Ce nom a été donné par l’entomologiste Geoffroy en 1762 et s’est progressivement imposé.

Avant que cette appellation ne devienne la norme, d’autres auteurs ont essayé de lui donner des noms plus descriptifs. L’entomologiste Engramelle l’appelait notamment « l’Oranger » en 1779 pour bien le distinguer du Soufré. On trouve également dans certains ouvrages anciens les noms de « l’Édouard » ou encore de « la Lune rousse ».

L’appellation « la Lune rousse » évoque l’aspect circulaire et coloré du papillon lorsqu’il passe rapidement en vol, sa teinte orangée rappelant alors la couleur de la Lune lors de certaines nuits de printemps. Quant au nom de « l’Édouard », il provient d’une habitude du XVIIIᵉ siècle consistant à donner des prénoms de baptême aux insectes pour mieux les mémoriser. Ces noms disparus témoignent des tentatives des premiers naturalistes pour nommer la diversité des teintes de ces papillons.

Les noms à l’étranger

À l’étranger, le Souci porte des noms qui rappellent également sa teinte caractéristique.

En anglais, il est appelé « Clouded Yellow », ce qui signifie « jaune nuageux », en référence à la bordure noire qui encadre le jaune de ses ailes. Les Allemands le nomment « Postillon » ou « Wandergelbling », ce dernier terme soulignant son caractère de « petit jaune voyageur ». En espagnol, il est connu sous le nom de « Colias común », tandis que les Italiens l’appellent « Crocea », restant ainsi très fidèles à son nom scientifique latin.

Sphinx bourdon

Hemaris tityus

Noms scientifiques

Le nom de genre Hemaris trouve son origine dans le grec ancien hêmera, qui signifie « jour ». Il souligne une particularité biologique de ce papillon qui, contrairement à la majorité des membres de sa famille, possède une activité exclusivement diurne.

L’épithète tityus renvoie à la mythologie grecque. Elle fait référence au géant Tityos. Selon la légende, Zeus cacha la nymphe Élara sous la terre pour la protéger de la jalousie d’Héra. C’est dans cet abri souterrain qu’elle donna naissance à Tityos. L’enfant grandit ensuite dans les entrailles de Gaïa avant de devenir un géant d’une taille prodigieuse.

Sa destinée fut tragique. Après avoir tenté de violenter Léto, la mère d’Apollon et d’Artémis, il fut condamné aux Enfers où deux vautours lui dévorent éternellement le foie, lequel repousse sans cesse. En choisissant ce nom, Carl von Linné s’inscrivait dans la tradition des naturalistes de son époque, qui baptisaient volontiers les insectes les plus remarquables du nom de géants ou de personnages de la mythologie grecque.

Noms vernaculaires

Le terme « Sphinx » fait référence à la posture adoptée par les chenilles de cette famille lorsqu’elles sont inquiétées. Elles redressent la partie antérieure de leur corps, rappelant la silhouette du célèbre Sphinx égyptien.

Le nom de « Sphinx bourdon » évoque la ressemblance frappante du papillon avec les bourdons du genre Bombus. Ce mimétisme lui procure une certaine protection contre les prédateurs qui l’associent à un insecte capable de piquer.

L’appellation « Sphinx de la scabieuse » fait référence à l’une des principales plantes hôtes de la chenille.

Le qualificatif « bombyliforme », utilisé autrefois, souligne quant à lui la ressemblance de l’espèce avec les bombyles (Bombyliidae), des mouches velues munies d’une longue trompe qui butinent elles aussi en vol stationnaire.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à cette espèce à l’étranger mettent généralement en avant sa ressemblance avec un bourdon ou une abeille, ainsi que la fine bordure sombre de ses ailes transparentes.

Les Anglais le nomment « Narrow-bordered Bee Hawk-moth », que l’on peut traduire par « Sphinx-abeille à bordure étroite ». Cette appellation décrit précisément ses ailes transparentes entourées d’une fine marge sombre.

Les Allemands préfèrent mettre en avant sa plante hôte avec « Skabiosenschwärmer », c’est-à-dire « Sphinx de la scabieuse ».

Les Espagnols utilisent « Esfinge abejorro de orla estrecha », littéralement « Sphinx bourdon à bordure étroite », tandis que les Néerlandais l’appellent « Hommelvlinder », ce qui signifie simplement « Papillon-bourdon ».

Sphinx gazé

Hemaris fuciformis

Noms scientifiques

Le Sphinx gazé a été décrit et nommé par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Sphinx fuciformis.

Le nom de genre Hemaris vient du grec hêmera, qui signifie « jour ». Il fait référence à l’activité diurne de ces sphinx, une particularité peu commune au sein de leur famille.

L’épithète fuciformis est composée du latin fucus, qui désigne le faux-bourdon, et de forma, la forme. Elle signifie donc « en forme de faux-bourdon » et souligne le remarquable mimétisme de ce papillon, dont l’apparence rappelle davantage un hyménoptère qu’un lépidoptère.

Noms vernaculaires

Le nom de « Sphinx gazé » fait référence aux ailes transparentes de l’adulte. Lors du premier vol, une grande partie des écailles se détache, ne laissant subsister qu’une membrane translucide qui évoque une gaze.

Le terme « Sphinx » a été choisi par Linné en raison de la posture caractéristique de la chenille. Lorsqu’elle est inquiétée, elle redresse l’avant de son corps, rappelant les célèbres sphinx de l’Égypte antique.

L’espèce est également connue sous le nom de « Sphinx du chèvrefeuille », une appellation qui rappelle que ses chenilles se développent principalement sur les différentes espèces de chèvrefeuilles (Lonicera).

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à cette espèce à l’étranger mettent principalement en avant son imitation d’un bourdon, ses ailes transparentes ou encore son lien avec le chèvrefeuille.

Les Anglais le nomment « Broad-bordered Bee Hawk-moth », que l’on peut traduire par « sphinx-abeille à large bordure ». Les Allemands utilisent « Hummelschwärmer », c’est-à-dire « sphinx-bourdon », tandis que les Espagnols disent « Esfinge abejorro de orla ancha », qui signifie également « sphinx-bourdon à large bordure ».

Les Néerlandais ont choisi « Glasvleugelpijlstaart », le « sphinx aux ailes de verre », en référence à la transparence de ses ailes. Les Italiens l’appellent « Sfinge del caprifoglio », le « sphinx du chèvrefeuille », tandis que les Russes utilisent « Шмелевидка жимолостная » (Shmelevidka zhimolostnaya), qui signifie lui aussi « sphinx-bourdon du chèvrefeuille ».

En Asie, les noms restent tout aussi évocateurs. Les Japonais le connaissent sous le nom de « Kuro-hōjaku » (クロホウジャク), le « sphinx noir », tandis que, dans le nord de la Chine, il est appelé « Renzhwen-tian’e » (忍冬天蛾), c’est-à-dire « sphinx du chèvrefeuille ». Ces différentes appellations montrent que les naturalistes du monde entier ont surtout retenu son étonnant mimétisme et son étroite relation avec sa plante hôte.

Sylvain azuré

Limenitis reducta, (Staudinger)

Noms scientifiques

Le nom de genre Limenitis a été créé en 1807 par le naturaliste danois Johan Christian Fabricius. Il vient du grec limenitis, qui désigne une divinité protectrice des ports, lui-même dérivé de limen, qui signifie « port » ou « refuge ». A. Maitland Emmet souligne que ce nom n’a peut-être aucun rapport avec la biologie de ces papillons. Selon lui, Fabricius a pu faire allusion au fait que le premier spécimen connu du Grand Sylvain (Limenitis populi) avait été capturé près du port de Livourne, en Italie. Fabricius n’a toutefois laissé aucune explication sur le choix de ce nom.

Sylvain azuré (Limenitis reducta)
Sylvain azuré (Limenitis reducta)

L’épithète reducta vient du latin reductus, qui signifie « réduit ». Dans sa description originale, Otto Staudinger emploie l’expression alarum maculis fasciaque albis reductis, c’est-à-dire « aux taches et à la bande blanches des ailes réduites ». L’épithète fait donc clairement référence à la réduction des marques blanches des ailes par rapport au Petit sylvain.

Noms vernaculaires

Le nom Sylvain azuré a été retenu en 1986 par l’entomologiste français Gérard Christian Luquet. Il fait référence au milieu forestier fréquenté par ce papillon et aux reflets bleu azuré qui apparaissent sur ses ailes lorsqu’elles sont éclairées par le soleil.

Cette espèce a autrefois été appelée Camille, un nom aujourd’hui abandonné afin d’éviter toute confusion avec le Petit sylvain (Limenitis camilla).

Elle a aussi été nommée Petit sylvain bleu. Gérard Christian Luquet considère cependant cette appellation comme un « hybride lexical » né de la confusion entre Limenitis reducta et Limenitis camilla, et ne la recommande pas.

Les noms à l’étranger

Les appellations étrangères du Sylvain azuré mettent souvent en avant son aspect ou son habitat. En anglais, il est appelé « Southern White Admiral » (« Amiral blanc du Sud »), afin de le distinguer du Petit sylvain, nommé « White Admiral » (« Amiral blanc »). Les Allemands le nomment « Blauschwarzer Eisvogel » (« Martin-pêcheur bleu-noir »), en référence aux reflets bleutés de ses ailes qui rappellent le plumage de cet oiseau. Les Espagnols l’appellent « Ninfa de los arroyos » (« Nymphe des ruisseaux »), un nom qui évoque les milieux frais et humides qu’il fréquente. Enfin, les Italiens le désignent sous le nom de « Silvano azzurro » (« Sylvain bleu »), qui souligne à la fois son habitat forestier et la teinte bleutée de ses ailes.

Sylvaine

Ochlodes sylvanus

Noms scientifiques

Le nom de genre Ochlodes vient du grec okhlodes, qui signifie « turbulent » ou « indiscipliné ». Jean-Yves Cordier estime toutefois qu’il faut plutôt y voir une référence à la foule ou au peuple. Linné désignait en effet les Hespéries sous le nom de Plebeii (« la plèbe »), en raison du très grand nombre d’espèces appartenant à ce groupe.

L’épithète sylvanus vient du latin silva, qui signifie « forêt » ou « bois ». Elle fait référence à l’un des habitats privilégiés de cette espèce, qui fréquente volontiers les lisières forestières.

Sylvanus est également le nom d’un dieu romain des bois et des forêts. Johann Christoph Esper, qui décrivit l’espèce en 1777, expliqua lui-même son choix : « On le trouve dans les petites forêts ; et puisque nous avons commencé à attribuer à ces papillons des noms légendaires des divinités des bois, je le nomme Sylvanus. »

Noms vernaculaires

L’espèce fut d’abord nommée « Hespérie sylvain » par Jean-Baptiste Godart en 1821. En 1986, Gérard Christian Luquet la rebaptisa « Sylvaine » afin d’éviter toute confusion avec les « sylvains » de la famille des Nymphalidés, comme le Grand Sylvain, le Petit Sylvain ou le Sylvain azuré.

Parmi les autres noms vernaculaires qui lui ont été attribués figurent « le Sylvain », « l’Hespérie sylvain » et « la Sylvine ».

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à cette espèce à l’étranger mettent le plus souvent en avant sa grande taille parmi les Hespéries, son habitat forestier ou sa tête particulièrement large.

Les Anglais la nomment « Large Skipper » (« Grande Hespérie »). Les Danois disent « Stor bredpande » (« Grande tête large »), tandis que les Néerlandais utilisent « Groot dikkopje » (« Grosse tête »). Les Allemands la nomment « Rostfarbiger Dickkopffalter » (« Papillon à grosse tête couleur rouille »), en référence à sa teinte fauve.

D’autres langues insistent davantage sur son habitat. Les Italiens l’appellent « Esperide dei boschi » (« Hespérie des bois »), les Lituaniens « Miškinis storgalvis » (« Grosse tête des bois ») et les Turcs « Orman zıpzıpı » (« Trémie forestière »). Les Estoniens utilisent « Niidupunnpea » (« Grosse tête de la prairie »), les Suédois « Storängssmygare » (« Grande Hespérie des prairies ») et les Catalans « Dard ros » (« Fléchette rousse »).

Sylvandre

Hipparchia fagi

Noms scientifiques

Le nom de genre Hipparchia a été créé par Johan Christian Fabricius en 1807. Il est généralement considéré comme une référence à la philosophe grecque Hipparchia de Maronée, qui vécut à la fin du IVᵉ siècle avant Jésus-Christ. Sœur du philosophe Métroclès, elle tomba amoureuse du philosophe cynique Cratès de Thèbes. Ses parents s’opposant à cette union, Cratès accepta de les rencontrer. Pour leur montrer la vie austère qui l’attendait, il se déshabilla devant eux et déclara à Hipparchia : « Voilà ton fiancé et tout son avoir ; décide-toi en conséquence, car tu ne saurais être ma compagne à moins d’adopter aussi mes habitudes de vie. » Hipparchia accepta ce mode d’existence et devint l’une des plus célèbres représentantes de l’école cynique.

Sylvandre (Hipparchia fagi)
Sylvandre (Hipparchia fagi)

A. Maitland Emmet propose toutefois une autre interprétation dans The Scientific Names of the British Lepidoptera. Selon lui, Hipparchia pourrait faire référence à Hipparque, le célèbre astronome grec du IIᵉ siècle avant Jésus-Christ. Les ocelles bien visibles sur les ailes de plusieurs espèces du genre auraient pu évoquer des étoiles à Fabricius. Emmet présente cependant cette explication comme une hypothèse.

L’épithète fagi vient du latin fagus, qui signifie « hêtre ». Elle fait référence à cet arbre, dans les hêtraies duquel ce papillon est fréquemment observé.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Sylvandre » fait également référence au mode de vie forestier de ce papillon, qui fréquente principalement les bois, les lisières et les clairières et s’éloigne rarement des forêts.

Les noms à l’étranger

Dans les autres pays d’Europe, les noms donnés au Sylvandre mettent généralement en avant son habitat forestier ou son apparence.

En anglais, il est appelé « Woodland Grayling », c’est-à-dire le « Grayling des bois ». En allemand, son nom est « Großer Waldportier », que l’on peut traduire par « Grand portier des forêts ». En néerlandais, il est connu sous le nom de « Grote boswachter », qui signifie « Grand garde forestier ». En espagnol, il porte le nom de « Banda curva » (« Bande courbe »), en référence à la large bande claire qui traverse les ailes. En italien, deux noms sont employés : « Ermione », directement issu de son ancienne dénomination scientifique Hipparchia hermione, et « Satiro del faggio », c’est-à-dire « Satyre du hêtre ». En catalan, il est appelé « Faune gran », que l’on peut traduire par « Grand Faune ». En russe, son nom est « Бархатница буковая » (Barkhatnitsa bukovaya), qui signifie « la Bacchante du hêtre ».

Tabac d’Espagne

Argynnis paphia

Noms scientifiques

Le Tabac d’Espagne a été décrit et nommé par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Nymphalis paphia.

Le nom de genre Argynnis est emprunté à l’un des qualificatifs d’Aphrodite dans la mythologie grecque. Fabricius l’a créé en 1807 lorsqu’il a séparé les grandes Argynnes du vaste genre Nymphalis.

L’épithète paphia fait elle aussi référence à la déesse Aphrodite. Elle évoque Paphos, ancienne cité de l’île de Chypre où, selon la légende, la déesse aborda après sa naissance dans l’écume de la mer.

Noms vernaculaires

Le nom de « Tabac d’Espagne » a été créé en 1762 par l’entomologiste Étienne-Louis Geoffroy. Il fait référence à la couleur orangée des ailes, qui lui rappelait celle du tabac à priser fabriqué à l’époque à Séville, en Espagne.

Au cours du XIXᵉ siècle, plusieurs auteurs lui attribuèrent d’autres appellations, parmi lesquelles « Argynne paphia », employé par Latreille et Godart en 1819, ou encore « Argynne Tabac d’Espagne », utilisé par Godart en 1821. Ces dénominations ont aujourd’hui disparu au profit du nom créé par Geoffroy.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à cette espèce à l’étranger mettent surtout en avant les zébrures argentées du revers des ailes ou son allure majestueuse.

Les Anglais le nomment « Silver-washed Fritillary », que l’on peut traduire par « Fritillaire lavée d’argent ». Cette appellation fait référence aux longues zébrures argentées qui parcourent le revers des ailes postérieures.

Les Allemands et les Néerlandais utilisent respectivement les noms « Kaisermantel » et « Keizersmantel », qui signifient tous deux « Manteau impérial ». Ils évoquent la grande taille du papillon ainsi que sa riche coloration orangée.

Les Italiens l’appellent « Tabacco di Spagna », reprenant exactement le nom français et son allusion au tabac de Séville. Les Espagnols utilisent quant à eux « Nacarada », c’est-à-dire « la Nacrée », un nom qui rattache l’espèce au groupe des grands Nacrés malgré son dessin particulier.

En Suède, il est connu sous le nom de « Silverstreckad pärlemorfjäril », que l’on peut traduire par « papillon nacré à rayures argentées ». Cette appellation décrit avec précision le principal caractère qui permet de reconnaître cette espèce parmi les autres Argynnes.

Thècle de la ronce

Callophrys rubi

Noms scientifiques

Le nom de genre Callophrys provient de l’association de deux racines grecques. La première, kallos, signifie « beauté », tandis que la seconde, ophrys, désigne le « sourcil ». Cette appellation fait référence à la petite ligne d’écailles colorées située juste au-dessus des yeux du papillon, un détail qui a marqué les premiers entomologistes.

Thécle de la ronce (Callophrys rubi)
Thécle de la ronce (Callophrys rubi)

L’épithète rubi est une référence directe au latin Rubus, le genre des ronces. Choisi par Carl von Linné en 1758, ce nom souligne le lien établi à l’origine entre l’espèce et la ronce. Il ne traduit cependant pas une dépendance exclusive à cette plante, puisque les chenilles se développent également sur de nombreux autres végétaux, comme les genêts, les ajoncs, les bruyères, les myrtilliers, les nerpruns ou encore les cassissiers. Il s’agit donc davantage d’un héritage historique que d’une réalité biologique.

Noms vernaculaires

Le terme « Thècle » trouve son origine dans le grec thêkê, qui signifie « étui » ou « boîte ». En entomologie, il désigne un groupe de Lycaenidae dont les ailes repliées au repos forment une surface protectrice évoquant un petit écrin.

L’expression « Thècle de la ronce » reprend simplement l’épithète rubi choisie par Linné. Bien que cette espèce soit capable d’utiliser de nombreuses plantes hôtes selon son habitat, cette appellation est restée la plus répandue.

Le Thècle de la ronce est également connu sous le nom d’« Argus vert ». Le mot « Argus » fait référence au géant Argos de la mythologie grecque, célèbre pour ses cent yeux, un nom traditionnellement attribué à de nombreux Lycaenidae.

On rencontre aussi l’ancienne orthographe « Thécla de la ronce », plus fréquente au XIXᵉ siècle avant que l’usage ne fixe définitivement la forme actuelle.

Dans sa zoonymie, Jean-Yves Cordier rappelle que les premiers noms vernaculaires connus proviennent d’Angleterre. En 1702, James Petiver l’appelait The holly under green butterfly (« le papillon vert du houx »), puis The holly butterfly en 1717. Vers 1747, Benjamin Wilkes adopta le nom plus simple de The Green Butterfly (« le papillon vert »).

Il souligne également qu’avant de retenir le nom définitif Papilio rubi en 1758, Carl von Linné avait désigné cette espèce sous le nom d’Argus caecus en 1743, c’est-à-dire « Argus aveugle », en raison de l’absence d’ocelles sur le revers de ses ailes, contrairement à la plupart des autres Lycaenidae.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à cette espèce à l’étranger mettent principalement en avant sa couleur verte, la ligne blanche de ses ailes ou son lien avec la ronce.

Les Anglais le nomment « Green Hairstreak ». Le mot Green fait référence à sa couleur émeraude, tandis que Hairstreak évoque la fine ligne blanche qui traverse le revers des ailes.

Les Allemands utilisent « Brombeer-Zipfelfalter », qui associe la ronce (Brombeer) au groupe des Zipfelfalter, les thècles aux ailes postérieures anguleuses.

Les Espagnols l’appellent « Cejirrubia », un nom qui reprend le sens du genre scientifique Callophrys en faisant référence aux « beaux sourcils ».

Les Italiens utilisent « Tecla del rovo », directement construit sur le modèle français de la « Thècle de la ronce ».

Enfin, les Néerlandais le nomment « Groentje », qui signifie littéralement « le petit vert ».

Thècle de l’yeuse


Satyrium ilicis (Linnaeus, 1758)

Noms scientifiques

Le nom de genre Satyrium a été créé en 1876 par l’entomologiste américain Samuel Hubbard Scudder. Il provient du grec Satyros (Σάτυρος), qui désigne le satyre. Cette créature de la mythologie grecque est associée au dieu Dionysos (Bacchus). Selon l’entomologiste britannique Arthur Maitland Emmet, Scudder aurait choisi ce nom en raison du vol vif et bondissant de ces papillons, qui rappelle les danses des satyres avec les nymphes. Une autre origine, fondée sur le grec saturion, nom d’une plante réputée aphrodisiaque, a été proposée, mais elle est aujourd’hui considérée comme moins probable.

Thècle de l'yeuse (Satyrium ilicis)
Thècle de l’yeuse (Satyrium ilicis)

L’épithète ilicis est dérivée du latin ilex, qui désigne le chêne vert ou yeuse (Quercus ilex). Elle signifie donc « du chêne vert » et fait référence à l’une des principales plantes nourricières de la chenille. Bien que l’espèce utilise également d’autres chênes, notamment le chêne pubescent (Quercus pubescens) et le chêne pédonculé (Quercus robur), c’est le chêne vert que Linné a retenu pour la nommer.

Noms vernaculaires

Le nom Thècle de l’yeuse est la traduction du nom scientifique. Le mot « Thècle » provient de l’ancien genre Thecla, créé par Johan Christian Fabricius en 1807 en référence à sainte Thècle, vierge et martyre de la tradition chrétienne orientale. Le terme « yeuse » est un ancien nom français du chêne vert.

L’espèce est parfois appelée Porte-queue fauve, en référence aux deux fines queues qui prolongent les ailes postérieures et à la teinte fauve de la face inférieure des ailes.

Noms à l’étranger

Comme en français, de nombreux noms étrangers font référence au chêne ou au chêne vert. On trouve par exemple « Ilex Hairstreak » en anglais, « Brauner Eichenzipfelfalter » en allemand, « Querciola » en italien, « Mancha de encina » en espagnol, « Steeneikpage » en néerlandais, « Egeblåhale » en danois et « Dąbik » en polonais.

Thècle du bouleau


Thecla betulae (Linnaeus, 1758)

Le nom de genre Thecla a été créé en 1807 par Johan Christian Fabricius. Il provient de Thécla, un prénom féminin d’origine grecque. Il s’inscrit dans une série de genres créés par Fabricius, qui s’est inspiré de prénoms féminins empruntés à l’Antiquité ou à la littérature. Rien n’indique toutefois que ce choix ait un lien avec les caractéristiques de ce papillon.

Thècle du bouleau (Thecla betulae)
Thècle du bouleau (Thecla betulae)

L’épithète betulae est le génitif du latin betula, qui signifie « du bouleau ». Linné l’a choisie parce qu’il pensait que cet arbre était la principale plante nourricière de la chenille.

Mais les erreurs jouent aussi leur rôle dans l’histoire et, d’une certaine façon, l’humanisent. Comme Linné était une sommité, personne n’a osé le contredire pendant plusieurs siècles.

Les recherches ultérieures ont pourtant montré que la chenille se développe principalement sur le Prunellier (Prunus spinosa) ainsi que sur d’autres Rosacées, notamment les pruniers sauvages et cultivés.

Heiko Bellmann, dans son très intéressant ouvrage Quel est ce papillon ?, signale lui aussi que le Prunellier et le Prunier sont les principales plantes nourricières de l’espèce. Il ajoute toutefois que le Bouleau verruqueux (Betula pendula) pourrait servir occasionnellement de plante hôte en Allemagne et en Scandinavie. L’épithète choisie par Linné n’était donc peut-être pas entièrement dénuée de fondement.

Noms vernaculaires

Le nom français Thécla du bouleau est la traduction de l’épithète latine betulae. Il reprend donc l’erreur commise par Linné sur la principale plante nourricière de la chenille.

L’espèce est également appelée Porte-Queue à bandes fauves. Cette appellation fait référence à la couleur fauve de la face inférieure des ailes, traversée par deux fines bandes blanches caractéristiques.

Noms à l’étranger

Présent dans une grande partie de l’Europe et jusqu’en Extrême-Orient russe, ce papillon porte des noms qui font tantôt référence à sa couleur, tantôt à la forme de ses ailes ou au bouleau. En anglais, il est appelé « Brown Hairstreak » (« porte-queue brun »). En allemand, « Nierenfleck-Zipfelfalter » (« porte-queue à tache réniforme »). Les Néerlandais le nomment « Sleedoornpage » (« thécla du prunellier »), les Espagnols « Topacio », les Russes « Зефир берёзовый » (« zéphyr du bouleau ») et les Suédois « Björksnabbvinge » (« porte-queue du bouleau »)

Timandre aimée


Timandra comae Schmidt, 1931

Noms scientifiques

Le nom de genre Timandra, créé par Philogène Auguste Joseph Duponchel en 1829, vient de Timandra,  un personnage de la mythologie grecque. Timandra était l’une des filles de Tyndare, roi de Sparte, et de Léda. Épouse du roi Échémos d’Arcadie, elle est surtout connue pour avoir ensuite aimé Phylacos. Comme pour de nombreux genres de papillons créés au XIXᵉ siècle, rien n’indique que ce choix ait un lien avec les caractéristiques de l’espèce. Il s’agit très probablement d’une simple référence à la mythologie grecque.

Timandre aimée (Timandra comae)
Timandre aimée (Timandra comae)

Contrairement à ce que pourrait laisser penser le latin coma, qui signifie « chevelure », l’épithète comae n’a pas cette origine. Adolf Schmidt l’a choisie en 1931 en hommage à Don Pedro Coma, un entomologiste espagnol. Le spécimen mâle ayant servi à la description de l’espèce provenait de la région de Murcie, dans le sud-est de l’Espagne, et lui avait été communiqué par ce dernier.

À noter que Timandra comae n’a été reconnue comme une espèce distincte qu’en 1931 par Adolf Schmidt. Jusqu’alors, elle était généralement confondue avec Timandra griseata, une espèce très proche. C’est pourquoi de nombreux ouvrages anciens et certaines bases de données utilisent encore ce dernier nom pour désigner la Phalène anguleuse.

Noms vernaculaires

Timandre est une simple francisation du nom scientifique Timandra. L’origine du qualificatif « aimée » demeure en revanche incertaine. Il fait peut-être allusion au personnage de la mythologie grecque dont le genre tire son nom. Selon la légende, Timandra eut plusieurs amants après son mariage, ce qui pourrait expliquer cette appellation. Aucune source ne permet toutefois de confirmer cette interprétation.

Le nom Phalène anguleuse fait référence à la silhouette caractéristique de ce papillon. Les ailes postérieures présentent un angle bien marqué qui lui donne une forme plus anguleuse que celle de nombreuses autres phalènes.

Noms à l’étranger

Dans plusieurs langues européennes, le nom fait référence soit à la fine ligne rouge qui traverse les ailes, soit à la plante-hôte des chenilles. Les Anglais la nomment « Blood-vein » (« veine de sang ») et les Néerlandais « Bloedbandspanner » (« géomètre à bande de sang »), en allusion à cette ligne rouge caractéristique. Les Allemands l’appellent « Ampferspanner » (« géomètre des oseilles »), en référence aux oseilles (Rumex) dont se nourrissent les chenilles.

Les pays scandinaves font également référence aux oseilles. Les Danois la nomment « Syremåler », les Norvégiens « Syremåler » et les Suédois « Syramätare », trois noms qui signifient littéralement « géomètre des oseilles ». En Corée, elle est appelée « 붉은날개애기자나방 » (Bulgeun nalgae aegijanabang), ce qui signifie « petite géomètre aux ailes rouges .

Tordeuse du rosier

Notocelia cynosbatella

Étymologie

Le nom de genre Notocelia est d’étymologie incertaine. Il est probablement formé des mots grecs nôtos (νῶτος), « dos », et koilia (κοιλία), « cavité » ou « creux ». Cette construction pourrait faire référence au relief créé par les dessins des ailes antérieures ou à leur profil caractéristique. Toutefois, aucun auteur ne semble avoir expliqué explicitement l’origine de ce nom. Cette interprétation doit donc être considérée comme une hypothèse.

Tordeuse du rosier (Notocelia cynosbatella)
Tordeuse du rosier (Notocelia cynosbatella)

L’épithète cynosbatella dérive du grec cynosbatos (κύνοσβατος), le nom antique de l’églantier, repris ensuite par les auteurs latins avant d’être remplacé par Rosa canina. Le suffixe diminutif latin -ella signifie « petite ». Cynosbatella peut donc se traduire par « la petite espèce de l’églantier », en référence à la plante sur laquelle se développe principalement sa chenille.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire français « tordeuse du rosier » fait directement référence au comportement de la chenille qui enroule ou tord les feuilles des rosiers à l’aide de fils de soie afin de se construire un abri où elle se nourrit et se développe. Cette habitude est à l’origine du nom de nombreuses espèces de la famille des Tortricidés, appelées « tordeuses ». Le complément « du rosier » rappelle que cette espèce vit principalement sur les rosiers sauvages et cultivés.

À ma connaissance, cette espèce ne possède pas d’autre nom vernaculaire français largement employé.

Les noms à l’étranger

Les noms vernaculaires de cette espèce évoquent le plus souvent soit le rosier, soit l’aspect des ailes.

Les Néerlandais la nomment « Hermelijnbladroller », que l’on peut traduire par « tordeuse hermine ». Ce nom fait référence au contraste entre les plages blanches et les zones brun foncé des ailes, qui rappelle la robe de l’hermine. Les Norvégiens l’appellent « Hagerosevikler », c’est-à-dire « tordeuse des rosiers de jardin », tandis que les Suédois utilisent le nom « Rosenvecklare », qui signifie simplement « tordeuse du rosier ».

Dans plusieurs autres pays, notamment en Allemagne, en Angleterre, en Espagne et en Italie, aucun nom vernaculaire ne s’est véritablement imposé. Les naturalistes utilisent le plus souvent le nom scientifique Notocelia cynosbatella.

Triple raie

Aplocera plagiata (Linnaeus, 1758)

Noms scientifiques

Le nom de genre Aplocera, créé par James Francis Stephens en 1827, provient du grec haploos (ἁπλοῦς), qui signifie « simple », et de keras (κέρας), « corne » ou « antenne ». Il fait référence aux antennes de ce papillon, qui paraissent simples à l’œil nu. Stephens n’a laissé aucune explication de ce nom.

Triple raie (Aplocera plagiata)
Triple raie (Aplocera plagiata)

L’épithète plagiata vient du latin plagiatus, qui signifie « oblique », « marqué de bandes » ou « rayé ». Elle fait directement référence aux lignes transversales sombres qui parcourent les ailes de ce papillon et constituent son principal caractère distinctif.

Noms vernaculaires

Le nom français Triple raie fait référence aux trois principales lignes sombres qui traversent les ailes lorsque le papillon est au repos. Ces bandes constituent le caractère le plus visible de l’espèce.

L’autre nom français, Rayure commune, met lui aussi en avant ce motif rayé. L’adjectif « commune » souligne qu’il s’agit d’une espèce fréquente dans une grande partie de son aire de répartition.

Noms à l’étranger

Comme en français, les noms employés dans plusieurs pays font presque toujours référence aux bandes qui ornent les ailes du papillon. On le nomme « Treble-bar » (« triple bande ») en anglais, « Dreistreifen-Blattspanner » (« phalène à trois bandes ») en allemand, « Trebåndmåler » (« arpenteuse à trois bandes ») en danois, « Drievoudige bandspanner » (« phalène à triple bande ») en néerlandais, « Trestrecket fältmätare » (« arpenteuse à trois traits ») en suédois et « Kolmijuovamittari » (« arpenteuse à trois bandes ») en finnois.

Vulcain

Vanessa atalanta

Noms scientifiques

Le nom de genre Vanessa possède une origine qui suscite plusieurs interprétations. L’entomologiste Johan Christian Fabricius l’a créé en 1807, probablement en s’inspirant d’une racine grecque liée à la divinité Phanès. Ce nom dérive du verbe phainein, qui signifie « briller » ou « apparaître », une référence à l’éclat des couleurs du papillon lorsqu’il s’expose au soleil.

L’épithète atalanta provient d’Atalante, une chasseresse de la mythologie grecque renommée pour sa rapidité exceptionnelle. Le mythe des pommes d’or illustre d’ailleurs parfaitement le comportement de l’insecte : tout comme l’héroïne interrompt sa course pour ramasser des fruits précieux, le Vulcain suspend brusquement son vol nerveux pour se poser sur une source de nourriture.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Vulcain » lui a été donné en référence au dieu romain du feu et de la forge. Fils de Jupiter et de Junon, il aurait été précipité du haut de l’Olympe à sa naissance et serait resté boiteux à la suite de sa chute. Son nom a été attribué au papillon en raison de la couleur orange, couleur du feu, qui parcourt la surface de ses ailes.

On lui connaît aussi le nom d’« Amiral », en référence aux bandes rouges et blanches qui rappellent les uniformes de la marine, ou encore celui de « Vanesse vulgaire » dans des textes plus anciens.

Les noms à l’étranger

Les différentes appellations de ce papillon à l’étranger révèlent souvent une observation précise de ses couleurs ou de ses motifs.

En anglais, il se nomme « Red Admiral ». Ce nom fait directement référence à la bande orange vif qui rappelle les galons rouges des uniformes noirs des amiraux de la marine britannique du XVIIIᵉ siècle. Les Allemands utilisent également le terme « Admiral », ce qui confirme cette parenté visuelle avec les insignes militaires.

Au Canada, l’usage privilégie le nom de « Vanesse amirale ». Cette dénomination associe le nom scientifique de son genre à son grade symbolique. En Espagne, le papillon possède deux noms principaux. Le premier, « Almirante rojo », suit la même logique que le nom anglais. Le second, plus original, est « La Numerada » (« la numérotée »). Il fait référence au dessin visible sous les ailes postérieures, dans lequel certains voient le nombre 980. Les Italiens le nomment « Vulcano ».

En Asie

En Asie de l’Est, le genre Vanessa est représenté par une espèce différente de la nôtre : le Vulcain indien (Vanessa indica). Bien que son aspect rappelle celui de Vanessa atalanta, il s’agit d’une espèce distincte. Un examen attentif montre d’ailleurs qu’il ressemble davantage à la Belle-Dame qu’au Vulcain, notamment par les motifs de ses ailes postérieures.

Au Japon, ce papillon est appelé « Akatateha » (アカタテハ). Ce nom est formé de aka (赤), qui signifie « rouge », et de tateha (タテハ), qui désigne la position des ailes au repos. En Chine, il est nommé « Dà hóng jiá dié » (大红蛱蝶), que l’on peut traduire par « grand papillon rouge à pinces ».

Zeuzère du poirier


Zeuzera pyrina (Linnaeus, 1761)

Noms scientifiques

Le nom de genre Zeuzera a été créé par Pierre André Latreille en 1804. Son origine est longtemps restée discutée. De nombreux auteurs l’ont rattaché au grec zeugnymi (ζεύγνυμι), qui signifie « lier » ou « attacher ». Cette interprétation, proposée notamment par Louis Agassiz, est encore souvent reprise aujourd’hui.

Zeuzère du poirier (Zeuzera pyrina)
Zeuzère du poirier (Zeuzera pyrina)

Toutefois, A. Maitland Emmet, dans The Scientific Names of the British Lepidoptera, considère cette explication comme peu probable. Selon lui, Zeuzera résulterait d’une faute typographique. Latreille avait d’abord employé la forme Zenzères, puis Zeuzères. Le nom dériverait en réalité de l’italien zenzera ou zenzara, qui désigne un insecte piqueur, lui-même issu de zenzero (« gingembre »), en référence à la sensation de brûlure provoquée par sa piqûre. Emmet pense que Latreille a volontairement choisi ce nom pour évoquer les puissantes mandibules des chenilles xylophages, capables de creuser profondément le bois vivant. La graphie Zeuzera se serait ensuite imposée malgré cette probable erreur d’orthographe.

L’épithète pyrina vient du latin pyrus, qui signifie « poirier ». Elle fait référence à l’un des principaux arbres hôtes de la chenille. L’espèce se développe aussi sur de nombreuses autres essences, comme le pommier, le noyer, le frêne, le saule, le peuplier ou le marronnier.

Noms vernaculaires

Le nom « Zeuzère du poirier » reprend directement le nom scientifique. Le mot « zeuzère » est la francisation du nom de genre Zeuzera. Son origine restant inconnue, il ne possède pas de signification particulière en français.

Le complément « du poirier » fait référence à l’un des arbres sur lesquels la chenille est le plus fréquemment observée.

Les entomologistes utilisent également les noms « Zeuzère du marronnier » et « Coquette ». Le premier rappelle une autre plante hôte courante de la chenille.

L’origine du nom « Coquette » n’est pas connue. Il fait peut-être référence à l’élégance de ce papillon, dont le plumage blanc ponctué de nombreuses taches bleu noir lui donne une allure particulièrement soignée. Aucune source ancienne ne permet toutefois de confirmer cette interprétation.

Les noms à l’étranger

À l’étranger, les noms populaires mettent le plus souvent en avant l’aspect très caractéristique du papillon ou les dégâts causés par sa chenille.

En anglais, il est appelé « Leopard Moth », c’est-à-dire « papillon léopard ». Ce nom fait référence aux nombreuses taches bleu noir qui parsèment ses ailes blanches et rappellent le pelage du léopard.

En allemand, on rencontre notamment les noms « Blausieb », que l’on peut traduire par « perce-bois bleu », et « Apfelbohrer », qui signifie « foreur du pommier ». Le premier évoque les taches bleu noir du papillon, tandis que le second rappelle les galeries creusées par la chenille dans les arbres fruitiers.

Zygène de la coronille***

Zygaena ephialtes

Noms scientifiques

Le nom de genre Zygaena a été créé par Johan Christian Fabricius en 1775. Il dérive du grec zygon (« joug ») et fait référence à la forme particulière des antennes, qui rappelle les pièces de bois utilisées autrefois pour atteler les bœufs.

L’épithète ephialtes est plus énigmatique. Elle vient du grec ephialtēs, qui désigne le cauchemar ou la sensation oppressante ressentie au réveil. La raison précise de ce choix par Linné n’est pas connue. On peut imaginer qu’il faisait allusion au mauvais souvenir que laisse ce papillon toxique aux prédateurs qui tentent de le consommer. Une autre hypothèse renvoie à la mythologie grecque, où Éphialte est le nom d’un géant qui participa à l’assaut de l’Olympe.

Noms vernaculaires

Le nom « Zygène de la coronille » fait directement référence à la principale plante hôte de la chenille : la coronille.

Cette espèce est également connue sous le nom de « Zygène variable ». Cette appellation rappelle la grande variabilité de sa coloration. Selon les individus et les formes, les taches des ailes peuvent être rouges, jaunes ou blanches, et leur nombre varie parfois, ce qui rend cette espèce particulièrement polymorphe.

Les noms à l’étranger

Le document ne contient pas de chapitre consacré aux noms vernaculaires utilisés à l’étranger pour cette espèce.

Zygène de la filipendule

Zygaena filipendulae

Noms scientifiques

Le nom de genre Zygaena a été attribué par Johan Christian Fabricius en 1775. Il vient du grec zugon, qui signifie « joug ». Cette appellation fait référence à la forme très particulière des antennes, épaisses et légèrement recourbées, qui rappellent les pièces de bois utilisées autrefois pour atteler les bœufs.

Avant que Fabricius n’applique ce nom aux papillons, Zygaena était déjà employé par Linné en 1758 dans le nom scientifique du requin-marteau (Sphyrna zygaena), en raison de la forme caractéristique de sa tête.

L’épithète filipendulae souligne le lien étroit entre l’espèce et la Filipendule commune (Filipendula vulgaris), l’une des premières plantes hôtes associées à cette zygène lors de sa description.

Noms vernaculaires

Le nom vernaculaire « Zygène de la filipendule » rappelle naturellement cette plante hôte.

L’espèce est également connue sous le nom de « Zygène du pied-de-poule ». Cette appellation provient d’un ancien nom populaire du Lotier corniculé, dont les fleurs évoqueraient l’empreinte d’une patte d’oiseau. Comme cette plante constitue une importante ressource alimentaire pour les chenilles dans de nombreuses régions, le papillon en a hérité le nom.

Selon les régions ou les ouvrages naturalistes, on rencontre aussi les noms de « Zygène de la spirée » ou de « Zygène des lotiers ».

Dans les anciens traités d’entomologie, elle est parfois appelée « Sphinx-bélier ». Cette dénomination fait référence à son corps trapu et surtout à ses antennes recourbées, dont la silhouette rappelle les cornes d’un bélier.

En anglais, elle est appelée « Large Tortoiseshell », que l’on peut traduire par « Grande Écaille de tortue ». Les Allemands utilisent le nom « Großer Fuchs » (« Grand Renard »), qui rejoint l’une des appellations françaises.

En italien, elle est connue sous les noms de « Vanessa dell’olmo » ou de « Ninfa dell’olmo », tous deux en référence à l’orme. Les Espagnols utilisent également cette image avec le nom « Olmera ». Enfin, les Néerlandais l’appellent « Grote Vos » (« Grand Renard »), confirmant une nouvelle fois que sa couleur fauve est l’un des traits qui a le plus marqué les naturalistes européens.

Zygène de la petite coronille

Zygaena fausta

Noms scientifiques

Le nom de genre Zygaena a été créé par Johan Christian Fabricius en 1775. Il dérive du grec zygon (« joug ») et fait référence à la forme particulière des antennes, qui peut rappeler les pièces de bois utilisées pour atteler les bœufs.

Avant que Fabricius n’attribue ce nom à des papillons, zygaena désignait déjà le requin-marteau (Sphyrna zygaena), nommé par Linné en 1758. On retrouve cette même racine grecque dans le terme astronomique syzygie, qui désigne l’alignement de trois corps célestes et évoque lui aussi l’idée d’un attelage ou d’une union.

L’épithète fausta vient du latin faustus, qui signifie « favorable » ou « propice ». Dans la Rome antique, ce terme s’opposait à ce qui était néfaste. Son attribution souligne l’éclat de la livrée du papillon, souvent perçue comme un symbole de beauté et de vitalité.

Noms vernaculaires

Cette signification a conduit plusieurs auteurs anciens à appeler cette espèce « la Favorisée ». À ce sujet, l’entomologiste Hippolyte Lucas écrivait en 1834 :

« Cette espèce, que les auteurs ont nommée la Favorisée pour rendre le mot latin fausta, est sans contredit l’une des plus élégantes de ce genre. On la reconnaît aisément à son collier rouge et aux taches de ses ailes supérieures qui sont entourées d’un cercle d’un jaune pâle. Elle vole avec lenteur dans les lieux secs, se posant sur les fleurs des coronilles dont sa chenille se nourrit. »

Le nom « Zygène de la petite coronille » fait référence à sa principale plante hôte, la Petite coronille (Coronilla minima).

Le qualificatif « à col rouge » évoque la collerette rouge située à l’avant du thorax, qui constitue un critère d’identification essentiel puisqu’elle forme un anneau complet.

L’espèce a également été appelée « Zygène automnale » en raison de sa période de vol tardive et, plus improprement, « Zygène de la bruyère », bien que la bruyère ne fasse pas partie de ses plantes hôtes.

Les noms à l’étranger

En Europe, les noms vernaculaires de la Zygène de la petite coronille restent assez homogènes et mettent en avant soit son apparence, soit sa plante hôte.

Les Anglais la nomment « Nice Burnet », que l’on peut traduire par « Jolie zygène », une appellation qui reprend le sens de l’épithète latine fausta.

Les Allemands l’appellent « Gelbkronwicken-Rotwidderchen », littéralement « Petit bélier rouge de la coronille à fleurs jaunes », un nom qui associe sa coloration d’avertissement à sa plante nourricière.

Les Espagnols utilisent « Zigena de la coronilla » et les Italiens « Zigena della coronilla », deux noms directement inspirés de la nomenclature scientifique.

Enfin, les Néerlandais la connaissent sous le nom de « Bonte sint-jansvlinder », c’est-à-dire « Papillon bigarré de la Saint-Jean ». L’expression « papillon de la Saint-Jean » constitue le nom générique des zygènes en néerlandais, en référence à leur période de vol estivale.

Zygène du lotier

Zygaena loti

Noms scientifiques

Le nom de genre Zygaena a été créé par Johan Christian Fabricius en 1775. Il descend du grec zygon (« joug ») et fait référence à la forme particulière des antennes, qui peut rappeler les pièces de bois servant à atteler les bœufs.

Avant que Fabricius n’utilise ce nom pour un papillon, zygaena désignait le requin-marteau, nommé Sphyrna zygaena par Linné en 1758. On retrouve cette même racine grecque dans le terme astronomique « syzygie » (du grec syzygia, « union », « attelage »), qui désigne l’alignement de trois corps célestes. Dans les deux cas, l’image est celle d’un lien ou d’un attelage.

L’épithète loti fait référence au Lotier (Lotus), principale plante hôte de la chenille. Ce nom provient du grec lōtos, qui désignait dans l’Antiquité diverses plantes fourragères ou alimentaires.

Noms vernaculaires

Le nom de « Zygène du lotier » fait directement référence à la principale plante nourricière de la chenille.

L’espèce est également connue sous le nom de « Zygène de la faucille ». Cette appellation évoque la forme arquée des gousses de certaines Fabacées associées à l’espèce, notamment l’Astragale réglisse (Astragalus glycyphyllos), qui rappelle une faucille.

On rencontre aussi le nom de « Zygène de l’hippocrépis », en référence à l’Hippocrépis à toupet (Hippocrepis comosa), l’une des principales plantes hôtes.

Plus rarement, certains catalogues ou ouvrages anciens mentionnent les noms de « Zygène de la millefeuille » ou de « Zygène des friches ». Le premier peut prêter à confusion, la millefeuille n’étant pas une plante hôte reconnue de l’espèce, tandis que le second fait simplement référence à ses habitats de pelouses sèches, de friches et de coteaux calcaires.

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à cette espèce à l’étranger mettent en avant soit les taches rouges caractéristiques de ses ailes, soit son lien avec le lotier.

Les Allemands la nomment « Beilfleck-Widderchen ». Cette appellation fait référence aux taches des ailes antérieures, dont la forme évoque une petite hache.

En anglais, elle est connue sous le nom de « Slender Scotch Burnet », que l’on peut traduire par « Zygène écossaise élancée ». Cette dénomination souligne sa silhouette plus fine que celle de nombreuses autres zygènes. Le qualificatif « Scotch » est cependant trompeur, puisque l’espèce est absente d’Écosse et résulte probablement d’une ancienne confusion sur sa répartition. Le terme Burnet est le nom générique donné aux espèces du genre Zygaena dans les pays anglophones.

Les Italiens l’appellent « Zigena del loto », tandis que les Espagnols utilisent également « Zygaena del loto ». Dans les deux cas, le nom rappelle, comme en français, le lien étroit entre cette espèce et le lotier.

Zygène transalpine

Zygaena transalpina

Noms scientifiques

Le nom de genre Zygaena a été créé par Johan Christian Fabricius en 1775. Il descend du grec zygon (« joug ») et fait référence à la forme très particulière des antennes, qui peut rappeler les pièces de bois utilisées pour atteler les bœufs.

Avant que Fabricius n’attribue ce nom à un papillon, zygaena désignait le requin-marteau, nommé Sphyrna zygaena par Linné en 1758. On retrouve cette même racine grecque dans le terme astronomique « syzygie » (du grec syzygia, « union » ou « attelage »), qui désigne l’alignement de trois corps célestes. Dans les deux cas, l’image est celle d’un lien ou d’un attelage.

L’épithète transalpina est formée des racines latines trans (« au-delà de ») et alpinus (« des Alpes »). Elle indique que cette espèce a été décrite à partir de spécimens provenant des régions situées au-delà des Alpes ou du massif alpin lui-même.

Noms vernaculaires

Le nom de « Zygène transalpine » reprend directement le sens de l’épithète latine transalpina, en référence à sa répartition dans les régions alpines.

L’espèce est également appelée « Zygène de l’hippocrépide », un nom qui fait référence à l’une de ses principales plantes hôtes, l’Hippocrépide commune (Hippocrepis comosa).

Les noms à l’étranger

Les noms attribués à cette espèce à l’étranger reprennent le plus souvent son nom scientifique ou sa référence géographique aux Alpes.

Les Anglais la nomment « Transalpine Burnet », une appellation qui signifie littéralement « Zygène transalpine ». Le terme Burnet est le nom générique utilisé dans les pays anglophones pour les espèces du genre Zygaena.

Les Allemands utilisent parfois « Transalpine Widderchen », bien que cet usage ne soit pas totalement stabilisé et puisse varier selon les ouvrages.

En Italie, l’espèce est généralement désignée sous des formes proches de « Zigena transalpina », qui reprennent simplement le nom scientifique adapté à la langue.

Aux Pays-Bas, il n’existe pas de véritable nom vernaculaire largement répandu et c’est le plus souvent le nom scientifique qui est employé.

De manière générale, cette espèce possède peu de noms vernaculaires bien établis en Europe, le nom scientifique restant l’appellation la plus couramment utilisée.

Étymologie papillons

Étymologie des lépidoptères

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